LES TAPISSERIES DE TOURNAI LES TAPISSIERS ET LES HAUTELISSEURS DE CETTE VILLE LES TAPISSERIES DE TOURNAI LES TAPISSIERS ET LES BACTELIS8EUR8 DK CKTTK VILLB RECHERI (fES ET DOCI M EN rs -\-H I UIST'HRK. LA K*RRtCATlO\ FT I.KH PRODUITS f»KS ATEI IKRS r>K TOIRNAI l'AK EUGENE SOIL TOURNAI VASSEUR-DELMEE UHRAlRK-KniTKUR L. LILLE QUARRE LIBKMRK Digitized by the Internet Archive in 2015 https://archive.org/details/lestapisseriesdeOOsoil AVANT-PROPOS. Tournai a longtemps tenu un rang distingué dans l'histoire dos industries textiles. Il nest personne qui n'ait entendu citer sa manufacture de tapis, célèbre dans L'Europe entière et qui tint un moment le tout premier rang parmi les établissements rivaux. Moins connus sont ses ateliers de tapisserie qui ont produit pendant cinq ou six siècles un nombre consi- dérable de tentures d'un prix inestimable, des tapis- series proprement dites, aussi remarquables au point de vue de la composition et du coloris que par la per- fection du travail et la richesse des matières employées. C'est dans notre région qu'il faut placer le berceau de la renaissance de la grande industrie des tapisseries au moyen-âge. Celles d'Arras jouissaient d'une répu- tation universelle, qu'elles conservèrent jusqu'en 1477, époque désastreuse d'un siège meurtrier. Les plus anciens spécimens connus de cette fabrication (ils datent de 1402) reposent à la cathédrale de Tournai, monument auguste et vénérable bien digne d'abriter — 2 — un pareil trésor, et constituent une série de qua- torze pièces où se déroule la vie de saint Piat et de saint Eleuthère les apôtres du tournaisis (1). Immédiatement après Arras, apparaît Tournai, dans l'histoire de la tapisserie; Tournai, qui devint vite la rivale de la vieille cité des Atrébates et réussit à par- tager avec elle, alors qu'elle était encore dans tout l'éclat d'une réputation plus que séculaire, la clientèle des puissants ducs de Bourgogne dont elle s'était enorgueillie jusque-là. Dès le commencement du XIVe siècle Tournai apparaît comme un centre important pour La fabri- cation des tapisseries; sa réputation ira croissant jusque passé le premier tiers du XVIe siècle et cette cité si artistique et si riche, si industrielle et si pros- père au moyen-âge produira une série de tapisseries comme aucune autre ville peut-être n'en a fourni. La fabrication tournaisienne ne peut passer ina- perçue parmi celle des autres villes. Elle présente un intérêt propre et elle marque une étape dans l'histoire générale de la tapisserie, au même titre qu'Arras, Bruxelles et plus tard les Gobelins. Arras produit des œuvres franchement gothiques ; Bruxelles étale toutes les splendeurs de la Renaissance, et les Gobelins la finesse et la perfection des travaux de l'époque moderne. Les tapisseries de Tournai, au contraire, à la belle période de leur histoire, encore gothiques par l'inspi- (1) Voir : tapisseries du XVe siècle conservées à la cathédrale de Tournai, in-4°, 14 planches. Tournai 1883. — B — ration, appartiennent déjà à la renaissance par une foule de détails, et offrent le charme indéfinissable des produits des époques de transition. Vers 1530 la production se ralentit. De puissantes rivales s'élèveront autour de Tournai et lui raviront sos clients d'élite, comme de son vivant deux beaux tapis ouvragés d'or et » historiés (î). » Ces tentures à personnages, tissées d'or, donnent une haute idée de la fabrication tournai- sienne à cette époque reculée. Il faut voir aussi des tapisseries dans les deux carpitres (2) escuchonnées, c'est-à-dire ornées d'armoi- ries données par Mehaut de Waudripont, dans son testament de 1345, aux religieux Augustins « pour mettre devant leur grant autel as jours solempnels * et clans les articles suivants repris dans des testaments et des inventaires : « deux carpitielles ouvrées de haulteliche escuchonnées (135G); — un drap de siège et une douzaine de coussins d'œuvre sarrasinoise (135G) — un eouvretoir de haulte liche - (13G3). Le métier avons nous dit était parfaitement organisé à Tournai, où l'on rencontre pendant la première moitié du XIVe siècle une trentaine d'artisans qualifiés tapis- siers, établis dans cette ville (3). C'est en 1352 seulement qu'on signale pour la (1) Voisin. Les tapisseries de la cathédrale de Tournai. (2) Carpitre ou carpette est une étoffe de laine grossière dans le genre de la moquette. (3) Les noms de tapissiers, que nous donnerons plus loin, sont extraits non de registres de corporation ou de listes anciennes d'artisans, mais d une foule d'actes d'intérêt privé de nos archives communales que nous avons dépouillés : donations, testaments, registres de condamnations, etc., d'où il suit que malgré le travail énorme auquel nous nous sommes Lvré, nous n'avons certainement pu relever qu'une faible partie seule- ment des artisans qui ont appartenu au métier. — 11 — première fois à Tournai un ouvrier qualifié liaute- lisseur, il s'appelait Jean Capars et était originaire d'Arras; d'où Mgr de Haisne, dans son Histoire de lart en Flandre avant le XV siècle a conclu que la fabrication à Tournai des hautes-lisses c'est-à-dire dans son esprit, des tapisseries, n'était pas antérieure à 1362 et qu'elle y avait été importée d'Arras. Nous ne pouvons nous rallier à cette opinion, car si Jeta Capars est le premier artisan tournaisien, portant le nom de hautelisseur, les œuvres de hautes-lisses y étaient connues avant lui; on vient de le voir (1). Kn outre, faut-il attacher quelqu'importance à oe qualificatif hautelisseur, et de son absence dans des documents écrits antérieurs a l.TrJ, conclure la non existence de véritables tapisseries avant cette date? Nullement : c'étaient avant tout les tapissiers qui fabri- quaient des tapisseries et non les hautelisseurs. Si ceux-ci en ont produit également, cela n'a eu lieu que pendant un espace de temps assez restreint. Hautelis- seurs et tapissiers forment deux groupes bien distincts dans l'industrie des tissus; tous deux emploient les mêmes matières premières et les mômes métiers, mais leurs produits sont très différents : les premiers font des étoffes proprement dites, les seconds des tentures artistiques, le plus souvent à personnages, auxquelles de tout temps a été réservé le nom de tapisseries. Les documents que nous citerons au cours de cette étude prouveront qu'il ne faut pas identifier les mots tapissiers et hautetùseurs, tapisseries et hautes-lisses, et les considérer comme synonymes (2). (1) Dos inventaires après décès de 13 4."> ot 1350 mentionnent des œu- vres do li:aitelisso en même temps que des tapis s.irrasinois qui évidem- ment avaient du être fabriqués un bon nombre d'années avant ces dates. (?) BatOODUp d'auteurs ont employé indifféremment ces divers mots — 12 — Au XIVe siècle et même déjà au XIIIe, les appar- tements d'apparat chez les grands étaient garnis de tentures recouvrant à la fois les murailles et les meubles : en 1278 Agnès Wisse lègue « un des dras ki tendent en me cambre. » En 1385 Sire Henri Prevos lègue à l'église Saint-Piat « quatre draps de liaulte- » liche lesquels il avoit accoustumé de prester pour » parer la dite église (l). » En 1390 on trouve à l'inven- taire de Jehanne Pollet « une cambre vermeille a pape- gais contenant m pièces. * Ces draps sont certaine- ment des tapisseries. A la fin du XIVe siècle on rencontre des tissus qualifiés Œuvre de Tournai. Faut-il les considérer comme des tapisseries pro- prement dites, ou plutôt comme des étolïes tissées (2)? L'absence de description de ces pièces laisse un doute que les documents contemporains ne permettent pas de trancher. La première ordonnance connue portée par le ma- gistrat de Tournai sur le métier des tapissiers remonte à l'année 1377. Très laconique, elle se borne à prescrire à ceux qui vendent sarges (3) tapis et cou- vretoirs, (4) de se trouver avec leurs marchandises au l'un pour l'autre, ce qui a amené une déplorable confusion. Nous aurons soin dans les pages qui suivront de citer toujours le mot même donné par les documents que nous relaterons. (1) A. delà Grange. Obituaire de la paroisse S. Piat, n° 17. (2) Six coussins d'œuvre de Tournay. T. 1301. Comote de tutelle Gallet. (3) Sarges, c'est-à-dire les serges, tissu de laine. (4) Coitvretoirs, couvertures et toute pièce d'étoffe destinée à recou- vrir un meuble. marché la samedi, et leur défend de vendre à la fois des marchandises neuves et des vieilles (1). Cetteordonnance est suivied'une autre, en Il M.), sur la fabrication des draps velus, que les tapissiers con- fectionnaient concurremment avec les tissus historiés. Oo y rencontre l'obligation pour tout maître et tout ouvrier de marquer ses produits d'un signe qui lui est propre et ensuite d'y faire apposer la marque de la ville, qui consistait en un plomb (2). On trouve en elïet dans les comptes communaux de fréquentes dépenses faites pour la gravure des sceaux et des tenailles servant à frapper ces plombs (3). Enfin en 1997 une troisième ordonnance, beaucoup plus complète et plufl détaillée que les précédentes vient réglementer la fabrication - de la tapisserie, kauUeluhe et Ces sargeries ou serges se vendaient au grand marché, le samedi, comme on la vu dans l'ordonnance de 1377. 2 et 3. Indication des matières à employer; * ouvriers a le marche et de haulteliche » ; défense de se servir de certaines étoffes. 4. Les « ouvrages de hauteliche et de broque * seront scellés du même sceau dont on scelle les cou- vretoirs, par les eswars ou visiteurs du métier. 5. Défense de travailler les nuits de Notre-Damo des Apôtres et les samedis, « après le resson sonné. * Les nuits, c'est-à-dire ici la veille au soir des fêtes en question, depuis la sonnerie de la cloche du belfroi qui après le goûter de quatre heures appelait d'ordinaire les ouvriers au travail ^i). Défense enfin de travailler à la lumière. 6. Défense à ceux « du dit mestier de sargerie - d'avoir plus de deux apprentis. L'apprentissage devait durer trois ans. — Défense de mettre dans les étolfes des « poils de vaque. » 7. Obligation de porter au scel de la ville les « cou- vretoirs, sarges, toies et autres ouvrages. » 8. Obligation de faire mesurer par les eswars toute pièce de sargerie, aussitôt qu'elle est enlevée du métier, et défense de la plier avant qu'elle ait été scellée. (1) On trouve en ce qui concerne les tisserants une disposition ana- logue, mais plus explicite : « Que tous tisserans et ouvriers dudit mestier tant en hiver comme en été depuis maintenant en avant, jusques a d'uy en ung an, laisse œuvre a la cloque du disner sonné et s'en voisent disner où bon leur samblera jusques au resson, endedans laquelle heure de resson chacun desdis ouvriers soit revenu à son œuvre chascun jour. (28 avril 1421. Registre du métier des tisserans f° 86 aux Arch. de Tournai). Dictionnaire Godefroy, V° ressoa. - 15 — 9. Obligation de serrer le tissu des - ouvrages de sar^crie et de hauteliche. - 10. Obligation aux ouvriers et ouvrières de faire bon et loyal ouvrage et de le laisser visiter par les cswars. 1 L Lei draps velus fabriqués hors de Tournai n'y peuvent être vendus qu'après avoir été visités par les eswars. S'ils sont trouvés bons, on y appose un ■ scel ■ de chire qui n'est point la inarque de la ville maifl - tout différent d'icelle et non semblable a l'enseigne ■ des draps velus fais en Tournai. * S'ils sont trouvés défectueux, les eswars les font couper. 12 et 13. Draps velus fabriqués à Tournai. Mode de les travailler et désignation des matières qui les composent . Le même jour, 2G mars 1397, les Consaux com- plétèrent l'ordonnance précédente, en ce qui concerne les draps velus, et prescrivirent aux \ i si tours du métier Temploi d'un sceau particulier pour sceller lesdits draps. Bien que l'ordonnance ne le dise pas, on sait que cette marque portait la tour qui figure dans les armoiries de Tournai, comme il est expressément dit dans un compte de 1111. De 1 à 1 100, on rencontre dans «les actes divers les noms d'une quarantaine d'ouvriers appartenant au métier des tapissiers et des hautelisseurs. 88 sont appelés tapissiers, T> luiufelisseurs ou ouvriers de haul- teliche, et les autres tisscraus de relus. Ce relevé, qui indique un progrès marqué dans le développement de la fabrication, est certainement très incomplet puisqu'il n'a été fait, comme nous l'avons exposé plus haut, qu'au moyen d'éléments puisés dans des fonds d'archives étrangers au métier. Los papiers — 16 — et archives du métier antérieurs à la première moitié du XVIe siècle, ont complètement disparu. Les mentions de tapisseries deviennent dès le com- mencement du XVe siècle plus fréquentes, sans être jamais bien nombreuses, car à cette époque comme maintenant encore, malgré l'excessif développement du luxe et du confort, les tapisseries ont toujours été des pièces de valeur, réservées à la décoration des églises, des palais et des monuments publics. Peu de particuliers en possédaient et ce n'est qu'exceptionnel- lement qu'on en rencontre dans les habitations de la bourgeoisie et même de la noblesse pendant toute la belle période de la fabrication. En 1400 la veuve Piérart Bernard lègue « six cous- » sins qui sont ouvrés (travaillés) de hautelice a hom- » mes sauvages » et Jacques de Lannoy lègue à son frère « une jaque ouvrée de hauteliche. •< On rencontre encore, dans des actes de la même époque : * Un drap » gaune (jaune) d'œuvre de hauteliche (1401), — un r> pièces de carpitres armoyés des armes des Gargate r> (1403), — un banquier ouvré de hautelice (1402), — » deux carpites et un banequier a compas (écussons » ou cartouches) armoyé et semé de gaunes estoiles » (1405), — un drap de hautelice armoyé de mes y> armes (1404), — une sarge destainte à plusieurs y> marmousés (petits personnages) (1404), — six cous- » sins à parge ouvrés de papegais (perroquets) (1409), » — une douzaine de coussins de parge à luppars » (léopards); deux draps de siège piers (bleus) armoyés » de dragons couronnés (1411), — un grand couver- » toir de hauteliche, in banequiers et un drap de cou- * que tout de hauteliche (1412), — une douzaine de » coussins à parge piers a compas, un couvretoir de » couque aussi piers et m banquiers aussi piers, tout - d6 hauteliche, semés de rosiers et autres fleurs » (1412), — un vermeil banquier ouvret de hautelice » (1445), — des coussins arbroyés et oiselés (c'est-à-dire - décorés d'arbres et d'oiseaux) (1420), — coussins de » parge où il y a singes figurés (1428), — coussins de » parge à testes armées (1429), etc. (i). Tous ces documents sont extraits du fonds si riche des testaments et des comptes d'exécution testamen- taire, reposant aux archives communales de Tournai. C'est au commencement du XVe siècle, que Tous- saint Prier, chanoine de la cathédrale de Tournai, fit confectionner à Arras les tapisseries représentant l'his- toire de saint Piat et de saint Eleuthère, qu'il donna à lacathédrale, nu on peut ene<»re les voir aujourd'hui 2). Sans connaître les motifs qui ont engagé le chanoine de Tournai a s'adresser aux ateliers d'Arras plutôt qu'à ceux de Tournai, rien n'autorise à supposer que ces derniers eussent été incapables d'exécuter pareil travail, et surtout de conclure qu'on ne fabriquait pas alnrs a Tournai semblables tentures. Nous verrons plusieurs fois dans le cours de cette étud. nos majris- trats achetant des tapisseries dans des villes étran- gères, a une époque où cette industrie était «à Tournai même, dans toute sa splendeur, et par contre on verra nos tapissiers vendre leurs produits dans des contrées ou semblables fabriques étaient établies. Alors comme aujourd'hui la concurrence était vive entre les fabri- (1) Ce mot paiyr, qu'on rencontre dans presque tous les inventaires, doit désigner une sorte de cuir; coussins de parge ou a parge sont probablement «les coussins dont le dessous était garni de cuir. (2) Tapisseries du XY° siècle conservées à la cathédrale de Tournai. In- 4° 20 planches. Tournai 1881. — 18 — cants; ils exportaient leurs produits dans des régions parfois fort éloignées et les relations entre les villes commerçantes étaient assez faciles et assez fréquentes, pour qu'un particulier put faire des commandes partout où son goût le portait. Les pièces citées plus haut sont assez nombreuses et on ne manque pas d'autres documents encore pour prouver qu'à cette même époque nos tapissiers fabri- quaient et vendaient de véritables tapisseries (1). En 1407, le 19 juillet, les Consaux portent une nouvelle ordonnance sur la fabrication des draps relus, et notons en passant que cette abondance de textes réglementant le métier prouve son importance sans cesse grandissante Cette ordonnance avait pour but, elle le dit elle- même, de compléter les règlements qui avaient été antérieurement portés sur la même matière (2). Nous l'analyserons comme les précédentes. 1. Quantité de laine qui doit entrer dans les draps velus de laine d'Espagne ; 2. Dans ceux de laine de Reims. 3. Défense de mélanger les deux laines. 4. Défense d'y faire entrer du til detoupes; obli- gation d'y mettre bon fil de lin ou de chanvre. 5 et 6. Dimensions à donner à ces draps. 7. Faculté laissée aux maîtres de faire des pièces de qualité supérieure à celle requise par les règlements. 8. Défense aux teinturiers de teindre les draps velus fabriqués hors de chez eux. 9 et 10. Obligation de faire visiter et sceller lesdits draps. (1) T Compte d'exécution testamentaire Jelienne Esquiequeline, 1 409. (2) T . Fonds des arts et métiers registre n° 423 1 fiB p 64 (toi r P. J . 4) . — 19 — 1 1 . DrtriJ de visite au domicile des maîtres par les eswars du métier. 1^. Défense aux maîtres d'avoir plus d'un apprenti, Ol durée de l'apprentissage fixée a un an. L'amfté0 suivante (7 août 140$) le mémo colK-e rend une nouvelle ordonnance « sur le fait du mestier ouvra- ges et marchandise des draps nomméê kùuU&Uchê (i). L Création d eswars chargés spécialement d'aller visiter les draps chez les ouvriers mêmes et d'y apposer DU sceau dont la forme sera arrêtée par le magistral . 2. Obligation d'employer de bonnes matières pre- miéres. 'A. ( Migration de faire teindre la chaîna des draps en wedde (bleui vert ou vermeil . I. Dimensions à donner aux draps de liaultelichos. .r>. Perfection et lovauté du travail. 6. ( Obligation pour tous maîtres d'apposer leur ensei- gne sur les haultes-liehes qu'ils fabriquent ; chaque maître aura sa marque propre et difïérentc de celle des autres. 7. Heures du jour pendant lesquelles il est permis de travailler, selon les saisons. S. Défense de travailler les jours de fêtes religieuses les samedis, les jours de féte de Notre-Dame et les jours de vigile, après none sonnée à l'église Notre- Dame . (.) et 10. Durée de l'apprentissage fixé cà deux ans, et paiement d'un droit d'entrée dans le métier. II. Tout maître ne peut avoir qu'un apprenti à la fois. (1 | T. Registre aux publications, 307 g P 80 (P. h 5). — 20 — 12. Défense de faire travailler un apprenti sur l'ou- vrage commandé par un autre maître. 13. Défense de travailler hors de la banlieue et juri- diction de la ville. 14. Défense aux ouvriers et marchands de conserver chez eux des hautes lisses fabriquées à l'étranger si elles n'ont été visitées et scellées par les eswars. Le reste de l'ordonnance vise la fabrication des « Draps appelés de Bourges * ou bourgeteries et leur impose l'obligation du scel, en fixe la composition, les dimensions etc. Enfin tous ouvriers de haulteliche et de bourges sont tenus, aux termes du § 2G de l'ordonnance, d'ôtablir leur atelier dans des chambres situées à front de rue, pour qu'on puisse s'assurer plus facilement de l'exacte observation des règlements sur la matière (î). Le 6 mai 1410, les Consaux réglementaient de nou- veau le « mestier et marchandise des draps de haulte- liche allemarche et tapisserie (2); » le 5 janvier 1411 ils ajoutaient des dispositions visant spécialement les haulteliches (3); le 9 décembre 1410 ils avaient encore légiféré au sujet des « ouvriers de tapisserie sarrasi- noise appellée a le marche (4). » Il sera parlé de nou- veau de ces ordonnances dans les chapitres II et III qui traitent de la réglementation du métier et de la fabrication. A. Pinchart dit que les hautelisseurs formaient dès 1423 une des trente -deux bannières ou corps de (1) Pour les draps de Bourges, voir chapities 2 et 3. (2) T. Registre aux publications, n° 397 B( (3 Ibid. P J. 8. (4) Ibid. f° 116. P. J. 7. — tj — métiers de la ville de Tournai. Ils eurent alors leur féte patronale le jour de la Transfiguration de Notre- Seigneur. Avant cette date, ajoute-t-il, ils dépendaient du corps des merciers et comme eux avaient saint Maur pour patron. On trouve en effet dans une liste des corps de métiers, dressée le 10 juillet 1429,1a bannière des haultelicheurs et sargeurs. — Quant aux tapis- siers, ils étaient sans doute à cette époque, encore confondus avec les hautelisseurs et compris dans leur bannière dont ils formaient l'une des branches, car ils ne sont pas cités nominativement dans la liste des métiers. Le métier était déjà puissant à cette époque : plu- sieurs de ses membres émigrèrcnt à l'étranger où ils établir, nt «les fabriques devenues célèbres par la suite. En 1480 on signale à Avignon la présence d'un tapissier de Tournai nommé Jean Hosemant. L'arche- vêque de Narbonne, camérier du pape, lui confie l'exé- cution d'une chambre de tapisserie qui devait être ornée de paysages avec figures d'oiseaux et de qua- drupèdes (î). Les tapissiers qui ont établi les ateliers d'Audenarde venaient pour la plupart de Tournai (s). En 1441 la corporation audenardaise était déjà florissante. (In peu plus tard 1 164) on trouve à Ferrare deux hautelisseurs ou plutôt doux tapissiers tournaisiens travaillant pour les ducs Borso et Hercule I [z)\ les fondateurs des ateliers de Mid.lelbourg en Flandre ( \ 165) forent encore des tournaisiens, Brice leBacquere (1 K. MOnte. La tapiaêriê, p. 146. (8) (iuitVivy. Histoire de la tapisserie, p 93. [3) Mvintz Loco ci lato. — 22 — et Melchior de le Wede (1). Ils fabriquaient des ver- dures et des tapisseries à personnages (2). En 1475 on trouve deux tapissiers tournaisiens établis à Paris (3); plus tard, en 1492 ce sont des hautelisseurs tournaisiens qui ont implanté cette indus- trie à Amiens (4); enfin dans plusieurs localités, notamment en Angleterre, en France et en Allemagne, on rencontre des hautelisseurs originaires de Tournai. Dès le premier quart du XIV'1 siècle nos inventaires accusent une progression croissante dans l'achat des tapisseries et des étoiles de hautelisses et dans l'im- portance comme dans la valeur des pièces fabriquées. Dans un compte de 1427 on trouve « quatre pièches de drap figuré ; - — le compte d'exécution testamen- taire de Pol de Lannoit, sans cloute un hautelisseur, dressé en la même année, mentionne des draps do hautelisse de plusieurs espèces. Leur haut prix indique qu'il s'agit d'étoffes de valeur. — Jehan du Gardin lègue en 1433 à l'église Saint-Nicaise « quatre pièces de drap contenant la passion de Notre-Seigneur les deux de broqueterie et les autres deux de toille. » — Mar- guerite Le Ruddre lègue des banquiers, une sarge, un drap de couche « ung drap pour ung huis » et dix-huit coussins, « lesquels sont tous compassés de coulions (pigeons) sur branches de fleurs et est la campaigne (le fond) piersse.... à prendre toute ladite tapisserie après (1) La fabrication de la tapisserie de hautelisses à Middelbourg. Annales de la Société d'émulation de Bruges, 4e série tome v, p. 387. (2) Dehaisne, Archives départementales du Nord. B. 2082, année 1 470. (3) T. Echevinage de saint Brice. (4) Guiffrey, Histoire de la tapisserie. le décès dé.... (1434) — une douzaine de coussins de hautelisse ouvret de personnages (1438) — une plalte bourse d'ouvrage sarrasinois (1445). — Marie du Mortier lègue « une cambre tendue de sept pièces de drap sanguin armoyé des armes des Ooquevillain et des Mortier - (1440) etc., etc. Ces œuvres sont pour la plupart des tapisseries pro- prement dites, faites sur des carions peints par des artistes de valeur tels que Robert Campin et Henri de Beaumetiel (1438) (i); Jacques Daret (1441), Robert Darv, Simon Marmion et autres peintres répuiés qui ont pria une si large part au mouvement artistique du XV* siècle. Nos magistrats communaux H6 ménageaient pas leurs encouragements à cette belle industrie, qui, quelques années plus tard, devait porter au loin la réputation de nos ateliers. Le 10 février 1438 ils rendent une nouvelle ordon- nance pour la branche n,arc)tcfc\rrs, afin d'assurer la bonne exécution de leurs ouvrages. Dans < tte ordon- nance, dont nous reparlerons plus loin, on distingue nettement les - menus ouvrages tels que de banequiers, coussins et oouvretoirs * et les « ouvraiges de person- nages - fabriqués les uns et les autres par les mêmes artisans, comme le prouve le compte d'exécution testamentaire de Jehan Dupret tapissier, où Ton voit que celui-ci, à côte de tapisseries proprement dites, tissait aussi des couvertoirs. Quelques années après on trouve des achats impor- tants faits par le plus illustre des clients de nos manufac- tures, le fastueux Duc de Bourgogne, Philippe-le-Bon. (\) Sur 061 artistes, Voir de fa Qrtmfft I t Cloqurt, Tart à Tournai, t . "J . — 24 — En 1446, il achète à la veuve de Jehan Baubrée un tapis de muraille à histoire de personnages, coûtant quarante-deux sous l'aune. En 1449, Robert Dary et Jean de l'Ortie lui vendent la tenture de Y Histoire de Gédéon ou de la Toison d'or, destinée à décorer la salle des assemblées de la Toison d'or, la pièce la plus fameuse sortie des ateliers tournaisiens et qui existe probablement encore aujourd'hui, sans qu'on sache exactement en quel en dr o i t . P u i s ces 1 1 a t ap i sser i e d e Y Histoire dA l cxa nd) *€ , non moins fameuse et non moins remarquable que Pasquier Grenier vend au même prince (1 159). Celui-ci lui acheta encore six grands tapis de mu- raille représentant la passion de N otre-Seigneur — puis une chambre de tapisserie « toute emplie de bos- quaille et de verdure et portant esdites pièces plusieurs grans personnaiges comme paysans et bûcherons » (1461) — l'année suivante il lui achète Y Histoire dEsther, qu'on voit encore aujourd'hui au Musée lorrain de Nancy, et Y Histoire du chevelier au Cygne. En 1466 il acquiert deux chambres de tapisserie « Yune d orangers f autre de buc/terons » dont il fait présent cà de grands personnages. Les ducs de Bourgogne firent encore d'importants achats à Tournai, mais ils n'étaient pas les seuls étran- gers qui vinssent s'y fournir. C'est ainsi que Pasquier Grenier envoyait ses produits à Puy en Auvergne (i) et à Lyon sur le Rhône (2); à Reims (3) en Champagne et en bien d'autres lieux. Les autres tapissiers et mar- chands, s'ils avaient une clientèle moins illustre ou (1) Journal des Prévost et Jurés, 1449. T. n° 3310. (2) Ibid. (3) Ibid. 1460, n° 3312. — 25 — moins lointaine, étaient cependant tout aussi actifs. Ils travaillaient pour ceux de leurs confrères qui à leur qualité de fabricant joignaient celle de mar- chand. Pasquier Grenier par exemple u'eut pu pro- duire dans ses seuls ateliers toutes les tentures qu'il livra aux seuls dues de Bourgogne; il faisait encore travailler d'autres maîtres pour son compte comme le permettaient les règlements du métier. C'est ainsi encore que Qillart Derosne fournit des tapis à Robert Dary (1) ; que Nicaise Gaudin travaille pour Philippe le Scellier (2), etc. Nombreux sont les contrats passés entre tapissiers devant la juridiction des Prévost et Jurés. Malheureu- sement ils sont généralement très laconiques, et se bornent à constater les sommes dues sans décrire en aucune façon les marchandises vendues. Nous sommes assez bien renseignés au sujet des tapis- series vendues aux princes souverains, par les comptes de leur maison conservas dans les archives publiques; des achats faits par les particuliers au contraire, il ne reste généralement pas trace; leurs livres de dépenses ont disparu, si tant est qu'ils en ont tenu; et quant aux tentures elles-mêmes, le goût de la nouveauté, les caprices de la mode, les revers de fortune, les acci- dents quotidiens les ont fait disparaître. Seuls les con- trats d'achat, passes devant les magistrats, les testa- ments, les inventaires révèlent l'existence de quelques tentures ; mais ces actes sont peu nombreux et ne don- neront qu'une faible idée de la quantité et de la valeur des produits d'une époque; car le plus souvent on ache- (1) V. 1458. Ibid. 3312. i (2j Ibid, 1400. LKS TAPISSKR. 3 — 26 — tait la tapisserie toute faite, on la payait comptant et alors il n'était pas besoin de passer acte du marché ; quant aux legs testamentaires ils ne peuvent être que l'exception ; enfin les inventaires, outre qu'ils sont trèa laconiques ne relatent généralement qu'une partie du mobilier, l'autre appartenant d'après les règles de l'ancien droit sur la communauté matrimoniale au conjoint survivant. Ajoutons que très certainement le plus grand nombre des testaments et des inventaires du XIVe au XVIIe siècle ont aujourd'hui disparu, et on comprendra ainsi la difficulté de trouver des docu- ments relatifs aux tapisseries possédées par des particuliers. Pour ce qui est des tapisseries acquises par les églises, outre toutes les causes de destruction qui leur sont communes avec celles des particuliers, elles ont encore été anéanties en grand nombre lors des trou- bles du XVIe et du XVIII6 siècle, et les archives qui les mentionnaient ont péri avec elles. Ces pertes sont éminemment regrettables ; mais que dire de la destruction froide et volontaire de ten- tures du plus haut prix qui a certaine époque a été ordonnée. Ne lisons-nous pas qu'en l'an V de la Répu- blique, sous le Directoire, on décida de brûler seize des plus belles séries de tapisseries conservées en garde- meuble (en tout 180 pièces) à Paris, pour en retirer les fils d'or et d'argent qu'elles contenaient (1)! Qu'on juge par cet exemple illustre, des autres attentats perpétrés dans l'ombre contre nos belles tapisseries ! Pour l'époque qui nous occupe, on sait que Guil- laume Fillastre, évêque de Tournai de 1401 à 1473, fit (1)/. Guiffrey. Histoire de la tapisserie, p. 450. — 27 — faire rU-s tapisseries « contenant X Histoire du ciel et nouveau testament, si comme la passion de nostre Srignrirr - rju'il fit tendre au chœur de la cathédrale de Tournai, et donna plus tard à l'abbaye de Saint- Berlin, à Saint-Omer (i). Philippine d'Escamaing, dans son testament (1455) lègue * un gardinet ordonné de fleurs de soye auquel » est la pourtraiture de nostre Seigneur. ■ Nicolas Dimanche fait aussi un legs de tapisserie (1 W^) - item je donne à Arnoul mon Al, ma verde - chambre de tapisserie, telle que je l'ai fait faire, par « condition que, se aucuns de mes autres enfants en - ont afaire pour aucuns honneurs, je veut qu'elle leur » soit presté (2). - Dans l'inventaire dressé au décèl de Jehanne Des- pars (1 M)i>t, <.n trouve « une chambre de haultcliche, •* le sarge, xn coussins, m banquiers et ung drap de » couche qui sont tout d'un ouvrage. » Six coussins royés de marcheterie (14G7. Compte Jehan du Masich). Les tapisseries devaient être abondantes a Tournai à cette époque, car 60 toute circonstance on en décore les monuments et même les mes. Lors de l'entrée de Louis XI, roi de France, clans cette ville (1 183), les magistrats recommandèrent aux habitants d'en parer leurs maisons ■ item sera com- (1) Voisin. Les tapisseries de la cathédrale do Tournai. (S) La forme do ce legs est intéressante. La tapisserie donnée défait être prêtée a chacun des enfants du défunt, s'il en avait besoin pour décorer exceptionnellement un appartement. On remarquera en passant que les tapisseries à cette époque étaient des draperies mobiles, faciles A démonter et I transporter pai tout où on voulait sa faire usage, et non dos tentures tendues sur p:mneaux et fixées a ix murailles, comme cela se pratique depuis le XVIIIe siècle — 28 — mandé aux bretesques que les demourans es rues par où il passera ayent leurs maisons parées de tapisseries, linges ou autres aournemens riches et notables (i).... » Le nombre des tapissiers et des hautelisseurs s'était fortement accru pendant la première moitié du XVe siè- cle. On en trouve environ cent vingt cités dans des actes appartenant à différents fonds, parmi lesquels on rencontre une soixantaine de hautelisseurs, (ouvriers de haulteliche, hautelisseurs sarrazinois, ouvriers de haulteliche à le broque, etc.), trente tajtissiers (tapis- seurs et ouvriers de tapisserie) dix-sept marcheteurs, deux tisserants de velus, etc. Les plus grands industriels étaient désignés de la façon la plus modeste, c'est ainsi que Pasquier Grenier est appelé parfois marcheteur et parfois tapissier; Jean de l'Ortie, s'intitule simplement marchand ouvrier de tapisserie. En 1470 le magistrat de Tournai voulant faire pré- sent d'une tapisserie à un seigneur de la cour et n'en trouvant pas en ville qui fut convenable, la fait acheter à la fête d'Anvers ; mais comme nos fabricants avaient l'habitude à cette époque déjà, d'envoyer leurs tapisseries à la foire d'Anvers, il est à présumer que c'est l'un d'eux qui livra les tentures acquises par la ville. C'était une chambre complète « contenant neuf » pièches estofîees de fil de soye ouvrées et employées » de personnaiges dômes (d'hommes) et de femmes « sauvaiges (2). » Deux ans plus tard c'est le magistrat de Bruges qui (1) de la Grange, les entrées de souverains à Tournai. (2) T. Comptes généraux. 1er avril 1469, 8° somme de mises. — 20 — achète à un de nos fabricants, Pasquier Grenier, pour l'offrir à Charles le Téméraire, la tenture de (à instruc- tion de Troie. Kn 1 175, l«i ville de Tournai commande à Jean le Bacre, tapissier, une chambre de tapisserie, destinée à Philippe de Commines, seigneur d'Argentan, qui lui avait rendu service. Kn 1 tTCi, Marie Despares lègue « une chambre ■ estoiïée de coussins, banquiers et sarges enseignéz de * poplicans, » c'est-à-dire décorés de guerriers turcs et mores. Par le même acte elle lègue encore des cous- sins semés de verdure. I /inventaire dressé en 1480 à la mortuaire de Simon Savary, riche bourgeois de Tournai, mentionne : une sarge de tapisserie — une sarge de bourgette — une pièce de tapisserie — six parqueaux de OOOSSins ver- durés, — deux sarges, une de couche et une de lit, et trois banquiers, tout de tapisserie — une pièce de satin figuré, et*-. Kn coite même année le magistrat commande pour Poffrir plus tard au seigneur de Daudricourt, - une » tapisserie de verdure à soie, aussi bonne et de telle - valeur que celle que Mgr du Kude a fait faire en n cette ville (0.... ■ Cette tapisserie, donnée à M du Lnde, maréchal de France et gouverneur du Dauphiné avait été fournie par Willaume Desreumaulx, tapissier. Elle lui fut payée par la ville en 1481 (*). Un tapissier nommé le Scellier vend - une sarge de l'Histoire de Nabuchodenosar ; » il meurt avant qu'elle soit terminée et un mareheteur demeurant à (1) T. Journal des Prévost et Jurés. n° 3324 (2) T. Comptes généraux commençant le l°r avril 1480. Bruges, Jehan Glisous. vient l'achever chez lui. On voit au compte de l'exécution testamentaire dudit le Scellier (1481) que plusieurs particuliers lui avaient acheté des tapisseries. Les transactions entre tapissiers sont nombreuses : en cette même année 1481, Willaume Desreumaulx vend à Gilles Descamaing, marchand, « une tapisserie à soye de X Histoire de Tébbes - en plusieurs panneaux. Le même Desreumaulx qualifié cette fois, marcheteur, vend en 1482, à Pierre Rôgier, aussi marcheteur, « deux tappis de Yllisloire de Joseph estant de pré- » sent en la maison dudit Desreumaulx sur les hostilles » encomenchiez. » Willaume Desreumaulx fabrique pour Gilles Descamaing (1 181) et il paie deux livres de gros à Jehan de Vremont qui lui a fait obtenir la commande d'une tapisserie (2). Le 7 avril L489 Gilles Descamaing et Adrien Binois, tapissiers, établissent des arbitres pour vider un différend (3). Guérard Renières et Gilles de Ilornes, marcheteurs, font de même (1490) (1), et encore Jean Trouet et Jean du Casteller en 1 193 (:»), Fierai t Rogier et Druon le Gay en 1404 (g). En 1483, Haquinet le Scellier vend « une cambre r> ung tappis de verdure à soye à petits enfans, qui » monte à la somme de vingt-trois livres six sols deux » deniers de gros (7). » Le Scellier faisait parfois travailler pour son compte (1) T. Journal des Prévost et Jurés, n° 3324 (2) Ibid, n° 3324. (3) Ibid, n° 3323. (4) Ibid, n*> 3315. (5) Ibid, 3326. (6) Ibid. (7) T. Son compte d'exécution testamentaire 1483. — 31 — un tapissier d'Audenarde ; Desreumaulx au contraire, écoulait ses produits à Lille; en 1484 le magistrat de Tournai achetait à un tapissier de Paris une chambre de tapisserie laine et soie, pour en faire don i un seigneur de la cour du mi de France à Pan8, Deai ans plus tard c est encore un tapissier d'Audenarde qui s'engage a exécuter pour un tapissier de'I\»urnai divers travaux. Kn 1 VJ] Jacques Descamaing emploie de même Pi0tre Van Acfat, tapissier à Louvain (i). Que prouvent ces transactions fréquentes entre tournaisiens et étrangers, si ce n est l'importance et l'activité d'une industrie dont la réputation était grande et les produits fort recherchés. On se figure volontiers qu'a cette époque du moyen-âge le commerce était peu actif et que chaque ville s'isolant en quelque sorte des autres, produisait par elle-même tous les objets nécessaires à sa consommation. On voit au contraire combien étaient faciles et fréquentes les relations de ville à ville, et les transactions avec des étrangers. Citons encore quelques œuvres dues à notre indus- trie locale. En 1 18 1 Jean Lecesne lègue - ung drap de quevech - ou il y a ung blancq Jhésus en tapisserie. - — Jeanne du Casteler lègue à Béatrice du tlocq - ung - Jhesus ouvret de broqueteric. . . . n (1496 . Kn 1489 la ville offrit à Philippe de Cleves, une tapisserie, pour les services qu'il lui avait rendus, ou plutôt qu'elle en attendait. L'histoire est assez jolie pour que nous en disions un mot. Par suite des démêlés entre le roi de France et le duc île Bourgogne; celui-ci avait fait confisquer «à Bru- (I) T. Journal ta Prtrost et Jurés, vfi 3326. — 32 — xelles les marchandises de quelques marchands tour- naisiens. Philippe de Clèves s'entremit pour les leur faire restituer sur la promesse qui lui fit la ville de lui donner une tapisserie. Mais plus tard on ne se trouva pas d'accord sur la valeur de cette tapisserie. La ville ne voulait payer que mille francs ou deux cents écus, Philippe de Glèves en exigeait trois cents et menaçait, si on ne donnait pas satisfaction à ses exigences « de r> faire procéder à la prinse et arrêt de plusieurs manans » de ceste ville pour leurs marchandise à Courtrai. - Après plusieurs délibérations, nos magistrats finirent parcéder et nommèrent des délégués chargés de traiter avec le seigneur de Clèves, au mieux des intérêts de la commune et de concéder les trois cents écus s'ils ne pouvaient s'en tirer à moindres Irais. Les négociations avaient duré du 1 1 juin au 27 octobre 14S(J (î). Comme précédemment cette période d'activité donna lieu à la publication de nombreuses ordonnances sur le métier et la fabrication. A la demande des hautelisseurs eux-mêmes, les Con- saux portent le 4 août 1472 une première ordonnance. 1. Les femmes et filles de maître pourront seules être reçues dans le métier en qualité d'apprentis. Si elles marient un artisan n'appartenant pas au métier, elles perdent le droit d'en faire partie. 2. La durée de l'apprentissage est portée à quatre ans. Les maîtres ne peuvent avoir qu'un apprenti à la fois. 3. 4 et 5. Tout nouvel apprenti doit être inscrit sur les registres du métier. (1) T. Consaux vol. 175. — 33 — g DtfenM da travailler la Doit Obligation de teindre de bonnes couleurs les draps d or et de soie Défense de travailler hors de la juridmtmn de la rflle et obligation de laisser visiter on tout temps les ''TCrnc à payer lors do l'entrée dan. lo métier ,,„;„. ,/àro,. d!- visite des cswars et lesécuuon du 'TSe'do ,„Mior est rendu plus facile pour les f,^;^-:;!m^do.mnrnlUéctd-hn„ornhmté^ des suppôts du métier. ,, c„n,litions d'admission au métier. l£. Dimensions à donner aux draps velus, et signes indiquant leur qualité. 13 QtfenM le travailler pendant les pelées. 1 1 Des cswars du métier. 15. Défense de travailler le jour de sainte Anne , la translation do saint Nicolas ot colu. de JLicaco dos élises No.ro-l»a * £ Le même collège porte le 5 novembre L476 une pn* ancc défendant a chaque .ravoir plus do quatre métiers ; .1 la complète le o an 1(,r J479 en stipulant que ces mét.ers pourront e Couver dans la maison du mai. re qui les occupe mais dans des chambres à front do rue. Un difficulté avant surgi entre le. bourgeteurs et ln l lissours d'une part et les telliors d autre par. M iv mont à certaines étoffes que chacun dee deux .nétiers prétondait fabriquer, les Conaaux sont appelés à la trancher. (5 janvier 1478). {l) 4 août 1.172. Ordonnance fa la chambre .les arts c, méliers T. P. J. n° 12, nn 4232. — 34 — Le 28 novembre 1486 ils font défense de travailler hors de la ville (i). Le 12 juillet 1496 les Doyens des arts et métiers rendent une ordonnance au profit « du mestier de marcheterie et tapisserie. » Ils réduisent à trois ans la durée de l'apprentissage et permettent à un maître d'avoir deux apprentis en même temps ; ils admettent à la maîtrise quiconque a fait son apprentissage dans une franche ville et élèvent les droits d'entrée ; enfin ils défendent de fabriquer en même temps « de fines estofFes et de flocon, qui est ouvrage frauduleux (?). » En 1491 les marcheteurs et les tapissiers d'une part, les sargiers et les hautelisseurs d'autre part ont des différends que les mêmes magistrats sont encore appelés à trancher. Nous en reparlerons à l'histoire du métier. Les tapissiers et les marcheteurs marchaient alors sous la bannière des teinturiers et les hautelisseurs formaient une bannière séparée. En 1493 mourut à Tournai Pasquier Grenier, un des plus célèbres tapissiers du moyen-âge. Il laissait quatre fils entre lesquels il partagea tous ses patrons de tapisserie (3). La fabrication, à Tournai était alors dans sa période la plus brillante et la plus prospère. Les magistrats de Bruges invitent nos tapissiers à aller y vendre leurs tentures et leur promettent de réduire pour eux les droits de courtage (1495) (4) ; le magistrat de Tour- nai fait renouveler les tentures qui parent l'hôtel de ville; elles avaient le fond rouge avec un serais d'ai- (1) Cbambre des arts et métiers, T. n° 4232. (2) Ibid. P. J. n° 19. (3) T. son testament empris le 24 juillet 1494. (4, T. Consaux 1495. — :>>5 — moiries (i); il achète à Jean Grenier pour la chapelle de l'hôtel de ville, « deux cappes de drap d'or à tout orfrois composés à or et argent en tapisserie * (2), et BU 1 197 il fait une commande beaucoup plus impor- tante, six chambres de tapisserie, qu'il offre à Philippe le I ;oau pour obtenir le retrait de la défense qui pro- hibait dans ses états la vente des tapisseries fabriquées I Tournai , La môme année, Antoine Grenier, un des fils de Pasquier Grenier, vend au cardinal Georges d'Amboise, archevêque de Rouen, des tapisseries destinées à son paléis épiscopal, et plus tard [1508) il lui en vend iMimro p«»ur le château de Gaillon, propriété de rarchcvr.jiip. Colart, ou Nicolas Blovart vend à Philippe le Beau, archiduc d'Autriche, quatre grandes pièces de tapis- serie de laine et de soie à personnages où se trouvait représentée l'Histoire de la condamnation de banquel et de soujter, si populaire au moyen-âge (s). Le même prinre adieu a .Iran Grenier, fils de Pasquier Grenier, comme Antoine, - une riche tapis- « série bien richement faite à la manière de Portugal - et de Indie - qu'il lit offrir à nn seigneur de la cour de France. 11 se traita l'année suivante entre les mêmes parties un marché beaucoup plus important. Philippe le Beau se rendant des Pays-Bas en Castille, prend soin de s'approvisionner de lapisseries qu'on ne trouve pas en Espagne, et c'est à Tournai qu'il s'adresse pour cette acquisition. Il achète - pour faire mener avec lui et (\) T. Comptes cvn-M-anx «In lrr octobre 1497 (2. .tournai «les Prévost et .lurés, T. n° 3326 (1498). (3) Houdoy, Histoire de II tapi»ene nY hautelisse de Lille, p 141. — 36 — » s'en servir en son voyage d'Espaigne, premiers six y. grandes pièces de tapisserie richement ouvrée de v YHistoire du Banquet, contenant deux cent soixante- r> dix aulnes au prix de xlii sous l'aulne; item une » chambre de tapisserie faite de personnaiges de Vigne- » rons. Item une autre chambre de tapisserie faite de « personnages de Bûcherons.... et six grands tapis » velus de Turquie.. . *> Le tout fut payé à Jean Grenier la somme énorme de deux mil quatre cent soixante-douze livres. Clément Sarrasin, non moins fameux dans son art que les Grenier, vend, à la même époque (1501) à Charles du Hautbois, évéque de Tournai, des tapis- series destinées cà recouvrir, selon la mode du temps, les meubles du palais épiscopal, et des tapisseries représentant saint Martin et saint Nicolas que le prélat donna à l'église Saint-Laumer, à Rlois. Comme on Ta déjà constaté, la grande activité dans la production amène régulièrement une augmen- tation de réglementation, aussi les lois sur la matière furent-elles très abondantes à cette époque où la pro- duction atteignit son plusgrand développement. Toutes ces mesures avaient pour but d'assurer la plus grande perfection possible des produits fabriqués et de les protéger contre les contrefaçons qu'on serait tenté d'en faire, le tout dans l'intérêt de l'acheteur; tandis qu'aux époques de décadence on verra au contraire que la préoccupation constante des magistrats, solli- cités par les gens du métier eux-mêmes, est d'accorder à ceux-ci toutes sortes d'immunités et de faveurs, sou- vent aux dépens du trésor public et par conséquent de la masse des citoyens. Dans ses belles périodes, l'industrie ne demande — 37 - qu'à être protégée contre la concurrence malhonnête ; dans les périodes de détresse, au contraire, elle ne cesse de réclamer des privilèges et des faveurs. Une ordonnance du 2i juillet 1499 au profit des hautelisseurs insiste sur la nécessité de marquer les produits et à coté de la marque du maître exige celle de la ville. Il en sera parlé plus loin. Le septembre d<- la même année, cette ordonnance est complétée par une autre sur la teinture des fils; enfin pour garantir la bonne qualité de leurs marchan- dises, les maîtres n'hésitent pas à prendre la respon- sabilité des fautes que pourraient commettre leurs valets et serviteurs, et les Consaux, à leur demande, proclament cette responsabilité (26 mai 1503). Lnc autre ordonnance publiée le 1<» mars ir>02 éta- blit un impôt levé au profit du trésor communal sur les lapisseriei fabriquées en ville ou qui y sont amenées, et ce droit est différent selon qu'il s'applique à une des trois catégories de tapisseries suivantes : la 1er espèce, composée de mol il 1 est imposée deux deniers tournois l'aune; la 2°, ou tapisserie à vmage ou personnage, sept deniers ; la 3e, ou tapisserie à or et soie, de même. Le 2 mai 1503 les Consaux défendent aux haute- lisseurs demeurant à Maire près de Tournai, à l'extré- mité du faubourg de ce nom, de faire apprêter leurs ouvrages en ville. Le nombre des maîtres s'étaient considérablement accru : pendant la première moitié du XVe siècle, nous en avons rencontré cent vingt environ; pendant la seconde moitié on en compte le double. Les actes divers mentionnent comme artisans dont les noms n'avaient pas encore été relevés précédemment : quatre- vingt-dix hautelisseurs, cinquante marcheteurs, douze baurgeteurs et soixante-dix tapissiers proprement dits. — 38 — L'établissement de nos tapissiers, ou plus exacte- ment alors, de nos hautelisseurs à 1 étranger continuait toujours et les lois portées contre les hérétiques accé- lérèrent dans des proportions inquiétantes pour l'indus- trie locale, ce mouvement d'émigration. Peu prévoyants et ne consultant que leur intérêt particulier, nos hautelisseurs pour faire obstacle au retour des émigrants demandèrent aux Consaux de décider que ceux « qui vont ouvrer hors perdent la franchise dudit stil » (1500). Après avoir relaté les grandes ventes de la fin du XVe siècle et des premières années du XVIe, il ne sera pas sans intérêt de pénétrer en quelque sorte dans l'intimité de nos tapissiers et de constater leurs occu- pations journalières, leurs ventes plus modestes, et les relations qu'ils avaient entr'eux. Le compte d'exécution testamentaire de la veuve d'un tapissier, Jacques de l'Arcq, rendu en 1505, révèle dans son atelier la présence de patrons de tapisserie, en papier; de métiers de tapisserie et leurs accessoires ; enfin une table servant audit métier et un treillis. Jacques de l'Arcq laissait des tapisseries ina- chevées. Elles furent terminées après son trépas et vendues à un marchand de Lyon. Il en avait déjà vendu à un marchand de cette ville, nommé Leuridan qui paya de ce chef 230 livres à ses héritiers. Le vicomte de Gand leur versa au même titre 50 livres, qu'il devait « de reste du plus grant somme, à cause » de tapisserie qu'il avoit achetée — » D'autre part, chez un haultelicheur, Jehan Cappelier (1505) on trouve des laines, des soies, des fils et des étoffes telles que baudequins, royés, flocons, colora- — 39 — bettes, damassés, trippes, dont nous reparlerons au chapitre III; des métiers et leurs accessoires, verges, lissoirs, navettes; on y voit encore que Cappelier, ven- dait ses marchandises cà Paris, Lyon et Ath... sans compter sa clientèle locale. Signalons rapidement quelques marchés faits entre tapissiers au commencement du XVI* siècle. I).' le Haze avait vendu à de Vus une pièce de tapis- serie; eo dernier la lui restitue en échange de trois banquiers de Gand (1505.) Mais voici un acte plus important et plus curieux. Henry Remont, marchand, demeurant «à Xuvs sous Beaune en Bourgogne reconnaît devoir à Meaulx de Visquere (ou de Viscre) tapissier à Tournai, 17 livres de gros à cause de tapisserie qu'il lui a achetée, et en garantie du paiement de cette somme, il cède à de Viscre une créance qu'il avait sur un marchand de vin de cette ville. 20 novembre 1505 (î). Ce marchand de vin bourguignon achetant nos tapisseries en échange de ses vins n'est pas un cas isolé. On savait que les vins de la Champagne et de la Bourgogne étaient un article de vente courante chez nous; nos tapisseries trouvaient de même dans ces pays une vente facile, comme l'établissent plusieurs actes. La veuve de Colart Bloyart et son dis Henry recon- naissent une dette envers le trésorier de Notre-Dame au sujet d'une tapisserie que le dit Bloyart devait four- nir et n'avait pas livrée U505) (2). Jean Poissonnier vend une tapisserie à Arnoul Cou- sart corneteur (a) (£3 mai 1 507). Jean Flamenq, ci- (1) Journal fa Prévost , t Jurés, T. a« 3328. (P. J, 23). (2) Journal «les Prévost et Jurtfs, T. n° 3328. (3) Ibid. — 40 — devant sergent bâtonnier, vend à Jean de le Barre sayetteur 44 aunes de tapisserie (17 février 1507 (î) — il vend encore 32 aunes de tapisserie à un autre sayetteur, Jean de Flandres, le 25 août 1508 (2). Meaux de Viscre, tapissier, vend à Antoine du Rieu, libraire, une tapisserie pour trois livres' de gros, le 18 septembre 1508 (3). Nous pourrions encore citer de nombreux actes du même genre, des années 1510, 1512, 1515 et sui- vantes, mais pourquoi nous arrêter plus longtemps à ces détails; des achats beaucoup plus importants solli- citent notre attention. Nous entrons dans une période particulièrement agitée et intéressante de l'histoire tournaisienne. Du commencement du XVIe siècle à l'année 1521, la ville vécut successivement sous la domination française, anglaise et impériale. Tour à tour elle eut pour sou- verain Louis XII de France, Henri VIII d'Angleterre, puis François Ier et enfin Charles-Quint. Ces change- ments continuels de domination la mirent dans la nécessité de solliciter fréquemment la faveur du sou- verain et de ses officiers auxquels elle fît des cadeaux répétés. L'industrie des tapisseries était trop floris- sante pour qu'on ne s'adressât pas à elle pour ces cadeaux, et par une conséquence toute naturelle elle ressentit les heureux effets de la réclame qui fut ainsi faite à son profit et vit les souverains acheter à leur tour ces belles tentures qu'ils avaient eu l'occasion d'apprécier et d'admirer. (1) Journal des Prévost et Jurés. T. n° 3328. (2) Ibid. (3) Ibid. — 41 — Parmi les chefs-d'œuvre diïs au premier tiers du XVI" siècle, — citons d'abord les tapisseries de Notre Dame à la cathédrale de Reims et celles de Saint- Remy dans la même ville, deux séries* admirables et hors de pair, que nous croyons pouvoir revendiquer pour nos ateliers (1) et qui ont dû être confectionnées entre 1509 et 1580. Puis viennent les tapisseries achetées en 1510 à Arnould Poissonnier par l'empereur Maxirnilien I. Huit tentures du triomphe de Jules César ; une chambre « à yttoire de gens et de bestes sauvaiges a la manière de mUeui; - une autre chambre - de toutes choses plai- santes de chant volenc et autrement - le tout payé 1460 livres. En la même année la ville offre à Me Anthonne le Vistre, conseiller du roi, - une pièche ouvrée d'or et - de soie ou est ti purée l'image de saint Christophe, » livrée par .Jean (1 renier. Eu 1513 elle fait don à M. de Ponninch, gouverneur de la ville pour le roi Henri VIII. d'une - chambre de * tapisserie ystoriée de la vie de Hercules, * achetée à Clément Sarrasin. On conserve le contrat passé entre la ville et l'habile tapissier pour l'exécution de cette commande. C'est une des pièces les plus curieuses con- cernant le métier. Nous la donnons plus loin aux pièces justificatives 12». Les Consanx offrirent plus tard une tapisserie au roi Henri VIII lui-même, mais nos archives ne disent pas quel en était le sujet. Elle fut achetée à Arnould Poissonnier (1513). C'est lui encore qui, la même année, fournit cinq (1) Videbitar infra. (2) Pièces justificatives n. 24. LES TAPISSER. •4 — 42 — pièces de tapisserie représentant le Voyage de Caluce, offertes par la ville à Robert de Wytfel, conseiller du roi, et encore une chambre de tapisserie de Y histoire de Judith présentée au comte de Suiïblk, grand maré- chal de l'armée d'Henri VIII. L'aumônier de ce monar- que fut aussi gratifié de douze pièces de tapisserie, représentant les douze mois de Vannée, achetées à Jean Devenins. On trouve dans les délibérations de nos magistrats communaux une liste d'une éloquente concision inti- tulée « des tapisseries et aucuns présents qui ont esté » fais de par la ville à plusieurs seigneurs et dames » en 1513 (1) et qui permet de juger ce que coûtèrent cà nos pères les événements qui en cette année les firent passer de la domination française sous la domination anglaise, ainsi que l'importance du tribut de tapisseries payé par Tournai au souverain anglais et à ses conseillers. Cette liste ne comprend pas la tapisserie offerte au roi lui-même; par contre on y trouve mentionnées des tapisseries données cà madame de Savoye, sœur de Charles-Quint, à l'occasion de la visite qu'elle fit à Tournai au roi d'Angleterre. Elles sortaient des ateliers de Jean Grenier et sont ainsi décrites dans un inventaire du mobilier de Mar- guerite d'Autriche dressé à Malines le 18 juillet 1516 : « Six pièces de tapisseries, appelée ta cité des dames, » où il y a de la soie, et ont esté données à Madame » par ceulx de la cité de Tournai quand elle y alla r> devers le roi d'Angleterre. » Mais voici qu'en 1518 Tournai est rendu à la France, et à leur tour plusieurs grands seigneurs fran- (1) Pièces justificatives n. 26. - 13 — r ais reçoivent (les présents do la cité pour lui être favo- rables. I)o, nouveau aussi c'est «à nos tapissiers qu'on s'adresse pour fournir ces présents. Monsieur des Loges, gouverneur de la ville pour le roi de France et monsieur de Proisy son conseiller et baillv de Tournai, reçoivent chacun cinq cent francs, monnaie royale, (c'est-à-dire 500 écus d'or) à valoir sur le prix d'une chambre de tapisserie qu'ils ont achetée (1518), et maistre Jehan Hurault, « autrefois besongnant avec M. de Proisy - reçoit 200 écus d'or ou soleil (1510). En février 1523 (v. st.) les Consaux décident d'otïrir au gouverneur 400 « eus d'or ou soleil ainsi qu'une tapis- serie de 50 livres de gros, et a sa femme - 50 écus d'or ou soleil pour une robe de velours - ; à monsieur de Chastillon, maréchal de France, la ville fait don de huit pièces de tapisserie représentant Y histoire du banquet ^ confectionnées dans les ateliers de Colart de Burbure, sur des modèles fournis par Jean (irenier (1518). Enfin elle donne à monsieur de la Motte, lieutenant - général du gouverneur, 2'S.\ aunes de tapisserie, coû- tant 850 livres 5 sols, achetée à Adrien Lefebvre, tapissier (16S1). A coté des tapissiers vivent les hautelisseurs. Leur nombre devient considérable au XVI" siècle, leur métier très florissant ; ils ne nous intéressent cependant que d'une façon secondaire car leurs produits sont dépourvus de caractère artistique. Ils fabriquaient des étoffes excellentes peut-être, mais qui ne ressemblent en rien à des tapisseries. On conserve quelques pièces provenant des archives de leur métier, qui ont été publiées par Mgr Voisin — 44 — dans les Bulletins de la Société historique et littéraire de Tournai, tome ix. L'une d'elles qui contient la liste des maîtres et des apprentis reçus dans le métier de 1513 à 1544, signale environ 500 maîtres pour ce court espace de temps (î). En 1522, les hautelisseurs de Tournai, unis à ceux de Lille demandent aux Consaux d'édicter en leur faveur certaines mesures de protection. En 1524, on distrait de la Corporation des hautelis- seurs, les savetteurs, qui formeront dorénavant une bannière particulière, tandis que les hautelisseurs avec les sargeurs en formeront une autre. En 1524, 1527, 1528, 1531, 1533 et 1534 les divers corps de magistrature rendent des ordonnances relatives au métier. Il en sera parlé plus loin. Les démêlés avec les hautelisseurs des villes voi- sines étaient fréquents. En 1528, ceux de Tournai sont en conflit avec ceux d'Orchies ; en 1531 c'est avec ceux de Douai et les hautelisseurs de Lille se joignent aux nôtres. La contestation avec les hautelisseurs d'Orchies fut terminée par une transaction avenue en 1535 (2). Quant aux hautelisseurs de Roubaix ils furent en lutte presque perpétuelle avec les nôtres. Le nombre des maîtres et labondance des produits fabriqués s'accrurent tellement qu'on dut en 1534 ouvrir un jour de plus par semaine la maison où étaient (1) Nos relevés d'après les actes divers n'en donnaient que 250 environ pour les 50 premières années du XVIe siècle. D'où il suit que le chiffre fourni pas les actes divers est an chiffre réel des réceptions des maîtres comme 1 e t à 3; et si cette proportion a été la même pour les périodes précédentes ce que nous ne pouvons affirmer, à défaut de points de comparaison, il faut multiplier par 3 tous les chiffres que nous avons donnés jusqu'ici pour déterminer le nombre vrai des suppôts du métier à une époque déterminée. (2) T. Pièces diverses à l'appui de comptes, non inventoriées. scellées les pièces de hautelisses. Dans son exposé des motifs L'ordonnance dit * que le mestier et stil des hau- - telisseurs serait et est l'un des plus florissant et sutïi- » sant mestier, en augmentation de tous les autres stils » et mestiers de la dite ville, ayant et soutenant plus - de six cens hostilles ouvraus en icelle ville (1)... * Revenons aux tapissiers et signalons certains actes relatifs à la vente et à la fabrication des tapisseries, dont nous avons retrouvé la trace dans nos archives locales. L16 29 novembre \~>'2ïi par devant les Prévost et Jurés, Jean le Vostre, tapisseur, vend à Pierre Pois- sonnier, aussi tapisseur. quatre pièces de tapisserie encore sur les métiers, au prix de trente gros rie ton- dre l'aune (2). Un acte de 1684 nous montre le même Poissonnier vendant six tapisseries (3). Kn 1527, à une époque où l'on devait trouver à Tournai des tapisseries en abondance, la ville en achète à Alldenarde; on ne peut cependant conclure de cet achat que Tournai ne fabriquait plus à cette époque, puisque le contraire est manifeste. De même, nous l'avons dit plus liant, on ne pouvait induire de l'achat de tapisseries fait à Arras en 1 102 que Tournai n'en fabriquait pas encore à cette date. En 1530, Catherine de Mouehin lègue à l'église paroissiale de Saint-Quentin - une pièche de tapisserie (1) Journal des Prévost et Jurés, T, Inventaire n. 8319 (2) Ibid. (3) Ibid, — 46 — v figurant le mariage de la glorieuse Vierge Marie à » Joseph (1). » En 1533 Gilles Pasquier, tapisseur, vend une tapis- serie à Me Jean Godebrie (2). Celui-ci étant décédé en 1534, on trouve mentionnée à son inventaire une tapisserie, vendue à monsieur de Bellain, qui fut achevée par le même Gilles Pasquier. Une tapisserie, faite de fils de laine de soie et d'or, représentant YBcce Homo, et conservée à la cathédrale à qui le chanoine Nicolas Pothier la donnée, paraît être de fabrication tournaisienne. C'est une belle œuvre du XVe siècle, rehaussée de broderies au fil d'or. L'année suivante, par devant notaire, Jean du Moulin tapissier demeurant à Tournai , s'engage envers un chanoine de Reims, à confectionner en fils de laine, de soie et d'or une pièce de tapisserie de la vie de saint Symphorien, dont le patron devait être fait par un peintre de Tournai. En 1536, il passe un contrat pour la confection de cinq autres pièces de la même série. Elles lui étaient payés à raison de cinquante sols tournois l'aune (3). Au compte de la ville de 1537, ligure Jean de Rossert (probablement Drosset,) tapissier, pour « cent » deux aunes de tapisserie composée de fillet de » sayette, armoyée des armes de l'empereur, Flandre » et ceste ville pour le prétoire des prevost et jurez au « prix de 40 sous l'aune. » Première mention d'un genre de tapisserie plus industrielle qu'artistique, et que nous rencontrerons fréquemment par la suite. (1) T. Son testament. (2) Journal des Prévost et Jurés. T. n. 3319. (3) Loriquet, les tapisseries de Notre-Dame de Reims, page 194. — 17 — Le même Drosset, fournit cette année une tapisserie à l'église Saint-Piat (i); Jean Martin, tapissier,' en avait vendu une a la mépe église quelques années auparavant. Jean de Rocotte fournil 184 année de - tapisserie rouge semé des armes de l'empereur et de chastelets de Tournai, - pour la chapelle et le prétoire des Pré- vost et .lurés (2). Arnould Poissonnier, l'un des plus grands fabricants de tapisserie qui aient été établis à Tournai, étant venu «à mourir, son compte d'exécution testamentaire dressé en 1539 révèle l'importance de ses ateliers et celle do la fabrication tournaisienne à cette date. Nous aurons l'occasion d'en parler plus loin en détail, c'est pourquoi nous nous bornons cà donner ici un extrait de llnrentaiw qui relate de nombreuses pièces trouvées dans ses magasins. - Chy sensieult l'inventaire faictede la tapisserie par - Jehan de le Biecque, sergent des feherins, Jehan - Mallet, prispur et Jean le Sueur, rlercq en l'an 1522. - Une histoire du triomphe de Julius César (con- ■ tenant 7 pieches contenant 320 aulnes). - Aultre histoire d'holoferne, (7 pieches Ml aulnes). - Aultre histoire de oloferne. (Six pieches 24G aulnes). - Aultre histoire du .Julius César. (8 pieches 289 - aulnes). -Aultre histoire de Carvenc(«). (<) pieches 480 - aulnes). - Aultre histoire de Calcou. pieches 865 aulnes). - Aultre histoire de Carrabara dit des EgipUens] - (dix sept pieches 445 aulnes). (1) Comptes de lVirliso Saint-Piat. (2) T. Comptes généraux 1538-39. — 48 — r> Aultre histoire de Hercules, (quatre pieches 120 » aulnes). » (Cinq) aultres pieches de tapisserie (72 aulnes 3 r> quartiers). » (Trois) aultres pieches de spalliers (66 aulnes). y> (Deux) « ?» de tapisserie (32 aulnes). » Cinq prentes et aultres pieches et une aultre r> pieche d'imaige ensemble 69 aunes et demie. » En rabateaux 45 aulnes. » Une pieche de verdure de G aulnes. v Aultre pieche des Martirs de 6 aulnes et demie. n En plusieurs pièches de coussins 83 aulnes. » Une table d'autel contenant quatre aulnes et demie. » Ungrabateau de prentes 3 aulnes. » Porte la totalle somme de l'inventaire 2871) » aulnes et ung quartier. Le reste de l'inventaire abonde en détails précieux sur le nombre et le genre de tentures trouvées à la mortuaire de Poissonnier, son industrie et ses débou- chés. Nous y reviendrons longuement plus loin. En 1540, René de Nouveaulx et Jacques Pinés, tous deux marchands à Paris viennent s'approvi- sionner de tapisseries à Tournai (i) ; d'autres mar- chands également de Paris font la même année d'im- portants achats chez des hautelisseurs de cette ville (2). Mgr de Croix fait acheter en 1540, chez Jehan de Cassel, tapissier, 268 aunes de tapisseries au prix de 18 gros l'aune (3). Deux ans plus t?rd, au décès de Lucq Carlier, tapis- (1) Journal des Prévost et Jurés. T. n° 3334. (2) Ibid. (3) Ibid. — V.) — sier ei marchand de tapisseries, on constate dans son atelier la présence de plusieurs tapisseries : Yhistmredu Saint-Stn-remcut l exemplaires . YJnsfoirf de Grise ? . des verdures, des patrons, des métiers de tapisserie... Dix ouvriers sont cités dans le compte pour avoir travaillé a des tapisseries laissées inachevées par le décès de Carlier. Quatre inventaires de \7>\~> a lôjs mentionnent des pièces de tapisserie trouvées chez ddfl particuliers et Ton sait que Michel de Cambrv, bourgeois de Tournai mort en l.V>| possédait deux pi. •ces de tapisserie à personnages, dont une représentait X histoire des Mochàbéêê* Enfin, en 1564, lôvéque Charles de Croy fit don à la cathédrale de deux séries de tapisseries dont l'une représentait l'histoire de Jacob et l'autre l'histoire de Joseph. Mlles ont été fabriquées par Jean Martin le jeune, tapissier à Tournai. Deux pièces entières et quelques fragmente de ces tentures existent encore et sont conservées à la cathédrale (p.. Ce sont les dernières œuvres de valeur appartenant à la première moitié du \\T siècle. Elles clôturent la balle période de la fabrication tournaisienne. A partir de cette date l'industrie des tapisseries Végéta dans notre ville; elle produisit encore quelques pièces intéressantes, mais peu nombreuses, puis dispa- rut en quelque sorte pour faire place a l'industrie des tapit, exercée par les hautelisseurs, et aux produits plus inférieurs encore tels que les étoîïes de laine, de soie et de velours. (1) VMéb. mfr.i. L'histoire du métier des tapissiers pendant cette der- nière période est peu fournie. Le seul acte intéressant, qui eut une importance considérable pour de nom- breuses manufactures, mais qui exerça bien peu d'in- fluence sur la fabrication tournaisienne puisqu'il n'entra en vigueur qu'à l'époque où celle-ci était à son déclin, fut le célèbre édit de Charles-Quint sur la fabrication des tapisseries publié en 154 L Plusieurs années auparavant l'empereur avait or- donné une enquête sur les besoins du métier. En 1539, il s'était fait remettre par les tapissiers d'Enghien, Audenarde, Bruges et Tournai les ordon- nances réglementant leur corporation. Puis il écrivit au magistrat de Tournai qui se réunit le 3 mai 1540 pour « entendre la lecture de certaines » lettres missives envoyées auxdits consaulx par la r, majesté impérialle touchant la tapisserie composée » es pays de pardecha afin de y mectre ordre et police r> pour éviter aux habus qui s'y comectent. » L'empe- reur invitait nos magistrats à envover à Bruxelles deux ou trois délégués afin d'arrêter de commun accord avec les commissaires nommes par lui, un règlement général pour toutes les villes des Pays-Bas où l'on fabriquait des tapisseries. Ces délégués qui furent nommés le 4 mai, étaient Antoine Dauthie et Jacques de Bary, échevins . L'édit impérial ne fut promulgué que le 26 mai 1544, après quatre années ne pourparlers et de travaux. C'est un monument des plus curieux et des plus inté- ressants pour l'industrie qui nous occupe. Il établit pour elle l'unité de législation dans tous les Pays-Bas, alors ([lia sur presque toutes les matières, chacune des provinces et même des villes avait sa législation parti- culière. 11 fut comme la codification de toutes les ordonnances et de toutes les coutumes particulières sur les tapisseries, codification faite avec critique, cependant el dans laquelle on n'admit que les pres- criptions dont la pratique et l'expérience avaient démontré l'utilité. Il règle la fabrication et l'emploi des matières premières, les conditions d'admission au métier, les rapports entre maîtres ouvriers et appren- tis, les droits si obligations du métier, les cartons ou patrons, les maïques de fabrique, le courtage des tapisseries, etc , etc. Revenant un peu en arriére, on trouve en ir>:>(> les tapissiers marehant sous la bannière des teinturiers de wedde et de boullon, avec lesquels ils sont en contesta- tion pour l'élection du doyen. D'autre part les sargeurs forment une autre bannière avec les hautelisseurs. Ceux-ci qui étaient devenus fort nombreux obtiennent en 1637 l'autorisât i» »n d'acheter une maison pour y traiter les atlaires du métier et y établir le scel. Cette maison était située à la rue de Marvis (1). Diverses ordonnances sont rendues sur le fait du métier : on augmente les droits des eswars pour les visites domiciliaires à faire chez les suppôts du métier; (1538) on règle les conditions dans lesquelles les nou- veaux maîtres devront faire leur chef-d'œuvre (1540). En la même année les membres du métier décident que la caisse commune n'interviendra plus que pour trois fêtes de la corporation qui sont : l'élection des dignitaires; - quand on tyre l'oiselet dudit mestier; - (1) T. Consaux «lu 80 novembre lôoT. — 52 — et « la Transfiguration qui est la feste d'icelluy mestier, » et ce aussi longtemps que dureront les pro- cès que le métier soutient entre les sajeteurs et contre la chambre des Doyens des métiers. Les hautelisseurs tout en restreignant les dépenses de la caisse du métier ne perdaient cependant pas l'occasion de s'amuser. En bons voisins ils allaient chaque année faire à Lille « la feste des folz » orga- nisée par les hautelisseurs de cette ville (1). Le procès dont les frais privaient le métier de cer- taines de ses récréations, et qui était pendant devant le conseil de Flandre fut sur le point d'être tranché par une transaction. Les hautelisseurs y avaient consenti par une délibération du 29 septembre 1541, mais le 9 octobre suivant ils retirèrent à leurs délégués les pouvoirs qu'ils leur avaient donnés à cette fin. Ils déci- dèrent de plaider de plus belle et pour soutenir les frais de la guerre ils imposèrent une contribution spé- ciale sur chaque outil ou métier (2). Cette belle ardeur ne dura pas longtemps car le 1er août 1542 ils acceptèrent de soumettre le différend à un arbitrage. Le 5 janvier suivant ils consentent un nouvel impôt sur chaque métier pour payer les frais de réclamations qu'ils portent au tribunal de l'empereur pour le bien du métier (3). Le G mai 1543 on décide de frapper chaque pièce de hautelisse d'un droit proportionné à sa qualité et à sa valeur (4). Au cours de l'année 1544 une grosse difficulté fut (1) T. Consaux 25 juin 1540. (2) Prévost et jurés. T. n° 3334. (3) Ibid. (4) Ibid. soulevée entre les hautelisseurs d'une part, les tein- turiers, les tondeurs et les rappareilleurs d'autre part. Il y eut un long échange de requêtes et de mémoires sans que les parties parvinssent à se mettre d'accord. Plusieurs nouvelles ordonnances furent portées en 1545, la première sur les ehefs-d'o^uvre, les autres sur la composition du collège des eswardeurs et l'élection de ses membres. La caisse du métier devait se trouver alors très obérée, car en 1546 pour faire de l'argent on reçut en bloc un grand nombre de maître* qu'on dispensa de toute condition d'âge, d'apprentissage et de chef- dVeuvre, pourvu qu'ils payassent de suite et d'avance, les droits de maîtrise. On exigea seulement des nou- veaux élus qu'ils fussent fils de maître, et il leur fut défendu d'avoir des apprentis avant l'âge de 1 ( > ans. On en reçut ainsi une centaine, dont le plus âgé avait 4S ans, les autres une dizaine d'années en moyenne, les plus jeunes A, '2 et même 1 an et demi! Ces fils de maître élaient censés avoir appris le métier dans l'ate- lier paternel, tel fut le motif de la dispense qu'on leur accorda, car pour tous autres cet apprentissage était strictement exigé et avait une durée de 3 ans (î). Les hautelisseurs étaient très nombreux à cette époque; dans une requête adressée aux Consaux le (.) octobre 1554, ils se disent plus de huit cent. La question des eswards ou inspecteurs du métier est encore soulevée en 1555; en 1559, les Consaux défendent d'acheter* pour les revendre, les fillets de sayette et de lin, qui sont indispensables à la fabri- cation des hautelisseurs. Ceux-ci d'ailleurs paraissent avoir été de tout temps fort jaloux de leurs privilèges (1) T. n» 4232 f° 356. Fonds des arts et métiers. — 54 — et prêts à les défendre par tous les voies de droits, notamment par les voies judiciaires. Ils plaident en 1561, contre les sayetteurs de Tour- nai ; deux ans plus tard ils procèdent devant le conseil privé du roi à Bruxelles, contre les hautelisseurs champêtres et ils empruntent pour faire face aux frais de ce procès, 300 carolus d'or. C'est à cette campagne que se rattache la convention conclue entre les hautelisseurs tournaisiens et ceux d'Arras en 1560. Cet acte mal interprêté dans les écrits de l'abbé Proyart et du chanoine Van Drivai sur les tapisseries d'Arras, avait été cité par eux comme relatif à un procès entre les deux corporations et comme établissant la preuve qu'on avait continué à fabriquer des tapisseries à Arras au XVIe siècle ; dou- ble erreur relevée par monsieur A. Guesnon qui cite les pièces originales desquelles il résulte qu'il s'agit dans cette affaire non de tapisseries mais de hautelisses, non d'un procès ou d'une contestation mais d'une alliance conclue entre une quinzaine de villes parmi lesquelles figurent Arras et Tournai, contre les haute- lisseurs des bourgs et villages (î). Nous avons vu les hautelisseurs s'imposer des con- tributions volontaires pour soutenir en maintes causes, les droits de la corporation. Ils procèdent même contre leurs propres magistrats, pour faire réformer leurs ordonnances dont ils croient avoir à se plaindre (2) mais leur plus grands efforts se tournent contre les (1) Le dossier relatif à cette affaire repose aux archives municipales d'Arras. Il a été publié en 1863 dans le cartulaire de la commune d'Arras par les soins de monsieur Guesnon. Voir : réplique à l'auteur des tapisseries d'Arras au sujet de sa dernière brochure par A . Guesnon. Lille 1884. (2) Journal des Prévost et Jurés. T. vol. 3321. sayetteurs. leurs rivaux et leurs concurrents avec les- quels ils finiront cependant par se confondre. Les hautclissrors tenaient leurs assemblées géné- rales au cloître de la cathédrale et parfois aussi, depuis qu'ils avaient acquis un local spécial, audit local, rue de Marvis. Ils créèrent, dès 1577 aux frais delà corporation un refuge où furent reçus les membres du métier tombés dans la misère. On l'appelait le refuge OU « recran des hautelisseurs, ■ et il était situé à la rue Barre Saint-Brice (1). IVu de métiers reçurent autant d'encouragement* et de subsides que celui qui nous occupe et qui fut il est vrai, l'un des plus importants de la ville. Dès 1585, le magistrat subventionne un liautelisseur qui montait les outils du métier. Plus tard on le verra payer des pein- tres pour fournir des dessins à la corporation ; il accor- dera enfin DU subside par chaque outil en activité; toutes mesures qui permirent au métier de se soutenir dans les circonstances difficiles où il se trouva. L'industrie des hautelisseurs embrassait une grande variété d'étoiles dont on trouvera les noms et la dési- gnation au chapitre III; mais il parait que malgré les règlements du métier et les ordonnances des magis- trats la perfection des ouvrages laissait parfois «à dési- rer ce qui motivait les plaintes de certains marchands étrangers. Pour les engager à mieux faire le Procu- reur général de la ville fit venir de Lille une demi « pieche de tripe de haulteliche tin ouvrage bien taint ■ et accoustré » qu'il leur donna pour modèle, (2) en les engageant à y conformer leurs travaux. (1) Dans une délibération des Consaui (lor février 1611) il est ques- tion «le l'achat de « cinq demeures gisans en la rue Codeau. paroisse de Saint-Brice » pour ce refuge. (2) T. Comptes 1590-91. — 56 — Le moyen était un peu naïf, et l'histoire ne dit pas si l'industrieux Procureur général atteignit le résultat qu'il se proposait. * ¥ * Dans la seconde moitié du XVIe siècle, les lapis - siers jouent un rôle fort effacé; leurs œuvres deviennent rares et sont bien inférieures au point de vue artis- tique à celles qui les précèdent; sauf quelques essais de restauration dont nous parlerons en leur lieu, la fabri- cation des tapisseries prend de jour en jour une tour- nure plus industrielle. La distinction si nette au XVe siècle et pendant la première moitié du XVIe siècle, entre les tapisseries et les produits de la hautelisse, s'efface en partie dans cette seconde période; insensiblement et sans qu'on puisse déterminer exactement à quelle date, les tapis- siers reprennent et ajoutent à la fabrication qui leur est propre celle des étoffes de hautelisses, comme ils l'ont fait au début de l'organisation du métier. En 1565, le 29 avril, les Doyen, Jurés, maistres et suppôts du stil et mestiers des tapissiers adressent une requête aux Consaux. Ils la renouvellent le 24 mars 1566. Nos archives communales en 'men- tionnant ces requêtes ne nous en donnent pas le con- tenu, regrettable lacune car ces actes eussent présenté un grand intérêt en faisant connaître les plaintes et les vœux du métier à l'époque où il se sentait atteint et où il voyait décliner sa prospérité. Le Ie' juin 1566 ils demandent à être distraits de la branche des teinturiers, retordeurs et filletiers, mais leur requête est rejetée « comme incivible et déraisonnable. » C'est une des dernières mentions qui soient faites des — 57 — tapissiers, en tant que métier; on rencontrera encore par la suite quelques tapissiers isolés, mais le métier, la corporation disparaît. L'effondrement fut complet : co\u> grande industrie apn-s avoir jeté un vif éclat 86 trouva subitement réduite à fort peu de chose et s'éteignit après une longue agonie à travers tout le XVIIe siècle et jusque vers 1720. En 1566 la ville voulant oflKr un présent à un seigneur de la cour s'adresse à Arnould Hennocq marchand hautelisseur, cette qualité est à remarquer, qui lui livre un tapis de sayette, mesurant dix aunes un quart. C'était maigre pour une ville qui avait autrefois donné de si magnifiques tentures aux princes, à leurs ambassadeurs et à leurs conseillers! Pendant son épiscopat( 1505-1574) Gilbert Doignies, évôque de Tournai, donna à sa cathédrale des tapis- series (î); peut-être les acheta-t-il à Jean des Ruyelles dit Ual.ages.hautelisseurquien 1508 raccommoda vingt huit pièces de tapisseries appartenant a ce prélat (2). In autre industriel, Jean LefVbvre, qualifié tapis- sier, répare également deux chambres de tapisserie appartenant à Jean Criquélion (1566). La ville devant offrir lin banquet au seigneur de Noircarmes en 15G0 loue des tapisseries que lui pro- cure Jean Martin, un tapissier; deux ans plus tard elle fait acheter une tapisserie à Audenarde par la veuve de Jean RozerJ dit Martin tapissier, à l'occa- sion de l'arrivée du comte du Rœulx, gouverneur de la ville (3). C'est encore celle-ci qui à partir de 1568, (1) Voisin. Les tapisseries do la cathédrale. (2) Fonds de L'Evéohé de Tournai aux archives du royaume, à Bruxelles. Registre 366. (3) T. Consens, 31 août 1508. LES TAPISSER. x — 58 — loue chaque année à l'église Saint-Brice les tapisseries nécessaires pour la fête de l'Adoration du Saint- Sacrement (1). A la même époque Pierre Droset dit Martin, tapis- sier, fournit à la ville plusieurs tapisseries; ce ne sont plus des tentures à personnages mais de simples dra- peries d'ameublement; « vingt huit aunes de tapisserie v rouge contenant par place les armoiries du roy d'Es- » pagne avec plusieurs signes de Tournay y semez » destinées à recouvrir les sièges de la salle échevinale de Saint-Brice (1568); quatre aunes de tapisserie de plusieurs figures de Tournay pour les sièges des Prévost et conseillers (15G9); neuf aunes et un quart de tappis mis sur le banc des Prévost et Jurés (même année) (2). Les archives de l'église Saint-Piat signalent en 1579 et 1582 deux tapissiers portant le même nom avec les prénoms de Melchoir et Gaspard. En 1583 et 1592 Jean Casselle et Pierre du Moulin, tous deux tapissiers, fournissent le premier quinze aunes, le second six aunes de tapisseries ornées des armes de la ville, pour couvrir les bancs des greniers. Dans les dernières années du XVIe siècle, on tenta, à l'aide d'artisans venus du dehors de restaurer cette industrie des tapisseries à Tournai, où on ne rencon- trait plus alors, dit une requête, que deux tapissiers. Michel Vandebek et Jacques de Cassel, tous deux tapissiers et originaires d'Audenarde, offrirent aux (1) Comptes de l'église Saint-Brice années 15G8 et suivantes. (2) T. Comptes généraux. — 59 — magistrats communaux, de venir s'établir à Tournai, moyennant l'obtention de certaines faveurs. Yandebek fut le premier autorisé à se fixer en ville. Il promettait d'amener avec lui cinq ou six ouvriers et de son côté le magistrat lui garantit la jouissance d'une maison pour le terme de trois ans, 2G mai (1598) (i). Il est encore question de lui en 1601, et dans un acte de 1000, il est dit qu'il travaillait avec sept ouvriers. Quant à Jacques de Çassel, il demandait des faveurs plus considérables mais s'engageait à s'établir à Tour- nai avec quinze ou vingt ménagers. La ville lui accorda seulement la dispense de guet et garde et s'engagea à lui procurer une maison dès qu'il justifierait avoir amené quelques ouvriers, (17 no- vembre 1548). Il s'établit en effet à Tournai et le magistrat lui fit verser annuellement quatre livres de gros, A valoir sur le loyer de la maison qu'il occupait. Plusieurs ouvriers travaillaient avec lui (2). Sur sa requête présentée le ;.Y> juillet 1005, le magistrat lui continue sa pension, après s'être rendu compte de la situation de sa fabrique, par une visite faite chez lui. Le second procureur de la ville déclare y avoir trouvé « trois hostilles l'une chargée d'une - grande tapisserie à laquelle travaillaient deux - ouvriers, et les deux autres chargiés de kaines pour - faire rabatcaux de cheminées sans estre ouvrées. » En même temps on lui donne le conseil « d'estre - plus assidu en ses ouvrages de tapisserie. » L'année suivante Yandebek avait quitté Tournai, et (1) T. Cods.iu x . :*i sa date. (2) T. Consaux, 31 juillet 1G0I. — 60 — de son côté de Cassel tout en continuant à travailler « s'appliquait fort peu audit stil » à ce qu'il paraît. La tentative faite par les Consaux pour relever la fabri- cation des tapisseries ne produisit donc que peu de résultats. Nos comptes communaux mentionnent la fourniture faite en 1606, par Jacques de Cassel marchant tapis- sier, « de dix-sept aunes de drap de tapis rouge avecq v des Tournay d'autre couleur qu'il a vendu et livré » pour le prix de six livres dix-sept sols l'aune pour 9» emplire et couvrir deux bancqs au porcq et conclave v de Messieurs les Prévost et Jurés. * Un tapissier d'Audenarde, Antoine Robins avait fait pour cette fourniture des offres qui ne furent pas accueillies. De Cassel livra encore en 1609, les tapisseries néces- saires à la décoration de la chapelle de la ville et du conclave des Prévost et Jurés. Les premières consistaient en trente neuf aunes trois quarts et demi de « tapisserie de fond rouge avecq » des lyons et Tournay entre semez » pour lesquelles il reçut deux cent quatre-vingt-deux livres, trois sous, neuf deniers ; les secondes en « grande quantité de » tapisseries rouges avecq des Tournay et armoiries » de leurs altesses, et celles de la dite ville avecq des » lions rampans » Il reçut de ce chef neuf cent dix- neuf livres, sept sols, six deniers. L'année suivante il fournit des tentures du même genre pour les Echevinages de la Cité, de Saint-Brice et du Bruille. « Quatre vingts aulnes de tapisserie rouge portant » les armoiries de leurs altezes, les armes de flandre » et de ceste ville, au prix de vu lb. chacune aulne » caret. » 0,, voil par un document .le 1613 que Jacques de C^o\ ici qualifié haultelicheur, employait comme ^.'.vriers son beau-pere, Pasquier Lemaire et son frère Philippe de Cassel, qui est, lui, appelé tapissier. Le magistrat lui avait prêté - deux hostilles de .ter . lesquels estoient en la grange de la vil o ... - Au décès de Jacques de Cassel. son frère Philippe lui succéda en qualité de tapisseur de la ville (1010) [»). N(,s archives communales mentionnent encore un tapieeier qui sans jouir de subventions de la ville parait avoir exercé modestement mais avec certain succès son art. C'est Jacques Descobecq, qualifié auss! quel- ques fois hautelisscur. Le magistrat lui achète en 1603 une tenture de lit de camp. ,,..r l'offrir an fonse.ller Cambry g agent on cour en 1007 une seconde tenture semblable pool M. de Roblano. trésorier-général des finances, et en lCcT. deux lapis ,1e table de diverses couleurs. On fabriquait fort peu à cette époque, mais la ville, lea marchanda e< même beaucoup de particuliers, conservaient dans leurs magasins bon nombre de ^^'nnauguration des archiducs Albert et Isa- belle (1600) les estrades et le théâtre où leurs Altesses prêtèrent serment en étaient couverts. La ville en avait en réserve dans son garde-meuble; elle' les employai! a décorer les monuments publics dans les circons.ances solennelles ; elle en donna par- fois à certains personnages et en prêta même a des (1) T. Consaux du 20 décembre 1616. — 62 — particuliers qui célébraient jdes fêtes de famille (1). En 1625 la ville voulait offrir une tapisserie à M. de Cronendale. Elle en choisit une chez un marchand et décida d'y faire apposer les armes du donataire. Mais « pour ce faire, conviendrait faire grandes mises r> (dépenses) pour dresser un harnas exprès à cest efFect « seulement, « on y renonça et au lieu d'acheter une tapisserie neuve on décida de « luy envoyer le tapis de v réserve estant en la tour des Six (2). » Les églises étaient abondamment fournies de tapis- series, ce qui ne les empêchait pas, dans les circons- tances solennelles, d'en louer encore pour la décoration du sanctuaire. Les comptes de l'église Saint-Brice nous montrent cette paroisse empruntant chaque année, à l'occasion de l'octave du Saint-Sacrement, des tapisseries aux particuliers et en louant chez les marchands. Lors des fêtes publiques les façades des maisons en étaient couvertes. Cette mode a persisté plus longtemps peut-être qu'ailleurs, à Tournai, où pendant la pre- mière moitié de ce siècle on suspendait encore des tapisseries devant les portes des maisons, au passage des processions. On peut voir dans certaines façades les crochets destinés à les recevoir. En 1627, noble Dame Anne Marie de Lannoy veuve de Messire Jean de Henin-Liétart, lègue à l'église Saint-Piat une tenture de tapisserie en huit pièces. (1) De la veuve Gilles de Bachv qui requiert vouloir lui accorder en prêt la tapisserie de la ville pour s'en servir durant le banquet nuptial de sa fille Franchoise, avecq Damas. On est d'assens d'accorder à ladite veuve -de Backy son requis. (T. Consaux 16 avril 1602). (2; T. Consaux du 9 septembre 1625. En 1G31 , le comte de Vertain, gouverneur de Tournai, donne aux Dominicains une tapisserie repré- sentant l'assomption et le couronnement de la Vierge, que conserve le musée de la ville, et qui très proba- blement fut confectionnée à Tournai (i). En 1(>^.">, un tapissier de Bruxelles, Jacques du (las! in (f) offre aux magistrats de se fixer à Tournai avec sa famille et des ouvriers (2); en la même année un tapissier tournaisicn, Pierre Tatté demande ûYétre reni - tapissier de la ville... comme autrefois a été Casselle. - Il lui est répondu : « La ville n'a pas besoing d'un tapissier (3). » C'est ce même artisan qu'on rencontre plus tard (1638 et 1G44), réparant des tapisseries de la ville avec un autre tapissier du même nom, sans doute son parent, Claude Tatté. Il est encore employé à la môme besogne en 1052 (4). Cependant les Consaux craignant de voir disparaître cette industrie, qui avait faite la gloire de Tournai, tentèrent de nouveau de la restaurer, comme ils l'avaient fait quelque cinquante ans auparavant. Ils entrèrent en pourparlers avec François Panne- tûaker, maître tapissier de Bruxelles, et s'engagèrent (1) Bulletin de la Société hist. et litt. do Tournai, tome 22, p. 303. Note do M. do l:i Grande. (2) T. Consaux du 31 juillet. (3) Ibici . , 1 1 décembre. (4) Vers le même temps, la confrérie de Notre-Dame de Bonsecours, a Saint-Bricc, se fournit dos tapisseries à Audenarde. Elle achète trois pièces en 1066, une en 1668, deux en 1 672 et trois en 1674. — Deux de ces tentures existent encore aujourd'hui. — 64 — à lui payer une pension annuelle de cent patagons pen- dant six ans, s'il voulait se fixer à Tournai. Pannemaker accepta, s'établit en cette ville, et y travailla à partir de 1671 (1). A la même époque les Consaux traitèrent encore avec Jean Œdins, maître tapissier d'Enghien. Par convention en date du 16 mars, ils s'engagent à lui fournir pendant six ans une pension annuelle de 240 florins (2) au cas où il s'établirait en cette ville. CEdins s'y transporta aussitôt avec sa femme, ses enfants et huit ouvriers. Avec Œdins on vit se rouvrir un atelier de véritables tapisseries. C'est chez lui que fut confectionnée la tapisserie que le magistrat offrit en 1675 au gouver- neur de la ville, M. de Saint-Sandoux (3). En 1677 il offre ses services aux mayeur et éche- vins pour confectionner les tentures destinées à leur salle d'audience, qui devaient être semblables «à celles delà halle des prévost et jurés, « des tapisseries par- » semés de fleurs de lys. » Il fut chargé de leur exécu- tion (4). En cette année la ville cesse de lui payer une pen- sion annuelle, mais elle le dispense, pour 6 ans, du logement des gens de guerre, de guet et de garde. La fabrique ne marchait qu'à moitié, Œdins se plai- gnant beaucoup de la rareté des affaires, et la ville se plaignant de son côté, du peu d'activité du fabricant. Celui-ci mourut la même année. Sa veuve continua la fabrique, avec ses enfants et les ouvriers qu'avait (1) T. Consaux des "22 mai et 5 juin 1674. (2) Ibid. , 4 mai 1677. (Pinchart fait de Pannemaker et d'Œdins un seul et même homme.) (3) T. Consaux du 19 février 1675. (4) T. Comptes généraux de 1677-78. — 65 — formas son mari. Ktiennc Œdins, un do ses fils, reçut plus fard [1687) une pension de la fille, à laquelle il fit plusieurs fournitures. Il avait six métiers dans ses ateliers et des ouvriers exercés. Il produisit des ouvra- ges de laine et de soie, sans doute des verdures (i). Une requête de lf>XX, qu'il adressa aux magistrats communaux pour obtenir une augmentation de pension donne de curieux détails sur sa fabrique située à La rue de Peut. Il se vante d'être en mesure de « contenir - la noblesse et même le public, ayant le remontrant - eu l'honneur de livrer quelques pièces de prix aux - personnes de qualité et serait encore en état de ce - faire, s'il n'avait épuisé les deniers de sa bourse par * lachapt de quantité de soies et sayettes, montement » d'outils, paiement de travailleurs et principalement * pour les dessins... - il ajoute qu'il emploie en ce moment 15 ouvriers (2). Malgré les bonnes raisons qu'il alléguait pour obtenir de nouvelles faveurs, la ville ne consentit pas a augmenter les avantages qu'elle lui faisait, et sa demande réitérée en 1001 ne reçut pas un meilleur accueil que la précédente. Œdinscst le premier «à Tournai qui ait qualifié sa fabrique du nom de manufacture de tapisseries. C'est ainsi qu'il l'appelle déjà en ICi'.U, et plus tard en 1G97 il l'appelle manufacture royale. A cette époque notre tapissier s'il faut l'en croire (s), avait une fort belle clientèle parmi laquelle il cite le marquis de Vignacourt, l'abbé de Clermont, M. de Pont- marin lieutenant du roi à Douai, l'église Saint-Jean et l'avocat Panard à Saint-Omer. o (1) T. Consaox. (2) [bld., 23 mars 1688. (3) [bld., 23 avril 1697. — 66 — Pendant un voyage qu'il fit dans cette dernière ville, sa femme quitta, paraît-il, le domicile conjugal, empor- tant avec elle les meubles, l'argent et même une partie des marchandises, laines et soies. La fin des aventures de notre tapissier ne nous est pas connue; à partir de 1G97 on perd sa trace. En même temps qu'Œdins père, un autre tapissier, Behagle, demeurant à Tournai, proposa aux magis- trats d'établir en cette ville une « manufacture de v tapisseries d'hautelisse des plus fines et exquises y> qu'il s'en fabrique dans les Pays-Bas. » Sa demande fut accueillie favorablement, et par contrat en date du 30 juillet 1G78 il obtint de la ville une pension annuelle de deux cents écus qu'on lui garantit pour le terme de six ans. Sa fabrique devait être de quelqu'importance, car il employait, à ce qu'il déclare lui-même, cinquante ouvriers (1). A l'expiration de la période pour laquelle il s'était engagé, (1GS4) il sollicita une augmentation de pen- sion et le refus qu'il éprouva le décida à s'expatrier pour aller s'établir à Bauvais. Ce fut une perte fort regrettable pour Tournai car Behagle était un homme de talent qui serait arrivé .à donner à l'industrie qu'il dirigeait une importance véritable. M. Mùntz en par- lant de lui s'exprime comme suit : * La manufacture " de Beauvais ne prit son essor que sous l'habile y> direction du tapissier tournaisien Philippe Behagle, » à partir de 1684... (2). » Mais Behagle avait, paraît-il, l'humeur changeante, (1) T. Consaux, 14 novembre 1679. (2) La tapisserie p. 284. car en 1704, il quitta Boauvais comme vingt ans aupa- ravant il avait quitté Tournai (1). Après Bchaglc, un tapissier d'Audenarde, François Baert vient s'établir à Tournai où il obtient l'habita- tion gratuite d'une maison (t). L'année suivante il marchait avec cinq métiers et se disposait à en monter encore cinq autres. Quelques années plus tard (1097) nos registres men- tionnent Joannes Baert; c'est le même homme, san s doute, avec un autre prénom, comme cela arrivait sou- vent, car il déclare qu'il habite Tournai depuis environ six ans. 11 se qualifie enfre/jreneur de 1" manu. facture des ta/nssrries à la façon dFAudenarde, ce qui indique un établissement d'une certaine importance. En 1699, il se vante de foire marcher dix métiers avec une trentaine d'hommes et d'avoir des commandes impor- tantes à exécuter. 11 demande à la ville un prêt d'ar- gent et otïre en gage deux tapisseries. La ville lui avait acheté précédemment (1093), « quatre petites pièces de tapisserie à usaige de fau- - teuils, qui ont été présentés à M"10 la maréchalle - de Boufflers, à sa première venue en la ville de - Lille (3). » On le voit faire encore d'autres ventes du même genre à Tournai et à Lille, puis à Bruxelles et à Audenarde. Kn 1697 il raccommode les tapisseries de ta ville. En 1700 il est à la tête de vingt-deux métiers tra- vaillant la laine et la soie. (1) Ibid (2) T. Connu», 24 avril 100-2. (3) T. Comptes généraux 1G93-94. Elles ont été payées 180 florins. — 68 — Ses ateliers étaient bien organisés. Il avait établi entre ses ouvriers une caisse de prévoyance en faveur de ceux d'entr'eux qui devenaient malades et de leurs femmes. Ses deux fils l'aidaient et travaillaient sous sa direction. Cependant la manufacture ne fit pas de brillantes affaires et en 1707 le nombre des métiers descendit à huit. Baert cependant affirmait sans cesse sa confiance dans l'avenir, comme l'indique une requête qu'il adresse à cette époque aux Consaux. Il a fait un contrat avec quatre personnes de Paris, dit-il, pour une commande très importante. Il espère trouver des débouchés en Hollande. Ses produits sont recherchés et sont bien supérieurs à ceux d'Àudenarde qu'il qualifie de tapis- series communes. Baert sollicita souvent des avances de la ville à qui il remit plusieurs fois en gage des produits de sa fabrication. Celle-ci détenait à ce titre en 1710 deux pièces de tapisserie et deux garnitures de fauteuil également en tapisserie. L'année suivante Baert était dans la plus fâcheuse position. Il partit avec sa femme à Paris pour chercher un nouvel établissement laissant à Tournai ses enfants sous la garde de son fils aîné, Jean. Celui-ci obtint des Consaux une pension annuelle de deux cents florins à condition d'avoir au moins trois métiers travaillant. Baert père toucha une pension jusqu'en 1709 et Baert fils jusqu'en 1712, époque où on la lui supprima, vu qu'il ne faisait plus travailler, dit une délibération du magistrat. On retrouve cependant le père en 1718, sollicitant de nouvelles faveurs de la ville et déclarant qu'il « a dessein de pousser cette affaire plus que jamais. » - 69 — I)'après M. fiuilfrev (n Baert se fixa dès 1711 a Torcy, près de Paris, où il établit une manufacture de tapisserie. Son établissement à Torcy semble coïn- cider avec l'absence qu'il fit de Tournai à la même époque. N'ayant pas réussi dans cette dernière entre- prise il revint sans doute alors à Tournai, où nous l'avons retrouvé en 1718, et de là seulement passa à Cambrai. Sa présence dans cette dernière ville est constatée on 17^1. Avant de Rétablir à Tournai, Baert avait été successivement à Audenarde et à Lille. On conserve à Amsterdam, au Rykfl Muséum plu- sieurs pièces de tapisseries, grandes verdures, portant la marque d'Amsterdam et la signature Baert, qui sont attribuées à Alexandre Baert, un frère ou un fils de notre tapissier. La fin du XVII* siècle et le commencement du XVI II" ne furent donc pas improductifs au point de vue de l'industrie qui nous occupe. Pannemaker, Œdins, Behagle et Baert dirigèrent Successivement des ateliers qui pendant une cinquan- taine d'années eurent une certaine importance et produisirent un assez grand nombre de véritables tapisseries (2). La fabrication des étolïes de hautes-lisses continua, au commencement du XVII* siècle k être très floris- sante à Tournai ; à coté des pièces de soie, de laine et de coton, unies ou damassées, on voit apparaître des produits fabriqués concurremment avec elles par les (1) Histoire coins, et les effigies de saint Eleuthère et de saint n Piat patrons de Tournai, et autres figures délica- » tement élabourées (1). » On le lui acheta pour l'offrir à la comtesse de Solre, qui résidait alors à Tourcoing (2). La même année, la ville avait également offert à la princesse d'Aremberg « une tenture de lit des ouvrages » de Tournai, meslée de soye et de sayette m — et à la comtesse de Fontcnoy, « un grand tapis de table * a branchages vers en champ noir composé en tissu » de sayette et de soie ; une pièce de quarante-cinq ■ aunes à branchages blancs à fond incarnadin, et 1 une autre pièce de quarante-cinq aunes à fleurettes - orangées à fond bleu, toutes trois de soie et sayettes > meslées, ouvrages de Tournai. - Et l'écrivain qui relate ces dons ajoute ce détail pré- cieux pour l'industrie tournaisienne, à cette époque : « Nous luy eussions bien fait plus riche présent » mais celui-ci fut jugé plus propre, comme étant r> manufacturé de la ville qui le lui donnait (3). 0 En 1613, Antoine Calme livre à la ville « ung verd » tapis de table d'ouvraige de haulte-lisse » pour la salle des mayeur et échevins. En 1G15 Simon Bedoret, hautelisseur, fabrique * des » ouvrages nouveaux de hautelisse qu'il a inventé et n qu'on appelle tapis sandre » l'année suivante la ville lui accorde une gratification de cent florins pour sa nouvelle invention de « tapis a la guise et fachon de tapisserie (4). » (1) Mémoires d'échevin do Tournai par Philippe de Hurges. (2) Ce présent ne lui fut remis qu'en 1614. (Consaux 17 juin 1614). (3) Mémoires d'échevin de Tournai. (4) T. Consaux 18 juillet 1615 et 17 mai 1616. — 72 — En 1618 et 1620 la ville ayant des présents à faire, offre des tapis et une tenture de lit de camp. En 1636 la châtellenie de Furnes fait acheter à Tournai trois tapis de table, dont deux ont été con- servés, spécimens précieux d'un genre de tissu fabriqué sur nos métiers à cette époque. Nous en reparlerons plus loin. C'est encore un tapis de table qu'offre le magistrat à la femme du gouverneur du château, en 1642. On y avait fait placer ses armoiries en or et en argent (î). Un inventaire de 1654 dressé à Enghien mentionne « un tapis velu de Tournai, de fond vert ; - « une table couverte d'un tapis velu de Tournai, le fond bleu (2). » Un autre inventaire de 1675 renferme des pièces de même espèce « ung couvert de table d'estoffe de » Tournay verd travaillé avec des oiseaulx et Heurs » de jaulne couleurs ung grand tapis de table » d'estoffe de Tournay avec des Heurs rouge et bleu (3). » Le grand tapis de table aux armes du tournaisis, sur fond bleu avec guirlandes de lleurs, conservé aujourd'hui au palais de Justice de Tournai et qui pro- vient de l'ancien palais des Etats du Tournaisis appar- tient à ce dernier genre de fabrication. En 1684, Jean Duquesne, hautelisseur, invente « une espèce de tapisserie où il entre diversité de » figures » à usage de tenture de lit et sollicite des magistrats une sorte de brevet d'invention (4). Ce Jean Duquesne est-il le même qui en 1694 pro- posa aux magistrats de Gand d'établir en cette ville (1) T. Consaux 20 mai et octobre 1642. (2) E. Mathieu. L'ameublement de la veuve d'un bailli d'Enghien. (3) Inventaire des meubles de l'hôtel de Bergheyck à Bruxelles en 1675. (4) T. Consaux 3 octobre 1684. — 73 — une ■ teinturerie et une manufacture de tapis d'un » genre tout à fait nouveau (1)? » André Ouquesne, le jeune, un autre hautelisseur fabriquait - des ouvrages de carpette, moucade, point - d'Hongrie - qu'il dérlare une invention nouvelle, et qui nous paraissent être les premiers essais de tapis de pied, faits à Tournai (2). Quant à l'histoire du métier, elle est peu accidentée pendant nette période. En 1611 on retrouve les hautelisseurs composant une môme bannière avec les tisserands de toile et les lilleti'Ts; les savetteurs formaient une seule branche avec les hautelisseurs, ce qui amenait entr eux de fré- quentes contestations. Ils furent ensuite séparés. En 1627 on trouve sous des bannières distinctes — les teinturiers et tapisseurs — les sayetteurs — les haute- lisseurs ; et cette division se maintint par la suite. En 1G24 les hautelisseurs firent codifier les ordon- nances qui régissaient leur métier, par les soins du conseiller du métier, Me Léon Duquesne. Nous aurons l'occasion de citer de nombreux extraits de ce travail dans les chapitres suivants. L'élection «les officiers du métier avait donné lieu fréquemment à des difficultés qui furent portées jusqu'au tribunal des Archiducs. Ceux-ci rendirent en 1621 un décret traçant les formes suivant lesquelles se feraient à l'avenir lesdites élections (3). (1 ) Messager des sciences historiques 1888, page 476. (2) T. Consaux. 5 mars 1686. et jours suivants. (3) Voir plus loin, page 104. LES TAPISSER. — 74 — Le plus ancien registre relatant les assemblées du métier remonte à 1669. Il ne fournit guère de détails intéressants. En 1671, le magistrat paie 240 florins à Antoine Ternois, maître hautelisseur, pour l'indemniser des frais qu'il a faits pour établir en cette villle des métiers à faire baracans. Un peu plus tard, 1688, ce sont Jean Fourré et Roland Odolf, qui, ayant été apprendre à l'étranger la fabrication des pannes, étoffes de velours qu'on ne fabriquait pas à Tournai, demandent un subside pour y établir cette industrie. Dès 1693, la ville paie une pension à un artiste sculpteur et dessinateur, Jacques Foucquet, qui four- nissait des modèles aux liautelisseurs pour la fabrica- tion des moucades, carpettes, damas et autres étoffes fleuragées.... Il faisait encore des dessins pour la tapisserie de basses-lisses, dite d'Audenarde, la broderie, point à l'aiguille et dentelle... (î). Foucquet fut pensionné jusqu'à l'époque de sa mort, arrivée en 1722. Son fils, Valentin Foucquet, lui suc- céda. André Brébar, un autre sculpteur fournit aussi des modèles aux hautolisseurs. Vers la fin du siècle, le métier était fort en déca- dence, ainsi qu'il résulte d'une déclaration faite par le Doyen en 1696, où il est dit qu'il ne comptait que cin- quante maîtres et vingt apprentis. Il était administré (l) T. Consaux, 20 janvier 1693. Voir : de la Grange et Cloquet, l'art à Tournai. Tome 1, page 228. par un doyen et un sous-doyen, deux jurés, deux commis et dix esgards (1). Comme leurs prédécesseurs du XVI6 siècle, un bon nombre de hautelisseurs émigrèrent au XY1II siècle et allèrent chercher au dehors du travail que la déca- dence de l'industrie à Tournai ne leur permettait plus d'y trouver. Pour soutenir la corporation, les Consaux résolu- rent de lui accorder un subside annuel, calculé à raison de 20 patars par métier travaillant. En 1701, elle reçut :>15 florins, ce qui représente le même nombre d'outils (2). En 1715 on en comptait 15:3, et pour chacun d'eux la ville paya 10 patars, au lieu de 20 comme précédemment ; en 1717, 128 outils seulement et 90 en 1720. En 1738 on si- gnale 207 métiers pour chacun desquels il est payé 50 patars. La ville payait encore un artisan Pierre Lherbier chargé de - monter les ouvrages des hautelisseurs - tant en mouvement des vieux desseins que nou- » veaux... (3). 9 Le même fournissait les plombs des- tinés à marquer les ouvrages de hautelisses. Le chef-d œuvre d'un hautelisseur en 17 10 consistait à faire un tapis en sandré. En 1750 deux marchands hautelisseurs, Louis Ver- dure et François Sellier établissent une manufacture de cordons. Il leur est accordé une gratification annuelle de deux pistoles par métier. Ils en tenaient douze en 1757. Les hautelisseurs tentent de nouveaux efforts pour (1) Registre des assemblées des hautelisseurs, T. n° 4272, f. 5i, (2) Le florin valant 20 patars. (3) T. Comptes généraux 1708-1709 et suiv. — 76 — relever leur industrie. Malgré le concours actif du magistrat, ils n'y parviennent guère. Ils sont en 1774 réunis aux tisserands et aux sayetteurs et on les autorise tous trois à faire concur- remment les ouvrages des trois métiers. Un nouveau règlement est porté en 1775 et encore un autre en 1790, mais toutes ces mesures ne réussi- rent pas à relever une industrie qui s'éteignait. ★ Jetons maintenant un coup d'œil sur les dernières mentions que nous possédions relativement à des tapis- series proprement dites. Après Pannemaker, Œdins, Behagle et Baert, on ne connaît plus de tapissier qui aurait certainement fabriqué à Tournai. C'est à l'un de ces maîtres qu'appartenait très vrai- semblablement la tapisserie donnée en gage à la ville et qu'elle acquit en 1G79, pour garnir la salle de l'éche- vinage (î). En 1683, Jacques Dernicourt tapissier, visite, nettoie, raccommode et retend les tapisseries de la salle d'honneur de l'hôtel de ville, dite la belle salle. Plusieurs fois, au lieu d'acheter des tapisseries, la ville en loue pour meubler les appartements de haut fonctionnaires dont elle reçoit la visite. Ainsi fait-elle en 1690 pour MM. de Calvo et ia Villette ; en 1694 pour le marquis de Monrevel ; en 1699 pour la déco- ration des estrades élevées sur la grand'place à l'occa- sion de la publication de la paix entre la France, l'Espagne, l'Angleterre et la Hollande. (1) T. Consaux. Volume 223, f° 156. On vit sur le théâtre « un dais tendu de tapisseries » d'hautelisse à grands personnages, » précieuse épave de la fabrication de la belle époque, des tapisseries de verdures et des tapis de Turquie (1). En 1700, un maître tapisseur nommé Baron res- taure les tapisseries de la ville. Il fut aussi employé par le chapitre de la cathédrale. En 1707 la ville achète une tapisserie d'occasion à la mortuaire de la veuve du Procureur Simon, « pour » s'en servir dans les occasions pour les logements des r> généraux et par là éviter d'en louer à cher coût. » N. Delraarle et plus tard Jean Lohée et N. Sauvage tapissiers, jouirent dos - ga<_res, honneurs, profit, et émoluments * attachés a la qualité de tapissiers de la ville. En 1727, Guillaume Jamart, dit Baron, leur succéda. Ce tapissier, est-il le même que Baron qui, en 17(K). travail lait déjà pour la ville? En 1732, Joseph Lambert nettoie de nouveau les tapisseries de la halle. C'est la dernière mention qui en soit faite. Les particuliers possédaient à cette époque un grand nombre de tapisseries, que font connaître les inven- taires contemporains en des termes malheureusement trop laconiques. On sait d'ailleurs la grande quantité de tapisseries qu'on trouvait encore au commencement du XIXe siècle dans les maisons de cette ville d'où elles ont malheureusement presque toutes disparu. Signalons seulement quelques pièces : une tapisserie contenant l'histoire de Samson, — un tapis de mou- cade, ouvrage de Tournai, — une grande tenture de hachement d'Italie. (Inventaire d'Aubermont 1633). Six coussins dont quatre de tapisserie, — cinq pièces (U Registre de cuir noir, n° 39, f. 279. — 78 — de tapisserie de l'histoire d'Abraham — deux autres petites pièces de tapisserie. (Inventaire d'Ayemberghe 1636). Cinq pièces de tapisserie de feuillage. (Inven- taire de Nédonchel 1636) (î). En 1675 on rencontre pour la première fois à Tour- nai le mot tapissier dans son sens actuel et usuel de tapissier-garnissa ir. François Desnoyers, tapissier, domestique de Mon- seigneur l'évêque de Tournai, expose dans une requête adressée aux Consaux - que dans cette ville de Tour- » nay il n'y a nul mestier qui fasse profession expresse » et spéciale de s'occuper à ce qui compose le sien, qui r consiste à faire des licts de toutes sortes avec les » choses nécessaires pour les garnitures d'iceux, comme » sont contre-pointes, couvertures piquées, matelas, y» licts de plumes, etc., accommoder, garnir, nettoyer - et raccommoder les tapisseries, faire sièges garnies » de toutes façons et travailler à toutes sortes d'ameu- n blement de maisons, comme aussy faire des pavillons » tentes de licts de camp de toutes les façons. » C'est pourquoi le suppliant a recours a vous, Mes- « sieurs qu'il vous plaise de luy permettre de travailler « de son dit mestier librement et sans opposition pour » tous ceux de la dite ville qui se voudront fournir de » lui, tant ainsi que font ceux du stii des tapissiers, à » Paris, et dans les autres bonnes villes du royaume. » Sa demande est accueillie dans les termes suivants : « On est d'assens de permettre par provision au (1 ) Extraits d'un manuscrit contenant des inventaires et procès-verbaux de ventes de meubles de chanoines, appartenant à Mr. E. Desmazières. — 79 — - supliant ce qu'il requiert, puisqu'il y va de l'utilité - publique et que la fonction qu'il prétend ne se trouve r> dépendre de quelque stil particulier, et qu'il n'y a » personne qui l'exerce présentement (1 . - En 1682, semblable requête de Paul Tison, né à Paris, qui se qualifie également tapissier et énumère comme suit les travaux auxquels il se livre : faire - des tentes, des Mets de toute sorte de manière, pavil- - Ions a la romaine et pavillons à la queue, garniture - de chaises et autres choses servantes a l'ameublement - d une grande maison, ensemble matelas, couvertures » piquez soit de taffetas, satin, ou autres estoffes.... - Sa requête fut communiquée aux tisserands, cou- turiers et chaussetiers, et - considéré que l'exercice - que prétend faire le suppliant est mixte sans estre - absolument de l'un ni l'autre desdits stils et que ce - qu'il exerce est chose nouvelle, » on l'autorise à exercer sa profession à Tournai (2), En 1742, (Guillaume-François Josson, « maitre » tapissier en fond pour chaise, fauteuil, tapis, raccom- n modeur, retresseur en tout ce qui regarde tapisse- - ries.... - appartient au même groupe de travailleurs. C'est d'eux que parle le mémoire de la Chambre des arts et métiers du 2 octobre 1775 qui les appelle tail- leurs-tapissiers, nom qui parait très juste puisqu'ils taillent les étoffes d'ameublement, à la manière des tailleurs d'habits bien plus qu'ils ne façonnent des tapisseries k la manière des tapissiers. (1) T. Consaux 18 juin 1675. (2) T. Consaux, 10 mars et 28 avril 1682. — 80 — * Vers 1750 et même antérieurement à cette date, un hautelisseur nommé Favrot fonda, avec le concours de Guillaume Delescolle aussi hautelisseur, originaire de l'Artois, une petite fabrique de camelots qui prospéra en peu de temps. Delescolle étant venu à mourir, son fils Nicolas reprit toute l'affaire pour son compte moyennant une indemnité qu'il paya à Favrot et s'associa à son tour dès 1756 avec Piat Lefebvre, son gendre, et Jean Caters, tous deux de Tournai (î). Tels furent les modestes débuts de ce qui devait devenir plus tard la grande et célèbre manufacture royale de tapis de Tournai. L'alFaire marchant bien, les associés résolurent de lui donner plus d'extension; ils acquirent d'abord une maison située près de l'église Saint-Jacques et plus tard une autre grande maison, autrefois habitée par un hautelisseur nommé Verdure, et sise vis-à-vis de l'église Saint-Piat. Ils se proposaient k cette époque de joindre à la fabrication des camelots celle des calemandes sorte d'étoffe de laine, ayant le grain du satin, unies ou damassées, et sollicitaient pour les soutenir dans leur entreprise l'intervention pécuniaire de la commune. Celle-ci leur accorda pour neuf ans une pension annuelle de 300 florins à condition de faire marcher 25 métiers et de payer a Favrot à la décharge de la ville, la pen- sion annuelle de 18 livres de gros qu'elle s'était enga- gée à lui servir (2). (1) Piat Lefebvre, né en 1722, épousa en 1755 Marie-Rosalie Deles- colle. Il en eut douze enfants. Jacques, Nicolas, Agnès, Auguste, Marie, Rosalie, Anastasie, Léopold, Jean-Baptiste et Piat. (2) T. Consaux, 19 octobre 1756. — 81 — Quatre ans plus tard, les associés avaient « 40 outils battans » et avaient adjoint à leur fabrication une tein- turerie et un moulin à retordre les fils; pour installer C68 nouveaux ateliers ils avaient loué une seconde maison à la rue Merdenchon ; enfin ils étaient sur le poini d'acheter un h'siroirc ou machine à lustrer les étoffes dont le haut prix (1500 florins) indique toute L'importance (l). Les magistrats communaux auxquels ils demandaient de nouveaux subsides comprirent que l'intérêt public réclamait qu'on les aidât efficacement; « les propres do la manufacture qui donne les plus - «M'andrs espéranees pour l'avenir m «Mitaient que la » ville fit de son côté quelques efforts pour concourir »» au bien être d 'icelle et exciter par là l'émulation de » ceux qui l'ont entreprise et la dirigent. » C'est pour- quoi le 3 juin 17G0 ils déchargèrent les associés de l'obligation de payer à Favrot la pension annuelle de lOS florins sur- les 300" qu'ils leur allouaient; ils leur accordèrent 15 livres de gros annuellement pour le loyer de la maison de la rue Merdenehon ; et exemp- tèrent le directeur Piat Lefebvre de certains impôts; ils décidèrent enfin qu'on prendrait dans son usine les étotfes nécessaires pour habiller les orphelins à charge de la ville, plutôt que de les acheter aux fabri- ques étrangères (2). Un des principaux articles fabriqués alors était celui des capes a l'anglaise en camelot, pour lesquels l'asso- ciation pavait annuellement au corps des tailleurs d'habits une redevance de 10 florins (1774) (3). Ce genre d'étotfe ayant cessé d'être à la mode, fut rem- placé par les prunelles et les fines callemandes. (1) Ibid.. 1" avril 1760. (2) Ibid., 3 juin 1760. (3) Hovcrlant. Essai chronologique, tome 92, p. 1212. — 82 — L'ancienne société dissoute en 1779, après la mort de Nicolas Delescolle, fut reconstituée sous la firme Piat Lefebvre et fils, dans laquelle Piat Lefebvre eut plus d'action encore que dans la première. Très actif, très intelligent et pressentant le peu de profits qu'il pouvait attendre d'une fabrique d'étoffes il modifia complètement le premier programme que s'était donné l'association, fit un retour vers l'ancienne industrie des tapisseries et des tapis, et aborda franchement la fabrication des tapis de pied. Dès 1781 il expose au conseil des finances de l'em- pereur auprès duquel il sollicitait des mesures de pro- tection douanière et une avance de fonds, l'état de son industrie. 11 fabrique, dit-il, des moucades, tapis et point d'Hongrie, premiers articles vendus par la société, il a entrepris en outre « les tapis d'Aubusson, » tapis veloutés, et tapis faits à la main pour pieds et » ameublement de chaises et de fauteuils (i). » 800 ouvriers travaillent en 1783 dans ses ateliers à laver, peigner, filer la laine et le lin, à retordre, tondre, tisser et apprêter les étoffes. Il avait 54 métiers en activité. Déjà à cette époque Lefebvre nourrissait les plus grands projets. Il méditait de transporter sa manu- facture dans de vastes locaux de la rue des Clairisses devenus vacants par la suppression du couvent des religieuses de ce nom. Il sollicita, et obtint pour son établissement le titre de manufacture impériale et royale de tapis, et en même temps réussit à faire imposer, à raison de 25 °/o de leur valeur, les tapis étrangers auxquels il (1) Archives générales du Royaume à Bruxelles. Conseil des finances. Liasse, 563. — S3 — faisait la concurrence. Le gouvernement lui avança enfin, à titre de prêt, une somme de cinquante mille florins, que les bénéfices croissants de la fabrique lui permirent de rembourser bientôt. En 1786, Piat Lefebvre acquit définitivement l'an- cien couvent des Clairisses et s'y établit, mais il ne construisit pas de suite le monumental portique que nous avons vu démolir récemment. Il se préoccupa d'abord d'installer de vastes ateliers et développa dans des proportions merveilleuses la pro- Portrait de Piat Lefebvre d'après une médaille en argent appartenant a M. A. Joveneau. duction de la manufacture. Ses tapis de pied furent en peu de temps connus sur tous les marchés d'Europe et admis dans les mobiliers des palais. Piat Lefebvre mourut en 1801, mais sa mort ne ralentit pas les progrès de la manufacture, que diri- gea à partir de cette époque l'un de ses fils, Léopold Lefebvre, associé avec ses frères, Nicolas, Jean-Bap- tiste et Piat, sous l'ancienne firme Piat Lefebvre et fils. C'est vers le commencement du XIXe siècle et pen- — 84 — dant la période de la domination française, que la manufacture atteignit son plus grand développement et acquit une réputation universelle qui survécut plus tard à ses désastres. Napoléon Ier, appréciant la valeur de ses produits, confia à la société la commande des tapis destinés à l'ameublement des palais impériaux. On peut voir encore au palais du Luxembourg plusieurs tapis fabri- qués à Tournai, connus sous les noms de tapis de la légion d'honneur, du cygne, etc. Des distinctions obtenues dans les expositions et les concours, médaille de bronze en l'an X, deux médail- les d'or en 1806, consacrèrent la réputation de la manufacture(i)qui remporta encore de nombreux succès dans la suite. Tout y était parfaitement disposé et organisé, pour assurer en même temps que la perfection du travail, la prospérité de l'usine et le sort des ou\riers. Le règlement de la manufacture, relatée dans l'ou- vrage d'Hoverlant (2), donne d'intéressants détails sur l'état de celle-ci. 1. Elle occupait en 1808, quatre mille cinq cents individus, savoir, neuf cents dans l'intérieur des ateliers et le reste au dehors pour la filature des (ils et des laines et des articles accessoires nécessaires à la fabrication. 2. Tout ce qui a rapport à la confection d'un tapis se fait dans l'intérieur de la manufacture, en sorte que dans une journée d'été, en tondant la laine d'un mouton, quoique cette laine doive être dégraissée quatre fois, ensuite peignée, filée, retorse à plusieurs AyEoverlant. Essai chronologique, tome 32, p. 269. (2)~Ibid. Tome 32, p. 261. — 85 — bouts, teinte et tissée, on peut fabriquer dans le cou- rant de la même journée un tapis de table ou de foyer. 3. Tout enfant maie est reçu dès l'âge de sept ans. 4. Il est ouvrier fait dès l'âge de vingt-cinq ans. 5. L'ouvrier est payé en proportion de l'ouvrage qu'il fait, il reçoit une gratification si l'ouvrage est soigné. Il peut ainsi gagner jusqu'à trente-six francs par semaine. 6. Un jury, composé d'un directeur, d'un sous-direc- teur, de chefs d'ateliers et de cinq ouvriers, surveille les élevés, tait la police intérieure, <-t juge les fautes dans la fabrication des ouvrages. 7. 8 et 9. Des pensions sont payées aux ouvriers dans certains ras déterminés, à leurs veuves et à leurs enfants mineurs. 10 à 12. Ces pensions sont payées par une caisse de secours établi-' dans la manufacture, dont les revenus résultent : des fonds affectés par les propriétaires de la fabrique, d'une retenue de quatre centimes par semaine sur le salaire de chaque ouvrier, d'une rétribution obligatoire de tous les livranciers de la manufacture. L'administration de la caisse est confiée au jury dont il est parlé plus haut. 13 et 14. Enfin les ouvriers malades sont traités à l'hôpital et reçoivent des secours. Quand ils sor- tent de l'hospice ils sont nourris pendant un certain temps à une table expressément servie pour eux a la manufacture. En ce moment ou les questions sociales occupent une large place dans les préoccupations des économistes, ne trouveraient-ils pas dans ce règlement des disposi- tions dont ils pourraient utilement s'inspirer? Quant aux produits de la manufacture, nous les — 86 — trouvons décrits par des écrivains contemporains (1) : « On y travaille toutes les espèces de tapis qui se r. fabriquent en Europe, mais plus particulièrement ces r> tapis de pied connus partout sous le nom de tapis de r> Tournay. » On y travaille aussi des tapis dans le genre de la » fabrique royale de France (la Savonnerie) et chose r> admirable, la fabrication des tapis de savonnerie » s'opère chez messieurs Lefebvre par les mains d'en- » fants de six à douze ans. La chaîne est comme dans » la haute-lisse montée perpendiculairement; un seul » maître ouvrier dirige l'exécution de plusieurs immen- » ses tapis à la fois. On l'appelle indicateur. Il a devant » lui la table du dessin réduit au point. Chaque point » du dessin doit répondre à un point du tapis. Il indi- » que le nombre et la couleur des points à la brigade » d'enfants placés immédiatement auprès de lui ; r> ceux-ci exécutent sur cette indication : en exécutant, » ils répètent à haute voix et tous ceux du même ate- r> lier répondent fidèlement à cet appel en exécutant » aussi la même chose, chacun de leur côté. C'est une » merveille de voir naître sous les doigts de ces inno- » centes créatures les dessins les plus variés et les plus v difficiles en apparence ; ces instruments animés sont v les premiers à admirer les ouvrages qu'ils produisent » machinalement. Ce travail est réellement pittoresque. » A Paris, le même travail ne s'exécute que par des » ouvriers faits et de quinze ans d'exercice au moins, » circonstance qui triple le prix de la marchandise. » Tous les dessins de la savonnerie se traitent éga- » lement sur les métiers ordinaires, c'est-à-dire en (1) Ch. Lecocq. Coup d'œil sur la statistique commerciale de la ville de Tournai. 2e édition, 1817, p. 250. — 87 — ■ moquette, à un deprré de perfection naturellement - inférieur ruais aussi à moitié de différence dans le - prix de la vente (1). « Les années 1809 à 1*12 furent pour la manufac- ture une période de prospérité inouïe. Elle comptait cinq mille ouvriers et envoyait ses produits en France, en Allemagne, en Russie, en Italie et même en Amé- rique. I)es succursales étaient établies à Paris, à Bruxelles et à Anvers. C'est avec la France et la Russie que la société faisait le plus d'affaires. Un des associés, Nicolas Lefebvre, habitait Paris. Il avait ses magasins à la place Vendôme. La vente en Russie fut confiée à un des principaux employés de la manufacture, monsieur Desprets qui se fixa définitivement à Moscou où ses lils établirent plus tard des maisons de commerce considérables. De nombreux chefs d'industrie parmi lesquels nous ne citerons que MM. Braqueniô, originaires de Tour- nai, aujourd'hui a la tête de puissantes manufactures de tapisseries proprement dites, à Paris, à Malines et à [ngelmunster, ont appartenu cà la fabrique de Tournai. C'est pendant cette période brillante que furent éle- vés sur l'emplacement de l'ancien couvent des Clai- risses à la rue de ce nom les bâtiments de la manu- facture construits dans un style classique et froid, mais auxquels un portique, précédé d'une belle colonnade donnait un fort grand air. L'architecte Renard en dressa les plans en l'année L81L (1) Loco citato. — 88 — On lui doit également un grand nombre de dessins de tapis de pied (1) exécutés dans les ateliers. Les dernières guerres de l'empire, la diminution de la fortune publique et privée qui en fut la conséquence portèrent un coup fatal à cette industrie qui fournissait spécialement au luxe. Le nombre des ouvriers baissa rapidement, au point qu'on n'en comptait plus que quinze cents en 1815. Mais quelques années plus tard la fabrication reprit vigueur et sous le gouvernement hollandais la manu- facture redevint florissante. Le roi Guillaume voulant récompenser les services rendus à l'industrie par Léopold Lefebvre le décora de son ordre et le créa baron (1825). Les termes du diplôme qui lui confère ce titre prouvent combien était alors réputée notre grande manufacture et la haute estime que professait le monarque pour son directeur. Le 6 septembre 1828 (2), la société Piat Lefebvre et fils, composée alors du baron Léopold Lefebvre, de Jean-Baptiste et de Piat Lefebvre fils céda à MM. Schu- macker, Overman et Edeline, sous La firme Schu- macker Overman et C16., tous les bâtiments, métiers, ustensiles, cartes, dessins, portefeuille de voyage, etc., repris en un inventaire dressé le même jour, pour le prix de quatre-vingt cinq mille cinquante florins des Pays-Bas. (1) MM. Desmazières et Joveneau, bibliophiles tournaisiens en ont recueilli un grand nombre dans leurs collections Le premier possède en outre plusieurs dessins originaux de Renard, et l'élévation de la façade de la manufacture, sur laquelle figure l'autorisation de bâtir, délivrée à Mons, par le préfet du département de Jemmapes, le 20 mai 1811. (2) Minutes de Me Simon, notaire à Tournai. - 89 — En même temps qu'ils cédaient leur manufacture, MM. Lefebvre imposaient aux acquéreurs diverses obligations tendant à conserver ce bel établissement dans l'état de prospérité où ils l'avaient élevé, et à assurer aux ouvriers qui y étaient employés le bénéfice des dispositions bienfaisantes qu'ils avaient prises en leur faveur, sorte de testament véritablement émou- vant où se révèlent chez ces grands industriels toute la sollicitude et la tendresse d'un père pour son œuvre et ses collaborateurs. Après avoir indiqué les qualités et les devoirs d'un chef d'industrie et invité ses successeurs à les prati- quer, Lefebvre assure à certains correspondants de la maison, à des employés et à des serviteurs la conti- nuation de leurs services ou de leur emploi; il stipule le maintien de la bourse de secours au profit des ouvriers et se préoccupe de sa bonne gestion, enfin il se réserve le droit de s'intéresser aux alïaires de la fabrique, qu'il ne cède on le voit, qu'à regret (1). Le baron Léopold Lefebvre mourut en 1844(2). La nouvelle société conserva la manufacture jusqu'en 1889, époque où elle la céda à son tour à la Société générale de Bruxelles pour favoriser [industrie natio- tionale. Mais cet établissement n'était plus alors que l'ombre de ce qu'il avait été. Il succomba dans la lutte qu'il eut à soutenir contre les fabriques anglaises et roubaisiennes dont les produits, sans avoir peut-être la perfection des nôtres se vendaient à beaucoup meil- (1) Acte sous seing privé du 6 septembre 1828, joint à la convention authentique de la même date. (2) Il eut deux lils, dont le second, Léopold, mourut en 1886, lais- sant un lils. LES TAPISSER. — 90 — leur marché et parvinrent ainsi à les supplanter auprès d'une clientèle plus sensible au bas prix d'un article qu'à sa bonne qualité. Après une liquidation longue et désastreuse, l'éta- blissement fut fermé en 1887 et les bâtiments mis en vente à cette époque, furent en grande partie démolis. A côté de la manufacture royale de tapis, existaient quelques établissements beaucoup moins considérables, par leur importance, mais dont les produits pouvaient rivaliser avec ceux de la manufacture, auxquels ils ressemblaient en tous points. Citons seulement la fabri- que de Verdure-Gobert, plus tard Verdure-Bergé qui figura avec succès aux expositions de Londres 1851 et de Paris 1855. Les pièces les plus remarquables fabri- quées chez Verdure sont un tapis aux armes des dix-sept provinces des Pays-Bas exposé à Londres en 1851 et un autre aux armes du pape Pie IX qui lui fut offert, en 1857, par Barthélémy du Mortier, repré- sentant de Tournai. CHAPITRE II. Organisation et réglementation des deux métiers des tapissiers et des hautelisseurs. Nous avons signalé plus haut (page 1 1), la différence qui existe entre les tapisseries et les œuvres de hautes- lisses, et nous avons avancé que du moins à Tournai ces deux mots ne sont pas synonymes. C'est pour les avoir confondus que Mgr de Haisne prétend qu'on ne fabriqua de véritables tapisseries à Tournai qu'à partir de 1353, époque où l'on rencontre en cetto ville Jean Capars ouvrier hautelisseur origi- naire d'Arras, tandis qu'au contraire on y trouve des tapissiers dès la fin du XIIIe siècle; que Mgr Voisin par contre signale cinq ou six cents ouvriers tapissiers reçus dans le métier dans la première moitié du XVP siècle et attribue a cette corporation une foule d'actes émanant de diverses magistratures commu- nales, ainsi que certaines pièces d'archives, tandis qu'il résulte de l'examen détaillé de ces actes et de ces archives qu'elles concernent non les tapissiers propre- ment dits, mais les fabricants d'étoffes connues sous la dénomination de hautes-lisses ; qu'Alexandre Pinchart — 92 — enfin signale comme concernant les tapisseries, notam- ment pour les XVIe et XVIIe siècles, une foule d'or- donnances et de travaux qui se rapportent ensomme aux simples produits d'un art mécanique et n'ont rien de commun avec l'art de composer à la main des ten- tures historiées et des tapisseries à personnages. Il ressort à l'évidence des textes anciens que les deux mots qui nous occupent ne sont pas synonymes. La signification du mot tapisserie est assez connue pour que nous n'ayons pas à le définir. Les tapissiers fabri- quaient des tapisseries dans le sens restreint du mot. Sous le nom de hautelisseurs on a parfois aussi rangé les fabricants de tapisseries, mais c'est à titre excep- tionnel ; ce mot a un sens plus étendu et désigne plu- sieurs catégories d'artisans confectionnant diverses sortes d'étoiles fines, sur le métier dont se servaient les tapissiers. Les tapissiers, surtout au XIVe et au XVe siècle ont parfois fait concurremment des tapisseries et des hautes-lisses, et les deux mots, à cette époque, peu- vent désigner alors les mêmes produits. Mais pas un texte ancien ne cite un hautelisseur comme ayant fait une tapisserie proprement dite. Tous nos fabricants célèbres, ceux dont les œuvres sont décrites et connues et constituent les tapisseries les plus remarquables, sont qualifiés dans les actes du temps tapissiers; aucun n'est dit hautelisseur, et jamais on ne trouve, à l'époque où le métier est par- faitement organisé et réglementé, un achat de tapis- serie fait à un hautelisseur. Les tapissiers et les hautelisseurs formaient dans le corps des métiers deux groupes ou bannières distinctes, au moins dès la fin du XVe siècle. Les ordonnances et les dispositions qui les régissent — 93 — sont portées les unes pour les tapissiers, les autres pour les hautelisseurs. Jamais, sauf au XIVe siècle, un de ces actes ne vise dans la môme disposition les deux corps de métiers. L'ordonnance de 1544 portée par Charles-Quint sur l'industrie des tapissiers, ne ren- ferme même pas les mots hautes-lisses ou hautelisseurs et ne mentionne aucune des étoffes qu'ils fabriquaient. Concluons donc en termes généraux que les tapis- series et les hautes-lisses sont deux produits distincts émanant de deux corps de métiers également distincts, et qu'on ne peut généralement aussi appliquer a l'un d'eux les dispositions prises pour l'autre. § I. Organisation des deux métiers en bannières, et conflits entre les différentes branches qui les composent. Des deux métiers qui nous occupent, ce sont les tapissiers qu'on rencontre les premiers dans les archi- ves locales dès ta fin du XIIIe siècle, et ils étaient certainement dès cette époque organisés en métier puisqu'on trouve dans les registres de la loi, recueil judiciaire de ces temps reculés, des condamnations prononcées contre certains suppôts du métier « pour dire lait as wardes de sen mestier pour leur office » (1). A leur industrie sont dus probablement * le drap là » U li sulïranee nostre Segneur est « légué en 1316 par Damoiselle Sainte Glachons; « les coussins de mousset » à oisiaus légués en 1335 par Jeanne d'Estampes; (1) T. Registre de la loy. N° 132, F> 78 V°. — 94 - a un couvretoir à lionchaux rouges et gaunes » (tes- tament Watiers Horelore 1340) et les tapis à per- sonnages donnés par l'évêque André Ghiny à la cathé- drale de Tournai avant 1343, premières manifestations de cette industrie qui devait devenir si brillante un siècle après. En même temps c'est-à-dire avant 1350, apparais- sent mentionnés dans les inventaires et les testaments des produits qu'il est assez difficile de définir, ce sont : « des carpitres escuchonnées (c est-à-dire des tapis de » laine, ornés d'armoiries); carpitielles ouvrées de r> haulteliche; dras d'oeuvre sarrasinoise ; coussins et 9> couvretoirs de haulteliche ; etc. » Qui les a confec- tionnés, si ce ne sont ces tapissiers que seuls nous trouvons mentionnés dans nos archives jusqu'en 1352 à l'exclusion de tout hautelisseur ? Le premier artisan qui porte ce nom, Jean Capars est précédé, dans Tordre chronologique par une trentaine de tapissiers ou tapisseurs ; après lui et jusqu'à la fin du XIVe siècle, on ne trouve que trois hautelisseurs, tandis qu'on compte une cinquantaine de tapissiers. 11 en résulte que contrairement à l'opinion suivie jusqu'ici, la fabrication des tapisseries, à Tournai, est antérieure à 1352 et qu'on ne peut attribuer à un haute- lisseur isolé, signalé a cette date, l'honneur d'y avoir importé cette industrie. L'organisation des corporations à Tournai, remonte à une époque très reculée sans même qu'il soit possible de la déterminer, car les pièces les plus anciennes de nos archives communales où il en est question, dès le XIIIe siècle, n'en parlent pas comme d'une chose nouvelle ou en voie de formation, mais emploient au contraire des termes qui permettent de croire qu'elle était complète et déjà ancienne à cette date. Sans nous étendre sur le rôle joué dans l'histoire par les corps de métiers rappelons seulement qu'outre le but industriel ou commercial qui avait été leur pre- mière raison d'être, ils étaient encore organisés spé- cialement au point de vue fiscal et au point de vue militaire. En cas de guerre ou de troubles les membres de chaque métier groupés ensemble marchaient sous le même drapeau, d'où le nom de bannière que prit bientôt chaque métier, de sorte qu'on employa cou- ramment ce mot pour désigner le métier lui-même. En prévision du service militaire comme au point de vue fiscal, (puisque l'impôt était voté et perçu par bannière), on tâcha d'égaliser à peu près la force numérique des divers corps armés, et pour y arriver on groupa sous la même bannière des métiers qui sou- vent ne présentaient pas le moindre lien entr'eux, par exemple les tapissiers et les ciriers comme on le verra plus loin dans une résolution de 1546. Chaque bannière comprenant généralement plu- sieurs branches était désignée sous le nom de la plus importante et la plus nombreuse de ces branches. Quand une bannière était imposée pour une somme déterminée ou astreinte à un service militaire quelcon- que la répartition des charges se faisait ensuite entre les divers groupes qui la composaient proportionnel- lement à l'importance numérique de chacun d'eux. Mais chaque fois qu'il s'agissait d'affaires concernant l'art ou l'industrie proprement dite, chaque groupe, chaque branche gardait une indépendance absolue vis-à-vis des autres groupes de la bannière, délibérait seule et adoptait telle décision que réclamaient ses propres intérêts. — 96 — La plus ancienne de nos listes de métiers remonte à l'an 1364; on y relève quarante-trois ou quarante- quatre bannières, suivant la manière de les compter, parmi lesquelles nous trouvons les tapisseurs et les kiu- tilleurs (ou fabricants de coutils) ; les hautelisseurs n'y figurent pas; on ne peut en conclure cependant qu'ils n'existaient pas à Tournai à cette époque, nous venons de voir le contraire, mais ou bien ils ne constituaient pas un métier distinct, ou bien, composant un groupe peu nombreux, ils ne formaient qu'une des branches d'une bannière désignée seulement sous le nom de la branche principale. Il paraît probable que les hautelisseurs étaient à cette époque confondus avec les tapissiers, comme tend à le prouver l'intitulé de l'ordonnance de 1397 portée « sur le fait des mestiers et marchandises de tapisserie, » haaltcliche et draps velus fais en Tournai » ; ils étaient en effet organisés en métier à la fin de XIVe siècle, puisqu'on voit en 1398 (20 août) les Consaux saisis d'une requête que leur adressent les ouvriers de haute- liche. Ces mômes magistrats portent en 1408 une ordonnance sur le fait du mestier, ouvraige et marchan- dise des draps nommés haulteliche. L'année précédente ils en avaient fait une sur la fabrication des draps velus qui, on le verra plus loin, étaient un des produits de la hautelisse. En 1410 ils réglementent la fabri- cation de la tapisserie sarrasinoise appelée alemarche . Cet ensemble de dispositions montre à la fois l'existence de différents groupes dans le métier, l'importance de celui-ci et l'activité de ses membres à cette époque. En 1423, dit A. Pinchart, les hautelisseurs formèrent une bannière distincte, et prirent pour fête patronale le jour de la Transfiguration de Notre-Seigneur. Jusque-là — 97 — ils avaient marché avec les merciers sous la bannière de saint Maur (1). On les trouve en effet en 1 127 assistant comme corps dictinct aux funérailles de la femme d'un membre du métier (2); et en 1429 ils sont encore repris dans une liste des métiers ou bannières réunies pour voter certains impôts, et l'octroi d'un secours demandé par Jeanne d'Arc aux tournaisiens. Ils forment une bannière avec les sargeurs. Par contre les tapissiers ne sont plus repris nominativement dans cette liste, d'où Ton peut induire qu'à cette époque ils formaient avec les hautelisseurs une même bannière portant le nom de ces derniers. Mais ceci, rappelons-le, ne concernait que le paie- ment de l'impôt et la prestation du service militaire ; lorsqu'il s'agit de débattre les intérêts propres du métier on trouve les tapissiers constitués en corpo- ration distincte, comme le prouve cette mention, extraite du compte d'exécution testamentaire de Jehan du Prêt, tapissier, décédé en 1 142 : « A plusieurs maistres du mestier de tapisserie dont » ledit defunct estoit, pour avoir aidié lesdis confrères n à porter ledit defunct en terre, auxquels ledit defunct 1 avoit pareillement donné xx sous pour ce que, par les » ordonnances Audit mestier faites entr'eulx, chacun n deulx dudit mestier doit à son trépas, à la compa- ti gnie, un mouton... » Les marcheteurs qui forment un groupe distinct parmi les tapissiers, sont régis par une ordonnance de 1458. (1) Nos archives ne font pas connaître le patron des tapissiers. (2) Au varlet du métier d'hautelisse pour son sallaire d'avoir semonce les maistres du dit mestier pour estre à l'enterrement de ladite feue . . T. (Compte d'exécution testamentaire Pol de Lannoit 1427). — 98 — Nous arrivons à l'époque où les tapisseries de Tour- nai jouissent d'une haute réputation et sont admises, à l'égal des tapisseries d'Arras dans le mobilier des princes les plus fastueux de leur temps, les ducs de Bourgogne. Cette réputation n'a pu être acquise en un jour; elle est le fruit d'une fabrication abondante dont les produits exportés à l'étranger y ont fait connaître le mérite de nos ateliers; et le résultat d'efforts remon- tant à une époque déjà éloignée, car une fabrique célèbre ne s'improvise pas en un jour. Nos artisans du XIIIe et du XIVe siècle, sont donc les premiers auteurs de la renommée acquise par nos tapisseries au XVe siècle. C'est à leur activité et à leur goût, c'est à la réglementation sage et éclairée donnée au métier par nos magistrats, qu'est due la brillante situation que révèlent les importants marchés passés par nos tapissiers au milieu du XVe siècle. Dès 1446 nos fabricants comptent Philippe-le-Bon au nombre de leurs clients ; ils envoient leurs produits à Puy en Auverge, Lyon, Anvers, Reims, Saint-Omer, Bruges, Lille, Paris, Nuits, Beaune, Cambray et en bien d'autres lieux. Charles-le-Téméraire, Philippe-le-Beau, l'empereur Maximilien, le cardinal d'Amboise, archevêque de Rouen, le roi d'Angleterre Henri VIII et plusieurs sei- gneurs de sa cour, Marguerite d'Autriche, se fournis- sent chez eux. C'est dans la seconde moitié du XVe siècle, quand les tapissiers fabriquèrent leurs produits les plus artis- tiques, qu'ils se séparèrent des hautelisseurs et ne permirent plus à ces derniers de confectionner les tapisseries proprement dites. Jusque-là une certaine confusion avait régné entre les divers métiers qui nous — 99 — occupent. Une même ordonnance, nous l'avons dit, régissait la fabrication des tapisseries hautelisses et draps velus. Il n'en sera plus de même à l'avenir, comme l'indique cette mention que nous relevons dans les délibérations des Consaux : « De la requeste Jehan n Cambier pour estre receu à tenir ouvroir de faire » dras velus, veu qu'il est francq maistre et a fait n apresure, disant que les Doyens ne Ij vuellent rece- - voir s'il n'apprend la haidlclice, qui est un autre n mestier et tout dcsjoinl (1) ». En 1 101 , à propos d'une contestation entre les mar- cheteurs et les tapissiers d'une paît, les hautelisseurs et les sargeurs d'autre part, cette séparation apparaît comme définitivement consommée (2). Il arrive fréquemment que les tapissiers ne sont pas mentionnés dans les listes des métiers; c'est qu'ils ne formaient pas une bannière à eux seuls, mais compo- saient seulement une branche de la bannière des tein- turiers sous laquelle ils marchaient (3). La nomination du doyen appartenait aux teinturiers, celle du sous-doyen aux tapissiers ou à l'une des autres branches de la bannière (4). Il est parfois bien difficile d'établir à quelle bannière appartenait l'un ou l'autre métier, nous l'avons dit plus haut. Les tapissiers artistes plutôt qu'artisans n'ont jamais (1) T. Consaux du 3 décembre 1465. (2) [bid. 3 janvier 1401. Voir au chapitre III. (3) Sentence des Doyens des arts et métiers. 12 juillet 1496. T. n°4232. (4) T. Consaux du 4 juillet 1536. L'intitulé est ainsi formulé : - Comme » les doyens jurés et tous les mestres du mestier de marcheterie et " tapisserie de ladite ville, suppôts de la bannière des tainturiers d'icelle - ville, se fussent puis nagaires traits vers nous » — 100 — été extrêmement nombreux, ils ont donc presque tou- jours dû céder le pas aux autres branches de leur bannière telles que celle des teinturiers et des fille- tiers, évidemment plus importantes, numériquement, que la leur. Aussi ne les trouve-t-on presque jamais repris en nom propre dans les listes de métiers. Les contèstations de 1546 et de 156G où figurent les tapissiers fournissent la preuve de ce que nous avançons. En 1546 ils sont nommés sous la bannière des filletiers et en 1566 sous celle des teinturiers, retordeurs et filletiers. Les hautelisseurs avec les sargeurs et les couver- toireurs formaient une bannière, laquelle comprenait aussi les sayetteurs; ces deux derniers groupes comp- tant deux cent cinquante suppôts environ chacun en 1520, les hautelisseurs demandèrent à ce qu'on sépare d'eux les sayetteurs pour former un métier distinct. Ces derniers s'y opposèrent de toutes leurs forces, mais sans succès, car en 1524 les Consaux admirent la demande des hautelisseurs et après avoir distrait les sayetteurs de leur bannière, en formèrent une nouvelle avec ceux-ci. Les troubles religieux du XVIe siècle causèrent un tort énorme à notre industrie; les doctrines nouvelles comptaient de nombreux adeptes parmi nos artisans et les édits de l'empereur contre les calvinistes eurent pour conséquence d'en faire émigrer un grand nombre dans les pays étrangers. Ils y transportèrent l'industrie des tapisseries et surtout de la hautelisse, au grand détriment de la richesse publique du pays où cette industrie avait pris naissance. — 101 — Nos hautelisseurs tournaisiens furent fréquemment en lutte avec leurs voisins, notamment de Roubaix,Orchies, Tourcoing et plusieurs localités moins importantes. Le métier entretint au contraire toujours d'excel- lentes relations avec les hautelisseurs de Lille, et de concert avec eux soutint plusieurs procès contre leurs concurrents des autres villes. Dans Tournai même il eut de fréquentes contes- tations, avec les métiers similaires et notamment les sayetteurs, ses rivaux et ses concurrents. Une première sentence, émanant du Conseil de Malines semblait devoir mettre fin aux contestations en décidant quelles étofTes chacun des deux métiers pourrait désormais fabriquer, mais il n'en fut rien ; les procès recommen- cèrent de plus belle peu de temps après. Les sayetteurs ayant obtenu l'appui do la chambre des arts et métiers, c'est contre elle que durent procéder les hautelisseurs. Cette lutte dura plusieurs années, et seule une sentence du Conseil de Malines rendue le 14 juillet 1587 put mettre fin à leurs démêlés. Après leur procès contre les sayetteurs de Tournai, les hautelisseurs en entament un nouveau contre les hautelisseurs et les sayetteurs du baillage (1543), dans lequel ils obtinrent à leur tour l'appui des magistrats communaux. Il fut terminé par une sentence du conseil privé de l'empereur favorable aux hautelisseurs, et suivi immé- diatement d'une nouvelle atïaire contre les teinturiers, tondeurs et appareilleurs de trippes ou étoffes de velours (1544). Vers le milieu de XVIe siècle, la fabrication des tapisseries éprouva un ralentissement notable, tandis que celle des hautes-lisses prit, au contraire, une exten- — 102 — sion considérable. Au fur et à mesure que les tapissiers, comme métier, s'effacent, les hautelisseurs prennent de l'importance et au moment où plusieurs grandes industries tournaisiennes particulièrement florissantes à l'époque gothique, telles que la dinanderie, ou fabri- cation des bronzes et des objets en laiton, la sculpture et spécialement la sculpture sur pierre, la peinture, la fabrication des étains et des armes, éprouvèrent une décadence sensible, les hautelisseurs devinrent l'une des premières bannières de la ville, sinon la première. Une ordonnance des Consaux en date du 23 mars 1534 (v. st.) constate cette brillante situation. « Le » mestier et stil des hautelisseurs, (y est-il dit) serait » et est l'un des plus florissant et souffisant mestier, en r> augmentation d'entre tous les autres stils et mestiers » de ladite ville ayant et soutenant plus de six cents » hostilles ouvrans en icelle ville et faisant tel et si r> grand nombre de pieches de haulteliche que les trois r> jours de la semaine parci devant ordonnés à sceller » lesdites pièches ne peuvent suffire « En consé- quence elle ordonne que les hautelisses qui n'auront pu recevoir le scel un des trois jours de la semaine primitivement fixés, pourront encore le recevoir le samedi (î). En 1537, les hautelisseurs achètent une maison située à la rue de Marvis pour y traiter les affaires du métier. Relevons ce détail cependant; pour traiter ces affai- res ils se réunissaient tantôt au cloître de la cathé- drale, tantôt en lpur maison du scel. (1) Ordonnance des Prévost et Jurés 23 mars 1534. — T. (Fonds non inventorié, pièces à l'appui des comptes). Cette prospérité se révèle par les nombreuses ordon- nances réglementant la fabrication et la vente. Nous en avons déjà parlé et nous les signalerons encore quand nous examinerons des divers points quelles traitent. Nous ne nous arrêterons pas ici à la fameuse ordon nance de Charles-Quint sur les tapisseries (1544) publiée après qu'il eut pris l'avis de toutes les villes du Pay-Bas. Son influence sur l'industrie tournaisienne ayant été quasi nullo. En 1546 on trouve les tapissiers rangés sous la bannière des filletiers et en contestation avec ceux-ci pour savoir à laquelle des deux branches du métier appartiendra le doyen. Pour mettre fin à cette contes- tation les Consaux proposèrent de transférer les tapis- siers sous la bannière des ciriers, qui étaient peu nombreux et de leur attribuer la nomination du doyen, le sous-doyen étant réservés aux ciriers (23 novembre 1546). Il ne fut pas donné suite à cette délibération, et une vingtaine d'années plus tard les tapissiers revin- rent à la charge pour être érigés en bannière distincte. Mais cette fois ils furent éconduits. A la même époque la lutte reprend entre les haute- lisseurs et les sayetteurs « sur le fait des nouveaux » ouvrages figurés que iceux haultelicheurs empêchent - lesdits sayetteurs de composer, ■ (1er juillet 1561). Les Consaux s'entremirent en vain pour concilier les deux parties. Les hautelisseurs qui comptaient plus de huit cents membres d'après un document de l'époque, prétendaient dominer tous les autres métiers. Aussi continue-t-on à les voir constamment en pro- — 104 — cès avec ceux qui pouvaient sur quelque point leur faire concurrence, et même avec les diverses magistra- tures de la ville quand ils jugeaient que les intérêts du métier étaient menacés par leurs décisions. Ils prétendaient même faire la loi aux hautelisseurs des villes voisines notamment à ceux de Roubaix chez qui ils semblent avoir deviné des rivaux qui devaient les ruiner dans la suite. Nos fabricants étaient alors bien supérieurs en nombre et en qualité à ceux de cette localité et abusant peut-être de leur force, ils n'hésitèrent pas à entamer un procès qui aurait anéanti l'industrie roubaisienne si leurs prétentions avaient été admises. Mais lorsque l'huissier des hautelisseurs de Tournai se présenta à Roubaix pour y saisir un certain nombre de pièces que ceux-ci prétendaient faites au mépris de leurs droits, il y eut un véritable mouvement populaire qui faillit coûter la vie aux gens de justice (1623) (1). Les élections des officiers du métier des hautelisseurs avaient donné lieu paraît-il à des fraudes et à des brigues qui allèrent jusqu'à mettre en péril par les querelles et les contestations qu'elles soulevèrent, l'existence de la corporation; pour y remédier il fallut un décret des Archiducs du 25 mai 1621 qui modifia les règles généralement admises pour la nomination des dignitaires dans les métiers, traça tout une procé- dure pour ces élections et les mit sous la surveillance des magistrats communaux. Le métier avait à sa tête un doyen et un sous-doyen, deux jurés, quatre ou huit commis et dix esgards renouvelés chaque année de la manière suivante. (1) Inventaire des archives du Nord. T. 6, p. 112. — 105 — Ces dignitaires, à l'expiration de leur mandat, étaient convoqués en la halle des Consaux et désignaient trente hommes appartenant à la corporation, chargés à leur tour d'élire pour l'année suivante les princi- paux officiers du métier; c'est-à-dire les doyens et jurés (1). Ce système prêtait encore à la fraude, paraît-il, car en 1629, par décret du pouvoir souverain l'élection fut entourée de nouvelles formalités et mise sous la surveillance et l'autorité immédiate des Consaux. En vertu de l'édit, au lieu des anciens officiers du métier, ce furent les Consaux qui désignèrent d'abord six hautclisseurs chargés de choisir les trente hom- mes. Appelés à l'hôtel de ville, les six élus étaient enfermés dans trois locaux distincts, où chacun d'eux désignait à son tour cinq membres du métier et tous ceux-ci réunis, au nombre de trente, composaient le collège électoral, qu'on appelait les trente hommes, et auquel était confiée la nomination des quatre princi- paux dignitaires du métier, le doyen, le sous doyen et les deux jurés Les trente hommes prêtaient serment entre les mains d'un des prévôts de la ville, qui les présidait ; puis en présence du greffier et du procureur fiscal, procédaient à l'élection faite au scrutin secret et sans qu'ils eussent eu le temps de se concerter auparavant. Aussitôt nommés les doyens et les jurés choisissent ensemble quarante suppôts du métier lesquels sont chargés de la nomination des huit commis. Enfin les commis joints aux doyens et jurés nom- ment les dix esgards du métier. (1) T. Consaux du 27 mai 1G25. LES TAPISSER. 8 — 106 — Cet ensemble de formalités assez compliqué s'appe- lait faire la loi des hautelisseurs (1). Le système fut en vigueur sans modification impor- tante aussi longtemps que dura la corporation; à partir de 1664 cependant le collège des quarante hom- mes au lieu d'être nommé tout entier par les doyens et jurés se composa des trente hommes auxquels les doyens et jurés en ajoutèrent dix, désignés trois par chacun des doyens et deux par chacun des jurés. Tous les membres du métier appelés à faire partie de l'un de ces collèges recevaient une rémunération payée par la caisse du métier. Les six hautelisseurs chargés par les Consaux de désigner les trente hommes étaient payés par la caisse communale (2). L'industrie de la hautelisse après avoir connu les temps les plus prospères, traversait une période de crise et menaçait même de disparaître. Mais nos magistrats communaux soutinrent de leurs subsides et de leurs encouragements le métier qui avait été une source de prospérité pour la ville et qu'on espérait chaque jour voir refleurir. Ils favorisèrent les artisans qui importaient la fabrication de quelque nouvelle étoffe, payèrent des pensions à certains artistes pour fournir des dessins nouveaux aux hautelisseurs ainsi qu'à des artisans chargés de monter leurs métiers et enfin accordèrent une gratification de vingt et plus tard de quarante et même cinquante patars par métier en activité. (1) T. Consaux du 24 avril et 23 mai 1629. (2) T. Consaux du 22 octobre 1664 et comptes généraux 1664-65 f° 86. — Ils touchaient de ce chef 18 livres. — 107 — Tant d'efforts n'aboutirent pas à relever une indus- trie qui n'était plus que l'ombre de ce qu'elle avait été autrefois, et dont la décadence fut tellement rapide qu'à la fin du XVI T siècle elle ne comptait plus à Tournai que cinquante maîtres et vingt apprentis. Les corps de métiers eux-mêmes avaient d'ailleurs perdu beaucoup de leur importance. A l'organisation ancienne des maîtres ouvriers travaillant isolément ou avec un nombre très limité d'ouvriers, mais ayant des intérêts communs que les chefs du métier adminis- traient et défendaient, on s'efforçait de substituer par- tout une forme nouvelle de travail, la manufacture ou l'atelier dans lequel un patron réunit autour de lui un nombre plus ou moins grand d'ouvriers. Ce patron ne poursuivait qu'un but, s'émanciper de la tutelle du métier; pour y parvenir il prétendait que son industrie était nouvelle c'est-à-dire non prévue par les ordon- nances et qu'elle échappait en conséquence à la régle- mentation des métiers et au paiement des redevances exigées de leurs suppôts. Tel fut le cas des fabriques établies successivement à Tournai par Dusautoy, Sergent, Verdure et Sellier, Delescolle et plus tard Piat Lefebvre qui devait ériger à Tournai la plus importante manufacture qu'on y vit jamais. Au XVII0 siècle on trouve les métiers qui nous occu- pent, répartis comme suit : Les teinturiers forment une bannière avec les tapis- siers. Les sayetteurs et les hautelisseurs en forment deux distinctes (UV2T . A partir de 1628 les tapissiers ne sont plus désignés — 108 — nominativement mais continuent à faire partie de la bannière des teinturiers. Ceux-ci sont nommés avec les retordeurs en 1628, avec les filletiers en 1635, ils disparaissent en 1639 et figurent seuls en 1636 et 1652 (î). Une ordonnance des doyens des arts et métiers du 13 mai 1649 montre que les hautelisseurs, les sargeurs et les couvertoireurs formaient à cette époque une seule bannière (2). Quant aux hautelisseurs et aux sayetteurs ils con- tinuèrent à former deux métiers distincts jusqu'en 1768 où un décret impérial réunit ces deux métiers et leur adjoignit celui des tisserands, en permettant à tous les suppôts de la nouvelle bannière de faire concur- remment les ouvrages qui dépendaient de chacun des trois métiers (3). § 2. Réglementation du travail. I. NOMS DIVERS PORTÉS PAR LES OUVRIERS TAPISSIERS ET HAUTELISSEURS. Un nombre considérable d'ordonnances, émanées des diiïérentes magistratures de la ville réglementaient étroitement l'industrie des tapissiers et des hautelis- seurs, deux noms sous lesquels peuvent se ranger les diverses catégories d'artisans qui nous occupent. (1) Invent. n° 2182. (2) Chambre des arts et métiers. T. (14 mars 1774) n° 4194. (3) T. Invent. n° 4273. Sac A n° 35. — 109 — La plus ancienne désignation employée est celle de tapissier, tapissières ou tapisseur; sous ce nom nous apparaissent Philippron de Bruges et Jakèmes Cam- pions cités dans des actes de l'échevinage de 1295 et une centaine d'artisans du XIVe siècle dont on trouvera plus loin les noms. Robert Dary et Jean de l'Ortie qui ont produit les tapisseries de la Toison d'or s'intitulaient modestement marchans houvriers de tapisserie. Jean Baubrée, les Grenier, Guillaume I)csreumeaulx, Nicolas Bloyart. Clément Sarrasin, les Poissonnier, Meaulx de Visquere, Jean Devenins, Nicolas de Burbure, Jean du Moulin, les Drosset, les Cassel, Jean Martin, qui tous ont pro- duit des séries remarquables de tapisseries, et plus tard Oedins, Pannemaker, Behagle et Baert sont généralement appelés tapissiers et parfois marchands de tapisseries. Presque en même temps que les premiers tapissiers on rencontre les tapissiers sarrasinois. Ils fabriquaient, croit-on généralement des tapis velus et épais, dans le genre de ce qu'on appelle aujourd'hui la moquette. Dans le principe l'œuvre sarrasinoise a peut-être été une broderie; c'est l'opinion de Labarte (1). Quelques-uns de leurs ouvrages sont mentionnés dans nos inventaires ou testaments : une bourse sarra- zinoise (131 1) des coussins ouvrés d'oeuvre sarrazinoise ( 1 30 1 ) des draps sarrazinois, etc.. Certains de nos actes citent les marcheteurs comme fabriquant les tapisseries sarrasinoises qu'on appelle aussi tapisseries aie marche (2). (1) 9 décembre 1410. P. .T. n°7. (2) Histoire des arts industriels. T. 4. p. 347. — 110 — Peut-on, de là, les assimiler aux marcheteurs dont nous parlerons plus loin et considérer leurs œuvres comme des tapisseries de basses-lisses, quelque soit d'ailleurs leur aspect décoratif ? C'est encore l'opinion de Labarte (1). Hautelicheur, ouvrier de haulteliche, hautelisseur apparaît pour la première fois dans nos archives en 1352, nous l'avons déjà rappelé. Nous n'avons trouvé les noms que de cinq artisans qui soient qualifiés hau- telisseurs dans le cours du XIVe siècle, bien que plu- sieurs ordonnances visent le métier de haulteliche et que d'assez nombreuses mentions d'oeuvres de ce nom se rencontrent dans des documents datant de ce siècle. A cette époque il est synonyme de tapissier, bien que, nous l'avons dit plus haut, on ne trouve jamais le nom d'un hautelisseur accolé à une œuvre de tapis- serie proprement dite. Les hautelisseurs deviennent dès la fin du XVe siècle, des fabricants d'étoffes de luxe, dont on trouvera l'énu- mération au chapitre III. Dans deux délibérations des Consaux du 3 et 17 jan- vier 1491 la distinction entre tapissiers et hautelisseurs paraît consommée : les marcheteurs et les tapissiers étaient en contestation avec les sargiers (ou sargeurs) au sujet de la fabrication des tapisseries de flocon ; on voit dans le second acte ces mêmes sargeurs unis avec les hautelisseurs pour soutenir les mêmes prétentions à l'encontre des tapissiers. Nous en reparlerons plus loin au sujet de la fabrication. Les ouvriers de tissus à piet, mentionnés dans une (1) Ibid. p. 367. — 111 — délibération des Consaux du 20 juin 1180, appartien" ncnt au groupe des hautelisseurs. On trouve parfois la mention tissutier de soie. Les artisans qui ont porté ce nom sont peu nombreux. Ouvriers de velus, ouvriers de dras velus, tisser ants de velus, faiseurs de velus, se rencontrent plus fré- quemment; ils sont régis par l'ordonnance portée le 19 juillet 1407 sur la matière. Ils sont cités dans les ordonnances des 7 août 1380 et 2 août 1990, et nous les considérons encore comme des tapissiers, du moins au XIVe siècle, ainsi que le prouve l'intitulé de l'ordonnance du 20 mars 1307 portée « sur le fait du niostier et marchandise de le * tapisserie haultcliche et dras velus fais en Tournai » et qui sans distinguer entre ces trois articles, leur impose la même réglementation. 11 en est de même des sargeurs, sargirres, ouvriers faisans sarges : en 1452 les sargeurs font partie de la même mairie que les hautelisseurs. Confondus avec les tapissiers jusqu'alors, ils vont au moment où ceux-ci se séparent des hautelisseurs, être rangés parmi ces derniers, ainsi que les ouvriers de velus. Nous parlerons des articles de leur fabrication, les sarges, au chapitre III. Les hiutiUeurs et les couvretoireurs ou fabricants de coutils et de couvre-lits sont au XIV siècle cités dans les ordonnances avec les tapissiers, plus tard ils se confondent avec les hautelisseurs. Marcheteurs , ouvriers à le marche, ou allemarche, cités dans le règlement du 27 mars 1397, dans ceux du 6 mai et du 9 décembre 1410, sont encore des — 112 — tapissiers ; ils travaillent sur un métier de basses- lisses, d'où il suit que marcheterie, tapisserie à le marche seraient synonymes de tapisseries de basses- lisses, ce dernier mot ne datant, comme mot, que du XVIIe siècle (1). L'œuvre des marcheteurs est mise sur le même rang que la haulteliche et la tapisserie. Dans ces deux pre- miers actes et dans celui du 9 décembre il est dit for- mellement qu'ils fabriquent la tapisserie arrasinoisey appelée a le marche. Une ordonnance du 10 février 1438 parle des ouvrages à personnages qu'ils peuvent faire. Tapissiers et marcheteurs sont associés dans une requête aux Consaux (2) et dans une ordonnance de la chambre des arts et métiers de 1496, qui confond dans une même réglementation « tous les maîtres du métier de » marcheterie et tapisserie. » Dans un acte de 1451, les qualificatifs tapissier et marcheteur sont employés comme synonymes (3). Enfin dans le règlement du 29 août 1531 le nom de marcheteur est employé indifféremment avec ceux de tapissier et broqueteur (4). Le nom de marcheteur a été porté par des artisans éminents comme Pasquier Grenier (1449) et Guillaume Desreumeaulx qui cependant sont le plus généralement qualifiés tapissiers. Après les tapissiers et les hautelisseurs, les marche- (1) Guiffrey. La tapisserie, pages 20-23. Houdoy. Tapisseries de Lille, page 25. (2) 3 janvier 1491. (3) « Mahienet Destaimbourg, tapisseur d'une part, et Jehan Artus aussi marcheteur d'autre part, ont juré la paix de la ville. » (Prévost et Jurés, T. n° 3310. 7 décembre 1450.) (4) T. n° 343. Registre aux publications. — 113 — teurs forment le groupe le plus nombreux parmi les artisans qui nous occupent. Broqueteurs, ouvriers à le broque, sont cités pour la première fois dans l'ordonnance de 1397 avec les marcheteurs. Ce sont encore des tapissiers, en même temps que des hautelisseurs dans le sens primitif du mot. Un testament de 1433, cite des draps de broqueterie contenant « la passion de nostre Seigneur»» (î) ce qui ne laisse pas de doute sur leur qualité de tapisserie. On trouve encore une œuvre de broqueterie dans un tes- tament de 1498 (2). Parlant d'un broqueteur, un acte de 1449 dit qu'il pratique « le métier de faire haultelichea le broque(n). * Une ordonnance des prévost et jurés, rendue le 19 août 1531, assimile les broqucteurs aux tapissiers et aux marcheteurs (4). Les bourgrteurs dont il est question pour la première fois en 1408, à propos des draps de bourges, figurent dans tous les actes comme formant un même corps avec les hautelisseurs. Ils fabriquaient des étoffes diverses telles que « draps royés, rollets et quievirons » et des (1) " Item je donne à la dite église S. Nicaise quatre pièces de drap " contenant la passion nostre Segneur Jhesus-Crist, les deux de bro- » quclerie et les autres deux de toille... avoescq un drap de broqueterie « servant a le table dudit autel nostre Dame en lad. église S. Nicaise... » (1433, testam. Jehan du Gardin.) (2) « Un Jhesus ouvret de broqueterie ■ 1498. Testament Jeanne du Casteler. (3) <• A Colart Hydre broqueteur pour avoir governé et nori ledit Caron et lui apprins le mestier de faire baulteliche a le broque pour le terme de un ans... « T. 1449. (Compte de Tutelle Bernard.) (4) Registre aux publications T. n° 343. — 114 — bourgettes, bourgeteries ou draps de bourge, mais nullement des tapisseries. Nous reviendrons, au cha- pitre III, sur les produits de leur industrie. Un contrat passé devant les prévost et jurés le 21 avril 1493, montre un foullon et haultelicheur s'engageant à travailler pour le compte et dans la mai- son d'un bourgeteur. .. (î). A part les tapissiers et les marcheteurs, toutes les branches de métiers que nous venons de mentionner se fondent dès la fin du XVe siècle dans la branche des hautelisseurs. Au XIVe et au XVe siècle (surtout pendant les deux premiers tiers de ce dernier) les mots tapissier et haute- lisseur sont synonymes. Les tapissiers outre les tapisseries proprement dites fabriquaient diverses étoffes fines comprises sous la dénomination générale de hautes-lisses. Ce n'est que vers la fin du XVe siècle qu'on trouve les tapissiers et les hautelisseurs organisés en deux métiers distincts, et à partir de ce moment si les tapissiers ont continué à faire simultanément des tapis- series et des étoffes de hautes-lisses, les hautelisseurs au contraire n'ont jamais composé de tapisseries et se sont strictement bornés à la fabrication des étoffes. (Voir pages 11 et 91 .) A dater de cette époque, tapissiers et hautelisseurs forment donc deux groupes bien tranchés et on ne peut employer indifféremment l'un ou l'autre de ces noms pour les désigner. Les ordonnances faites pour les tapissiers ne con- cernent plus les hautelisseurs et les dispositions prises (1) Doyens des arts et métiers, T. vol. 4232 f° 185. — 1 18 — pour ces derniers ne touchent plus les tapissiers, contrai- rement à l'opinion commune qui les a confondues jusqu'ici. C'est en tenant compte de cette division en deux groupes bien distincts que nous allons examiner suc- cessivement les ordonnances qui réglementaient les deux métiers à Tournai. Nous parlerons d'abord du métier des tapissiers, c'est-à-dire tout à la fois des tapissiers et des haute- lisseurs aussi longtemps qu'ils ont été réunis, jusqu'au second tiers du XVe siècle, et des tapissiers seuls depuis cette époque jusque 1720 date ou a cessé la fabrication des anciennes tapisseries à Tournai ; puis du métier des hautelisseurs ou fabricants de tentures et d'étotfes diverses, depuis la tin du XV siècle, jusqu'à la fin du XVI II' siècle. (1). il. TAPISSIERS. On pouvait être marchand de tapisseries sans en fabriquer soi-même. Nos archives renferment de nom- breux contrats de vente de tapisseries par des ouvriers «à des marchands. De même, un maître pouvait vendre ses produits à un autre maître ou s'engager à travailler pour lui. Des traités de ce genre étaient fort fréquents. On en trouvera des exemples plus loin. De même encore plusieurs ouvriers pouvaient s'engager à travailler pour un même maître. Les ordonnances déterminaient (1) Quant aux articles fabriqués par les tapissiers, hautelisseurs, ouvriers de velus, sargeurs, mareheteurs, broqueteurs, bourgeteurs, etc., voir le chapitre III. — 116 — le nombre d'ouvriers que pouvait employer un patron et les obligations auxquelles étaient assujettis ceux qui travaillaient dans ces conditions. Le métier des tapissiers admettait certaines femmes à faire partie de la corporation (1), disposition fort sage et toute naturelle, le travail de la tapisserie leur convenant fort bien; mais pour qu'une femme mariée fut reçue dans le métier, il fallait que son mari en fit partie (2). Plus tard cette faveur fut restreinte aux seules femmes et filles de francs maîtres. (Ordonnance du 4 août 1472). Pour être reçu ouvrier, ou maître, il fallait avoir fait son apprentissage à Tournai (ou dans une ville fran- che, ajoute l'ordonnance du 4 août 1472) et avoir payé un droit d'entrée dans le métier (5 janvier 1411) (3). Ce droit était de soixante solz tournois « dont la » moitié sera au profit de la bannière et collège dudit » mestier pour soutenir les charges d'icelluy et l'autre r> moitié appartenra pour les mestres et ouvriers dudit » mestier boire et récréer ensemble (4). » Ce droit est porté à cent solz pour les étrangers. L'ordonnance du 11 juillet 1496 dispose comme suit au sujet de la réception des maîtres : « Item que per- » sonne quelconque de ce jour en avant ne sera reçu à » la franchise et mestrise dudit mestier s'il n'a apprins (1) Registre aux publications, T. n° 397 B f> 105. (Ordonnance du 27 mars 1397). (2) T. Consaux 30 juin 1472. (3) T. n° 397 B f° 105. (4) T. Doyens des arts et métiers. Vol. 4232. — 117 — » icclluy mestier en la dite ville ou en autre franque - ville frurnée comme l'article des anchiennes ordon- - nances contiennent est assavoir qu'ils seront tenus » d'avoir apprins ledit mestier soit de m ou un ans n comme on l'apprend csdites franques villes et de ce * faire apparoir bien et deuement et à leurs despens. » Item ceux qui de ce jour en avant venront du » dehors et voudront eslever ledit mestier en ladite » ville et estre franc maistre pourveu qu'ils aient - apprins en franque ville frurnée comme dit est des- - sus, au lieu de xl solz tournois qu'ils ont payé par r cy devant pour leurdite franchise et maistrise, payer - Ixx solz tournois, lesquelz seront tenus payer ladite » somme comptant... » (1). Un maître qui quittait la ville perdait le droit d'y travailler, et s'il revenait, il devait se faire recevoir une seconde fois dans le métier (2). Les artisans devaient travailler dans l'intérieur de la ville, pour que leur travail fut mieux surveillé. Nul ne peut être reçu dans le métier s'il est « actaint n et convaincu d'aulcun villain cas, par espicial de » larchin ou qui ait tenu ou l'endroit partie contraire * au roy nostre souverain segneur, se de tout ce il n n'avoit pardon' et absolution du roy nostre sire et n fust restitué en se bonne famé et renommée * (3). Un maître ne pouvait tenir plus de quatre métiers, c'est-tà-dire employer plus de quatre ouvriers, et il devait les faire travailler dans une chambre prenant jour sur la rue pour qu'on puisse les surveiller plus facilement (4). (1) Consaux du 12 mai 1506. (2) T. Doyens des arls et métiers, 4 août 1472. (3) T. Doyens des arts et métiers, 4 août 1472. (4; Cousaux du 5 novembre 147G et 5 janvier 1479. — 118 — Beaucoup plus tard les hautelisseurs furent autorisés à avoir jusqu'à douze métiers (assemblée du métier, 25 novembre 1701) (1). Une des dernières ordonnances sur le métier, (19 août 1531), modifia le droit d'entrée dans le métier, il fut fixé à trente solz tournois, et à quarante solz pour les francs maîtres étrangers; en même temps il fut fait défense à tous maîtres de donner de l'ouvrage aux ouvriers étrangers avant d'en avoir fourni les ouvriers de la ville, pourvu qu'ils veuillent travailler à un prix raisonnable (2). Sans cesse préoccupés d'écarter les ouvriers étran- gers, nos magistrats ont pris des mesures de tout genre pour les empêcher de faire une concurrence trop vive à nos travailleurs. Déjà le règlement du 6 août 1408 défendait (arti- cle 13) de travailler ou faire travailler hors de la ban- lieue deTournai ; une ordonnance du 28 novembre 1486 défend sous peine de bannissement d'aller travailler hors de la ville, ce qui n'empêcha point, on l'a déjà vu, de nombreux artisans d'aller chercher fortune à l'étranger et d'y fonder des établissements parfois très importants. Cette ordonnance fut renouvelée en 1506. Enfin nous venons de rapporter l'ordonnance du 19 août 1531 qui prescrivait de ne pas donner de tra- vail aux ouvriers étrangers aussi longtemps qu'on (1) T. n° 4272. [2) Registre aux publications T. n° 343. - 110 — pouvait employer des ouvriers tournaisiens à prix raisonnable. C'était déjà un progrès. Par contre on se montrait assez accueillant pour les ouvriers étrangers qui venaient se fixer en ville. Des facilités leur étaient accordées pour exercer leur métier, on l'a vu plus haut, et parfois ils furent l'objet de faveurs de la part de la municipalité. Les marchandises provenant de l'étranger étaient l'objet d'une visite sévère et n'étaient admises à être vendues dans Tournai que si leur qualité était reconnue bonne (i). Mais cette sévérité s'exerçait surtout sur les ouvra- ges ordinaires, sur les étoffes qui étaient du domaine des hautelisseurs. Les tapisseries, objet d'art et de luxe échappèrent à la prohibition à peu près en tout temps. L'apprentissage a été l'une des matières les plus réglementées, ce qui s'explique par son importance. Les apprentis sont l'espoir du métier et selon qu'ils sont plus ou moins bien formés, on le verra prospérer ou décroître. La plus ancienne ordonnance sur la tapisserie, celle du 7 août 1380 trahit déjà cette préoccupation : « Item » qu'il ne soit nulz qui puist faire nul aprentich que li n aprentis ne sierche (demeure) un an et qu'il n'ait que » un aprentich au cop afin que chilz soit plus diligent » dudit apprentich aprendre sen mestier » (2). Le règlement de 1397, plusieurs fois déjà cité, auto- (1) Ordonnance du 23 octobre 1538. T. n° 3319, prévost et jurés. (2) T. 4231 BB f. 67. Arts et métiers. — 120 — rise chaque maître à avoir deux apprentis et la durée de leur apprentissage est portée à trois ans. Ce règlement vise le métier de tapisserie, hauteliche et dras velus; mais il est plus spécialement fait pour les marcheteurs et les hautelicheurs, c'est-à-dire alors les tapissiers. L'ordonnance du 19 juillet 1407 qui ne concerne que les draps velus, exige seulement un an d'apprentissage etne permet d'avoir qu'un seul apprenti à la fois, comme l'ordonnance de 1380 le prescrivait pour la môme matière. Le règlement du 7 août 1408, porté par les Consaux sur le métier « des draps nommés haulteliche « et qui vise incontestablement les tapisseries, dispose que le temps d'apprentissage sera de deux ans, que chaque maître ne pourra avoir qu'un apprenti, et que celui-ci paiera cinq solz au profit du métier. On pouvait recevoir des femmes en qualité d'appren- tis, mais il fallait qu'elles fussent femmes ou filles de francs maîtres. Si plus tard elles se mariaient avec un homme n'appartenant pas au métier, elles étaient par le fait même privées du droit de l'exercer. Ainsi l'ordonne un règlement émanant des doyens des arts et métiers en date du 4 août 1472 (î). Ce même règlement porte à quatre ans la durée de l'apprentissage et ne permet à chaque maître d'avoir qu'un seul apprenti. L'apprenti à son entrée dans le métier paie dix sols et est inscrit sur le registre de la corporation. Les fils de maîtres sont dispensés de faire les quatre années d'apprentissage mais doivent satisfaire à toutes les autres prescriptions. Cette ordonnance fut expressément modifiée par (1) T. Inventaire n° 4232. celle du 1 1 juillet 1496, portée par la même chambre, à la demande du métier des marcheteurs et tapissiers. La durée de l'apprentissage fut réduite à trois ans, « comme on fait es villes voisines » au lieu de quatre ans, et on permit aux maitres de tenir deux apprentis en même temps. Les prévost et jurés, à la requête des tapissiers et marcheteurs confirmèrent cette disposition le 19 août 15:51. Ils ajoutèrent l'obligation pour l'apprenti de payer cinq solz à son entrée en apprentissage et cinq solz à sa sortie (î). On trouvera plus loin au sujet des hautelisseurs d'au- tres détails concernant cette intéressante matière. Bien que la chose ne fut pas prescrite par les ordon- nances, il semble résulter de la coutume que le lait par un maître d'accepter un apprenti dans son atelier entraînait pour lui l'obligation de le nourrir, loger et entretenir. Les archives des prévost et jurés renferment quelques contrats d'apprentissage, malheureusement fort laconiques, que nous donnerons en abrégé. Le 9 novembre 1 1 16 Jehan Ongles, marcheteur, et Claix Sempus soumettent à un arbitrage leur différend, relatif - à l'apresure dudit mestier que ledit Claix * devoit faire en la maison dudit Jehan le terme de * trois ans » (2). Colart Hydere, broqueteur, est payé « pour avoir » gouverné et nori ledit Caron et lui apprins le mestier » de faire haulteliche a le broque pour le terme de * un ans... » (3). (1) Registre aux publications n° 343. (2) T. Sentence des Prévost et Jurés n° 3309. (3) T. Compte de tutelle Bernard 1449. LES TAPISSER. 9 — 122 — Le 27 octobre 1534. Par devant Prévost... com- parut Jehan Prayer haultelicheur, « lequel promist de » apprendre le stil de haulteliche à ung nommé Fren- r> chois, enfant estant aux trouvés en ceste ville... « (î). Le 8 novembre 153G... « Comparut Jehan Cardon » haultelicheur, lequel a louwé et promis livrer à » Nicolas Picquoit aussi haultelicheur, Madeleine Car- » don sa fille, pour ycelle employer l'espace de trois » ans à ouvrer dudit stil et mestier de haulteliche, » parmy payant par chacun an par ledit Picquoy audit » Cardon la somme de dix huit livres flandre (2). •» La ville plaçait souvent elle-même des enfants trou- vés en apprentissage chez des hautelisseurs. Les comptes de 1552, mentionnent deux contrats de ce genre. Elle payait 18 livres llandre par an et par enfant. Le 21 février 1505, ce sont les Prévost et Jurés qui contractent un semblable engagement en faveur d'un enfant de treize ans. On en trouvera le texte complet aux pièces justificatives (3). * * * Après avoir terminé son apprentissage et avant d'être reçu maître, l'apprenti devait justifier de son habilité professionnelle par la confection d'un chef- d œuvre, appelé aussi parfois œuvre de maîtrise. Bien que cette obligation remonte très haut, on la trouve mentionnée pour la première fois dans le règle- ment du 4 août 1472. L'apprenti ayant fait son chef- (1) T. Prévost et Jurés n° 3333. (2) Ibid. .3; Voir à sa date. l'œuvre, paie quinze solz à une commission, composée de neuf membres chargée de l'examiner. Mais outre ces premiers quinze solz, le chef-d'œuvre lui coûtait encore fort cher. Le compte de tutelle de Colart Chamart, dit le merchier, rendu en 1 181 va nous apprendre quels étaient ces frais (1). Tout d'abord le tuteur pava vingt-huit sous deux deniers à Jehan des Escroyelles, haultelicheur, qui avait aidé et conseillé ledit Colart dans la confection de son chef-d'œuvre de haultelicheur. Colart dépensa en outre avec son conseiller pendant le temps qu'il composait le dit chef-d'œuvre quarante- quatre sous huit deniers. Il acheta « une hostille de haulteliche « qu'il paya quatre livres treize sous six derniers, et de menus outils pour onze sous neuf deniers. Le receveur du métier toucha pour les droits de scel du chef-d'œuvre et pour l'entrée de Colart dans la ban- nière, trente sous; puis pour son admission à la maîtrise, soixante-quatre sous six deniers. Colart, reçu haultelicheur, régala selon l'usage les maîtres qui l'avaient reçu. Dont coût vingt-huit sous deux deniers. Enfin quant le nouveau maître se croyait définiti- vement quitte, Jehan des Escroyelles son parrain, lui lit passer encore une petite note de trente-quatre sous huit deniers pour « avoir livré plusieurs pions servant - a l'hostille dudit Colart, avoir retendu les cordiaulx » d'icelle hostille, icelle remis à point, et livré une n chinie? pour laditte hostille... » Cela coûtait un beau denier, on le voit, pour être reçu maître! (1) T. Compte de tutelle 1481. — 124 — Deux ordonnances émanant l'une des doyens des arts et métiers (8 juin 1534), l'autre des Consaux (10 mai 1540) déterminaient les conditions dans les- quelles devait s'exécuter le chef-d'œuvre. Nous les donnons d'après le résumé qu'en a fait Pinchart (î). « Dans la corporation des hautelisseurs de Tournai, » l'exécution du chef-d'œuvre pour être reçu à la r> maîtrise fut l'objet d'une foule de dispositions : » une ordonnance des doyens du 8 juin 1534 réglait n tous les détails de sa fabrication et statuait qu'il » fallait l'exécuter chez l'un des doyens ou dans une « place désignée par eux. Une autre des Consaux «du 11 mai 1540 décrète que tout aspirant à la » maîtrise devra en présence des doyens, jurés et * eswardeurs et de deux experts, peindre un simple r> modèle de hautelisse et mettre le modèle en cordes » tout sus sans aide ni conseil et de la longueur de » vingt aunes. On lit dans une ordonnance du 4 jan- » vier 1545 que tous ceux qui voudront apprendre le » métier devront ouvrer sous franc maître pendant « trois ans consécutifs et à l'expiration de ce terme » faire et composer pour chef-d'œuvre une pièce de » trippe de la sorte de cinq cordeaulx contenant vingt » aulnes et une pieche de ouvrage tore appelé commu- » nément haulte-liche. * Ces dispositions, on le remarquera, visent plutôt les hautelisseurs que les tapissiers, nous les donnons ici cependant à défaut de renseignements plus précis sur ces derniers. D'autres ord jnnances répétèrent ce qu'avaient établi les premières où complétèrent leurs dispositions. Nous les omettons vu le peu d'intérêt qu'elles présentent. (1) Histoire générale de la tapisserie, p. 81. — 125 — On exemptait parfois de l'obligation de faire chef- d'œuvre toute une catégorie de fils de maîtres, moyen- nant le paiement d'une taxe supplémentaire destinée à venir en aide aux finances du métier, parfois fort délabrées. Une centaine de fils de maîtres furent ainsi reçus francs maîtres en vertu d'une décision des doyens des métiers en date du 21 décembre 1545. On f compte des enfants de tout âge, des jeunes gens et des hommes (i). Semblable admission en masse eut lieu plusieurs fois, à des intervalles irréguliers. On appelait cela ouvrir le métier (2). Notons en passant que nous ne trouvons trace de cette mesure qu'en ce qui concerne les hautelisseurs et qu'il n'est point certain qu'elle s'appliquât aussi aux tapissiers. Outre l'obligation do faire un apprentissage sérieux et de justifier de son savoir par la confection du chef- d'œuvre, l'ouvrier était encore soumis à diverses mesures prises pour assurer la bonne exécution des produits. Il ne pouvait travailler, uous l'avons dit, que dans un atelier prenant jour sur la nie ; nous verrons plus loin qu'il devait s'abstenir de travailler la nuit ou pendant les mauvais jours de l'hiver; enfin il était soumis à la fréquente visite de certains fonctionnaires du métier, les esgards ou eswars, dont le nom en vieux français, indique la charge : regarder, surveiller. Il devait met- tre sa marque sur toutes les pièces fabriquées et les (1) T. Doyens des arts et métiers, n° 4232. (2) Voir plus loin page 143. — 126 — présenter ensuite auxdits esgards qui, au nom de l'au- torité publique les examinaient et les scellaient si elles étaient trouvées de bonne qualité. Les mesures prises dans ce but remontent aux plus anciens règlements sur la matière. « Item y ara certains rewars ad ce cognissans fais » et ordonné par les eschevins et aussi certain scel » dont li velut seront seellé tout escruch.... » (Règle- ment sur les draps velus du 7 août 1380.) Ces fonctionnaires touchaient une légère rémuné- ration par pièce visitée et scellée. L'ouvrier mettait sa marque sur chaque pièce d'étoffe, le maître en mettait une aussi et enfin les esgards du métier y apposaient un sceau officiel. Quelles étaient ces différentes marques? C'est ce que nous examinerons plus loin dans le § 3 spécialement consacré à cette matière. La façon dont les marques d'artisans devaient être apposées sur leurs produits est spécialement déter- minée par l'ordonnance du 7 août 1408, article 6, et par celle du 24 juillet 1499. Les esgards veillaient à ce que les tissus aient les dimensions fixées par les ordonnances, à ce qu'ils soient composés de matières du prix et de la qualité voulus, à ce qu'ils soient enfin travaillés conformément aux dites ordonnances. Ils avaient dans ce but, le droit de procéder à des visites domicilaires. Les pièces présentées au scel et reconnues défec- tueuses devaient être lacérées et coupées d'un bout à l'autre. L'ouvrier était en même temps condamné à l'amende. Les eswars étaient dans le principe nommés par les suppôts du métier. Ils étaient au nombre de trois, — 127 — renouvelables par tiers tous les ans. ^Ordonnance du 4 août 1472, art. 14). Plus tard leur nombre fut aug- menté et leur nomination appartint pour partie au métier et pour partie aux magistrats communaux. On prit fréquemment des mesures pour s'assurer de leur intégrité et de leur capacité; on leur imposa cntr'autres l'obligation de ne procéder au scellage qu'en présence de deux témoins. (Ordonnances des 21 mai 1555 et 12 décembre 1575.) Mais ces mesures con- cernant spécialement les hautelisseurs proprement dits, il en sera plus utilement parlé plus loin. L'extrême réglementation des industries pendant tout le moyen-Age et les temps modernes jusqu'à la disso- lution des corporations, n'avait laissé échapper aucun détail. C'est ainsi que des époques et des jours de chô- mage étaient prescrits sous peine d'amende, que les heures mêmes auxquelles il était permis de travailler étaient strictement fixées. Le règlement du 20 mars 1397, concernant les tapis- siers et les hautelisseurs, défend de travailler « les » nuys nostre Dame, des aposteles (c'est-à-dire la veille « de ces fêtes après-midij et des samedis, depuis le n resson sonné (quatre heures du soir) ne aussi ne » puissent ouvrer de nuyt a le candeille - et le motif de cette prohibition est aussitôt donné : - pour hoster » les fraudes qui y puissent queir (tomber) et pour » donner révérence aux saints et aux saintes. » L'ordonnance ne parle pas des dimanches et cette omission s'explique, la défense de travailler étant géné- rale ce jour là pour tous les métiers. — 128 — L'ordonnance du 7 août 1408 (articles 7 et 8 est plus explicite encore. « Item que on ne puist doresnavant ouvrer dudit » mestier en ladite ville devant le vigneron du jour » sonné, ne aussi entre le pourcession (au commence- » ment de septembre) et l'entrée du caresme ouvrer r, depuis le dernier vigneron, et depuis ledit caresme * et pourcession depuis le premier vigneron (î). r> Item que nulz ne puist ouvrer d'icellui mestier les * sabmedis, les nuys nostre Dame, ne les nuys de » vigille depuis noesne sonnée a l'église nostre Dame « et aussi ne puist ouvrer nulz jours de fiestes com- r> mandées par l'église à garder. » Entendons encore l'ordonnance du 4 août 1472 : « Item et adfin de éviter les fraudes qui se poroient r> commettre es ouvrages dudit mestier par les com- » poser de nuyt et devant heure deue, ordonné est » qui ne soit ouvrier ne apprentis dudit mestier qui r> puist ouvrer d'icelluy mestier avant l'heure de la r> cloque du matin ne depuis de la cloque de vesprée » sonnée... - Item que en la saison dyver durant les fortes et » aspres gelées sera en la faculté des doyens et eswars » dudit mestier pour le bien des ouvrages de deffendre » d'ouvrer aux ouvriers dudit mestier... r> Item que le jour de madame sainte Anne mère de » la glorieuse vierge Marie et pareillement le jour de » la translation de saint Nicolay qui est le nœfîesme » jour de may et la dédicasse des églises de nostre » Dame et de S. Brixe en Tournay, ceux dudit mestier » ne pourront ouvrer mais seront tenus de garder (\) Le Vigneron est le nom de La cloche du beffroi qui annonçait matin et soir l'ouverture et la fermeture des portes de la ville. » lesdites fêtes comme ils font les autres commandées * en sainte église... » (1). Le 30 août 1 5 1 1 , les Consaux permirent de travailler « les nuys de festes et des apostles et sans chandelle. - Les tapissiers ou du moins les hautelisseurs célé- braient encore la féte de la Transfiguration de Notre- Seigneur qui depuis 142.'] était devenue leur féte patronale (2). Ce jour là on décorait la maison du scel, puis on assistait à une messe qui se célébrait à l'église Saint-Brice. Le lendemain en la même église, les membres du métier assistaient à un obit. Il y avait chaque fois carillon et procession (3). Les hautelisseurs possédaient en outre, dans l'église Saint-Jean, une chapelle à leur usage, dite chapelle de la transfiguration. Klle était entretenue à leurs frais et ils y faisaient célébrer une messe le jour de la saint Nicolas ainsi qu'un obit le lendemain (4). Toutes ces prescriptions et ces défenses étaient sanc- tionnées par des amendes, la peine du bannissement, et même la perte du droit de faire partie du métier, pro- noncées contre les délinquants. Les amendes étaient généralement perçues au profit de la caisse du métier. Une partie cependant était attribuée au dénonciateur qui avait fait connaître les fautes commises par les membres de la corporation. (1) T. Chambre des arts et métiers. Vol. 4232. (2) Sentence des doyens des arts et métiers du 16 janvier 1401, rap- portée dans l'inventaire de 1624 A n° 17. (3) Archives du métier. Comptes T. n° 4271 J\ (4) Ibidem. — 130 — Enfin, après avoir relevé les dispositions propres à notre industrie tournaisienne nous ne pouvons nous dispenser de donner un aperçu de l'édit du 26 mai 15 I L par lequel l'empereur Charles V réglementa pour tous les Pays-Bas l'industrie des tapisseries. Nous y retrouverons consacrées par l'autorité sou- veraine la plupart des dispositions de nos anciens règlements, en même temps que des prescriptions nouvelles, qui, à dater de cet édit, se substituèrent à notre vieille législation sur la matière (i). L'article 1er défend de fabriquer de la tapisserie hors des villes de Louvain, Bruxelles, Anvers, Bruges, Audenarde, Alost, Enghien, Binche, Ath, Lille, Tournay et autres francs lieux, dans lesquels le métier sera organisé et régi par les ordonnances. Pour avoir le droit de fabriquer ou de vendre des tapisseries, il fallait être bourgeois de naissance ou par achat, et avoir fait trois années d'apprentissage, sous un franc maître. Les apprentis, qui étaient immatriculés sur le livre des mestiers de la ville, n'étaient pas admis au-dessous de l'âge de huit ans, et perdaient le bénélice de leur temps d'apprentissage, lorsqu'ils quittaient leur maître sans motif grave, avant d'avoir rempli leur engagement. Un maître ne pouvait pas avoir plus d'un apprenti; on lui en passait un second, dans le cas seulement où il voulait apprendre le métier à son fils. Cette mesure avait pour but d'empêcher le maître de prendre un trop grand nombre d'apprentis, qu'il lui eût été difficile de diriger et d'instruire. Au bout de trois ans, l'apprenti était reçu compagnon, mais il n'était admis à travailler avec un franc maître qu'après avoir justifié de ses années d'apprentissage, et fidèlement rempli les engagements qu'il avait contractés. Il ne pouvait quitter le maître qui l'occupait avant d'avoir terminé l'ouvrage commencé, soit qu'il travaillât à la journée ou à façon ; s'il abandonnait son tra- (1) Nous extrayons cette analyse de l'ouvrage de M. A. Castel, les tapisseries, 2e édition, p. 119. vai! plus d'une journée, sans excuse légitime, il perdait, pour la première fois un sol ; en cas de récidive, la somme était doublée, et, à la troisième fois, son maître pouvait lui retenir tout ce qu'il lui redevait. Tout apprenti compagnon ou ouvrier, qui dérobait ou laissait dérober des étoffes ou matières premières, sans en prévenir son maître, ne pouvait racheter sa faute qu'en restituant les objets volés, en faisant un pèlerinage à Saint-Pierre et Saint-Paul de Rome, ou en payant 20 carolus d'or; en cas île récidive, la peine était double, et le coupable était à jamais chassé du métier. L'ouvrier qui, pour nuire à son patron, employait des matières défendues ou défectueuses, était condamné à faire un pèlerinage à Saint-Jacques en Galice, et était chassé du métier. Il était interdit à tout ouvrier travaillant pour un maitre, de faire, pour son propre compte, quelque ouvrage que ce fût, même pour en (aire don ; il n'avait pas plus le droit de faire, dans sa maison, aucune espèce de travail, avant d'avoir achevé celui qu'il avait commencé chez son maitre. (Jn franc maitre, qui avait commencé un travail, n'avait pas le droit d'aller travailler soit à la journée, soit à l'aune, au dehors, avant d'avoir terminé l'ouvrage qu'il avait sur le métier. Les obligations des apprentis et compagnons envers leurs maîtres étaient rigoureusement tracées, mais, comme on le verra plus loin, ces devoirs étaient réciproques. Les apprentis et les compagnons étaient placés sous la sauve- garde des doyens et jurés du métier. C'était à eux à pourvoir les apprentis d'un autre maitre, lorsque celui au service duquel ils étaient engagés venait à mourir, abandonnait le métier, ou les traitait - hors de raison ; - dans ce cas, le maitre auquel on enle- vait son apprenti ne pouvait pas en prendre un autre, avant l'expiration des années d'apprentissage de celui qu'il avait perdu. Tout maitre qui, pour hâter le travail, incitait ses ouvriers à négliger lear ouvrage, et à ne pas suivre leur patron (leur des- sin), était suspendu de son métier pendant une année; de plus, il était condamné à indemniser la personne qui lui avait com- mandé Le travail. L'embauchage des ouvriers était puni d'une amende de dix carolus d'or. Tout bourgeois qui voulait être admis à la maîtrise, après avoir justifié de ses trois années d'apprentissage, prêtait, devant les doyens et jurés, le serment de respecter et de taire respecter, par tous les siens, les ordonnances et règlements du métier. Avant de se mettre en ouvrage, il était tenu de choisir et de — 132 — déposer une marque ou un chiffre, qui était inscrit sur le livre de la corporation, puis il déclarait quelle qualité de travail il avait Tintention de fabriquer; car, suivant le prix de la tapis- serie, il devait employer telles ou telles matières premières. Dans l'ouvrage du prix de 24 patars et au-dessus, la chaîne devait être de filés de laine de Lyon, d'Espagne, d'Aragon, de sayette, ou de filé fait à la quenouille, et de semblables étoffes ; les laines devaient être aussi en belles matières, bien dégraissées et teintes en couleurs solides. Défense de se servir de soies mélangées de fils. Dans l'ouvrage de ce prix, les têtes et les traits des person- nages devaient être profilés et ouvrés au fond de la tapisserie, c'est-à-dire fabriqués par les mêmes procédés que les autres motifs. Cette recommandation interdit non seulement de peindre et de profiler les traits sur l'étoffe avec de la couleur, mais encore de les faire à l'aiguille, en manière de broderie, travail qui, au premier abord, lorsqu'il est habilement fait, peut tromper les yeux les mieux exercés. Chaque pièce devait être faite en entier d'un seul morceau, avec les mêmes matières, dans la même réduction comme point; les quatre coins devaient, aux quatre angles, s'appliquer exactement les uns sur les autres; faute de se conformer à toutes ces prescriptions, la tapisserie était saisie et confisquée au profit du seigneur. Avant de terminer une pièce, le maître qui la fabriquait ou la faisait fabriquer sous sa responsabilité, faisait tisser, dans l'un des bouts, sa marque ou enseigne, et, à côté, la marque de la ville. » Afin que par telles enseignes et marcq soit cogneu, que » ce soit ouvrage de la dicte ville, et d'un tel maistre ouvrier, •» et venant au priz de vingt et quatre patars susdicts et au - dessus. » En résumé, suivant le prix de la tapisserie, le fabricant était astreint à n'employer que les matières premières spécifiées, et surtout à une réduction de tissu déterminée. Lorsqu'il y avait dans une pièce un défaut provenant d'une erreur de dessin ou de couleur, l'étoffe devait être entièrement refaite dans la partie défectueuse, et il était expressément défendu de la dissimuler au moyen de couleurs fraîches qu'on aurait pu appliquer sur l'étoffe. Comme certaines pièces restaient très longtemps sur le métier, lorsqu'elles étaient terminées, il était permis au fabricant de raviver les traits du visage et les nus, au moyen de crayons rouges, blancs ou noirs, mais employés à sec. Encore ces sortes de retouches ne pouvaient-elles être faites que dans l'endroit — 133 — même où la tapisserie avait été exécutée, par le rnaitre lui- même ou une personne qu'il désignait, et qui devait, en outre, prêter le serment de se conformer aux ordonnances du métier. Avant de prendre livraison de la marchandise qu'il avait com- mandée, l'acheteur avait le droit de la faire visiter par les exper ts du métier qui décidaient si elle avait été faite dans les conditions stipulées par la commande. Une fois cette formalité remplie, le fabricant était déchargé de toute responsabilité pour son travail. Dès lors, il était défendu à qui que ce soit, même au proprié- taire de la tapisserie, de la retoucher ou de la faire retoucher par qui que ce soit, sous aucun prétexte, sous peine de payer la valeur de la tapisserie, et en plus une amende de 20 carolus d'or. Dans le cas où une pièce était déchirée ou usée, ou si le propriétaire voulait y placer des armoiries, ou faire telles autres réparations nécessaires, il devait, auparavant, en prévenir les maîtres jurés de la ville, et obtenir leur autorisation. La contrefaçon des dessins était punie d'une amende de 80 carolus d'or, dont un tiers appartenait à la partie lésée. Tout fabricant qui, s étant fait délivrer à crédit des matières premières, soit fil d'or, de soie ou de laine pour confectionner une pièce de tapiss- ri<\ la livrait et en touchait le prix sans pré- venir son fournisseur et sans se libérer envers lui, était con- damné, mémo après avoir payé son créancier, à faire un pèle- rinage à Rome; il pouvait racheter cette peine par 20 carolus d'or. Il semble que les facteurs et courtiers exploitaient singulière- ment les maîtres fabricants, puisque l'article 46 de ces ordon- nances leur défend de s'occuper, à l'avenir, soit de la vente, soit du placement des tapisseries, sous peine de voir confisquer leurs marchandises; en même temps, l'article 58 autorisait certains commerçants notables de Bergues et d'Anvers à s'occuper de la vente et du courtage des tapisseries; à la condition toutefois de fournir bonne caution, de jurer d'obéir et de respecter les ordon- nances, d'être garants vis-à-vis du vendeur du prix de sa mar- chandise, et de la lui payer à jour fixé. Ils avaient droit, comme commission, de percevoir quatre deniers par gros de Flandre, sur le prix de vente, sans pouvoir réclamer aucune autre indem- nité. Tout courtier qui dissimulait au fabricant le prix de vente, ou qui s'entendait en secret avec l'acheteur, payait à chaque contravention une amende de 100 carolus d'or. Les doyens et jurés devaient veiller à la stricte observation de ces ordonnances. Tout membre ressortissant à la corporation était tenu de comparaître devant eux à la première sommation, sous peine d'amendes très fortes; à la quatrième citation restée — 134 — sans effet, les doyens, jurés et anciens du métier avaient le droit de faire saisir le délinquant et de le corriger, à leur discrétion et arbitrairement. Ils devaient visiter, au moins une fois toutes les six semaines, les maisons des ouvriers, recueillir les plaintes et réclamations des uns et des autres, s'assurer si le travail s'exécutait suivant les prescriptions, et si l'on n'employait pas des matières prohibées. Ils devaient tenir deux registres. Sur le premier étaient inscrits les noms de tous les maîtres compagnons et apprentis du métier; sur le second, ils notaient leurs observations et rele- vaient les contraventions, avec mention bien détaillée de leur nature. Ce livre était toujours à la disposition de l'officier de l'empereur, chargé de percevoir les amendes et d'appliquer les peines qui avaient été prononcées. Toute dissimulation par eux d'une faute, tout faux rapport de leur part qui entraînait l'amende les rendait passibles de payer le quadruple de la somme. Mais, si la faute, qu'ils avaient sciem- ment omis de signaler était réputée crime, ils étaient condamnés soit à faire réparation, soit au bannissement; dans tous les cas, ils étaient chassés du métier. Ils scellaient du sceau de la ville et délivraient des certificats de maîtrise aux ouvriers qui, pour se perfectionner dans le tra- vail, désiraient aller pratiquer dans une autre ville. Ils ne devaient admettre, dans la corporation de la cité, que les ouvriers munis de certificats en règle, et qui étaient libres d'engagements envers leurs anciens maîtres; faute de s'en enquérir, ils deve- naient eux-mêmes responsables. Les peines les plus sévères frappaient ceux qui apposaient sur leurs ouvrages la marque d'une ville dont ils n'avaient pas le droit de se servir; leurs produits étaient confisqués, et eux- mêmes étaient corrigés arbitrairement. Et quiconque contrefaisait, falsifiait, ou enlevait la marque d'un autre maître, avait le poignet droit coupé et était chassé du métier. III. HAUTELISSEURS. C'est au prix de multiples recherches que nous avons reconstitué en partie les règlements relatifs aux tapissiers; ceux-ci en effet n'ayant pas laissé d'archi- — 135 — ves, nous avons dû extraire les documents qui les con- cernent de nombreuses collections d'actes étrangers au métier : notre tache sera plus facile en ce qui concerne les hautelisseurs. On conserve en effet quelques débris des archives de ce métier, dans le sens restreint de fabricants d'étoffes, et en particulier un volume manuscrit com- posé en 1624 par M" Léon Duquesne, conseiller et avocat pensionnaire du métier, qui sous le titre ^in- ventaire et répertoire des ordonnances, registres sen- tences tillres et munimens du stil et mestier des hau- telicheurs de ceste ville et cité de Tournai renferme une codification de toutes les ordonnances et règlements portés sur la matière (1). Nous nous bornerons à analyser les principales dis- positions de ce résumé auquel ne pourront se dispenser de recourir ceux qui voudront faire une étude complète de la matière. Duquesne nous apprend lui-même que les docu- - mcnts qu'il a collationnés sont ceux qui se trouvaient dans les archives du métier en 1624, conservés sans ordre dans le ferme ou coffre dudit métier; qu'il les a triés et classés par ordre de matières et enfin enfermés dans cinq sacs portant chacun une lettre de A. à E. Le sac A renferme « les ordonnances, sentences et » polices dudit stil en général et de diverses sortes » d'ouvrages * (2). (1) T. Fond des hautelisseurs, n° 4273 de l'inventaire. (2) Ici comme plus haut, en ce qui concerne les tapissiers, nous omettons tout ce qui est relatif à la fabrication proprement dite des étoffes, leurs noms, les matières qui les composent, la façon de les travailler, leurs dimensions, la teinture des pièces, etc. Ces détails feront l'objet du chapitre III. Le chiffre qui précède chaque extrait est celui de la cote de l'inven- — 136 — A. 3. Obligation de faire sceller par les esgards les pièces d'étoffes avant de les enlever des métiers; ils touchent de ce chef trois deniers flandre par pièce. (Consaux 8 août 1531.) 5. Les ouvriers des villes franches peuvent travailler à Tournai sous un maître en payant au métier cinq sols tournois. Ils ne peuvent s'établir à leur compte sans avoir auparavant fait leur apprentissage. (Consaux 13 sep- tembre 1541.) 7. Défense aux maîtres d'introduire en ville des pièces fabriquées au dehors; de transporter métiers ou matières premières hors de la ville; d'admettre des ouvriers étrangers pendant plus de quinze jours ; d'em- ployer des ouvriers non francs. Obligation de laisser visiter les ouvrages sur le métier et de les soumettre ensuite au scel. Les varlets doivent les introduire dans la salle du scel par la • fenêtre et non par la porte et les retirer ensuite de la même façon. Obligation pour les maîtres de « comparoir aux semonces » c'est-à-dire d'assister aux assemblées du métier ; « temps et heures d'ouvrer » ; « pouvoir des doyens, jurés, commis, esgards de deffendre l'œuvre » ; « apprentis ne pouvoir faire aultre mestier. » (Con- saux 21 avril 1578.) 10. Accord entre les hautelisseurs tournaisiens et les bourgeteurs lillois « que toutes pièches dudit stil » faictes en ceste ville sont libres audit Lille, et celles » de Lille pareillement libres en ceste ville. » (Consaux 7 mai 1613.) taire de 1624. La mention entre parenthèse à la suite de l'extrait indi- que le corps qui a rendu l'ordonnance ou la sentence. 12 à 15. Dispositions relatives au commerce des filets de sayette et de lin : vendeurs et revendeurs, tournai- siens et étrangers, lieux et heures de vente, etc. 16. « Temps d ouvrer r (i). « Permis à ceux dudit stil d'ouvrer dois la S. Rernv n jusques aux Pasques, depuis les six heures du matin n jusques les huit heures du soir, non devant ny après. » (Consaux 21 février 1012). 17. « Ne pooir ouvrer le jour de la sainte transfigu- ■ ration de nostre Seigneur comme estant ledit jour choisy pour feste et patron dudit stil. * Une décision prise en assemblée du métier le 20 jan- vier 1087 porte qu'on poursuivra l'exécution de la sentence rendue contre Duquesne le jeune, de ne point travailler pendant la gelée. Les Consaux portent le 0 mars 1091 une ordonnance où il est dit entrautres choses : « il convient de ne » travailler qu'en temps propre et non pendant les n grandes gelées auquel temps la fabrique desdites » manufactures ne pouvoit ester faite valablement... - 5 novembre 1701. Défense de travailler avant six heures du matin, et après six heures du soir (i). 25. « Offices du stil. » (Dignitaires du métier.) Les hautelisseurs, sargeurs et couvertoireurs for- ment une même bannière. (13 mai 1049). 36. Ils élisent les doyen et sous-doyen, jurés, com- mis et quarante hommes créant lesdits commis. A pprentis. 39. * Le maistre n'avoir qu'un apprenty en trois ans. (1) Voir plus haut, page 127, les dispositions sur le même objet, touchant les tapissiers. LES TAPISSER. 10 — 138 — » Le dit apprenty se partant, le maistre n'en pooir r> prendre un autre ledit terme. « Le maistre étant trop rude on ne faisant bon r> devoir d'apprendre, l'apprenty peut aller chez aultre » maistre n'ayant aultre apprenty. r> Apprenty retournant après demy an de son absence » perd ce qu'il avoit faict. » Vefves ne pooir avoir apprentis. (Doyens 27 octo- bre 1455). 40. » N'avoir femmes ni filles pour ouvrer comme » apprentis saulf les femmes et filles des maistres ; » lesdites femmes ou filles se mariant à non estans » maistres, privées dudict stil. (Consaux 4 août 1472). 41. y» Apprentis ne pooir besongner fors sur le pro- » pre ouvrage du maistre et de l'étoffe par luy acheptée, » non sur ouvrages à lui baillez à faire. (Doyens 23 octobre 1480). 42. » Le maistre tenu nuncher (déclarer) au Doyen » l'issue (la sortie) et partement de l'apprenty. »j Nuncher le chambgement ou renouvellement d'ap- - prenty. — Nuncher l'entrée et recheptiond'apprenty. (Doyens 8 août 1524). 43. r> Fils de francq maistre né avant la maistrise de » son père rejecté à faire chef-d'œuvre et déclaré inca- » pable sans faire son apprentissage. (Doyens 16 août 1528). 4. *> Fille née avant la maistrise de son père décla- r> rée incapable à exercer ledit mestier. (Doyens 29 juil- let 1533). 44. » Apprenty devoir ouvrer en l'ouvroir propre de r> son maistre. — Un maistre n'avoir qu'un apprenty. r — Avoir l'apprenty en la maison, non de plusieurs » lieux. — Le maistre ne pouvoir quictier son apprenty « ny au contraire l'apprenty son maistre. — Les ap- » prentis ne povoir besongnier à leurs pieches mais à » certain sallaire par année ou aultreinent. (Doyens 31 mars 1532). 45. » Du temps d'apprentissage et de la composition » du chef-d'œuvre. (Doyens 4 février 1545). 46. » Apprentis ouvrer continuelement sur l'ostille n et en l'ouvroir du maistre. — Apprentis ne povoir » exercer aultre stil pendant son apprentissage. — » Apprentis pendant le dit temps ne povoir exercer 9 marchandise. — Le maistre nuncher au doyen l'ab- t. scnce de son apprenty l'espace de six sepmaines. (Doyens 5 décembre 1558). 47. n Ne povoir rechepvoir apprentis non natifs de » ceste ville ou de ville franche. — Lesdis apprentis » de ville franche paver quattre livres flandres pour - entrée. (Doyens 10 juillet 1021). 7. * Lesdits apprentis ouvrer continuellement. — «i Tranchement des apprentis absens six sepmaines et n sans ouvrer. — Le maistre tenu de nuncher au doyen » tele discontinuation. — Le maistre nuncher l'ap- » prenty pour le faire enregistrer. — Avoir ouvroirs n à front de rue seulement. — Maistre non eagé de » 10 ans ne povoir avoir apprenty. % (Prévost et jurés 5 octobre 1099). Chef-d'œuvre. 48. « Forme de choisir et composer chef-d'œuvre » du dit stil. — Faire ledit chef-d'œuvre chez le Doyen » ou en aultre plache par lui désignée. (Doyens 8 juin 1534). 49. » Faire chef-d'œuvre en présence des dovens, » jurés, esgards et deux hommes cognoissans. — y* Pindre un simple model de hautelisses. — Mettre * ledit model en cordes tout sus sans ayde ny conseil — 140 — » et de la longueur de vingt aulnes. (Consaux 11 mai 1540). 52. » Droits et frais à payer pour passer chef-d'œu- » vre. » (Doyens 19 mai 1602). Complétons ces dispositions concernant le chef- d'œuvre par deux actes, le premier daté de 1693, relatif à l'outil ou métier sur lequel se faisait le chef- d'œuvre. « Certain houtille de harnas à faire tappis de » chef-d'œuvre » il était la propriété du métier qui l'affermait à un de ses membres lequel à son tour le louait aux récipiendaires. L'autre, qui figure au registre des assemblées des hautelisseurs (23 et 24 mai 1746) nous fait connaître la manière expéditive dont les apprentis s'acquittaient de l'obligation du chef-d'œuvre. « Du 23 may 1746. A l'assemblée tenue ce jourd'hui par les doyens et office du stil et mettiers des autelis- seurs de cette ville, s'est présenté Pierre-Joseph Havet natif de cette môme ville pour y demander pièce d'œu- vre ; après avoir examiné qu'il a fait ses années on lui at accordé un tapis en sandrépour son chef-d'œuvre, moyennant de payer les droits ordinaires conformément à l'ordonnance et règlement du 27 juillet 1739.... r> Du 24 may 1746. A l'assemblée tenue ce jourd'hui par les doyens et office du stil et mestier des autelis- seurs de cette ville Pierre-Joseph Havet ayant présenté un tapis en sandré scellé des esgards de ce stil qu'il a fait pour son chef-d'œuvre, lesdits doyen et office après son serment accoutumé prêté l'ont reçu à la maîtrise de ce stil et mettier des hautelisseurs (î). » (1) Registre aux assemblées des hautelisseurs. T. Inv. 4272, f. 131. — 141 — B. Le sac B renfermait les ordonnances, règlements et titres « sur le faict du seel dudit slil. » 1. « Avoir à la chambre du seel, coffre fermant » a plusieurs clefs pour y mectre le fer à seeler draps » royez, différent aux autres seels. (Consaux 5 jan- vier 1479). 2. « Porter les ouvrages au seel les jours de lundy, r> mercredy, vendredy, avant la cloche de prisme « lacquée (?) en l'église nostre Dame. (Consaux 8 may 1526). 1. - Apporter les pieches au séel depuis le S. Remy m jusques aux Pasques depuis unze heures du matin n jusques une heure après midy, et des pasques jusques n S. Remy depuis douze heures du disner jusques doux * heures après ensuivant, saulf le vendredy jusques n le salve en l'église cathédrale de nostre Dame en - ladite ville. - Le fermier esdites heures estre le premier audit - seel afïin de rechepvoir deux mailles à chacune r> pièche. (Consaux 22 may 15 l-> . 5. n Povoir seeler le samedy pardessus les lundy, - mercredy et vendredy statuez du passé. (Consaux 23 mars L534). 6. n En cas de plainte des esgards d'une pièche n couppée à tort audit seel, ils peuvent estre adjournez r> pardevant lesdits sieurs doyens où ils doivent raison » du coupage, la pièche revisitée par gens entendus n et non suspects, à choisir par lesdits sieurs doyens. (Doyens 17 décembre 1537). 7. n En cas de plainte d'une pièche non séellée ou 9» couppée, estant les esgards adjournez pardevant r> lesdits seigneurs doyens, soit qu'ilz y comparent ou » non, la revisite soit faicte de la dite pieche. ^ Se jugera de la bonté ou mauvaiseté de la pièche — 142 — » et si elle doibt estre séelée ou non, le tout aux dépens » du tort. (Doyens 31 décembre 1537). 9. » Porter pieches au scel avant les meller et avant » les mectre en ploys de marchand ou les roller. » Lesdites pièches estre scellées du 4e plomb, marqué » d'un lez d'un aigle impérial, d'aultre lez, d'un Tournai. (Doyens 5 décembre 1547). 10. « Porter au scel les' ouvrages dois le premier v d'apvril jusques le premier d'octobre endéans trois heures après midi, et dois le premier d'octobre jus- » ques ledit premier d'apvril, endéans une heure. » Les esgards debvoir copper tous ouvrages ayans « lisières trop larges. (Doyens 9 juin 1550). 13. » Ordonné un sol flandre a chacune pieche coup- r. pée au scel au lieu de 4 solz qui se payaient par » avant 3 au stil et un à l'esgard. » (Doyens 22 may 1578). C. Le sac C contenait les pièces relatives aux « ou- vrages forains * ; elles sont peu intéressantes, et nous les omettrons dans notre analyse. D. Ordonnances et sentences contre les marchands , c'est-à-dire contre ceux qui faisaient le commerce de hautes-lisses. 1. « Marchans ne povoir.... estofïes a faire pieches » dudit stil de haultelisse. » Que les enseignes des maistres soient tissues es r> pieches. « Nul marchant ny aultre ne tenir ny avoir pieches » foraines. « Nul marchant ny 'aultre vendre es foire d'Anvers « ou aultres, pieches foraines avec celles de ceste ville. r Aux festes d'Anvers et Berghe deux dudit stil y — 143 — . aller pour veoir et descouvrir les transgressent de „ ce que dessus. (Consaux 17 juillet 1499). 2 ! Pour trafiquer en marchandises debvo.r estre nrinses lettres du stil des marchans. Néantmo.ngs I 1" ulLltenrs et cculx des aultres stils povoir . vendre en gros et en débit '«urs ouvrages qu .l . composent sans prendre teles lettres. . (Doyens 8 novembre 1574). E. Ordonnances, sentences et titres contre les "''Cslyeteurs qui composaient des étoffes fort sem- blables à celles des hautelisseurs furent souvent en contestation avec ceux-ci au sujet de telle ou telle sorte de marchandise qu'ils prétendaient fabriquer contre leur gré. Nous en avons parlé plus haut. F. Ordonnances contre les lissera,^; (sans intérêt pour nous. G. - Ordonnances de diverses ourcrlures accordées " n^git ",ci dune mesure par laquelle on admettait dans le métier, en bloc et sans leur imposer 1 obhga ion de faire chef-d'œuvre ou apprentissage, un certain nombre de fils de maîtres. Nous trouvons neuf . ouvertures , signalées dans notre 1560, 1583, 1588, 1005, 1014, 1021, 1028, 1642 6 Une délibération du métier de Tannée 1087, porte : . Il a esté représenté que l'ouverture du dit stil navo. . plus été faite depuis 7 ans et plus et dont Ion estoit „ accoustumé de ce faire de 7 en 7 ans pour recevoir — 144 — » les rachapts dudit stil, des francqs maistres ?> (1). H. « Lettres et tiltres touchant les maisons des r> pauvres dudit stil » c'est-à-dire les titres de pro- priété et lettres de rentes appartenant au récran des hautelisseurs ou maison de refuge établie pour les membres du métier tombés dans la misère. Le titre le plus ancien est celui d'une rente créée en 1577 et cédée au métier en 1616. L'inventaire se termine par un relevé des livres ou registres et comptes du métier, savoir : I . Registre des apprentis et maîtres commenchant au mois de mars 1512 et finant en apvrii 1543 mar- qué A. (2). 2. Aultre pareil registre commenchant ledit an 1543 finant l'an 1564 marqué B. 3. Aultre semblable registre commenchant an 1564 et finant l'an 1600, marqué au premier fœuillet C. 4. Aultre registre commenchant l'an 1601 et durant à ce présent temps, D. 5. Aultre registre des fils de maistres racheptez et des passans chef-d'œuvre commenchant ledit an 1601 , E. 6. Aultre registre contenant copie de diverses ordon- nances dudit stil estans es altres sacqz, F. 7. Aultre registre contenant les noms et soubsnoms des doyens jurez commis et esgards dudit stil chacun an renouvelez commenchant au may 1623. G. 8. Registre contenant le nom de récran estably par offisse de 1633. (1) Registre des assemblées du métier, T. n° 4272 de l'inventaire . (2) Il se trouve actuellement aux archives de la ville de Touroai, n° 4271 de l'inventaire. Ce fonds de documents n'est pas bien riche, et encore les archives communales de Tournai ne l'ont-elles pas conservé en entier. On n'y trouve plus aujourd'hui que trois ou quatre registres et quelques comptes sous les n°ç 4271 à 127:; de l'inventaire. Nous allons les analyser. Le n° 4271, un petit volume oblong, est intitulé comme suit : « C'est le registre du mestier de haulte- * liche, drap d'or et dras velus et tires damassés d'or - royés et toutes autres sortes d'ouvrages faites et » composéesaudit mestier, romenohant après la récréa- » lion l'an mil vr et douze, alors doyen Jacqmart de - Courcielleshauteliceur et Ernoulde l'Espine sargeur; n et premiers les aprentv après les enseignes et vers - la fin du livre les mestrises pour trouver cescun » à part. » Les24G premiers folios du volume contiennent les noms de 1530 apprentis. Pour chacun d'eux on trouve une mention dans le genre de celle-ci : « Pierre n d'Obierman a mis sus un apprentis appelés Jacques n le Conte comenchant le premier jour de septembre » en xvr xxxvii. - La deuxième partie est intitulée : « les kief d'œuvre t fet et mestrises depuis la récréation de xvr et xn. - Chaque maître y est renseigné comme suit : - Jehan » Gossuin fils de Gossuin dit Ilene a paié se mestrise * le xxe de may xvc et xin. — Simon de le Tombe fils » de Pierre de le Tombe a passé kief d'œuvre et paié » demy mestrise le ime de mars audit an. » Quant à la troisième partie annoncée par l'intitulé du volume et qui devait comprendre les marques des maîtres, elle fait malheureusement défaut. — 146 — C'est de ce volume que Mgr Voisin a extrait la liste des maîtres haute-lisseurs qu'il a publiée. Le second volume, n° 4271 BB renferme l'inventaire ou répertoire dressé en 1624 par Me Louis Duquesne, que nous avons analysé plus haut. Le troisième, n° 4273 est un double du précédent. Le quatrième, n° 4272, est intitulé : « registre servant r à tenir notice des assemblées et adveus du stil des r> hautelisseurs, commençant en 1669..... » (et allant jusqu'en 1719). En tête de ce volume figurent quelques ordonnances dont la plus ancienne remonte à 1543. Puis viennent les procès-verbaux des séances ; nous en avons donné plus haut quelques extraits à propos des diverses matières qu'ils traitent. Enfin sous le n° 4271 B sont compris sept comptes de 1700 à 1783. Ils renferment tous les mêmes postes de recettes et de dépenses, il suffira donc d'en ana- lyser un. Le chapitre des dépenses est comme d'ordinaire, dans les comptes, le plus curieux; il relate les paie- ments faits au doyen pour l'audition des comptes, au sergent de la chambre, au greffier, au procureur fiscal, au greffier des échevins; aux jurés et serviteur du métier pour avoir fait la visite des apprentis ; au valet comme d'ordinaire pour avoir livré les bouquets de fleurs aux doyens, commis et esgards ; à deux hommes ayant porté les torches le jour du Saint-Sacrement et autres festes, comme aussi à S. Brixe, à S. Jehan et à la dédicace notre Dame; un crieur pour avoir publié l'ouverture des marchés aux fillets de lin et sayette l'un — 117 — aux Pasques et l'autre à la S. Remy, aux doyen, jurés et commis pour la création des esgards. Aux dix-huit hommes choisis pour la création de la loi des hautelisseurs ; aux sergents bâtonniers de la ville, à certain personnage pour avoir orné le scel dudit stil le jour de la Transfiguration. A ceux de l'office que qui seront bien faits... seront scellés de tel scel » dont on scelle les couvertoirs.... et que aucuns dudit » mestier ne ploichent (plient) aucun ouvrage tant que » lesdis rewars l'aient veu et scellé... « Item (en ce qui concerne les draps velus fabriqués » hors de Tournai et amenés en la ville) au cas que » trouvés seroient vaillables que lesdis rewars y met- » ient un scel de chire (cire) qui riait point la marque » de la ville, mais tout différent d'icelle.... » (î). Quelle était cette marque de la ville que devaient porter les tapisseries, haulteliches et dras velus, les comptes d'ouvrages de la ville vont nous l'apprendre. « A Pierre Crissembien pour avoir taillé trois w paires de grandes estenelles (tenailles) servans les » deux pour la secque drapperie et l'autre a la » crute (1390). » A maistre Pierre de Gand fèvre, pour avoir fait » et forgié quatre paires d'estenelles servans au grant » scel de la secque drapperie; item pour quatre paires * d'estenelles servans au grant scel de l'ointe drap- * perie; item pour deux paires d'estenelles pour le « boulle; et quatre paires pour le petit scel (1400). » Jehan Blanduriel en 1401 et 1402, Robert de Ghoy en 1403 fournissent semblables tenailles. Quant à (1) P. J., n. 3. Art. 4 et 11. l'emblème que portaient ces sceaux, les mêmes comptes nous le diront : « A Pierre Crissembien pour avoir tailliée et em- » prienté dou Caslelet et enseigne de la ville les deux » paires d'estenelles... (1400). » A lui (Jacquemart de Gland, febvre), pour avoir n fait m paires d'estenelles enseigniez des enseignes y> de la ville servans à enseigner les draps velus et » autres (i). v A Enguerrant de le Planque pour avoir taillié » des armes de la mile quatre paires d'estenelles ser- » vant à sceller les draps fais et drappés en lade ville » comme pour les sarges que l'on fait en icelle. * Quelques années plus tard | 1421) Jehan Blanduriel graveur de sceaux, fait - uneensengne servant à ense- y> gner les dras de haulteliche que on fait en ladite » ville (2). » Reaucoupplus tard enfin, en L 703 ( Jacques Flandin, maître orfèvre et graveur reçut 1<> llorins 1G patars, « pour avoir gravé sept coings de fer servant aux » hautelisseurs à marquer leurs ouvrages de Cal- » mande. - (3). Aucune tenaille, aucun coin de ce genre ne sont conservés à Tournai, mais on en voit qui ont servi au même usage au musée communal d'Alkmar, en Hol- lande. Ce sont des matrices en fer, de dimensions variées, portant gravées à une extrémité les armes de la ville, qui consistent en une tour ou plutôt en un château garni de tourelles; à l'autre bout se trouve une queue servant à adapter une tige en bois. Les plombs (1) T. Comptes d'ouvrages 1414. (2) Toutes ces indications de graveurs sont tirées de l'ouvrage de MM. de la Grange et Cloquct, Vart à Tournai, t. 2. (3) T. Comptes généraux 1703-4, f. 35. — 152 — qu'elles frappaient avaient de 5 à 6 centimètres de diamètre. L'ordonnance du 19 juillet 1407 sur les draps velus et celle du 7 août 1408 sur les draps nommés haulte- teliches, renouvellent la prescription de la marque : « Item que tous maistres et varies qui ouvreront ou » feront ouvrer lesdites haultes-liches en leditte ville » seront tenut de mettre leur ensengne a chacun drap » et d'avoir chacun ensengne différente li une a » l'autre » A côté des marques de fabrique les artisans étaient parfois obligés de tisser dans les étoffes qu'ils ven- daient un signe indiquant la qualité desdites étoffes. Une ordonnance du 4 août y astreint particulièrement les fabricants de draps velus. Une autre ordonnance (24 juillet 1499) sur les mar- ques est particulièrement intéressante. Elle oblige les hautelisseurs à cacher à l'intérieur des pièces qu'ils envoient au scel, « les drappeles » tissus esdites piechesoù se met l'enseigne du maistre » afin qu'on ne puisse savoir de chez qui elles viennent, et éviter ainsi tout favoritisme ; pour le même motif, les valets des marchands après les avoir déposées doi- vent se retirer aussitôt, sans se laisser connaître. Après avoir édicté cette disposition, l'ordonnance ajoute : « Item que pour mieux cognoistre l'ouvrage com- t posé en ceste dicte ville allencontre de celle au dehors » et en donner cognoissance aux estrangiers toutes r> pieches après qu'elles seront callandrées pour ce que r> les seaulx de ladite calandre sont comme effachés » et estain's et y a petite cognoissance, soient rappor- » tées pour y mectre encorres ung autre scel cVun grani « Toumay allin qu'il soit cogneu et sceu estre ouvrage » de Toumay . . . fi). Une ordonnance des doyens des arts et métiers du 5 décembre 1547, relative aux pièces d'ouvrages de hautes lisses dispose : « Lesdittes pièches estre scelées du 4e plomb, mar- qué d'un lez, d'un aigle impérial, et (taultre lez d'un Toumay « (2). D'autre part dans une assemblée du métier tenue le 1er décembre 169 1, où Ton avait mis en adjudication la charge de percevoir les droits de scel, il estdit : - Ledit n Legrand a déclaré d'avoir pris le ferme de la double » aigle pour le prix de vingt-deux tlorins, comme aussi » le ferme du petit plomb pour le prix de trente-six p tlorins chacun an (3). » C'étaient les eswars ou visiteurs du métier des hau- telisseurs, joints aux délégués de la ville qui scellaient les pièces de hautes-lisses, et « tappaient les plombs sur les hostilles » (4) ils devaient le faire en présence de deux témoins (5). De tout ceci il résulte qu'à côté des marques de maîtres dont on n'a malheureusement pas jusqu'ici retrouvé la description, se trouvait la marque de la ville, consistant en une tour crénelée, ouverte et à meurtrières, comme on va le voir; un castelet, un (1) Chambre des doyens des arts et métiers. T. 4232 f° 103. (2) Inventaire et répertoire... du métier des hautelisseurs Sac B, B. 9. — T. Invent. n. 4271 n". (3) Registre des assemblées. T. n. 4272. (4) Consaus 2 juin 1545. (5) Prévost et Jurés. T. n° 3321, 12 décembre 1575. LES TAPISSER. 11 - 154 — Tournai/ , un grand Tournai/ ou encore les armes de la ville, pour employer les termes des actes anciens. Ledit de Charles-Qaint (1544) qui astreignit toutes les villes où on fabriquait des tapisseries, à y mettre leur marque, ne fit que généraliser un usage existant à Tournai de temps immémorial et nos tapissiers gar- dèrent certainement leur ancienne marque à la tour, bien que l'édit ne le dise pas. 1H Une tapisserie du milieu du XVIe siècle donnée au musée d'antiquités de Tournai, par M. Henri Braquenié de Paris, et ayant fait partie d'une série I J représentant l'histoire de Jacob, porte dans la bordure, à gauche vers le bas, la marque à. la tour des ateliers de Tournai. Tissée en blanc dans la bor- dure, elle mesure neuf centimètres de hauteur. On ne connaît pas d'autre spécimen certain de la fabrication tournaisienne portant une marque. Et cela n'a rien d'étonnant : il reste très peu de tapisseries mar- quées appartenant à l'époque gothique ou à la renais- sance, quel que soit le lieu de leur fabrication ; et cela surtout lorsque cette marque se mettait dans la bor- dure extérieure de la tenture. Cette bordure, toute unie, a fort souvent été enlevée par les propriétaires des tapisseries qui la trouvaient trop simple et peu décorative, ou bien elle a été remplacée au cours des ans par suite de détériorations ou de réparations. On trouve trace de restauration semblable dans un compte d'ouvrages de la ville de 1611 où il est payé 18 livres à Jacques de Cassel, tapisseur, « pour avoir » visité sept pieches de tapisseries servantes à la belle * salle et apposé à chacune cTicelles de nouvelles n bordures - (1). Quant aux ouvrages des hautelisseurs ils ont été jusqu'à l'abolition des corporations, marqués et scellés conformément aux ordonnances; mais de nombreux fabricants, ceux qui prétendaient avoir inventé ou importé une industrie nouvelle, parvinrent à échap- per à cette obligation. C'est ainsi que les tapis de table des XVI r et XVIIIe siècles, les produits des manu- factures de Sergeant, Verdure, Delescolle et plus tard ceux de Piat Lefebvre ne portèrent pas la marque de Tournai. Parfois aussi il y avait contestation sur le métier qui devait sceller telle ou telle étolïe déterminée. A une époque (1588) où les divers métiers étaient moins tran- chés et OÙ un môme main*1 pouvait fabriquer des pro- duits appartenant à plusieurs métiers, il arrivait parfois qu'on les portait tous au scel de la corporation qui se montrait le plus facile, ce qui donna lieu à de vives réclamations et à des décisions de nos magis- trats ordonnant de présenter chaque marchandise au scel de son propre métier. (Voir page VJ2. (I)F*41. CHAPITRE III. Fabrication des tapisseries et des hautelisses. § 1. Tapissiers. Les tapissiers de Tournai, nous avons insisté sur ce point, ont fabriqué tout d'abord, et jusque la fin du XVe siècle, des tapisseries proprement dites concur- remment avec des étoffes de luxe, laine ou soie, nom- mées à cette époque draps de hautelisses. Les documents du XIIIe et du XIVe siècle ne font pas connaître exactement comment étaient les premiers draps de hautelisses qu'ils mentionnent. Un acte de 1298 passé devant les échevins de Saint- Brice relate la vente d'un métier ainsi que de deux pièces d'étoffe, « l'une de royés et l'autre de pierles. » On rencontre ensuite au XIVe siècle, des carpitres et des carpitielles ouvrées de haulteliche (1), des draps (1) On sait que par carpitres ou carpites et son diminutif carpi- tielles, il faut entendre tout à la fois une sorte de drap appelé carpette et les tapis faits de cette étoffe. Carpette dit Hécart (Dictionnaire rouchi-français) est une sorte de — 157 — de siège et des coussins d'œuvre sarrasinoise, des couvretoirs en hauteliche ; un vollekin et un jacque (juste au corps) de haulteliche, etc., sans qu'aucune description fasse connaître les caractères ou l'aspect de ces diverses étoffes. Beaucoup de ces draperies étaient escuchonnées , c'est-à-dire décorées d'armoiries, c'est tout ce que nous apprennent les inventaires. Des pièces plus importantes sont le drap représen- tant la passion de Notre-Seigneur (1316), les coussins ornés de fleurs et d'oiseaux (1336), la couverture semée de lions rouges et jaunes (1340) que nous avons men- tionnés plus haut (page 93) « une cambre vermeille a papegais (perroquets) contenant trois pièces » (î). « Six coussins d'œuvre de Tournai estimés 22 sous (2). » r> Ung drap de kevech (couverture de lit) sarrasinois r> ouvret » (3). Avant 1343, date de sa mort, le cardinal André Ghiny, évêque de Tournai, avait donné à sa cathédrale deux beaux tapis ouvragés d'or et historiés dans lesquels on doit voir, nous paraît-il, un produit de l'industrie tournaisienne (4). En 1385 sire Henry Prevos donna à l'église de Saint-Piat « quatre draps de haulteliche, lesquelz il r avoit accoustumé de prester pour parer ladite église. » moquette grossière, étoffe grosse et claire en fil et en laine. On appe- lait carpeteur l'ouvrier qui la fabriquait. Roquefort (glossaire de la langue romane) donne cette définition : Carpite, tapis, sorte de drap. (1) T. Compte d'exécution testamentaire Jehanne Poliet, 1390. (2) T. Compte de tutelle Gallet 1381. — Dans ce même compte il est parlé plus loin de coussins d'œuvre d'Ypres. (3) T. Compte d'exécution testam. Jehan dou Parck. (4) Voisin. Les tapisseries de la cathédrale. L'auteur les croit fabri- quées à Venise ou à Florence, ce qui est manifestement une erreur. — 158 — Il s'agit évidemment ici de véritables tapisseries et même de tentures de valeur (1). En 1370, un tapissier, nommé Jehan Wastefrine est condamné à dix livres d'amende parce que « il qui » est tapisseur a dras et fait tapisserie ensemble, qui r est contre le ban de la ville. » — Disposition bien difficile à expliquer (2). La plus ancienne ordonnance relative aux tapisseurs et qui date de 1377 nous les montre vendant des sargcs lapis et couvretoirs, ils devaient les vendre au marché et leur était défendu de débiter des objets de ce genre neufs, avec des vieux (3). Les sargcs appelées plus tard serges, sont une étoffe croisée de laine sèche et dégraissée. Bien qu'on ait fait également des serges de soie, ce nom désigne plus généralement un tissu de laine. Plus tard on appela saycttes les serges de laine ou de soie, de qualité inférieure. L'ordonnance de 1397, bien que ne les mentionnant pas dans son intitulé, cite plusieurs fois ces étoffes, les met sur le même rang que les tapisseries et hautelisses et trace les mêmes règles pour la fabrication de ces divers produits, en ce qui concerne les dimensions des draps, le choix et la qualité des matières employées, l'obligation du scel, la visite des esgards, etc. Comme pour les carpitres, le mot sarge désignera bientôt, en même temps qu'une étoffe, les tapis faits de cette étoffe, et par extension tout tapis; ainsi en (1)1)0 la Grange, obituaire de Saint-Piat. (.2 T. Registre de la loi. (3) T. Petit registre de cuir noir, n. 32 B P. J. 1. est-il dans le legs d'une chambre de haulteliche, détail- lée comme suit : 12 coussins, 3 banquiers, un drap de couche et le sarge, c'est-à-dire, le tapis (1). Un testa- ment de 1 176, mentionne également « une chambre % estoffée de coussins, banquiers et sarges enseignés » de poplicans (2). * Mais ici, comme dans les men- tions qui suivent, le mot sarge désigne plutôt une tenture ou tapis de muraille qu'un lapis de pied : une sarge de tapisserie, une sarge de bourgette; deux sarges, une de couche et une de lit et trois banquiers tout de tapisserie (3). En fait, à la bonne époque, les Barges constituèrent parfois de véritables tapis- series, comme le prouve le texte qui suit, extrait du compte de tutelle Haquinet le scellier (1481) : - à - Jehan G1Î8S0U8, marcheteur, demorant en la ville de » Bruges pour son salaire d'avoir fait au comman- » dément desdits tutteurs et fourni une sarge de l'his- * toire de Nabucodonosor, qui èstoit encomenchée du n vivant de ladite feue, payé au monnayage de llandre » unze livres vingt sols. . . . - Au contraire, vers la lin du XVP siècle, et déjà en 1401, les sargeurs sont séparés des tapissiers et la fabrication des sarges est abandonnée aux haute] is- seurs(4) jusqu'au moment où elles formeront le domaine propre des saietteurs ou fabricants de saies, qui d'abord unis aux hautelisseurs, seront plus tard (1524) érigés en métier distinct. Toutefois les sargeurs comme les hautelisseurs furent admis à continuer la fabrica- tion des tapisseries communes et verdures. (1) T. Compte d'exécution testamentaire Jehanne Despars 1460. (2) T. Testament Marie Despares. (3) T. Compte d'exécution testamentaire de Simon Savarv, 14^0. (4) T. Consaux des A, 10 ot 17 janvier 1491. — 160 — Le mot sarge désigne donc, à certaine époque, des tapisseries véritables et plus tard une simple étoffe de laine, appelée aussi serge, saie et sayette. Une ordonnance du 7 août 1380, relative aux draps velus, qui alors étaient fabriqués par les tapissiers, règle leurs dimensions, le nombre de portées que comprendra chaque pièce, la qualité des fils employés, la teinture et le foulage des pièces. Elle impose l'obligation pour l'ouvrier et le maître d'y apposer leur marque, et de les porter ensuite au scel de la ville. Il y avait des dras velus de coton, d'autres de laine, et d'autres de lin (î). Le règlement du 20 mars 1397 qui concerne les métiers « de la tapisserie, haultcliche et dras velus » traite d'abord de la vente des sargeries, puis des objets fabriqués par les ouvriers à le marche et de haulte- liche, des ouvrages de haulleliche et de broque, des couvertoirs, sargcs et toies, ouvrages de sargeries et de haulleliche, draps velus, et ses dispositions montrent que tous ces mots sont à peu près synonymes, qu'ils désignent presque tous des tapisseries et que les mêmes artisans fabriquaient indifféremment ces diver- ses sortes de tentures ou draperies. Le règlement entre ensuite dans les détails les plus menus sur les matières employées et la manière de les mettre en œuvre. Nous le donnons intégralement aux pièces justificatives avec une explication des différents termes de métier qu'il contient. (1) T Chambre des arts et métiers, n. 4231 BB. On eu verra Je détail aux pièces justificatives (n° 2). — 161 — Les draps cdus dont parle longuement le règlement de 1397 (\C 11 et suivants), firent l'objet dune nou- velle sentence le HJ juillet 1 i<»7. On voit par cette ordonnance qu'ils étaient composés ou de fil de laine d'Espagne, ou de fillet de Reims; la trame devait être en fil de lin ou de chanvre. Le nombre de portées, à l'aune, est réglé pour cha- que espèce, de même que la dimension des pièces (entre 14 et 20 aunes). Chaque artisan ne peut teindre que ses propres produits (i). Aucune disposition ne décrit malheureusement le décor de ces tissus. Mais voici un aspect nouveau des mêmes produits. Une délibération des Consaux en 1 106, parle d'un « faiseur de velus de poil de vacque; - et on trouve au registre de la loi, une condamnation portée contre Wille don Oastic!, - ouvrier de velus appelés dras de h vacque, pour avoir fait et composé trois draps tels - que dit sont : les deux eut I emeslés de poils de - quievre, et le tierch avoir fait de kaynne de quevene a contre les ordonnances de la ville.... » Les draps velus ont été fabriqués par les tapissiers d'abord et par les hautelUseurs ensuite; ils n'ont cependant pas toujours été des ouivres de hautelisse à proprement parler, s'il faut en croire un document de HCm que nous avons déjà relaté. D'après cet acte, en elîet, un artisan demande aux Consaux d'être admis à fabriquer des draps velus; il expose qu'il est, franc maître et a terminé son apprentissage, mais que les doyens refusent de l'admettre dans le métier, (lequel l le texte ne le dit malheureusement pas), s'il n'est au préalable reçu maître par les haute- lisseurs ; et le postulant objecte qu'il n'a pas besoin (HT. Arts et métiers, n. 4231 BI\ P. .1. n. 4. — 162 — d'apprendre ce dernier métier, vu que c'est un tout autre métier que celui qu'il prétend exercer, « et tout desjoint » (1). Les doyens au contraire soutenaient que semblable fabrication appartenait au métier des hautelisseurs et les ordonnances connues leur donnent raison. On trouve en effet aux Consaux du 4 août 1472 une requête des « hautelisseurs et faiseurs de draps d'or et r> velus, touchant plusieurs ordonnances de leur métier » de nouvel advisées. * Ces ordonnances sont celles du même jour portées au profit des hautelisseurs, où les draps velus sont cités comme un des produits de leur fabrication. Les draps velus, au XVIe siècle, furent appelés trippes (2). Le règlement édicté par les Consaux le 7 août 1408 ne vise que les draps de haulteliche. Ils devront être faits de bon fîllet de lin et de «laine; la chaîne des draps, qui sera de fil de lin ne peut être teinte en noir mais en wedde vert ou vermeil, c'est-à-dire en bleu, vert ou rouge. Les dimensions des pièces sont fixées à 28 aunes de Tournai (ou .% aunes de Flandre) environ (3). Le même règlement s'occupe aussi des draps de (1) T. Consaux du 3 décembre 1465; il est regrettable qu'on ne connaisse pas la solution donnée à la difficulté par les magistrats auprès desquels elle avait été portée. (2j Brixe Goret haultelicheur et Jehan le Bacre dit vert cappeau se sont appointez au sujet du différend estant entr'eux à cause de quatre pièces de velus nommées trippes que ledit Goret demandait audit vert Cappeau. (T. Prévost et Jurés, n° 3330, 21 décembre 1515). Jehan Germain haultelicheur reconnaît avoir eu en prêt une hostille et deux pieches de trippes appelez velus... (Ibid. 24 fév. 1537 v. st.) (3) T. Registre aux publications, n° 397 b (P- J- n° 3)- — 168 - bourges, bourgettes ou bourgeteries dont nous parle- rons plus loin. 'Page 104). Deux ans plus tard, les Consaux visent dans une même disposition le métier des draps de haulteliche, allemarche (ou marcheterie) et tapisserie, (6 mai 1410); et le 5 janvier 1111 ils parlent encore une fois des hauUeliches seules. Ils autorisent la fabrication des tissus de fil d'or ou de soie et déterminent les condi- tions que devront remplir les ouvriers qui y travaille- ront, la composition des pièces, leurs dimensions, etc. (î). Une autre ordonnance rendue dans le même temps (9 décembre 1410) vise la tapisserie sarrasinoise appe- lée a lemareho. Kllc impose pour les - tapis ou aultres n pieches d'œuvre comment que on les puist on doye r> appeler - l'obligation d'employer L'estain nostré et la traine nostré, c'est-à-dire les fines laines du pays. Que faut-il donc entendre par tapi>series alemarche, que fabriquaient les, marcheteurs et par tapisseries sarrasinoises, qui paraissent être les mêmes pro- duits (2). Nous avons déjà parlé des unes et des autres, (pages 109 et I 1 1.') Il restera donc bien peu de chose à dire à leur sujet. L'ordonnance des Consaux du 10 février 1 fâ8 relative à ces artisans leur défend d'employer les fils de llocon (laine non retorse, ou coton?) de lin ou de chanvre pour faire la chaîne de leurs ouvrages, et prescrit l'emploi de bonnes laines pour la chaîne et la trame (3). (1) T. Registre aux publications, n. 397 B. (P. ,1. n. (2) Les Glossaires et dictionnaires vieux-français ne donnent pas ces mots, dans le sens qui nous occupe. L'un d'eux définit marcheteur : ouvrier chargé de rcproduire-les armoiries, ce qui n'a rien de commun avec notre sujet. (3) Pour la signification du mot flocon, voir page 166. — 164 — Elle distingue ensuite entre les menus ouvrages, tels que banquiers, coussins et couvretoirs, et les ouvrages de personnages « lesquels ils ne poront faire que de r> bonnes trannes de laine sans y entremeller ne mettre y> quelques estonçures (laine de qualité inférieure?) » A cette même époque, on rencontre chez un tapis- sier « une hostille à tistre couvretoirs à deux ansuelles, r> filières et les appartenances d'icelles, » ce qui prouve bien, comme nous lavons soutenu, que les tapissiers à cette époque faisaient en même temps et des tapisseries et des étoffes. Les bourgcleurs, dont il a été plusieurs fois ques- tion en même temps que des tapissiers et des haute- lisseursdans les ordonnances qui précèdent, ont parfois pu fabriquer des tapis en même temps que des bourge- teries, appelées aussi bourgettcs ou draps de bourges, comme il résulte d'une ordonnance des Consaux du 11 juillet 1475. Cependant on ne trouve nulle part la description d'une véritable tapisserie qui leur soit attribuée, tandis qu'on les rencontre au contraire toujours associés aux hautelisseurs et produisant les mêmes étoffes qu'eux. Le règlement du 7 août 1408, porté pour les hau- telisseurs dispose que les draps de bourges seront composés de bon lin sans étoupes et sans fils de chan- vre, et de bon estain ou fine laine. Voici un texte important pour la détermination de ces étoffes : * A Jehan Charpentier, ouvrier de tapis- serie pour avoir livret 24 aunes de drap de soie appelet bour)aite figurée de soie, employet à faire drap à parer les autels à 10 gros de l'aune, soit xx sous (î). » (1) Eglise Saint-Brice. Compte 1423-24. — 165 — Les bourgeteurs et les hautelisseurs fabriquaient des draps rayés composés de laine et firent reconnaître ce droit par les Consaux, bien qu'il leur fut contesté par les telliers. (5 janvier 1 478 et 1 1 avril 14£0). Ilautelisseurs et bourgeteurs sont confondus dans la sentence des doyens du ^ qui est de leur propre et chose deffendue à ouvrage de » bonne tapisserie - sont déboutés de leur demande, ce droit étant réservé aux marcheteurs. Ils reviennent plusieurs fois à la charge, et le 31 janvier 1491 inter- vient une ordonnance des Consaux qui clot définiti- (1) Voir pièces justificatives n° 9. — 107 — vement la contestation. « De la requeste autrefois Teste par les hautelisseurs et sargeurs pour pooir avoir des cotions en lapis comme on L'a permis aux tapissiers. — Il n'y a point assens. » L'acte du 10 mars 1501 confirme cette décision : « Sur les tapisseries faites et composées de flocon r> se lèvera et paiera sur chascune aulne ung denier » tournois » (il. Les tapissiers furent maintenus dans leur droit de « faire ouvrer de flocon » mais il était interdit à tout suppôt du métier * d'ouvrer ou faire ouvrer ses ouvriers » en sa maison de fines étoffes et de flocon ensemble, y qui est ouvrage frauduleux - L'ordonnance du 20 août lo.'H compléta les dispo- sitions précédemment prises sur la matière. « Item que nul maistre dudit mestier ne puist ouvrer » ni faire ouvrer ses ouvriers en sa maison de fines » estolïès et flocon ensemble que est ouvrage fraudu- » leux, mais les ouvriers de flocon porront en leurs n ouvrages de flocon faire et composer de fines estoffes, » ce qui monstre estre chacune, et non autre chose. . . - On leur permettait donc d'améliorer les ouvrages de qualité inférieure; mais en tout cas les modifications permises devaient rester visibles, de façon à ne pas tromper l'acheteur. L'ordonnance continue : - et iceux ouvriers soient y> tenus eulx tenir a faire l'un ou l'autre et que iceulx y> qui se tenront à faire ledit flocon, ne puissent ouvrer » de meure estoffe que dudit flocon, si corne poil de » vacque de ktevre avecq layne despaigne et sem- » blable frauduleus, sur les amendes dessus dites (2). * (1) T. no 3Ao. (2) T. Registre aux publications, n" 343. — 168 — Tout ce qui précède ne nous dit pas expressément ce qu'il faut entendre par étoffe de flocon. Il en résulte bien qu'il s'agit de matières de qualité inférieure, mais on ne dit au juste lesquelles. Ce sont probablement les fils et les étoffes de coton dont parle l'ordonnance du 31 janvier 1491. Celle du 10 février 1438 semble con- firmer cette opinion. Les glossaires vieux-français ne nous renseigneront pas non plus à ce sujet. Le mot flocon même leur est inconnu, et parlant du mot floc, qui s'en rapproche le plus, ils le définissent : une sorte d'étoffe velue; toute chose velue, de poil fin ; de telle sorte que cette défi- nition peut s'appliquer à la laine aussi bien qu'au coton, et ne tranche pas la difficulté. Nous croj^ons qu'il faut s'en tenir au sens qu'indique le texte de 1491 et tra- duire flocon par coton. 11 est encore une catégorie de tapisseries sur laquelle les documents que nous avons cités jusqu'ici sont à peu près muets, ce sont les broqueteries . Nous en avons déjà parlé (page 113). Le produit le plus intéressant de cette industrie, cité dans nos archives communales est ainsi décrit : « Item je donne » à ladite église S. Nicaise quatre pièces de drap y> contenant la passion de nostre Seigneur Jésus-Christ » les deux de broqueterie et les deux autres de toile.... » Item un drap de broqueterie servant à la table dudit » autel. » (Testament Jehan Dugardin 1433). Et d'autre part le compte d'exécution de ce testa- ment donne une légère variante dans la désignation des tentures, qui ne manque pas d'intérêt. « Quatre r> dras deux en toille et deux en broqueterie, que on v dist haulteliche, contenant la passion.... » (1434). Il résulte de ces deux textes que ces tentures à per- — 169 — sonnages appelées tout à la fois draps, broqueteries et hauteslisses, sont bien des tapisseries. Clément Sarrasin, un de nos tapissiers les plus renommés se qualifie dans son testament tapissier à braque. Auteur de tant de tapisseries remarquables il lègue modestement un rabateaude tapisserie et un drap de Turquie « fait de nostre mestier. - D'autres tapissiers du 16" siècle s'appelèrent aussi par- fois broqueteurs : .Jean de lanoit (1502) et Pol Voise- lin (1505) son! qualifiés tapissiers et broqueteurs; Jean de le Crois est dit tapissier à le broque (1520) et Fré- déric Cailleberghe broqueteur en tapisserie (1502). Quant à la racine du mot, il faut lavoir dans broque, ou broche, bobine chargée de laine ou de soie dont se servaient les tapissiers pour travailler. Un coup d'œîl jeté dans les inventaires dressés aux mortuaires de bourgeois de Tournai fera connaître quels étaient les produits divers de la fabrication dont nous venons de relever la réglementation. ...Six coussins qui sont ouvrés de hautelice à hom- mes sauvages. (Testament Sainte Gahide 1400.) Quatre pièces do carpitres armoyés des armes des Gargates... (î). Cinq pièces de drap de haulteliche. . . . (1) Cette disposition testamentaire est assez curieuse pour être citée intégralement : « Item je donne audit Jacques de Hellemes mon neveu - 1 1 1 1 pièces de earpitres innovés des armes des Gargattes que j'ai - accoustumé à prêter à S. Nicaise, Stc Catherine, Ste Marguerite et - S. Aimé a nostre Dame. S y voel et ordonne que ledit Jacques soit " tenu de prester lesdis dras asdites églises comme je ai fait de piecba - Seraient ce les mêmes pièces que mentionne le testament de demoi- selle Agniezd(> Saint Génois, veuve de Quintin Gargatc, 1503, dans les termes suivants : - Item je donne à Simonette ma rille, femme à Hermez « de Fatrissart une chambre de tapisserie enthièrement à fons pers « corne elle est, semée d'oiselets et armoyée des armes de Quintin «• Gargate mon marv. - LES TAPISSER. 12 (Testament Marguerite Haquette, veuve Jehan Gar- gate 1403.) Demy douzaine de coussins arboyés et oiselés. (Tes- tament Marguerite d'Aubigny 1420.) Douze coussins de parge où il y a des singes figurés. (Testament Maigne Davesne 1428.) Six coussins à parge de haulteliche. (Compte Jacques Dubar 1404.) Trois coussins de parge à testes armées. (Testament Anne le Flamenghe 1429.) Un drap gaune d'oeuvre de hautelice(estimé 15 sous). (Compte de tutelle le Marissiel 1401.) Deux carpites et un bancquier a compas (écusson) armoyé et semé de gaunes estoiles Une douzaine de coussins armoyés de blans lyons. (Compte de tutelle Rogier Bretiel 1405.) Un drap de hautelice armoyé de mes armes (Compte exécution testamentaire Jacques le Louchier 1404). Une sarge destainte (?) à plusieurs marmousés (petits personnages). (Compte Agnès de le Noue 1404.) Six coussins à parge, ouvrés de papegais (perro- quets). (Compte Jacques Adam 1409.) Une douzaine de coussins de parge à luppars (léo- pards), deux draps de siège piers (bleu) armoyés de dragons couronnés. (Compte Angniez le muisit 1411.) Ung grand couvertoir de hauteliche, trois banquiers et un drap de couque tout de hauteliche. Une douzaine de coussins à parge piers a compas, un couvretoir de couque aussi piers, et trois banquiers aussi piers tout de hauteliche, semés de rosiers et autres fleurs. (Compte Caterine Darras 1412.) Deux piers banquiers armoyés et ouvrés de haute- liche, de chinq aunes la pieche, une carpitre de chinq aunes un vermeil banquier ouvre! de hautelice — (Compte Catherine de Crcspelaines 1415.) Item xxxv aulnes de banequiers en vin pieches, une sarge contenant trente-quatre ausnes quarée, ung drap de couche contenant quatorze aunes quaré, ung drap pour ung huis contenant v aunes quarés et dix huit coussins, lesquels sont tous compassés de coulons (pigeons) sur branches de fleurs, et est la campagne (le fond) pierse. Item je lui donne un autel.... à pren- dre ledit autel et toute ladite tapisserie après le déchès du dernier vivant de* nous deux.... (Testament Mar- guerite le Rudre 1 YM . Une douzaine de coussins de haulteliche ouvret de personnages. (Testament Agnes Iliergotte 1438.) Une platte bourse d'ouvraige sarrasinois à boutons de pierlcs. (Testament Jeanne Dorée 1445.) Six coussins sur pers fons de haulteliche et deux banquiers pers do haulteliche ouvrés de chierfs. (Testa- ment /Elis Roulpertine 1 1 17.) Une douzaine de coussins de parge ouvrés deseure de personnages et les deux banequiers qui y servent. (Testament Simone Potier 1452.) On pourrait multiplier ces citations, mais conçues à peu près toutes dans les mêmes termes, elles ne nous apprendraient aucun détail nouveau. 11 est incontestable qu'il faut voir dans les différents articles que nous venons de citer de véritables tapis- series, et non des produits d'une fabrication inférieure, comme seraient de simples étoffes tissées. Les mentions relevées dans les inventaires et les comptes, montrent clairement à côté des étoffes ordi- naires et des tentures d'ameublement, des draps figu- rés ou historiés, de véritables tapisseries décorées — 172 — d'animaux et de personnages. Le mot même de tapis- serie et ses synonymes y figurent d'ailleurs fréquem- ment. Les règlements et sentences des magistrats communaux distinguent aussi nettement entre les deux sortes de produits. Les mentions de grandes tapisseries à personnages ne sont pas fréquentes il est vrai ; mais à cette époque elles sont partout fort rares; le luxe des appartements consistait à couvrir d'étoffes et de coussins les meubles aux formes massives et rudes. Or nous voyons que même ces étoffes, ces menus ouvrages, comme les appelle l'or- donnance de 1438, étaient abondantes dans les mobi- liers tournaisiens et qu'elles étaient richement ornées. Une preuve irrécusable de l'importance de l'indus- trie des tapisseries à Tournai dès le commencement du XVe siècle réside dans la commande faite parPhilippe- le-Bon antérieurement à 1440, à la veuve de Jehan Baubrée, d'une tapisserie de muraille à personnages, destinée à compléter une chambre de tapisserie repré- sentant des enfants allant à l'école, que le duc avait achetée à Arras (î). Cette commande, suivie immédiatement d'un grand nombre d'achats considérables, place dès cette épo- que, Tournai au même rang qu'Arras, dont la répu- tation était alors européenne. Elle permet d'affirmer que nos tapis avaient atteint une grande perfection depuis un certain temps déjà, car une commande aussi importante n'eut pas été faite à nos ateliers si leur réputation n'avait alors déjà été répandue au loin et si nos tapissiers ne s'étaient trouvés antérieure- ment aussi capables d'y satisfaire. (I) Archives du Nord, à Lille B 1991 f° 220. Invent. f° 173. — 173 — Avec cet achat s'ouvre la période brillante de la fabrication des ateliers tournaisiens qui pendant près d'un siècle et demi vont produire la plus magnifique série de tapisseries qu'il soit possible d'imaginer, et répandre au loin la réputation de nos grands et habiles artisans. Il n'existe que très peu de contrats donnant avec quelque détail les conditions de fabrication des tapis- series : le plus ancien que nous connaissions est relatif à la confection des pièces de V Histoire de Qédéon, et date de 11 V.). On y lit : - que ce qui se n monstrera estre jaune esdits patrons devra estre de » fil d'or fin de Venize et ce qui se monstrera estre » blanc devra estre de fil d'argent fin de Venize; sauf » et réservé les visaiges et charnures des personnagse » ou histoires qui doivent estre en ladite tapisserie; » et le demouranl d'irollo tapisserie sera et devra estre » faict de bonnes et fines soies et aussi de bon et fin fil » de saycttc des plus fines et des meilleurs couleurs.. .. * Un autre contrat , conservé dans nos archives, remonte à 1513 et est relatif à la tapisserie commandée par les Consaux de Tournai «à Clément Sarrasin, tapissier en cette ville, pour être offerte à M. de Poninchs, lieute- nant-général du roi Henri VIII, d'Angleterre. Elle devait représenter la vie d'Hercules et coûter soixante douze gros l'aune, « et a été devisé (ajoute le » contrat), que ladite tapisserie sera faicte de moyenne r> sayette de bonne layne et de bonne soie de Venise a gaune verde et blanc ; item que tous les principaulx n ymaiges soient estoffés de soye et se c'est une robe » de drap d'or que elle soit à gaune soye et semée de — 174 — r> bonne semeure(i) comme il le requiert et de beau dore » plein d'ouvraige, item se un ymaige est de velours » bleu ou vert qu'il soit estoffé de soye bleue ou verde r> selon qu'il le faudra sortir pour le eslever contre les » autres, item que si un ymaige est de damas bleu ou * verd fault qu'il soit à soye; s'il est de camelot ou » drapperie le fault estolfer de belle graine verde (!) » touttes belles couleurs comme il le faulra sortir ; item » a chacune des pièces bordure tout autour qui sera » d'un moyen azur semé de gaune fœillage qui sera a » gaunne soye et beau rouge doré pour le bien eslever ; » item que toutes les dorures et fœillages de autour r> des piliers et carpitres et les tabernacles soient r> estofifés de bonne soye et les pavemens des salles de » belles coulleurs bien ajolyées et le tout bien fait au » dit de gens a ce cognoissans et loyaument » (2). La convention passée à Reims, entre Jean du Moulin, tapissier demeurant à Tournai, et Me Simon deRoussy, chanoine de Reims, relativement à la tapisse- rie représentant la vie de S. Symphorien que du Moulin s'engageait à confectionner, contient aussi des détails curieux. Du Moulin s'engage à « faire une pièce de tapisserie » de bonne layne de mol fille et du meilleur qui con- » tiendra quatre aulnes trois quars de largeur et trois * aulnes et demy de haulteur à l'aulne de Reims en » laquelle pièce se commencera la vie de monseigneur r> S. Symphorien et y seront figurez tant et tels per- (1) Semeure on semure, signifie d'après Godefroy, dictionnaire de l'ancienne langue française, ornement fait de perles semées sur une étoffe. (2) T. Journal des Prévost et Jurés, n. 3318. 17 décembre 1513. (P J. n. 24.) r> sonnages que la dicte pièce en pourra porter selon le » patron qui luy a esté baillé par ledis de Roussy et » que ledit du Moulin pourra deviser aux poinctres qui 0 feront les patrons audit lieu de Tournay (Ficelle m pièce, et serons les viaires mains pieds et toutes » charnures desditz personnaiges de fil de fine sayette, n et les habillemons les aucuns de drap d'or et les 0 autres de soye, et de moins en icelle pièce trois habil- - lemens de drap d'or, et icelle pièce rendue faicte et - parfaietc ainsy dessus, bien et deurnent, a dit d'ou- - vriers en ce cognoissans et délivrée en cette ville de R.eims aux dépens du dit du Moulin. r> .... Kt en laquelle pièce sera mis en haut d'icelle » en quatre lignes et escripture le contenu d'icelle pièce - qui sera baillié audit du Moulin, et les noms d'au- n cuns personnages qui luy seront aussi baillié par » escript - (i). Les deux comptes de l'exécution testamentaire d'Ar- nould Poissonnier, l'un dos plus fameux tapissiers tournaisiens, décédé en 1522, montrent bien la valeur d'un de ces ateliers modestes, dont la fabrication attei- gnit cependant une importance considérable (2). L'inventaire mentionne d'abord les matières pre- mières, fillet de llocon, bourre rouge, mol fi 1 1 et , laines et soies, le tout en petites quantités. Puis des tapisseries, trouvées «à la mortuaire et vendues par les soins des exécuteurs testamentaires : une chambre de tapisserie de Calcou (?) en 9 pièces ; — deux autres de l'histoire de Jules César en 7 et 8 pièces; - deux fois l'histoire d'Holopherne en 6 et 7 pièces; (1) Loriquet. Les tapisseries de N.-D. de Reims (1876). (2) Voir page 47. — 176 — — l'histoire des Egyptiens en 14 pièces; — plusieurs pièces détachées de l'histoire d'Hercule ; — l'histoire de la caverne (?) 9 pièces. Des coussins en tapisserie, des tables d'autel, de nombreuses tapisseries de verdures, des spaliers (mot dont la signification nous échappe), des pièces de tapis- serie de sayette à ymages — des prentes (ou pentes, bandes d'étoffe placées autour des ciels de lit), des rabateaux et des rabats d'himaige, ou bandes d'étoffe qui pendaient devant les cheminées et parfois devant certains meubles, et dans le haut des rideaux de lit. Le même compte permet de suivre dans tous leurs détails les négociations pour la vente d'une tapisserie ; enfin il renseigne les ouvriers qui travaillaient pour le compte du maître : Ce sont Jehan Libre, Jehan Cochefer, Pierchon du Moulin, Demiselle Lurette, Michiel Clischou, Jehan du Castele, tous tapissiers. D'autres ouvriers dont les noms ne sont pas cités ont également travaillé pour Poissonnier. L'un a mis « hors à aulcune pieche de tapisserie aulcunes armes » lesquelles estoient esdites pieches et depuis les refaire r et remettre à point; » un autre a * rabillé et res- - touppé aulcunes pieches de tapisserie lesquelles » estoient mengiés; » un autre encore a « racoustré une » pieche de tapisserie » (î). Un autre compte d'exécution testamentaire dressé en 1542, celui de Lucq Carlier tapissier, bien que moins riche, ne manque pas d'intérêt. L'inventaire signale, « en l'ouvroir * divers métiers (1) T. Compte d'exécution testamentaire Arnould Poissonnier 1539. Voir pièces justificatives 32 et 33, et Je compte de tutelle Devenins. P. J. n° 28. — 177 - de tapisserie : « ung harnas chargiet de l'histoire du » Saint-Sacrement contenant soixante aulnes, estimé r> 80 livres, — ung aultre harnas chargiet de l'histoire » de grise (() contenant soixante aulnes... r> En la chambre par hault : ung harnas chargiet de » l'histoire du Saint-Sacrement contenant soixante » aulnes estimé 70 livres, — un aultre harnas char- te giet de verdure, — ung ourdissoir, — plusieurs n patrons et de plusieurs sortes.... - A la vente on trouve huit harnas ou « hostilles et r> harnas servant à faire tapisserie * vendus 5 ou 6 livres pièce. Le compte mentionne enfin dix ouvriers travaillant pour Lucq Carlier, qui ont été employés, après son trépas, à parfaire dos tapisseries qu'il avait laissées inachevées. Ils ont travaillé de la sorte chacun dix ou douze semaines et ont reçu «les salaires fort variés sui- vant leur habileté et le temps employé. C'est ainsi que l'un d'eux touche neuf semaines à 16 sous l'une, trois à 24 sous, deux à 1<> sous; un autre, six semaines à 20 sous, trois à 26 sous, une à 1 \ sous, à 0 sous, à 4 sous, à 10 sous et même a 1 sou ! Un autre encore gagne par semaine 12, 24, 9 et 19 sous, etc. Les détails qui précèdent ne donneront qu'une idée très incomplète de la fabrication de nos tapisseries, au point de vue métier; mais comme les procédés de nos artisans ne différaient nullement de ceux de leurs concurents étrangers, nous pouvons sous ce rap- port renvoyer aux ouvrages généraux sur la matière. L'industrie de la tapisserie est en effet une des plus anciennes qui existent. Les égyptiens l'ont connue, les romains l'ont pratiquée, et dans le plus haut moyen-âge on en trouve la trace. Les procédés, les matières em- — 178 — ployées n'ont pas varié; seules, la perfection du travail, la finesse et la solidité des couleurs, enfin et surtout la qualité du dessin distinguent une tapisserie copte ou barbare d'un de nos précieux tapis du XVe siècle ou des plus fins Gobelins de ce siècle; il n'y a donc pas lieu de nous arrêter plus longtemps aux procédés de fabrication, et nous pouvons nous borner aux quelques détails locaux que nous avons rapportés. Passons maintenant aux hautelisseurs, longtemps les émules des tapissiers, mais constituant à l'époque où nous allons les étudier, un métier bien distinct de ceux-ci. § 2. Les hautelisseurs et leurs différentes branches. Confondus d'abord avec les tapissiers, les hautelis- seurs s'en sont séparés peu à peu et sans secousse, abandonnant aux premiers les travaux supérieurs, les productions artistiques, pour s'en tenir à la fabrication plus courante et plus industrielle des étoffes et des tapis tissés ou confectionnés mécaniquement. Les hautelisseurs ont fabriqué dans le principe, comme les tapissiers, des tentures et étoffes servant à faire des coussins, des couvertures de meubles et de sièges, des « couvretoirs et des sarges, « des draps velus et des draps d'or, des bourgeteries, et surtout des draps de haulteliche, qui figurent si nombreux dans nos inventaires ; mais jamais ils n'exécutèrent, du moins à Tournai, des tapisseries proprement dites. A la fin du XVe siècle, nous les trouvons séparés des tapissiers et formant un métier distinct. Ces deux bannières ont été très florissantes au XV" et au XVIe siècle, puis tandis que le nombre et l'importance des tapissiers diminuaient chaque jour, les hautelis- seurs devinrent au contraire le métier le plus nombreux et le plus puissant de Tournai. Un document de 1450, mentionne les marchandises et étoiïes trouvées chez un haute] isseur : fils de lin et de sayette, laines, soies, fustane, ostade, satin, bro- cassin. bourgettes, estamine, bougeran, damas, etc., toutes étoiles dont nous reparlerons plus loin. « Quatre haultoliohos en lires do plusieurs couleurs, » deux coppons de haulteliche a 5 sous l'aune (les h tapisseries proprement dites se vendaient 60 sous n l'aune) un coppon de haulteliche de deux sayes con- n tenant 3 aunes et demie à 7 sous l'aune Une » pieche de haulteliche verde, 62 sous; une pièche de n haulteliche de soio, S livres 7 sous... (î). » On trouve dans une ordonnance do 1 491 , l'indication des objets fabriqués par 1rs hautelisseurs (2), et le seul registre do la corporation qui ait été conservé débute aussi par une courte énumération de ces étoffes : « C'est le registre du mestier de haulteliche drap d'or et dras velus et tires damassés d'or royés et toutes autres sor- tes d'ouvrages composés audit mestier.... * (1512.) Une autro ordonnance do 1757. qui relate d'ailleurs plusieurs décisions antérieures complète cette nomen- clature : (3) « ... ouvrages royez. . dras d'or. . . ouvrages » nommés eroisettes dont la chaîne se fait de fil de lin (1) T. Compte d'exécution testamentaire de Maigaede Cassiel, 1450. (2) T. Doyens des arts et môtiers, vol 4232. (3) T. Consaux, 16 août 1757. — 180 — » et l'enflure de fil de sayette et de soie... pièces nom- « mées bonnés... ouvrages tirés soit au pied soit à la « main... messelande avec lanchure de flllet de soie » et de sayette ouvrages tirés et figurés... siamoi- f ses... sarges ou soies... étamines et tiretaines... » œillets rosettes, quevirons... œillets quievirons » chambgeant et toutes sortes d'ouvrages semblables... » coulombette (colombettes) dentelés et camelots... » ouvrages de fil et laine, soie et coton, soie et or... » de tous temps reconnus comme estant du stil et mes- » tier des hautelisseurs. » Ces diverses étoffes faisaient l'objet d'un grand com- merce. Citons seulement un bordereau d'expédition du 8 février 1540 : (î) Antoine Wallet et Adrien Lamyt, marchands à Tournai, envoient à Jean Lamyt, à Paris « six bancquiers de Tournay, deux pièches de » tapisserie, quarante cinq pieches de trippes de velours, * sept pieches de royez à soie, neuf pieches de den- t telets, douze pieches de camelots chambgeant de r sayette de quatre vingt pieches tissus, dix pa- » quêtez de tissus large contenant chacun paquet xn p. r tissus, trois grosses de chaintures de tissus, soixante » deux douzaines reubans moyen large, douze dou- » zaines a bordes.... » le tout enfermé dans des tonneaux. Une ordonnance du doyen des arts et métiers en date du 3 septembre 1499, au sujet de la teinture des fils employés par les hautelisseurs, statue qu'ils % pourront teindre leurs fils de lin en waude (bleu) et fustet seulement.... (2). « (1) T. Fonds des Prévost et Jurés, n° 3334. (2) T. n° 4232. — Fustet est sans doute mis pour fus tel, arbrisseau — 181 — Deux inventaires dressés en 1505 chez Jehan Cappe- lier, hautelisseur, fournissent de précieux renseigne- ments sur son industrie (1). On y rencontre d'abord des fils de toute espèce : « hocques de fillet de lin crut * c'est-à-dire des fils en botte; fillet de lin, fillet de sayette, c'est-à-dire de laine; sayette espillée, (c'est-à-dire nettoyée) de kevene (peut-être du chanvre) fillet de flocon (ou de coton?) fillet de Cologne, etc ; des soies, soies fasnées (jaune) et soies écrues; laine grosse et grelle; fillet rassemblé, mol fillet taint ; mol fillet de diverses coulleurs; des teintures; des rocques (broches)? chargées de soies; des étotïes encore sur le métier ou déjà terminées; deux baudequins, estimés 8 livres, vingt sept baude- quins de soie estimés cent livres, ung couppon de bau- dequin.... trois pièces de royéz.... six coullombeltes de lin, sept autres de la bassée, deux bourses de coullombettes. . . . (les damassés, des trippes de plusieurs couleurs, ung coppon de flocqbrayet(l) enfin divers articles : une kayne de fillet de Coullongne, une kaynne de damas, (c'est-à-dire un ensemble de fils ou chaînes surlesquelles on confectionnaitlesétoffes), une lemme(?) de tiret (nom d'une étoffe) huit cordeliers de sayette et de lin, meuvre taintc et gaunne meuvre(2). L'inventaire des métiers du même maître n'est pas moins curieux ; il comprend : Ung ourdissoir, six hostilles, plusieurs harnas servans aux hostilles, servant à la teinture, et donnant une couleur feuille morte. — Waude wedde ou guede est le pastel, ou couleur bleue. (1) T. Comptes d'exécution testamentaire 1503. (2) Meuvre. On appelle de ce nom certaine étoffe fabriquée par les hautelisseurs, sur laquelle les textes anciens ne fournissent aucun détail. (Voir l'ordonnance du 16 janvier 1401. T. n. 4232, f. 185) P. J. numéro 18b,s. — 182 - deux métiers à draps, une hostille de baudequin (7 livres 10 sous) ung harnas de tiret (33 sous) une hostille à Lamas de coullombette (15 sous 6 deniers) une hostille ployée (13 sous), une hostille à kaynne de velus, desverghes de velus, ung estricquoit, ung lichoir et ung verghier, plusieurs navettes et aultres hostieux, — plusieurs tablets à patronner, deux tabliers de mestier, des tabliers à patronner et deux ostilles à patronner. Venons-en maintenant à l'inventaire et répertoire des archives du métier, dressé en 1624, dont nous avons donné de nombreux extraits au chapitre 2, et dans lequel nous relèverons les mentions relatives aux étoffes fabriquées par les hautelisseurs. A. 0. « Largeur des ouvrages de pure sayette tant sentie (simple) que torze, entremeslée de soye, ou lin, en forme de losenges ou aultres petites figures. » Aux lapis de Turquie lanciner (lancer ou jeter) bonne graine (cochenille, couleur écarlate) au lieu de graine de Brésil. » N'admectre esdis tapis couleurs faulses ou fraudu- leuses. (Doyens 30 septembre 1549.) A. 8. r> Largeur et composition des cordoncilles. n Lesdis ouvrages non deument dégraissez, coppez et en amende. (Doyens 20 octobre 1621.) A. 11. » DefFendu aux maistres dudit stiTcle mectre mol fillet es ouvraiges de croisettes. » Lesdits ouvrages estre de kaine de fil de lin retors l'enflure de sayette, et soye tinte bonne et léale. (Doyens 13 juin 1545.) — 183 - A. 17. n Quevirons, œillet z, chanr/eaas, columbett.es dentelets, camelots et aultres (1). (Doyens 10 janvier 1491). ti Povoir ceux dudit stil faire ouvrages à meuvre(2) de fil de lin single jecté de mol filet. r> Ouvrages de fil retors avoir deux seels et de fil single un seel. r> Povoir faire œillets et quevirons sur fil de lin sin- gle jecté de mol fillet. » Povoir faire changeans et tous tels aultres ouvra- ges venus et à venir. » Povoir faire columbettes, denteletz. et camelots de .';75 fils. * Les coulombeltes, sont appelées bourgettes, dans un acte de vente de 1 198; un inventaire dressé en 1505 chez le marchand qui avait vendu ces colombettes ou bourgettes, mentionne dans son magasin « six collom- » bettes de lin, sept autres de la bassée, deux bourses n de collombettes. » (Voir plus haut page 165.) D'autre part nous rencontrerons plus loin une dispo- sition qui déclare synonymes les dénominations de bourgettes et caffats de bois; peut-on en conclure que colombettes est également synonyme de ce dernier mot I A. 18. « Trippes (3). 9» Défendu aux tondeurs et teinturiers de trippes d'acheter et vendre icellcs, nv en faire marchandise par eulx ny par aultruy.... (Consaux 31 mai 1544.' (1) Divers noms d'étoffes peu déterminés. (2) Nom d'une étoffe. (3) Tripe, étoffe line de velours ou de soie et de lin. Mgr Voisin la définit ainsi : tripe, étoffe de laine et de fil qu'on manufacture comme le velours. Le côté de l'endroit est tout de laine et le tissu qui forme le fond est entièrement de fils de chanvre. — 184 — A. 19. » Touchant les trippiers de velours. — Povoir vendre audict Lille, en gros et en détail trippes portant scel de Lille, Tournay et Douai, non aultres (1543.) A. 20- » Povoir aux hautelisseurs de choisir quattre esgards des molleurs de trippes, affin de par eux visi- ter icelles. (Doyens 6 janvier 1550.) A. 21. "Le seel des trippes debvoir estre appendu à doubles cordelettes et icelles tissues à la lisière desdites trippes. (Doyens 29 octobre 1565.) A. 22. » De la longueur et largeur des trippes de lin figurées et non figurées. » Des ouvrages dicts bouillons. (Doyens 16 janvier 1584.) F n° 6 (voir A 22). » Touchant la longueur et lar- geur des trippes figurez et non figurez et des bouillons, et empescher aux liaultelisseurs la composition des trippes de pur lin et des bouillons, dicts non rechepva- bles.... n (Doyens 22 mai 158 J.) Au registre journal des prévost et jurés, on ren- contre des conventions relatives à des « pièces de velus, nommées trippes » et des « pièces de trippes appelés velus (î). (1) T. Vol. 333. 21 décembre 1515 et 24 février 1539. Voir p. 162. Citons encore deux actes relatifs aux mêmes étoffes. « De Pier de le Rivière haultelicheur demeurant à Maire qui requiert de pooir respaumer ses trippes de haulteliche au rieu de Maire depuis le pont de Maire jusques a l'héritage de Jehan... et parmi ce faisant entretenir led. rieu et le relever comme il appartient. r, Il y a assens et que le rejecteur fasse son devoir. » (Consaux 7 mars 1441, vol. 185.) Pierchon le Veau haultelicheur s'engage à fournir à Charles Bru- neau, à des intervalles déterminés, plusieurs « pièces de haulteliche à deux cordeaux appelées trippes, scellées, au prix de 21 s. 6 d. la pièce. » (T. n° 3334, 13 mai 1542.) — 185 — A. 23. « Tous maistres dudit mestier comme aussy tous marchans debvoir porter trippes de pur lin tintes et accoustrées au seel au noir dudict stil. » (Consaux 24 janvier 1589.) A. 24. Peines portées contre ceux dont les trippes n'ont pas le nombre de fils voulus. « Le procureur fiscal de la ville chargé de mander les composeurs de rotz pour leur enjoindre de les mar- quer. 9i (Consaux 3 juillet 1G07.) A. 25. Teinture. « Maistre dudit stil povoir tindre fil de lin en waude et fustet et l'accoustrer sans toucher au llorée, ce appartenant aux ûlletiers. Ladicte teinture permise pour leurs ouvrages seulement et non pour aultruv. (Consaux 3 septembre 1499.) A. 20. n II autel isseurs povoir tindre fillets de lin et » quesmes (ce mot est sans doute mis pour quennes, ou » chanvre) servans a leur mestier, et ce de touttes » coulleurs fragiles, mais non à coudre en florée. (Doyens 31 décembre 1001.) A. 02. » Tinturier de wedde ne pouvoir réchauffer » plus de deux fois après la cuve estre assise en sa » perfection. « (Consaux 19 janvier 1038.) Que faut-il entendre par le mot florée, repris dans les actes précédents l Au premier abord il semble qu'il désigne une cou- leur employée pour teindre certains fils employés par les hautelisseurs. Ce nom a pu désigner encore dans le principe toute étoffe ornée de Heurs ; et peut-être aussi une étoffe teinte au pastel, (indigo ou bleu). Littré en parle dans son dictionnaire, au mot pastel : * On dit que les bou- LES TAPISSER. 13 — 186 — les de pastel qu'on appela dans quelques endroits florée ou cocagne augmentent toujours en qualité pendant l'espace de dix ans. » Les textes anciens de nos archives, où l'on rencontre ce mot ne sont pas nombreux : « Nicaise Gaudin marchant de florée demeurant en la paroche Saint- Jacques en Tournai a confessé devoir à Philippes le Scellier marchant de tapisserie la somme de xn livres x sous il deniers de gros pour une partie de reste et pour soies servant à faire tissus par ledit Philippes vendues et livrées audit Nicaise (1). Jehan Tréhout, (et d'autres filletiers) reconnaissent avoir acheté au facteur de Jehan Mesnisson, marchand, demeurant àTroies en Champagne cent livres de florée de Milan, à 36 gros la livre de florée (2). Si on rapproche ces textes des deux autres ci-dessus, il en résulte que le mot florée peut désigner tout à la fois une teinture en même temps qu'une étoffe. C'est ce dernier sens que lui donne Mgr Voisin, clans sa notice sur les hautelisseurs de Tournai où il définit le fleuret une bourre de soie qu'on nomme aussi filoselle. (Voir la note 1, page 187). A. 29. « Damas de sayette... A. 30. r> Damas tant de deux couleurs que au- tres... (3). A. 31 à 34. » Meselanes, longueur, largeur, nombre de portées, obligation de les porter au seei, » etc. (1) T. 3312 journal des prévost et jurés, 8 janvier 1460. (2) T. 2325. Prévost et jurés. 8 Mai 1490. (3) Damas, étoffe faite de soie qui a des parties élevées qui repré- sentent des fleurs ou autres figures. Les fleurs ont le grain de satin et le fond a le grain de taffetas. — 187 — A. 63 n Que les meselanes doivent avoir en largeur n 3 cartiers 1 toille moins sur le rœ. » Et de lamées de 26 portées à 15 babinnes (bobines) r> pour le moins.... (Doyens 12 novembre 1640.) F. 7. n Défense aux tisserans de composer draps * royés dicts meselanes. (Prévost et Jurés, 7 novembre 1616.) A. 27. n Calfata de bois (i). n Tous caffats de bois, alias bourgettes estre portés n au scel. (Consaux 12 octobre 1640.) A. 52. n Tous bourats, grograms, en frais, figurés et * aultres semblables ouvrages, meslés de soye, or et » argent, subjects au scel. » (Doyens 30 septembre 1602.) Antérieurement à cette date, on trouve une requête de Denis le Maire, composent do caffàtz cl de bourats demandant d'être reçu hautelisseur. Elle est mention- née aux Consaux du 3 novembre 1587. E. 1. Contre les sayetteurs. « Complainte et possession des hautelisseurs con- » firmées et décrétées de faire œillets, keèirons et sem- n blables ouvrages figurés, soit tirés au pied ou à la n main. (Baillage 27 janvier 1539.) E. 7. n Levée déclarée bonne par les haultelisseurs » d'une pieche appelée bonnet chez un sayetteur. « Délïendu aux sayetteurs de faire semblables ou- n vrages et dict appartenir au métier des hautelisseurs. (Prévost et Jurés 13 mars 1558.) E. 8. » Levée faicte par sayetteurs chez un maistre » haultelicheur de pièches de œillets et grain de bled (1) Caflat, damas cafiart, étoffe dont les trames sont de til ou de fleuret et les chaînes de soié. — 188 — r> déclarée tortionuré(?) ; ordonné restituer lesdites y> pieches avec intéretz. (Doyens 15 novembre 1557.) F. 1. r> Sur différent d'entre les hautelisseurs contre r> les tisserans de toile, droicts (draps?) royez de lin et r> de sayette ou de laine ensemble, dicts appartenir au » stil des hautelisseurs seulement pour la raison de n ladite meslange. » Apposer enseignes des maistres esdis draps royés. * Lesdis draps estre leales, non de mol fil ni vitieux » passant lesgard, sur confiscation et amende. Lesdits » draps aller au scel. (Consaux 15 septembre 1479.) F. 2. r> Tisserans ne povoir faire ouvrages voyez à » 16 fœuilletz et 34 marches. r> Tels ouvrages appartenir aux haultelisseurs seuls. » Tisserans ne povoir composer aulcuns ouvrages » tirez. Police des draps d'or, pour le stil des haute- n lisseurs. (Doyens 17 avril 1480.) F. 9. « Tisserans déclarés non fondés en la défense » qu'ils conviendraient faire aux haultelisseurs de com- » poser harquebusettes au prétexte qu'elles estoient » composéz de pur lin.... » (Sentence du Conseil de llandre, 24 janvier 1660.) Les ordonnances parlent souvent de haulleliche au blancq et au noir, sans énoncer exactement ce qu'il faut entendre par là. Les jurés et les échevins, deux des corps qui consti- tuaient les consaux désignaient chacun annuellement un des esgards chargés de visiter ces étoffes ; ils en désignaient aussi pour « le noir et mollure de haulte- liche » (î). (1) T. Consaux 5 juin 1554. — 189 — Une délibération des Consaux parle d'une étoffe appelée « gris de Tournai » (i). Un inventaire de 1093 signale : une couverte d'au- tel (ïestoffe de Tourna;/; un bois de lit avec tenture d'estoffe de Tournay, blanche et rouge avec la courte- pointe de mesine et un tapis pareil ; une tenture et courtepointe d'estoffe de Tournai, jaune et violet; un lict de repos avec son travers d'estoffe de Tourna}' rayé de rouge et noir mêlé de blancq ; un rideau de fenestre estoffe de Tournay, rayé de rouge et vert mêlé de blanc... (2). La fabrication des tapis de table devint dès le milieu du XVIe siècle, une branche très importante en même temps que fort intéressante de l'industrie des hautelisseurs. L'inventaire-répertoire de 1G24, sac B n° 12, cite une disposition du 22 janvier 15G2, défendant « de y> porter au scel, tapis de table en dessoubs de trois n aunes de long; » et trois ans plus tard (en 1565), Arnould Ilennocq, marchand hautelicheur, confec- tionne et vend au magistrat de Tournai, pour être offert à la femme de M. de Bruxelles, conseiller du roi, un tapis de sayette, contenant onze aunes et un quart (3) première mention d'un genre de tentures que fabriquaient les hautelisseurs et qui les rapprochait des tapissiers. Ces tapis de table étaient de deux sortes, les uns (1) 28 juin 1055. (2) Inventaire du château de Pesches, par le comte de YiUcrmont. (Annales de l'académie d'archéologie 4e série, t. I, 1885.) (3) T. Comptes généraux commençant le l** octobre 1565. — 190 — tissés ou à grain serré et les autres au contraire velus comme le sont les tapis appelés aujourd'hui tapis de la Savonnerie. On en conserve quelques spécimens qui permettent d'apprécier ce que fut cette fabrication; nous les décrirons au chapitre IV. Quel était le décor de ces tapis de table. C'est ce que plusieurs textes, cités précédemment nous ont appris (1). « Un grand tappis de table à branchages vers en » champ noir composé en tissu de sayette et de soye ; » une pièce de quarante cinq aulnes à branchages » blancs, à fond incarnadin, et une autre pièce de qua- » rante cinq aulnes à fleurettes orangées, à fond bleu, » toutes trois de soye et sayettes meslées, ouvrages de » Tournay » (2). Le tapis confectionné par Anthoine de Leauve en 1609 était « composé au moyen d'un harnas à tire, où « il a entremis six tireurs ou il a engravé les armoi- t ries de cette ville et les représentations de saint » Elutere et saint Piat pour tant plus faire paraître r> son savoir » (3). Un autre document parlant de ce même tapis ajoute quelques curieux détails. De Leauwe y est qualifié : maistre ouvrier d'estoffes damassées, et le tapis est ainsi décrit : un tapis de table mignardement façonné de soye orangé et violette auquel estoit représenté les armes du roi d'Espagne avec celles de cette ville aux quatre coings et les effigies de saint Eleuthère et de saint Piat patrons de Tournay, avec autres figures fort délicatement élabourées. . . . (4). En 1615, Jacques Descobecq, haultelisseur, vend à (1) Vide supra page 70. (2) Mémoires d'eschevin, par Philippe de Hurges. (3) T. Consaux du 18 novembre 1609. (4) Mémoires d'eschevin.... - 191 — la ville deux tapis de table de diverses couleurs. Sem- blables achats eurent lieu en 1614 et 1619 (î). Les tapis conservés à l'hôtel de ville de Furnes, achetés à Tournai en 1636, peuvent donner une idée de cette fabrication; ils sont tissés en deux tons, le jaune et le bleu verdâtre (2). Rappelons encore quelques-uns de ces tapis d'après des inventaires déjà ntés « un tapis de velus de » Tournai, de fond vert, — une table couverte d'un » tapis velus de Tournai, le fond bleu. » « Ung couvert de table d'estoffe de Tournay verde y> travaillé avec des niseaulx et lleurs de jaune cou- » leur; ung autre avec des fleurs verdes et noires; » ung grand tapis de table d'estoffe de Tournay avec n des fleurs rouge et bleu. » Le 3 octobre 1684, Jean Duquesne, hautelisseur, adresse une requête aux Consaux, au sujet « d'une 9 espèce de tapisserie qu'il a inventée de sa propre » industrie a grands frais, ayant employé plus de trois » mois do temps, tant à raison de la diversité des » figures qui y entrent que de la largeur de cinq » aulnes » En 1746, le chef-d'œuvre d'un hautelisseur consis- tait à faire un tapis sandre (3). Ce genre de tapis avait été inventé en 1615 par un hautelisseur nommé Simon Bedoret. Il l'appelle, dans une requête adressée aux Consaux une « nouvelle invention de tapis à la guise n et façon de tapisserie » (4). (1) Arch. du Royaume. Reg. 40,030, f. 635. (2) Voir au chapitre IV, la description de ces tapis et de plusieurs autres du même genre. (3) T. Registre des hautelisseurs, n° 4272, f. 131. (4) T. Consaux du 28 juillet 1615 et 17 mai 1 (3 1 G . — 192 — Dans une réunion des bannières, en vue de voter certains impôts nouveaux, on trouve la disposition suivante qui vise les hautelisseurs : « de chacune pièce » de trippe six solz tournois, de chacune paire de * chausses lâchées, ung sou, de chacun tapis, plumette » et aultres menus ouvraiges de hautelisse, deux r> SOlz (l). » Lorsque les suppôts des deux métiers des hautelis- seurs et des sayetteurs furent autorisés à fabriquer simultanément les ouvrages de l'un et de l'autre mé- tier, ceux-ci n'en restèrent pas moins distincts, avec leur organisation propre et spécialement avec l'obliga- tion de faire sceller les pièces qu'ils fabriquaient, par les esgards du métier. Mais souvent les artisans au lieu de se conformer strictement à cette règle, tentèrent de faire sceller tou- tes les pièces de leur fabrication au scel du métier qui se montrait le plus facile; cet abus donna lieu à de nombreuses sentences; nous citons, à titre de docu- ment, celle qui nous a paru la plus intéressante : Du 20e jour de juillet xvc iiii" viii. « Comme débat et différend se feust meu et suscité » pardevant mess, les prevost et jurés de la ville et » cité entre les Doyens, jurés et esgards du stil et mes- » tier des haultelicheurs, d'une part, et les doyen, jurés » et eswards du stil et mestier des sayeteurs, d'aultre * (part) disant et proposant par lesdits haultelisseurs - que combien que Marcq Denis deuist porter au scel » des haultelisseurs les petits ouvrages et carrelets y> faicts par ses ouvriers, du moins de ceulx estans » haultelisseurs, néantmoins en faisant le contraire les (1) T. Consaux 23 juillet 1582. — 193 — n faisait porter au scel des sayeteurs parceque lesdis t> sayeteurs les scellaient combien que ils ne fussent » de longueur suffisante, concluant a tout ad ce qu'icelle n soit condamnée des amendes indictés par les ordon- » nances pour les ouvraiges par eulx trouvés en la n maison dudit Marcq Denis; et après avoir ouy tant » les haultelisseurs que sayeteurs et mesmement ledit » Marcq Denis en tout ce qu'ils auroient voulu dire et » proposer et le tout considéré lesd. S™ prévost et jurés » ont ordonné que toutes pièces desdits ouvraiges non r> callendréos contiendront dix neuf aulnes et demye n pour le moins et celles callendrées vingt aulnes ung » quart moins, à péril que celles qui ne seront trouvées r> en telle longheur destre corrigées, ordonnant au » surplus audit Marcq Denis de porter au scel de la » haultelisse les ouvraiges composez par ses ouvriers » haultelisseurs, au scel desdits haultelisseurs, et ceulx * composés par les ouvriers sayeteurs au scel d'iceulx * sayeteurs suivant qu'est porté par les ordonnances n desdits stilz (1) ». Que sont ces petits ouvrages et carrelets dont parle la sentence? Que sont ces autres petits ouvrages vul- gairement appelés t relis ou sacquelez dont parle un autre hautelisseur ? (2). En 1671, Antoine Ternois, maître hautelisseur, éta- blit à Tournai une fabrique de baracans, et fit venir en cette ville pour y travailler quelques ouvriers étrangers (3). Nous n'avons pas trouvé la définition ou une des- cription suffisante de ce genre d étoffe. (1) Prévost et jurés, T. Vol. 3321, f. 187 v. (Voir page 155). (2) T. Consaux 8 juillet 1588. (3) T. Comptes généraux, 1671-72 f. 99 v. — 194 — Quelques années plus tard, Jean Fouré et Roland Odolf également hautelisseurs, ouvrent une manufac- ture de panne ou velours, et demandent l'appui finan- cier du magistrat pour leur premier établissement. Les hautelisseurs protestent contre cette prétention et font remarquer aux Consaux qu'Odolf ne fabrique pas des pannes, mais seulement des « moucades, pluces et n autres étoffes » qu'on produit déjà dans cette ville (i). Le seul registre-journal des assemblées des haute- lisseurs qui ait été conservé renferme une décision très intéressante sur un genre de hautelisse dite point d'Hongrie, et sur les moucades qui tous deux parais- sent désigner des tapis de pied (2). « .... On a remarqué qu'il y avait des defFauts con- » sidérables à la composition du point d'Hongrie et r> des moucades à fond rasé et pour remédier auxdits r> detfauts ceux de l'assemblée ont résolu à la pluralité r> des voix à l'égard du point d'Hongrie que le peigne » dudit point d'Hongrie de seize quarts de largeur, r> doit contenir quatre cent septante broches pour le » moins, et les quatorze quarts à proportion, que » tous les fillets de sayette doivent estre retors à dou- » ble filet et qu'à chaque annelet ou chapelet on doit » passer deux fillets retors en double contenant quatre » fillets simples, lesquels quatre fillets ne peuvent et » ne doivent estre retors en un seul, et à l'égard des » moucades à fond rasé, que tous les fillets de la chaine » de l'un doivent estre retors à deux fillets pour le » moins et que l'un des deux harnas doit être retord (1) T. Consaux 20 janvier, 9 mars, 28 septembre 1688. (2) T. n. 4172 f. 80. — 10 Décembre 1714. (Voir page 155.) — 195 — » à doux fillets de sayette et l'autre à trois fillets aussy r> de sayette.... » (1). La fabrication de ce genre d étoffe ne remontait pas à une époque reculée, comme il ressort d'une requête adressée aux Consaux le 5 mars 1686 par André Duquesne le jeune, marchand hautelisseur, lequel se plaint des tracasseries auxquelles il est en butte à l'occasion de la fabrication des nouveaux ouvrages de carpettes. Pus tard, parlant de son industrie il cite les carpettes, moucades et point cT Hongrie qui se font, dit-il, sur des métiers beaucoup plus grands que ceux à travailler les damas (2). Il résulte d'un règlement de 1733 sur la teinture des laines, dit M . JI Hercules et iceux livrer tout fais est assavoir le pre- f> mier tapis endedans d'huy en 3 semaines prochaines » et le second endedans aultres 3 sepmaines après et r> ensuivant » (3). En 1539, Anthonne Ferret, son fils peut-être, reçoit 37 sous « à cause de reste d'aucuns patrons par luy » faicts du vivant dudit deffunct, (Arnould Poisson- » nier) » (4). Dans l'inventaire dressé en 1505 chez la veuve (1) Arch. du Royaume, à Bruxelles, fonds de l'évêché de Tournai, vol. 331. (2) Mgr de Haisne, l'art en Flandre... (3) T. n. 3326. (4) Comptes d'exécution testament. 1505. — 211 — Jacques de l'Arcq figurent « plusieurs patrons de pap- » pier servant aux tapisseries ; (1) » et dans celui de Jehan Cappelier, haultelicbeur, (2) dressé la même année, on trouve : « plusieurs tablets à patronner, r> 5 sous; tabliers à patronner 8 sous 8 d. ; deux » assielles à patronner, G sous ; » mais rien ne dit qu'il faille voir dans ces derniers objets de peu de valeur, de véritables cartons de tapisseries. 11 semble plutôt que ce soient des outils ou des modèles de dessins courants. On trouve encore « plusieurs patrons de pappier » à la mortuaire d'Ernoul du Prêt, tapissier en 1517, et par son testament (en 1514) Clément Sarrasin lègue à Oli- vier.... « tous les patrons (ÏErcidets et aultres, sinon n ung de Moïse qui est de papier - qu'il donne à son frère Jacques Sarrasin. Lorsqu'on 1535, Simon de Roussy, chanoine de Reims, commanda «1 Jehan du Moulin, tapissier tour- naisien, les tentures de S. Symphorien, il lui remit le plan de la composition, et chargea un peintre de Tournai de tracer conformément audit plan, les car- tons à reproduire par les tapissiers : « selon le patron » qui luy a esté baillié par ledit de Roussy et que ledit » du Moulin pourra deviser aux poinctres qui feront y> les patrons audit lieu de Tournay.... » Tels sont les rares documents que nous avons trou- vés sur la matière qui nous occupe. (1) Ibidem. (2) Compte d'exécution testamentaire de Ernoul Poissonnier 1539. — 212 — § 5. Vente de tapisseries à l'étranger. Etablissement de tapissiers et de hautelisseurs tournaisiens à l'étranger. Nous avons signalé plus haut quelques tapissiers étrangers qui vinrent se fixer à Tournai, de même que quelques achats de tapisserie (d'ailleurs assez rares) faits par nos magistrats communaux dans des villes voisines. Bien plus considérables furent le mouvement qui emporta les produits de nos manufactures dans les paj's voisins et l'influence qu'exercèrent nos tapissiers à l'étranger. Les cadeaux faits par la ville à plusieurs souverains et à des seigneurs puissants firent connaître au loin la valeur de notre industrie et ne tardèrent pas à lui procurer des commandes du dehors. Parmi les clients étrangers de nos ateliers, les ducs de Bourgogne furent sans contredit les plus illustres; Philippe-le-Bon et Charles-le-Téméraire, puis, Philippe- le-Beau et Maximilien 1er se fournirent à Tournai. Les rois de France, bien que souverains légitimes de cette ville ne paraissent pas y avoir fait d'achats ou du moins il n'en est pas resté trace dans nos archives ; mais après eux Henri VIII d'Angleterre, Charles-Quint et la famille impériale figurent tour à tour au nombre des acheteurs de nostapisseries. La première vente faite à Philippe-le-Bon remonte — 213 — à 1446. Les autres eurent lieu en 1449, [histoire de Gêdêon par Robert Dary et Jean de l'ortie) et conti- nuèrent ensuite sans interruption sous les princes de la maison de Bourgogne. Faut-il ou non voir des tapisseries dans les draps de Tournai loués par les magistrats de Bruges pour décorer une maison lors d'une joute célèbre qui eut lieu dans cette ville en 1302? Malgré l'opinion de Pin- chart, nous n'y voyons rien d'impossible. L'Auvergne, la Bourgogne et la Champagne offri- rent bientôt à nos fabriques d'excellents débouchés. Un acte passé devant les prévost et jurés le 4 février 1449 auquel interviennent Pasquier Grenier, marche- tour, demeurant à Tournai, et les représentants de Pierre Peliche, marcheteur, demeurant à Puy en Auvergne, montre ce dernier s'approvisionnant à Tour- nai de tapisseries précieuses (i). Ils traitent encore une affaire devant les mêmes magistrats le 21 mars 1449. Pasquier Grenier vendait encore ses tapisseries à Lyon, sur leRhône(2)àun marchand nommé Jehan Ver- nier et à Gerardin Glande, aussi marchand à Reims (3). En 1472, il vend aux magistrats du franc de Bruges des tapisseries destinées à Charles-le-Téméraire. Grenier avait des magasins à Anvers, le grand entrepôt des tapisser ies des Pays-Bas, en même temps que Bruges. Les magistrats de cette dernière ville fai- saient les plus grands etfots pour attirer nos tapissiers (1) T. n° 3310. (2) Ibid. (3) Ibid. q° 3312, G janvier 1460. — 214 — en leur offrant toutes sortes de réductions sur les droits perçus par la ville sur toutes les pièces vendues (1). En 1483, Guillaume Desreumaulx vend des tapis- series à un marchand de Lille. — Antoine Grenier en fournit au cardinal d'Amboise pour le palais épiscopal de Rouen, en 1497, et en 1508 pour le château de Gaillon en Normandie. — Clément Sarrazin fournit en 1504 des tapisseries pour une église de Blois. En 1505 plusieurs actes mentionnent des ventes importantes faites par des tapissiers tournaisiens à plusieurs marchands de Lyon. Les rapports entre Paris et Tournai sont fréquents. On connaît des actes d'achat nombreux entre 1505 et 1516. En 1505 encore, Meaulxde Visquere fait des affaires avec un marchand de Nuys sous Beaune nommé Henry Remont, et en 1512 Hermès de Viscre plaide à Reims. L'empereur Maximilien qui achète à Tournai plu- sieurs séries de haute valeur en 1510, les fera con- naître en Autriche, tandis que quelques années plus tard Henri VIII et les seigneurs anglais qui en avaient reçu et acheté d'importantes quantités introduisirent en Angleterre le goût de ces riches tentures (2). Des actes de 1505 font connaître des ventes faites à Paris, à Gand, à Ath, à Cambray (en 1512), etc. En 1535, Jean du Moulin entreprend pour un cha- (1) T. Consaux du 21 mai 1495. (2) L'inventaire dressé à la mort d'Henri VIII révèle dans ses palais de nombreuses séries de tapisseries. Les descriptions qu'il en donne sont malheureusement très brèves et nulle part leur provenance n'est indiquée. — 215 — noine de R.eims l'importante série de la vie de S. Sym- phorien,et en 1539 les héritiers d'Arnould Poissonnier vendent des tapisseries à Châlons. En 1540, on rencontre des envois très importants de tapisseries et de hautelisses faits à Paris pour compte de plusieurs marchands (î). Philippe-le-Beau partant en Espagne pour y ceindre la couronne, avait emporté en 1501 plusieurs belles chambres de tapisserie de Tournai. Elles furent sans doute fort goûtées dans ce pays qui n'en fabriquait pas, car cet article devint l'objet d'un commerce important entre l'Espagne et les Pays-Bas et qui continua même lorsque la guerre et la conquête d'une partie des Pays- Bas par la France ferma les frontières d'Espagne à nos produits. Un inventaire de 1560 publié il y a quelques années dans une revue espagnole, celui de Don Beltran de la Cueva duc d'Albuquerque, mentionne une quantité con- sidérable do tapisseries dites de Flandre. Quelques pièces parmi celles-ci sont expressément désignées comme tournaisiennes : deux petits pan- neaux de verdure de Tournai, vieux et antiques, — sept panneaux de verdure de Tournai, formant une chambre complète, — une portière de Tournai avec (1) Pardevant.... comparurent Jehan de Cassel, tapissier et Philippe de Nieppes hostelent lesquelz ont certifié... que en trois fardeaulx de tapisseries appartenant à René de nouveaulx marchand demeurant en la ville de Paris et deux autres fardeaulx appartenant a sire Jacques Pinés aussi marchand demorant en lad. ville de Paris n'y a aultre marchan- dise que lesdites tapisseries à eulx appartenans, le savant lesdis attes- tans pour ce qu'ils ont fardelé lesd. tapisseries esdits fardeaulx auxdis René et Pinet ... (Du 8 février 1540. T. Prévost et Jurés n° 2334.) — 216 — personnages, — un panneau, vieux et déchiré, avec figures. D'autres pièces encore peuvent parfaitement avoir été confectionnées à Tournai, mais l'inventaire ne le dit pas expressément (1). Le commerce des tapisseries entre les Pays-Bas et l'Espagne ne se ralentit pas. Un avis envoyé aux Consaux le 14 mars 1623 les informe que toutes les marchandises de ce pays sont interdites en Espagne, à l'exception des toiles et des tapisseries (2). Pierre Van de Ruire, de Courtrai, envoie en 1632 à Séville deux ballots contenant chacun deux chambres de tapisserie et 200 nappes façon de Tournai. En 1634, Robert Riet, aussi de Courtrai, envoie treize nappes tournaisiennes en Espagne (3). En même temps que nos grands marchands de tapis- series les faisaient vendre sur de nombreux marchés étrangers, d'autres artisans moins favorisés de la for- tune, ou plus hardis, se rendirent eux-mêmes dans les pays étrangers pour y tenter fortune, au mépris des édits des magistrats qui punissaient de peines sévères les tapissiers et les hautelisseurs qui transportaient leur industrie chez les peuples voisins (4). (1) Revista de archivos. 2e série tome 9, 1883 p. 19 : Inventorie) del movilario, (etc ) del. exc. sen. D. Beltran de la Cueva, Tercer duque d'Albuquerque... a0 1560. — Un personnage du même nom, le car- dinal de la Cueva, était au XVIIe siècle, abbé commendataire d'un cou- vent de Tournai. Voir P. J. à Tannée 1560. (2) Consaux. Vol. 289. (3) Archives communales de Courtrai, registre des passeports des marchandises envoyées de Courtrai en Espagne... (Communication de M. J. Van Ruymbeke.) (4) Ordonnance des Doyens du 28 novembre 1406. T. n. 4332, f. 1. — 217 — Nous avons déjà cité Jean Hosemant, tapissier tour- naisien qu'on trouve établi à Avignon en 1430. Dès 1464, deux autres tapissiers tournaisiens Jean Millé et Renaud Grue, travaillent à Ferrare pour les ducs Borso el Hercule I (î). Nous avons rappelé plus haut que les ateliers d'Aude- narde devaient leur existence, dès le commencement du XVe siècle, à des tapissiers tournaisiens. En 14G5, Pierre Bladelin, fondateur de Middelbourg en Flandre, y appelle des ouvriers de Tournai. Etaient-ce des tapissiers, et n etaiéht-ce pas plutôt des hautelisseurs? (2). Deux tapissiers habitant Paris, le premier en 1475 et le second en 1499, Michel (VEseamaing et Etienne Carpentier, étaient tous deux originaires de Tournai (3). En 1492, des hautelisseurs tournaisiens fondèrent à Amiens ou ils avaient été appelés par le duc de Bourgogne (à qui celte ville avait été donnée en gage) des ateliers pour la fabrication des étoffes de hautes- lisses : draps d'or, drap de soie, baudequins, bour- gettes et trippes de velus. Ils ne confectionnaient pas de tapisseries proprement dites. Les magistrats d'Amiens les protégeaient et leur accordèrent diverses faveurs. Dans leur requête pour les obtenir, ils disaient qu'ils avaient dû quitter Tour- nai parce qu'ils ne trouvaient pas moyen de gagner leur vie (4). (1) E. MiXntz. La tapisserie. (2) Annales de la société d'émulation, Bruges. 4e série, t. 5. — La fabrication de la tapisserie fie haute-lisse à Middelbourg en Flandre. — Voir aussi l'histoire générale de la tapisserie par Guiffrcy, Miintz et P inchar t. (3) T. Actes d'échevinage. (4) Histoire générale de la tapisserie, v° Tournai et Guiffrcy, histoire de la tapisserie, p. 259. LES TAPISSER. 15 — 218 — Godefroy Van Velme, tapissier, natif de Tournai, travaillait à Vendreuil, près de Laon en 1504; Nicolas du Fresne aussi tapissier et natif de Tournai, résidait en 1558 à Bresse (Brescia?) en Italie. Les troubles religieux de XVIe siècle amenèrent une foule d'artisans à s'expatrier ; c'étaient des hautelis- seurs, non des tapissiers. On en trouve à Wesele en Allemagne (1521-1577) à Lille, à Anvers, en Hollande, et plus tard, au XVIIe siècle, en Angleterre, à Londres (1609), à Can- torbery (161 G), à Norwich (1612), etc. (î). Plusieurs tapissiers isolés vinrent à différentes épo- ques se fixer à Tournai. Certains d'entr'eux après avoir fait un séjour plus ou moins long dans cette ville allèrent s'établir dans d'autres localités. C'est en parti- culier le cas pour Œdins, Behagle et Baert. Nui doute que des recherches faites dans les archives étrangères n'amèneraient à constater encore de nom- breux faits de vente et d'émigration dans des pays parfois très éloignés du nôtre. Ceux que nous avons relevés ici permettent d'apprécier l'importance de .la fabrication et le développement de la production pen- dant la belle période qui va du commencement du XVe au milieu du XVIe siècle! (1) T. Actes de l'écbevinage. CHAPITRE IV Tapisseries confectionnées à Tournai. Nous avons indiqué dans notre avant-propos trois périodes bien distinctes pour la production des tapis- series de Tournai, périodes que nous avons retrouvées dans l'aperçu historique et dans l'étude de la fabri- cation de nos tentures. La première, antérieure au XVe siècle, montre les débuts de cette industrie et ses produits encore peu déterminés; la seconde qui comprend le XVe et la première moitié du XVIe siècle est la grande époque de la fabrication; la troisième enfin, qui s'étend du milieu du XVIe siècle aux premières années du XVIIIe siècle est une période de décadence. Tournai, rivale d'Arras, dès la première moitié du XVe siècle, prit, à la destruction de cette ville par Louis XI, la place qu'elle avait occupée jusque là dans le commerce des tapisseries. Bruxelles qui devait à son tour supplanter Tournai, dans La première moitié du XVIe siècle, était alors à ses débuts. C'est donc tout particulièrement des produits de la seconde période, la belle époque de fabrication à Tournai, que nous nous occuperons dans ce chapitre. — 220 — Chose étrange, nos artisans ont confectionné et vendu un nombre considérable de magnifiques tentures, dont l'existence est constatée par des actes authentiques; mais tandis que ces documents abondent, les œuvres reconnues et conservées de nos tapissiers sont d'une rareté insigne. Malgré l'excès démarques de maîtres et de fabrique prescrites par les règlements, marques qui ont disparu très rapidement il est vrai, nous en avons donné les causes, il ne reste pas une pièce qui dans le champ du sujet ou à l'intérieur de la bordure porte une signature ou marque tournaisienne authentiquement connue; très peu portent cette marque à l'extérieur de la bordure, où d'ailleurs elle était exposée à dispa- raître fort vite ; nous ne connaissons qu'un spécimen de ce genre, il figure au musée de Tournai et nous le décrirons plus loin. C'est donc par les documents d'ar- chives et les inventaires que nous sommes arrivés à restituer à nos ateliers le plus grand nombre de leurs productions. Que sont devenues ces tapisseries ? Bien qu'on en connaisse peu jusqu'ici, elles doivent être encore nom- breuses, nous en sommes convaincu ; elles se retrou- veront principalement parmi les belles séries conservées dans les églises et dans les musées de France, car ce pays fut le grand marché des tapisseries de Tournai, ville française à l'époque brillante de sa fabrication. On reconnaîtra d'ailleurs assez facilement nos produits parmi ceux d'Arras et de Bruxelles, les seuls avec lesquels on pourrait être tenté de les confondre. Les tapis de Bruxelles en effet ont peu pénétré en France, et d'autre part ils sont faciles à reconnaître parce qu'ils sont presque toujours signés et marqués à l'intérieur de la bordure; ceux d'Arras, d'autre part 221 étant antérieurs aux nôtres, se distinguent par leur caractère franchement gothique. C'est là, c'est parmi ces superbes séries que Tournai doit retrouver et revendiquer les œuvres de ses arti- sans. On en trouvera plus loin que nous avons restituées à nos ateliers, mais combien n'en reste-t-il pas encore à reconquérir. Pour ne citer qu'un exemple, est-il admissible que dans les centaines de pièces conservées à Paris, au musée des Gobelins, au Garde-meuble, au musée de Cluny, etc., il n'y en ait pas une qui soit originaire de Tournai? Cependant les inventaires de ces musées n'en signalent aucune expressément, et leurs conservateurs, à la science et à l'obligeance desquels nous avons fait appel, n'ont pu nous en ren- seigner aucune! Presque tous les articles repris dans le catalogue qui suit sont extraits de documents reposant aux archives communales de Tournai, ou d'autres sembla- bles dépôts. Leur existence est donc prouvée d'une manière indiscutable par l'authenticité des titres qui les relatent. Pour les autres nous avons indiqué avec soin les sources auxquelles nous les avons puisés. A côté des pièces authentiquement connues comme tournaisiennes, nous avons décrit celles que des rai- sons sérieuses nous font considérer comme telles, de manière à présenter un tableau aussi complet que possible de notre fabrication ; il n'offrira cependant encore que trop de lacunes, nous en avons la certitude, mais nous espérons que les documents nombreux que nous donnons dans les pages qui précèdent et dans le — 222 — présent catalogue aideront à retrouver un certain nombre de pièces jusqu'ici indéterminées. XIIIe SIÈCLE. 1 — 1278. As Beghincs des Prêts un des dras ki tendent en me cambre pour mettre deseure leur autel. (Testament Anies Wisse) (î). xiv,; SIÈCLE. 2 — 1311. - Je donne à Ysabiel, femme de Jakemon Pourrait le cordewanier, une bourse sarazinoise. » (Testament de Marie de Velevaing.) 3 — 1316. Je donne à le suer Lotart de Bailli; un drap là u li Souffrance de Nostre Seigneur est (2). (Testament de Sainte Glachons, béguine.) 4 — 1335. Je donne pour l'ame de mi et pour l'ame de men marit, pour Dieu siervir, ij coussins de mous- set à oisiaus (3) pour séir sus ou canciel de le paroce de le Magdelaine. (Testament Jeanne d'Estampes, veuve de Jehan le Patrenostrier.) 5 — 1340. « Je donne à l'ospital du Bruille j couvre- toir à lionciaux rouges et gaunes. » (Testament de Watiers Horelore.) ( 1 ) A défaut l'indication contraire les pièces citées reposent aux archi- ves de Tournai. (2) C'est-à dire une tenture représentant la Passion. (3) Plantes et arbustes avec des oiseaux. — 223 — 6. — Avant 1343, époque de sa mort, le cardinal André Ghiny donna à la cathédrale de Tournai * deux » beaux tapis ouvragés d'or et historiés. » Mgr Voisin, qui cite ce fait dans sa notice sur les tapisseries de la cathédrale, ne fournit pas d'autres détails sur cette donation. 7 — 1345. « Item je donne as frères de S. Augustin - ii carpitres escuchonnées pour mettre devant leur » grant autel as jours solempnels. - (Testament de Mehaut de Waudripont.) 8 — 1345. « Je donne à ij perroches de Tournav vj vers coussins à papegais. - (Testament de Katérine Musielle, veuve de Jehan Descaut.) 0 — 1346. * Je donne à Katherine, suer Ysabiel de Lannoit, x coussins dont li vj sont gaunes à noirs lions, et li autre bar et. » (Testament de Jeanne Cole- mers, veuve de Diérin Pourret. 10 — 1350. * Deux douzaines de coussins sarrazi- nois. - (Compte d'exécution testamentaire Jehan Dane- chin.) 1 1 — 1350. - Je donne à me suer j petit couvretoir cler bordet de rouge et semenchiet en le bordure de escuchons de Flandres. - (Testament de Willaume dou Kesne.) 12 — 1353. « Je donne à Jakèmes, men fil, une kieulte-pointe de cendal gausne armoyet des armes dou Park, et mes carpites armoyés des armes dou Park et de Hellemmes, et iiij vers draps de siège — 224 — armoyés de ces meismes armes; item, ij douzaines de coussins armoyés des armes de Hellemmes. » (Testa- ment de Jehane dou Park, veuve de Jakemon de Hellemmes et de Gillon Mouton. j 13 — 1356. « Deux carpitielles ouvrées de haulte- liche escuchonnées ; deux dras de siège d'œuvre sar- razinoise de xx aunes de lonc; une douzaine de coussins d'œuvre sarrasinoise. » (Compte d'exécution testamentaire de la veuve Mahieu de Maire.) 14 — 1360. Deux douzaines de taies de haulteliche et les parges. (Compte d'exécution testamentaire Colart Hokait.) 15 — 1361. « Je donne à demiselle Catherine, me sereur, femme Roghe de Noyelle, v fuellais de cous- sins ouvrés de œuvre sarasinoise. » (Testament de Marie de Néchin, béguine.) 16 — 1363. « Ung couvretoire en haulteliche sous œuvre de camocas ; xii coussins de parge en haute- liche. » (Compte d'exécution testamentaire Ysabiel le Clauweteresse.) 17 — 1364. « Je donne à Jehan Maket, mon exécu- teur, ij draps de banquier ouvrés à escus des armes de Flandres. « (Testament Jakèmes dou Casteler, prêtre.) lg — 1365. Un drap de kevech sarrazinois ouvret. » (Compte d'exécution testamentaire Jehan dou Park.) — 225 — 19 — 1381. « Six coussins d'œuvre de Tournay, xxii sous. (Compte de tutelle Gallet.) 20. — Sire Henry Prevos donne le 30 septembre 1385 à leglise Saint-Piat « quatre draps de haulte- » liche lesquelz il avoit accoustumé de prester pour » parer lad église, par condicion que iceux draps ne » fuissent vendus ne enwagiet, mais demorassent à » lad. église pour parer icelle en la manière accous- « tumée tant que durer poront. » Et avecq ce donna et laissa un aultre drap piers * armoyet de ses armes pour parer le grant autel de » laditte église (i). Le testament d'Henri Prevos, empris le 15 juillet 1386, fournit un détail curieux sur la nature du drap qu'il donna pour orner le maître-autel « je donne, » dit-il, à l'église S. Piat mes couvertures de cheval r> qui sont de drap, pour parer le grand autel d'icelle » église. r> 21 — 1300. - Une chambre vermeille à papegais contenant iiii pièces. » (Compte d'exécution testamen- taire de Jehanne Polet.i 22 — 1392. « Un vollekin de haulteliche, xii sous; une jaque de haulteliche x s. iiii d. » (Compte d'exé- cution testamentaire de Jehan Darras.) 23 — 1392. « Deux draps de Tournai » loués par les magistrats de Bruges (2). 24 — 1400. « Item, je vœl et ordonne que Valen- (1) A. de la Grange. Obituairc de la paroisse Saint-Piat nn 17. (2) Voir p. 213. — 226 — tine et Catron, mes ij filles, aient sys coussins qui sont ouvrés de hautelice à hommez sauvages, lesquelz don Jehan Bernars, leur oncles, que Diex pardoinst, leur donna quant il s'en ala à Rome. » (Codicille de Sainte Gahide, dite de Moussin, veuve de Piérart Bernart, fait le 25 octobre 1400, empris le 28 du même mois.) 25 — 1400. « A Jaquemon son frère, une espee, une buvette et un jaque ouvrée de haute liche. » (Testa- ment Jacques de Lannoit.) XVe SIÈCLE. 26 — 1401. « Un drap gaune d'oeuvre de hautelice xv s. (Compte de tutelle le Marissiel.) 27. — 1402. Citons ici, mais pour mémoire seule- ment les tapisseries d'Arras, offertes par Toussaint Prier à la cathédrale de Tournai en 1402; elles don- neront une idée de ce qu'étaient les tapisseries de Touinai à cette époque. 27 — 1403. « Item je donne audit Jacques de Hel- lemmes mon neveu iiii pièces de carpitres armoyés des armes des Gargattes que je ai accoustumé a prester à Saint Nicaise, Sainte Caterine, Sainte Marguerite et Sainte Aimé à nostre Dame. r> Jy voel et ordonne que ledit Jacques soit tenu de prester lesiis dras asdites esglises comme je ai fait de piecha. » Item je donne à demisielle Marie Wettine, v piè- HISTOIRE DE SAINT PIAT ET SAINT ÉLEUTHÈRE. apisserie d'Arras (1402) conservée à la cathédrale de To Extrait de Y Histoire de la tapisserie de J. Guiffrèy. — 829 — ces de tiras de haulteliche. - (Testament Marguerite Haquette veuve de Jehan Qargate.) 28 — 1405. « Deux carpitres et un banquier à com- pas arrnoyés et semé de gaunes estoilles; douzaine de coussins arrnoyés de blancs lions, w (Compte de tutelle Etogier Bretiel.) 29 — 1404. * Un drap de haulteliche armoyé de mes armes lequel on avoit accoustumé de mettre par des- soubs le crucifis » légué à l'église Saint-Piat. (Compte d'exécution testamentaire Jacques le Louchier.) 30 — 1 1<>1. « Une sarge d'estainte (?) à plusieurs marmousés c'est-à-dire à petits personnages. - (Compte d'exécution testamentaire Angnies de le Noe.) 31 — 1405. - Une sarge destainte (l) ouvrée xl s. * (Compte Jehan Lelong.) 38 — 1109. « Six coussins a parge (î) ouvrés de papegais. - (Compte d'exécution testamentaire Jacques Adam.) Ç4 — Mil. ■ Une douzaine de coussins de parge à luppars (léopards) xxx s. ; deux draps de siège piers arrnoyés de dragons couronnés xxx s. ; un couvretoir piers a compas comme lesdis draps de siège sont lxxxs.» (Compte... demisiclle Angnies le Muisit.) 35 — 1412. « Un grant couvertoire de haulteliche, iii banquiers et un drap de couque (couche) tout de hauteliche. vi lbz. - (1) Nous avons indiqué plus haut, page 17, le sens du mot parge. — 230 — « Une douzaine de coussins à parge piers a compas, un couvretoir piers, un couvretoir de couque aussi piers et iii banquiers aussi piers tout de hauteliche semés de rosiers et autres fleurs, xii lb. xviii s. » (Compte d'exécution testamentaire demisielle Cate- rine Darras:) 36 — 1415. « II piers bancquiers armoyés et ouvrés de hauteliche de chinq aunes le pieche, une carpitre de v aunes, un aultre bancquier aussy armoyet de iiii aunes ... » « Un vermeil bancquier ouvret de iiautelice conte- nant viii aunes, deux aultres pareils contenant x aulnes, un aultre de cinq aunes, un autre aussi de cinq aunes.... » (Compte d'exécution testamentaire demi- sielle Caterine de Crespelaines.) 37 — 1420. « Item je donne (i Margot de Haudion demy douzaine de coussins de parges arbroyés et oiselés.... (Testament Maigne Daubegny, veuve de Jehan de le Planque.) 38 — 1425. « Item je donne à nostre Dame de S. Nicolay i piers bankier ouvret de haulteliche.... » (Testament Catherine Wastefrine espeuse a Mikiel le tlament.) 39 — 1427. « Quatre pieches de drap figuré x s. » (Compte de tutelle Adam.) 40 — 1427. « Une sarge de haulteliche xv lb. » (Compte d'exécution testamentaire Jehan Voz.) « Ung couvretoir ouvret de haulteliche x lb. ; une pieche d'œuvre de haulteliche vii lb. ; vi aunes d'ceuvre — 831 — de baulteliche xlii s. - (Compte d'exécution testamen- taire Jehan de Voz le père.) 41 — 1428. « Douze coussins de parges ou il y a singes figurés. » (Compte de tutelle Maigne Davesnes.) 42 — 1429. « Trois coussins de parge à testes armées. - (Compte de tutelle Anne le flamenghe.) 43. — Une chambre de tapisserie ornée d'arbres, de prairiefl et de rivières ainsi que de figures d animaux, oiseaux et quadrupèdes. — Faite à Avignon par Jean Hosemant, tapissier tournaisien, vers 1430 (î). 11 — 1483. Quatre pièces de drap contenant la passion de Notre -Seigneur Jésus-Christ, léguées à l'église S. Nicaise par Jehan du Gardin (2). 1T> — 1434. - Item je donne.... xxxv aulnes de banequiers en viii pieches, une sarge contenant xxxiii ausnes quaree UDg drap de couche contenant xiiii aunes quaré, UDg drap pour ung huis, contenant v aunes quaré et xviii coussins lesquels sont tous com- passés de coulons sur branches de fleurs et est la compagne pierse. Item je lui donne un autel.... ou il y a une gesine de nostre Dame les trois rois et plusieurs autres images de sains, a prendre ledit aultel et toute ladite tapisserie après le dechès du paraio vivant de nous deux.... lequel don desdites tapisserie, autel, (etc.,) je fais a condicion (etc.). (Testament Marguerite le Ruddre femme Jehan Ognie.) (1) K. Muniz. La tapisserie, p. 146. (2) Voir plus haut, p. 168, le texte complet de ce legs. — 232 — 46 — 1439. La vie et passion de saint Pierre, d'après des cartons de Robert Campin et d'Henri de Beaumetiel (î). 47 — 1444. Robert Dary (l'acte ne mentionne pas sa qualité, c'était sans doute le tapissier de ce nom) fut payé pour avoir fourni à Jean Chevrot, évêque de Tournai, des patrons de tapisserie. Il est probable qu'il fit lui-même ces tapisseries dont il avait livré les cartons (2). 48 — 1445. « Une platte bourse d'ouvrage sarra- sinois à boutons de pierles. » (Testament Jehanne Dorée.) 49 — 1446. Tenture de muraille à personnages vendue à Philippe-le-Bon, duc de Bourgogne, par Jehanne Pottequin, veuve de Jehan Baubrée. « A Guillaume au Vaissel marchant demorant en la ville c-'Arras pour une chambre de verdure ouvrée de plusieurs personnaiges et devises d'en fans allant à ïécole et à Jehanne Pottequin vesve de feu Jehan Baubrée demourant à Tournay pour ung tappis de muraille aussi servant à lad. chambre œuvré en hystoire de personnaiges comme dessus, contenant xviii aulnes de lonq et sept aulnes de large qui sont six vins aulnes que md. seigneur a fait prendre et acheter de lad. Jehanne Pottequin pour donner et envoyer avec lad. chambre, au pris de quarante deux solz l'aulne. . . . » (Compte du 1er avril 1446 au 14 mars 1447. Archives départ, du Nord. B. 1991, f° 220. Invent. p. 173.) (1) T. Compte d'exécution testamentaire, Regnauld de Viesrain, 1439. (2) Archives générales du Royaume, à Bruxelles. Vol. 331, fonds de l'évêché de Tournai. — 23H — 50 — 1447. - Item six coussins sur pers fons de haultelieheetdcux banquiers pers dehaulteliche ouvrez de cliierfz.... » (Testament /Elis Roulperline.) 51 — 1440. * Je donne a Arnould de Waudripont mon neveu, une cambre tendue de sept pièces de draps sanguins, armoyés des armes des Croquevillains et des Mortiers, avec une douzaine de coussins sanguins non arrnoyez; item un lit le quevech et calich estoffé de gourdines noires, deux oriliers, une paire de lincheulx et ungcouvretoir vremcil armoyet des Croquevillains. - (Testament Mario du Mortier.) 52 — 14 10. Tapisseries de 1 Histoire de Gédéon, destinées à garnir la salle des chapitres de l'ordre de la Toison d'or. Ces tapisseries fnim'iisrs entre toutes, furent com- mandées en 14 10 par PkUippe4e-B1. Les autrichiens ont dû l'emporter en 1794 avec les ornements et les archives de l'ordre de la Toison d'( >r. - A partir de ce moment on perd sa trace, et si elle existe encore quelque part, le souvenir en est perdu. C'est en vain que des recherches ont été faites pour la retrouver dans les palais impériaux et les musées de Vienne; elles sont demeurées sans résultat. 53 — 1449. Tapisseries vendues par Pasqtder Grenier, marcheteur, à Pierre Peliche, du Puy en Auvergne. 54 — 1449. Tapisseries vendues par le même à Jean Vernier, marchand a Lyon. 55 — 1455. - Item je donne cà demisielle Desca- maing femme à Robert ung gardinet ordonné de fleurs de soye auquel est le pourctraiture de nostre Sei- gneur. (4'estament Philippe Descamaing.) - 236 — 56 — 1459. Chambre de tapisserie de l'histoire d'Alexandre vendue par Pasquier Grenier au duc Philippe-le-Bon. La quittance délivrée par notre tapissier fournit des détails assez précis sur cette tenture. Elle mesurait sept cent huit aunes trois quarts; était composée de fils d'or, d'argent, de soie et de laine; comprenait le ciel de lit, le dossier, la couverture et trois gou- tières, plus six panneaux de muraille, et coûta cinq mille écus d'or (î). Un de ces six panneaux ou tapis de muraille se trouve reproduit dans un des volumes publiés en 1838, par A. J ub'mal sur les tapisseries historiées y sous ce titre : L'entrée d Alexandre, roi d'Ecosse dans ses domaines. Cette tapisserie, dit l'auteur, fort remarquable comme ensemble et comme détails appartient à M. Ledoux, jeune artiste auquel on doit le dessin que nous en donnons. Elle date de la seconde moitié du XVe siècle et se compose de fils de soie, d'or, d'argent et de laine. Rien de plus riche, de plus vif et de plus brillant que ses couleurs Les indications fournies jusqu'ici par Jubinal con- cordent parfaitement avec les données que nous fournit la quittance originale délivrée par Grenier. Mais où nous ne sommes plus d'accord avec cet auteur c'est lorsqu'il suppose que la tapisserie pourrait avoir été fabriquée en Angleterre et qu'elle représente une scène de la vie d'Alexandre, roi d'Ecosse, au XIIIe siècle. Il suffit de lire un bout de légende qui se trouve dans le bas de la tenture : Alexander partes italicas aggrc- ditur... pour s'assurer qu'elle ne se rapporte pas au (1) Archives générales du Royaume. Collection des acquits de la recette des finances. — 239 — prétendu roi d'Ecosse, mais au véritable Alexandre, ou tout au plus à Charles VI II ou Louis XII, célébré sous les traits du roi de Macédoine. L'état actuel des connaissances sur la fabrication des tapisseries permet d'assigner notre pays comme lieu d'origine certaine de cette belle œuvre, et dès lors de la restituer à Tournai. rJVl est d'ail! fins lavis de M. Jules Guiffrey (i) qui en parle dans les termes suivants : « Parmi les tapis- series dont les ducs de Bourgogne se montraient parti- culièrement fiers, il en est une qui trouve toujours place dans les cérémonies les plus solennelles. L'his- toire d 'Alexandre avait décoré l'hôtel d'Artois lors de l'entrée de Louis XI à Paris en 1 101, et soutenait sans désavantage le voisinage de la tenture de Gédéon. Elle reparait a Trêves en 1 et on voit par les soins dont 00 l'entoure que les ducs de Bourgogne en font un cas tout particulier.... Etait-elle trop précieuse pour courir les hasards de la guerre? toujours est-il qu'elle ne figure pas dans le butin fait par les Suisses après leurs victoires de (iranson et de Morat.... Nous ne savons ou se trouve actuellement cette tenture, dont nous donnons une reproduction d'après Xhistoire de la tapisserie de M. J. Guiffrey, qui nous y a obligeamment autorisé. 57 — 1461. Siï tapis de muraille représentant la passion de Notre-Seigneur. vendus par Pasquier Gre- nier à PhiUppe-le-Bon pour le prix de 4,000 écus d'or (avec le nn suivant). « Six grans tappis de muraille pour église richement faictes et ouvrées de fil de layne, de soye d'or et d'ar- [\ ) Histoire de la tapisserie, pape 76 et 88. — 240 — gent esquelz six tappis est contenu et historié la Passion de nostre Seigneur selon les saintes évangiles, et est ladicte passion escripte par dessus les personnaiges de lettres d'or sur rollets de noir en latin, et sont les mots des saintes évangiles; et contenant les dessusditz vi tappis vc aulnes » (i). 5£. — 1461 , Chambre de tapisserie de verdure avec personnages de paysans et bûcherons, vendue entre les mêmes parties. « Item une chambre de tapisserie, ouvrée de fil de laine et de soye, contenant ix pièces, vi quarreaulx et ung banquier, toute emplye de bosquaille et de verdure et partout esdites pièces sont plusieurs grans person- naiges corne gens paysans et hocherons lesquels font manière de ouvrer et labourer audit bois par diverses façons et contiennent iiic 1 aulnes ou environ » (2). 59, — i>t L'histoire du vieil et nouvel testament, si comme la passion de N.-S., tapisseries données à la cathédrale de Tournai par l'évêque Guillaume Fillastre (1451-1473), qui les reprit ensuite et les donna plus tard à l'abbaye de Saint-Bertin, à Saint-Omer (3). 60 — 1462. Six tentures représentant l'histoire d Assuerus et d'Ester, achetées par Philippe-le-Bon à Pasquier Grenier (4). (1) Voir pièces justificatives n° 1 1 . Peut-être faut-il reconnaître ces tapisseries dans trois tentures conservées à Vienne dans un des musées impériaux, représentant des scènes de la vie et de la passion de N.-S. Ces pièces qui datent du XVe siècle et ne portent pas de marque de fabrique ni de signature, offrent les caractères des œuvres originaires de notre pays. (2) Pièces justificatives n° 11. (3) Voisin. Les tapisseries de la cathédrale de Tournai. (4) Arch. du Royaume, chambre des comptes, registre 25. 191, p. 19. — 241 — Ces tapisseries qui avaient une haute valeur, figurè- rent dans plusieurs grandes cérémonies et notamment au mariage de Charles-le-Téméraire ; elles ornaient sa tente devant Nancy et firent partie du butin enlevé par les Lorrains lors de la défaite du duc sous les murs de leur capitale (1). L'une d'elle, coupée en deux pièces, figure actuel- lement au musée historique lorrain, de Nancy, et se trouve décrite au catalogue de ce musée, n° 1145, dans les termes suivants : - Le premier pan de notre » tapisserie représente Vasthi désobéissant aux ordres - du mi que lui transmettent les eunuques dans une n attitude respectueuse. En haut du tableau se trouve » la légende : (Vastlii quand volt renuncier Disant que ostoit empeschiée Quavcc les faînes manger Voloit, len fu répudiée - A la suite de cette légende s'en trouve une seconde » qui parait incomplète et dont on ne peut déchiffrer ■ que les mots suivants : le hourt ou la vigne se.... et les crappes... (Esther cliap. [, verset XII.) m Le second pan représente le roi Assuerus assis » sur son troue; debout devant lui est l'eunuque " Mamuehan donnant son avis; ceux qui entourent le ■ troue sont les autres sages ou grands seigneurs et - plus bas le greffier qui écrit l'édit du roi. (1) J. (iuiffreij. Histoire do la tapisserie, p. 82 et 88. Voir aussi : Tente de Charles -lo-Tôméraire duc de Bourgogne ou tapisserie prise par les Lorrains lors de la mort de ce prince devant leur capitale en 1477 par Sansnnctti. Nancy 1845, toi. 242 » A la partie supérieure est une légende dont il ne * nous a été possible de lire que cette partie : ... toutes femmes sub tous eages Obéissent à leurs maris. (Esther, chap. I, verset XII.) La tenture mesure quatre mètres cinquante centi- mètres de large sur trois mètres cinquante-cinq de haut. Faite en laine et en soie, elle a le grain assez gros. Tons dominants le rouge et le jaune; le bleu y figure en quantité moindre. Les noms des principaux personnages sont écrits sur leurs vêtements, en carac- tères gothiques. Les légendes sont écrites sur des ban- derolles qui occupent tout le haut de la tapisserie, fond rouge, caractères gothiques en jaune et les pre- mières lettres en bleu. Une étroite bordure à fruits encadre la tenture, qui ne porte aucune marque (1). 61 — 1402. Trois tapisseries de l'histoire du che- valier au cygne, achetées par le même duc de Bour- gogne en même temps que les précédentes à Pasqaier Grenier (2). On a perdu leur trace et on ignore ce qu'elles sont devenues. Le sujet même nest pas connu, aucune des- cription ne nous étant parvenue. 63 — 1462. « Item je donne à Arnoul mon fil ma (1) On conserve au même musée cinq autres pièces de tapisserie pro- venant aussi de la tente de Charles-le-Téméraire et représentant la condamnation de banquet et souper. Elles offrent les mêmes carac- tères que la tapisserie d'Esther, et sont probablement aussi d'origine tournaisienne, mais nous manquons de 'documents pour justifier cette attribution. (Voir nos 83 et 87.) (2) Archives du Royaume. Chambre des comptes, registre 25, 191, page 19. — 843 — verde chambre de tapisserie telle que je l'ai faict faire, par condition que se aucuns de mes autres enfants en ont affaire pour aucuns honneurs, je veul qu'elle leur soit prcstéc. (Testament Nicolas Dimenche dit le Lombart.) 64 — 1466. Chambre de tapisserie d'orangers ache- tée à l'asquier (irenier par Plulippe-lc-Bon pour en faire présent à sa sœur Agnès, veuve de Charles Ier duc de Bourbon. Cette chambre comprenait la garniture de lit com- posée du ciel, des goutières, du dossier et de la cou- verture, plusquatre tapis de muraille et un banquier(i). 65 — 1 L66. Chambre de tapisseries à personnages de bûcherons, comprenant les mêmes pièces que la précédente et achetée entre les mêmes parties. Elle était destinée à Catherine, femme d'Arnould d'Egmont, duc de Gueldre, nièce du duc (2). 86 — 1467. - Six coussins royés de marcheterie. - (Compte d'exécution testamentaire Jehan du Masich.i 67. — 1 17^. Tapisserie de la destruction de Troie, achetée par le magistrat du franc de Bruges, à Pas- quier Grenier, pour être offerte cà Charlcs-le-Téméraire . On trouve dans les comptes de la ville de Bruges, année 1474-75, mention du paiement de cette tapis- serie (3). 68 — 1475. Chambre de tapisserie achetée à Jehan le Barre par la ville de Tournai, pour être offerte à (1) [bld. (2) Ibid. (3) Arch. géD. du Royaume, vol. n. 39527 P» 150. — 244 — messire Philippe de Comines, seigneur d'Argenton, conseiller et chambellan du roi de France, et payée 40 livres de gros ou 280 livres flandre (i). 69 — 1476. « Item je donne à ma fille espeuse de Nicolas Presin, une chambre estoffée de coussins ban- quiers et sarges enseignez de poplieans; (guerriers turcs); item je donne a ma fille de Brivelle les cous- sins semés de verdure et voel que de mes biens luy soient parfurnis sarges et banquiers servans ausdits coussins. » (Testament Marie Despares.) 70 — 1481. Une sarge de l'Histoire de Nabucodo- nosor, laissée inachevée par.... le SceUier à son décès, et qui fut terminée, sur l'ordre de ses exécuteurs testamentaires, par Jean Glissons, marcheteur de Bruxelles. (Compte de tutelle Ilaquinet le Scellier.) 71 — 1480. Tapisserie de verdure à soie, destinée à être offerte à monseigneur de Baudricourt lieutenant du roi à Franchise (Arras)(*). 72 — 1480. Chambre de tapisserie de verdure, de soie, achetée à Guillaume Desreumaulx, par la ville (1) T. Comptes généraux, commençant le 1er avril 1475. Cette dépense avait été décidée par les Consaux, le 31 octobre 1475, dans les termes suivants : 31 octobre 1475. — Les chiefz, attendu les parolles dites et promises au seigneur d'Argenton qui avoit tenu la main au bien de la ville en obvyant qu'elle ne fust aliénée par les trêves, comme on doubtoit que les Bourguignons désiroient, ont ordonné ly faire présent d'une tapis- serie de la valleur de xl lb. de gros, de par le ville, affin que aussy ès autres affaires de 11. ville il ait icelle pour recommandée. (2) T. Registre journal des prévost et jurés, n. 3323 et pièces justifi- catives n. 14. de Tournai par monseigneur du Lude, gouverneur du Dauphiné. Elle comprenait 457 aunes au prix de 4 sous de gros l'aune carrée (1). 73 — 1481. Chambre de tapisserie de l'histoire de Tebbes (f) vendue par Guillaume Desreumaulx à Gilles Descamaing, marchand. Elle était en soie (2). 74 — 1482. Deux tapis de l'histoire de Joseph, ven- due par Quûlaume Desreumaulx à Pierre Rogier, mar- cheteur, à raison de 13 sous 1 aune (3). 75 — 1483. Tapisseï -ie, verdure à petits enfants en soie, vendue par Haqumet le Scellier a Jehan le Raste- neur, au prix de 28 livres 6 sols 2 deniers de gros. (Compte d'exécution testamentaire de Haquinet le Sicllier.) 76 — 14S4. - Itom je donne... ung drap de que- vech OU il y a ung blanc Jhésus en tapisserie... - (Testament Jean Lesesne.) (4). 77 — 1407. Tapis et banquiers avec semis d'armoi- ries sur fond rouge, achetés à Jacques de l'Arcq pour la halle des Prévost et Jurés. (HT. Comptes générai» commençant le lPr avril 1480 (v. st). C'est seulement en 1483 que l'affaire fut réglée entre la ville et la veuve de M. du Lude, É l'intervention de févéque d»> Séez son frère. (Voir Con- MM11 des 3 décembre 1482 et 8 avril 1483). Pièces justificatives, n. 14. (2) T n. 3324. Journal des prévost et jurés, 4 avril 1481. (P. J. 16) et 13 novembre 1 481 . (3) T. n. Journal dtf prévoit et jurés. fi nnv. 14S2. P. J. n. 17. (4) Item je donne à beatrix du flocq ung Jhésus ouvret de broque- teric ... (1498 testament Jeanne du Casteler.) — 246 — « A Jacques de l'Arcq mayeur des eswardeurs de ladicte ville pour avoir fait et composé de nœf les tapis et bancquiers aornés et advestis de escus de fran- che enchapelez et fermez des armes et chateaulx de Tournay sur fons vermeil de sayette pour les patrons qui d'icelle tapisserie ont esté et a convenu faire, pour selon iceux composer lesd. tapis et livré les estoffes ad ce servans pour mectre en le halle et auditoire de messeigneurs prevotz et jurés au lieu des vielz qui estoient fort deschirez et estains, at este payé par mar- chié fait et convenu avec lui par les comis d'iceulx consaulx la somme de xviii lbz de gros,... vaillables.... cvxvi 1. » (i). 78 — 1497. Six chambres de tapisserie de diverses sortes, offertes par la ville de Tournai, à l'archiduc Philippe le Beau pour obtenir le retrait de la défense qui prohibait dans ces états la vente des tapisseries fabriquées à Tournai (2). « A Pierre de Warenghien, varlet de chambre et » tapissier de monseigneur, la somme de 15G livres » 6 solz pour avoir estoffé et garny six chambres de » tappisserie de diverses sortes que ceulx de ville de n Tournay avoient nagueres donné à mondit seigneur, » comme aussi pour son voyage de les avoir allé » querre audit lieu de Tournay et les fait amener audit » Bruxelles. - On trouve dans les séances des Consaux (27 mars 1497) une délibération sur le même sujet : « Des lettres mons. l'archiduc par lesquelles il requiert (1) Comptes généraux commençant le 1er oct. 1497 8e s. de mises. (2) Inventaire sommaire des archives départementales du Nord, tome iv, page 291. Année 1498 f° 244, registres. 2162. — 847 — 9 que outre la tapisserie de onze mille florins xl g. » pour le florin, lui soit quictié? la somme de lxvi 1. » de g. que .son tapissier aurait employé en tapisserie ■ et il avoit bailli cédule pour icelle somme payer, se » ofTrant à faire tous plaisirs et services à la ville. - Les cbiefs et le conseil en sont rechargiez lesquelz » pour plusieurs esgards et considerans ont délibéré n de les accorder et que la ville paie lad. somme de n lxvi L de g. - 79 — 1497. Tapisseries vendues par Antoine Gre- nier, au cardinal Georges d'Amboise, archevêque de Rouen, pour son palais épiscopal (î). sn — levant d'autel représentant l'adoration des bergers. XVe siècle. (I m. 54 de long sur 0,86 de haut.) A gauche le groupe de la saint»' famille, un ange au premier plan et dans le fond les bergers; à droite, un religieux agenouillé sur un prie-Dieu. Il est habillé de blanc, la tête rasée avec couronne de cheveux, et tient la crosse abbatiale. Une banderolle met dans sa bouche une phrase en partie illisible, tracée en noir sur fond blanc et en caractères gothiques : NASCENTIS... ET CLARV1T CLARA... D... NATUM. Sous le sujet se trouve une inscription qui paraît contemporaine de la confection de la tenture : EX DONO MAGISTRI NICOLAI BOYRCloIS TORNACKNSIS, elle est tracée en carac- tères gothiques jaunes sur fond rouge. Tapisserie en laine, d'un grain bien prononcé et assez gros. Conser- vée à la cathédrale de Tournai à qui elle a été donnée récemment par Mgr Dehaisne. (I) De la Horde. Les ducs de Bourgogne, tome i, p. 94 — 248 — 81. — Petite tapisserie représentant l'Ecce homo. On y voit Notre-Seigneur, à mi corps entre deux sol- dats ; dans le fond un paysage avec monuments. Une étroite bordure à fleurs et à fruits dans laquelle on trouve les armoiries trois fois répétées de Nicolas Pothier, (1534) chanoine de la cathédrale de Tournai, entoure le sujet. La tapisserie est faite de fils de laine et de soie, sur- décorée de broderies en fil d or. Elle ornait autrefois le tombeau du chanoine, dans la cathédrale, où elle se trouve encore aujourd'hui. D'après une tradition fort probable, cette œuvre doit être attribuée à nos ateliers. (Hauteur 1 mètre, largeur 0,80 centimètres.) 82. — ... Une chambre de tapisserie à fond per- semé d'oiselets et portant les armes des Gargatte.... (1503 Testament Agniez de S. Génois. | 83 — 1501. Quatre tentures à personnages à ma- nière de Banquet, livrées par Colart Bloyart à Philippe le Beau, archiduc d'Autriche. Elles étaient en soie, mesuraient 209 aunes et furent payées 442 livres flandre (î). 84 — 1504. Tapisseries à la manière de Portugal et de Indye, vendues par Jean Grenier à l'archiduc. Elles mesuraient 436 aunes et coûtèrent 748 livres. Le compte où elles sont mentionnées les appelle « une riche tapisserie bien richement faite. » Elles furent envoyées en France à un personnage dont le nom n'est pas connu (2). (1) Archives du Nord à Lille, recette générale des finances, 1501. Voir Houdoy. Les tapisseries de hautes-lisses..., p. 141. (2) Ibidem. — 249 — 85 — 1504. Trois pièces de tapisseries « servant à couvrir bahuts armoiées aux armes de lévesché de Tournai » et de l'évéque Charles du Hautbois, achetées à Clément Sarrasin (î) ; elles mesuraient 48 aunes. 80 — 150 t. Deux tapis à l'image de S. Martin et de S. Nicolas, achetés entre les mêmes parties et destinés à l'église de Saint-Laumcr à Blois. Chacun d'eux me- surait 7 aunes et fut payé à raison de cinq sous de gros l'aune, soit 35 sous de gros ou il livres llandre (2). 87 — 1505. Six grandes pièces de l'histoire du Banquet œuvre de Jean Grenier. Elles mesuraient aunes, a 13 livres l'aune. Cette histoire de banquet, désignée parfois aussi sous la dénomination de condamnation de banquet et de souper se rencontre fréquemment parmi les produits de nos ateliers. Nous donnons a la planche ci-contre un des tableaux d«* cctt«' histoire, d'après la série con- servée au musée lorrain de Nancy, qui provient de la tente deCharles-le- Téméraire, et qui, nous l'avons déjà dit au n" 60, pourrait bien être tournaisienne et sortir des ateliers de Pasquier (i renier, fournisseur ordinaire du duc de Bourgogne. Banquier Grenier, on s'en sou- vient, légua à ses fils tous ses cartons de tapisserie. 88 — 1505. Une chambre de tapisserie à person- nages de vignerons. U0 aunes» a 3Q livres l'aune. 8(J. — Une chambre de tapisserie à personnages de bûcherons, 330 aunes à 30 livres l'aune. {\ \ Archives du Royaume à Bruxelles, fonds de i'évèeué de Tournai, supplément n" 3, '2" partie. Compte de 1504-5. (2) Ibidem. — Ces tapis n'existent plus à Blois. les" tapisser. 17 — 250 — Ces trois derniers articles, achetés par Philippe le Beau, en même temps que six grands tapis velus de Turquie à 36 livres l'aune, à Jean Grenier, pour le prix global de 2472 livres, furent emportés par l'archi- duc en Espagne (î). 90 — 1505. Tapisserie vendue par Meaulx de Vis- quere à Henry Remont, marchand à Nuits sous Beaune, 17 livres de gros (2). 91 — 1505. Tapisserie vendue par Jacques de larcq à Leuridan, marchand à Lyon, pour 238 1. 18 s. (3). 92 — 1508. Trois chambres de tapisserie et une salle vendues par Antoine Grenier au cardinal d'Am- boise pour le château de Gaillon, au prix de 1785 L 13 sous (4). 93 — 1509. Tapisserie de la chaste Suzanne, cinq pièces formant 8 tableaux, appartenant à M. Paul Marmottan de Paris. Ces tapisseries décrites par MM. Guiffrey et Mar- mottan, dans une élégante brochure, accompagnée de très belles planches en photogravure (5) déroulent sur leurs cinq panneaux toute l'histoire de la chaste (1) Archives du Nord. Recette générale des finances 1503. Voir Houdoy, p. 142. (2) T. 3328. Journal des Prévost et jurés 2G novembre 1505. (3) Compte d'exécution testamentaire de Catherine du busquiel veuve de Jacques de larcq. (4) Deville. Compte des dépenses du château de Gaillon, — cité par A. Pinchart. (5) La tapisserie de la chaste Suzanne, notice historique et critique par Jules Guiffrey avec une introduction par Paul Marmottan. Paris, 1887, in-4°. — 251 — Suzanne, si populaire au XYP siècle. Huit scènes sépa- rées par des colonnettes et des arcatures légères et surmontées chacune d'une large banderolle avec texte, retraçent les différentes péripéties du drame. Pu Pièce. Le premier tableau représente un person- nage assis et lisant, qui énonce le sujet de la tenture : Seigneur qui voyez cette histoire I)e Susanne la belle et bonne Retenez en vostre mémoire Que Dieu ses serviteurs puerdonne EEt jamais ne les habandonne. Mais ceulx qui quierent trahison Kl) la fin d-r l |fs ;m\ îr-iim* Comme droict le vœlt et raison Dans le second tableau . Suzanne entre dans le jardin ou elle va se baigner et elle commence à se déshabiller. Susanne par ses demoiselles Se faict dospouillier toutte nue Au jardin où s<>nt fleurs nouvelles Pensant oux vieillars pour luv faire guerre Ll guettent par malvais propos Susanne envoie unuueiens querre Bu disant que l'huis soit bien clos '2r pièce, \" tableau. Suianne surprise au bain par les deux vieillards. Les luxurieux viellars virent Susanne au bain toutte seullett<\ De son déshonneur la requirent' Mais tost refusa leur requeste. 5e tableau. Suzanne veut rentrer dans sa maison, elle est poursuivie par les vieillards qui la pressent ou la menacent. Susanne dont les viellars requeroyent La menachant en la manière telle Qu'ilz diroient que trouvée ilz avoyent Homme faisant péchié avecques elle. 3e pièce, 6e tableau. Suzanne accompagnée de son mari se rend au tribunal pour y être jugée. Joachin de Susanne espous Fut de ce rapport doloreus Et se réputoit devant tous Povre chétif et malheureus. 4- pièce, 7e tableau. Les vieillards condamnés par Daniel. 11 trouva ses accusateurs Deceptis vieillars ayant tort Les comdempna devant plusieurs Et Susanne ga(r)da de mort. 5e pièce, 8e tableau. Les deux vieillards sont con- duits au supplice. Ainsi lurent menez soudain Au lieu pour souffrir grief tourment Le peuple loant Dieu haultain S'esjoissoit du jugement. Chacune des scènes renferme de nombreux person- nages un peu entassés mais groupés d'une manière très décorative. Les costumes indiquent la fin du XVe siècle ou du moins les toutes premières années du XVIe siècle, et si de nombreux détails sont déjà dans le goût de la renaissance, l'ensemble de la composition s'inspire encore des traditions de l'art gothique. HISTOIRE DE ! Tapisserie appartenant à An A.STE SUZANNE iy P. Marmottan, à Paris. - 253 - Un des motifs de décoration est l'emploi de mots et de lettres sur les vêtements des personnages et dans le pavement des salles. Outre les banderolles avec texte, on trouve encore le nom de quelques person- nages et en particulier cejui de Suzanne, écrits en tra- vers d<1 leurs Yrtemont^. Les tentures sont en laine, d'un grain assez gros avec quelques rehauts de soie. Mutin, el c'est ici que la chose nous intéresse parti- culièrement, MM. Marmottan et Quiffrey'sont bien près de les déclarer d'origine to uraisienne. Et de fait cette origine nous paraît certaine. Les tapisserie^, qui portent les armes de Cirey et de .lacqunt, deux familles de lînurgogne, semblent n'avoir pas quitté ce pays où elles ont été retrouvées récem- ment. Ces armes qui rappellent une alliance datant de la fin du X\T si mai LMi». ceux-ci résolurent de lui don- ner satisfaction, mais n'ayant pas trouvé en ville une tapisserie confectionnée qu'ils pussent offrir de suite au comte ils décidèrent de s'adresser aux marchands ou courtiers de Bruxelles, Anvers ou Bruges pour en acheter une. C'est seulement plus tard qu'Arnould Poissonnier accepta de se charger de cette commande et il en lit livraison le 9 décembre 1516(2). sins de tapisserie (1526 compte Villet). Ung couvretoir pers, ouvré de tapisserie. Ung banequier ouvré de tapisserie (1527 compte Jehan Gom- baulti. Ung ooovretoir de tapisserie sur ledit drechoir: ung petit bane- quier de tapisserie (ibidem). Une pièoe de haultelice (1540 compte Jeban de Torcoing) IVux kinrquiers de haulteliche vi lb. (1541 compta Jacques de le barre. (1) T. Compto généraux commençant le 1er octobre 1516. Voir aux pièces justihVatives. n° 25 tout le détail des négociations. (2) T. 17S, Consaai des 22 avril et 16 mai 1516. Le 26 mai 1517 les — 258 — 103 — 1513. Six pièces de la cité des Dames par Jean Grenier offertes par la ville de Tournai à Mar- guerite d'Autriche, douairière de Savoie. Elles mesu- raient 463 aunes et trois quarts, à raison de 7 sous de gros l'aune (î). 11 lui fut alloué de ce chef 39 livres 2 sous 7 deniers de gros le 29 novembre 1513 (2). Ces tapisseries sont relatées comme suit dans l'inventaire de Marguerite d'Autriche, dressé h Malines le 18 juil- let 1516 : * Six pièces de tapysserie appelée la cité des » Dames où il y a de la soie et sont esté données à n Madame par ceulx de la cité de Tournay quand elle v y alla devers le roy d'Angleterre » (3). 104 — loi 3. Cinq panneaux représentant le voyage de Caluce achetés à Arnould Poissonnier et offerts à Me Robert de Wict/ei conseiller du roi d'Angleterre. Ils coûtèrent 42 gros l'aune (4) et mesuraient 155 aunes. 105 — 1513. Chambre de tapisserie décorée de l'histoire d'Hercule présentée par la ville à monsei- gneur de Ponnmch (5) lieutenant- général du roi Henri VIII et son Bail I y à Tournai, estimée cinq cent livres de gros. Elle fut commandée à Clément Sarrasin et mesurait 360 aunes à raison de 72 gros l'aune ; sa hauteur était de six aunes. Consaux reçurent du duc de Sufiblck une lettre - les remerchiant du présent de six pièces de tapisserie qu'on lui a fait de par la ville comme promis lui avoit esté. » Au lieu du traditionnel « dont acte » de nos procès- verbaux modernes. On lit en marge de cette communi- cation : » On est bien joyevlx de son gracievx remerchiment. » (1) T. 178. Consaux du 13 décembre 1513. (2) T. n° 178. (3) Houdoy. Les tapisseries de hautes-lisses, p. 154. (4iT. 178. Consaux du 13 décembre 1513. (5) Ibidem. — 259 — Nous avons rapporté plus haut les conditions du marché de cette tapisserie. Nous donnons aux pièces justificatives (a* 24 ,) le contrat passé entre le magistrat de Tournai et le tapissier. Clément Sarrasin étant venu à mourir avant d'avoir achevé la tapisserieen question, Etienne de Grvnauponi reprit son entreprise et acheva les tapisseries que Sarrasin n'avait pu terminer (l). Celui-ci légua les car- tons derhistoired'Herculesà « Olivierson compère » (2). 100 — 1513. Chambre de tapisserie promise par la ville au maréchal de Chatillon (3). Voir n° 123. 107 — 1513. Tapisserie offerte par le magistrat de Tournai au roi Henri VIII. Mlle fut confectionnée par Amould Poissonnier. Le sujet n'en est pas connu, le comptable ne l'ayant pas mentionné dans ses écritures; et cette omission est d'autant plus regrettable que possédant l'inventaire des tapisseries délaissées par Henri VIII à sa mort, on y eut trouvé des détails sur cette tenture. Kile coûta 360 livres 8 sous 0 deniers(4). 108 — 1513. Douze pièces représentant les Douze mois de l'année achetées à Jean Devenins par le magis- trat de Tournai pour rtre données à l'aumônier du roi d'Angleterre. Elles furent pavées 50 livres de gros (5). 109 1513. La levée du Siège de Dijon en 1513. (1) T. 3318. Journal dos Prétest et Juréa du 17 décembre 1573. (2) T. Son testament. (3j Promise au maréchal avant la conquête anglaise, elle ne lui fut donnée qu'en 1510, après que la ville eut fait retour à la France. (4) T. 178. Consaux du 3 décembre 1513. P, J. n° 26. (5) Ibidem. — 260 — Superbe tenture conservée au musée de cette ville com- prenant trois scènes encadrées sous une triple arcade. Le dessin que nous donnons d'une partie de cette tapisserie nous dispensera de la décrire. Son origine comme la date exacte de sa fabrication sont inconnues. M. Wauters, se fondant sur la présence dans la ten- ture de trois écussons marqués d'un G surmonté d'une sorte de 4, la croit d'origine tournaisienne et confec- tionnée dans les ateliers d'un Grenier, famille qui a donné plusieurs tapissiers renommés. Tel n'est pas l'avis de Pinchart, qui se refuse à voir une marque d'artisan ou d'atelier dans cet écu posé d'une façon si ostensible. Peut-être bien serait-elle de fabrication brugeoise l Les éléments manquent pour élucider la question et nous devons nous borner à la poser sans chercher à la résoudre (i). 110 — 151 1. ClèmeM Sarrasin étant mort en 151:3 ou 1514 légua à l'église Saint-Jacques, pour la con- frérie de Notre-Dame - ung rabateau de tapisserie afïïn de le tendre devant elle au candeler et le jour de sainte Geneviève » (2). 111 — 151 1. Par \o même acte, Sarrasin qui se qualifie marcheteur lègue encore - ung drap de Tur- quie fait de nostre mestier - au procureur Loys de le Rue, et à une autre personne une - demy douzaine de coussins de verdure qui sont en Bruges, à la queue de vacque. » (1) Voir la description de la tenture, au catalogue du musée de Dijon (1883) n° 1445. (2) Voir son testament, sans date, mais classé parmi les actes de 1514, aux archives de Tournai. LE SIEGE DE DIJON EN 1513. — 863 — 112 — 15] 1. i'W'nn'nt Sarrasin lègue à son frère Jacques Sarrasin les cartons de l'histoire de Moïse (î). 1 1 ^ 1 ' . — On conserve à Vienne 9 pièces de l'histoire de Moïse, datant du WT siècle et originaires des Pays-Has. Kll«\s proviennent de la succession de l'em- pereur François I de Lorraine, mort à Inspruck le 18 août 17G5, et portent outre la croix lorraine deux marques, l'une composée de 4 lettres entrelacées dans lesquelles on retrouve : gTai, l'autre d'une sorte d'X surmontée d'une croisette. Sans vouloir identifier cette série avec celle du numéro qui précède, il n'est pas téméraire de la sup- poser tournaUienne. La croix le lorraine qu'on y rencontn» n'\ fait pas <»li>tarl«». On sait <*n elîet que fréquemment on a placé ou modifié après coup des armoiries sur des pièces de tapisserie ; quant à la mar- que d'atelier 00 peut très vraisemblablement y voir le O, lettre initiale du nom de (irenicr et les lettres Tai, indiquant la ville de Tournai. IL'» — 1516. (Ja banquier de menues verdures à bestes vendu par Jean Drrrnius a madame de Pon- ninch, la veuve du gouverneur de Tournai qui avait précédemment acheté à Clément Sarrasin l'histoire d'Hercule (2). 111 — 1516, I > i x pièces de tapisserie des Douze mois de l'an, confectionnées par le même tapissier, et vendues a Qeorges Lourdiau. Klles mesuraient (1) Ibidem. (2) Compte de tutelle de Manon Devenios 1516. P. J. a. 28. — 264 — 250 aunes au prix de 36 gros l'aune, soit pour le tout 164 livres' 4 3 "sous (î). 115 — 1516. Chambre de tapisserie de l'histoire d'Holopherne et de Judith, achetée à Arnould Pois- sonnier, par monseigneur de Montjoie, gouverneur général de Tournai pour Henri VIII. La ville lui fit don de deux cents aunes de ladite tapisserie, ce qui à raison de 5 sous 6 deniers de gros l'aune, valait 385\livres tournois (2). 116 — 1516. Une pièce de tapisserie de verdure vendue par le même à un marchand de Paris, au prix de 26 gros l'aune. — Deux pièces de tapisserie grande verdure vendues à un autre marchand de Paris (3). H7 — 1516. Diverses tables d'autel vendues par Devenins à Frans de Renières, à Arnould Poissonnier, et à un marchand de Paris (3). Hg — 1516. Jehan Sezaire, tapissier, vend une pièce de tapisserie à Jehan Devenins (4). 119 — 1517. Vente de pièces de tapisserie par Ernoul du Prêt à raisou de 10 sous l'aune (5). 120 — 1518. Tapisserie donnée par la ville à mon- seigneur des Loges, gouverneur; ou plutôt, paiement fait au même, de * 500 francs monnaie royale, (1) Compte Je tutelle de Manon Devenins 1516. P. J. n. 28. (2) T. Comptes généraux commençant le 1er octobre 1516. (3) Compte de tutelle de Marion Devenins 1516. P. J. n. 28. (4) Son compte d'exécution testamentaire. (5) Idem. LA CONDAMNATION DE BANQUET ET DE SOUPER Tapisserie conservée au Musée Lorrain de Nancy. - 265 — 20 patars pour le francq, » à valoir sur le prix d'une tapisserie qu'il avait achetée (1). 121 — 1518. Même libéralité de cinq cents francs, monnaie royale à monseigneur de Proisy, bailly de Tournai, « en advanchement d'une semblable chambre de tapisserie » (2). 122 — Tapisseries de l'histoire du banquet, « ten- » dues à l'ostel de sire Jehan Grenier lorsque mons. le » marissal de chastillon estoit en ceste dicte ville. » — Elle ne nous est connue que par les actes relatés au numéro suivant. 123 — 1519. Huit pièces de tapisserie représentant l'histoire de Banquet confectionnées dans les ateliers de Colart de Burbure par sa veuve Jeanne le Francq et les ouvriers travaillant sous ses ordres et parmi lesquels figure Jean Martel, son gendre; elles furent offertes en présent par la ville à monseigneur de Chas- tillon maréchal de France. Cette chambre qui fut payée à raison de 9 sous de gros l'aune mesurait 498 aunes. Elle fut faite sur le modèle de semblable chambre qu'avait remarquée le maréchal chez Jean Grenier, lors du séjour qu'il fit à Tournai en 1513. La veuve de Burbure livra d'abord cinq pièces en 1519 et les trois autres le 10 avril 1520. On verra des détails intéressants, relatifs à cette commande, aux Pièces justificatives n° 29 et même le compte d'emballage et d'envoi des cinq premières (1) T. Comptes généraux commençant le 1er avril 1518 avant Pâques. (2) Ibidem. LES TAPISSER. 18 — 266 — pièces qui par son originalité nous a paru mériter d'être ici consigné. 124 — 1519. Chambre de tapisserie achetée par Me Jehan Hurault conseiller du roi « autrefois beson- gnant avec monseigneur de Proisy » et sur laquelle la ville lui fait don de deux cents écus d'or (i). 125 — 1521 . Tapisseries achetées à Adrien Lefebvre par la ville, pour être offertes à monseigneur de la motte lieutenant-général du gouverneur. Elles mesuraient 233 aunes et furent payées 250 livres 5 sous (2). 126 — 1522. Tapisserie valant 50 livres de 'gros, offerte au gouverneur de la ville (3). 127 — 1525. Quatre pièces de tapisseries vendues par Jean le Vostre, tapissier à Pierre Poissonnier, aussi tapissier. Voir le contrat aux Pièces justificatives n° 30. 128 — 1530. Tapisserie représentant le mariage de la Ste Vierge, léguée à l'église Saint-Quentin. « Item je donne à ma dicte église paroissiale de » Saint-Quintin une pièche de tapisserie figurant le » mariage de la glorieuse Vierge Marie à Joseph, r> laquelle veul aux bons jours estre mise à la manière v accoustumée a la chaiere de lichené de ladicte (1) T. Comptes généraux commençant le 1er avril 1519 avant Pasques. (2) T. Comptes généraux commençant le 1er octobre 1521 , et archives du Royaume à Bruxelles. Chambre des comptes registre 39,939 f. 140. (3) T. n° 181. Consaux du 29 janvier 1522. — 267 — » église. » (Testament Catherine de Mouchin, veuve de Pierre d'Ablain, 30 juillet 1530.) 129 — 1530. Histoire de la vie et de la mort de la Vierge Marie, en 17 pièces conservées à la cathédrale de Reims. Ces tapisseries données à la cathédrale par l'arche- vêque Robert de Lenoncourt, qui occupa le siège épiscopal à partir de 1509, ne portent ni nom ni marque de tapissier, ni indication de la ville où elles furent confectionnées. Seule une inscription placée sur la 16e tenture (représentant la mort de la Vierge) indique le nom du donateur et la date de l'achèvement des tapis, 1530. Nous n'en donnerons pas ici une description com- plète. On la trouvera dans la brochure que nous avons écrite sur les tapisseries de la cathédrale et de Saint- Remy à Reims (î); dans l'ouvrage de Charles Loriquet : les tapisseries de Notre-Dame de Reims (1876) et dans cet autre du même auteur les tapisseries de la cathédrale de Reims (Paris 1872; qu'accompagnent de superbes héliogravures in-folio. Les sujets représentés dans cette admirable série sont les suivants : 1 L'arbre de Jessé. 2 Anne et Joachim renvoyés par le grand prêtre. 3 Rencontre de Joachim et d'Anne à la porte dorée. 4 La nativité de la sainte Vierge. 5 La présentation de Marie au temple. 6 Marie dans le temple. 7 Joseph et les prétendants à la main de Marie. (I) Bulletin de la Gilde Saint-Thomas et Saint-Luc, (20e réunion, 1886), tome 6, avec 2 planches. — 208 — 8 Le mariage de la sainte Vierge. 9 L'Annonciation. 10 La Visitation. 11 La Nativité de Notre-Seigneur. 12 L'Adoration des mages. 13 La présentation de Jésus au temple. 14 La fuite en Egypte. 15 Les trois Maries ou la famille du Sauveur. 16 La mort de la sainte Vierge. 17 L'Assomption. Chaque tenture présente comme sujet principal, un épisode de la vie de la sainte Vierge. Il en occupe le centre et est généralement encadré par un portique richement décoré dans le style de la Renaissance. Dans le haut, à droite et à gauche, un sujet emprunté à l'ancien testament, qui est comme la figure du sujet principal et n'occupe dans la composition qu'une place secondaire et effacée. Au premier plan, dans chacun des angles inférieurs, un prophète qui annonce l'évé- nement retracé par la tapisserie et lui sert en quelque sorte de témoin. Ces divers sujets sont juxtaposés; rien ne les sépare, parfois même ils se pénètrent récipro- quement de telle façon qu'au point de vue du coup d'oeil ils ne forment qu'un tout. De nombreux textes en latin, inscrits sur des rollets, accompagnent chacune des scènes. Dans le bas de chaque tenture, deux qua- trains en vers français en exposent le sujet. En plu- sieurs endroits de chacune d'elles, on trouve des bannières aux armes écartelées de l'archevêque et de l'archevêché. Bien que les constructions figurées dans les pan- neaux soient franchement renaissance, la composition dans son ensemble est encore gothique. Pleine d'am- pleur et de majesté, elle est riche et abonde en détails, — 209 — sans pour cela être confuse ; les figures sont nobles et traitées avec beaucoup de sentiment, le dessin est correct, le coloris brillant, les accessoirs nombreux et variés, comme il appartient à la peinture textile. Les panneaux sont de forme carrée ou à peu près et mesurent pour la plupart 5 mètres 10 de côté, bordure comprise. Quelques-uns sont un peu plus larges, pour correspondre exactement à la largeur des travées du cho;ur auxquelles ils étaient destinés. Trois d'entre eux sont plus petits et ne mesurent que 3 m. 70 de hauteur sur 2 rn. r>0 de largeur. Enfin, en ce qui concerne l'époque de leur confection, OU sait seulement que terminés en 1530, ils n'ont pu être commencés avant 1509 date de la nomination de Robert de Lenoncourt au siège de Reims. Nous croyons pouvoir revendiquer ces tentures pour l'un OU l'autre des ateliers de nos grands tapissiers, tels que Grenier, Sarrasin, de Viscre, Poissonnier, de Burbure, Devenina ou du Moulin qui tous étaient capables de les produire. Aucun des éléments qui concourent à déterminer une origine ne repousse, remarquons-le d'abord, cette attri- bution. Tous au contraire semblent la confirmer. Les auteurs de V histoire générale de (a tapisserie proclament cette série le chef-d'œuvre de la tapisserie française; loin d'y contredire, nous partageons leur opinion, en faisant remarquer dès maintenant que Tournai, ville de France, ne fut détachée de ce pays qu'en 1521; que profondément imprégnée de l'esprit français elle le garda longtemps encore après la con- quête et que même après la séparation politique d'avec la France, son siège épiscopal continua à être sulïra- gant de celui de Reims. — 270 — M. Loriquet après avoir étudié avec le plus grand soin tous les détails de ces tapisseries résume son opi- nion dans les trois points suivants : Inspiration flamande, cartons français et confection flamande — puis cepen- dant il hasarde cette opinion que peut-être elles pour- raient bien avoir été fabriquées à Reims, tout en reconnaissant qu'aucun élément certain ne vient confir- mer cette hypothèse. Tenons-nous en donc à sa première opinion, la seule qui soit fondée sur l'examen des divers caractères des tentures que nous examinons. Inspiration flamande, cartons français, confection flamande. Ces trois points que nous pouvons encore résumer en un seul, caractère franco-flamand, ne répondent-ils pas exactement aux œuvres des artistes tournaisiens? Tournai, enclave de France dans les terres de Flandre, siège d'un évêché flamand et boulevard avancé de la France vers les Pays-Bas, ville flamande par ses tendances artistiques et française par la langue ! Quelle autre ville possède ce double caractère et français et flamand, ce style mixte si reconnaissable et si profondément marqué dans une foule d'œuvres. Et surtout quels autres ateliers de tapissiers que ceux de Tournai pourraient le réclamer. N'était-il pas tout naturel que les français de Reims fassent leur commande aux français de Tournai; que l'archevêque de Reims s'adressât à son suffragant de Tournai pour lui demander un habile tapissier à qui il pût confier le soin de décorer sa cathédrale? Nulle autre ville aussi proche ne fabriquait ces ten- tures de valeur que voulait l'archevêque, nulle autre n'avait autant de rapport avec Reims, une des douze villes que des traités de commerce spéciaux unissaient a Tournai. Notre fabrication était alors à son apogée; ses pro- duits ornaient les palais rie Bourgogne, de France, d'Angleterre, d'Autriche et d'Eftpagne! Les Grenier seuls, puissante famille de tapissiers, avaient pour clients les plus grands seigneurs et plusieurs prélats de France. Mais examinons quelques détails qui viennent con- firmer cette attribution. Nous avons vu plus haut combien étaient suivis les rapports de nos marchands avec ceux de la Champagne et de la lîourgo^ne. Bn 1460 on trouve Pasquiec Qrenier plaidant devant nos Prévost et .Jurés contre un marchand de Reims, Ciérardin (ilaude, qui lui devait cent écus d'or (i). Nos tapisseries furent donc connues de bonne heure dans cette ville. En 1512, un tapissier, Hermès de Viscre, plaidait à son tour, à Reims t contre nn autre tapissier. Ils sou- mettent leur différend à des arbitres tournaisiens. En 1505, Môaull de Viscre, (ne serait-ce pas le fcnémef) vendait des tapisseries a un marchand de Nuys sous Beau ne (2). Fn 1535, Jean du Moulin entreprend pour un cha- noine de Reims la tapisserie de S. Symphorien qui devait comprendre six pièces. Le contrat fut passé devant notaire à Reims. Qui sait si notre tapissier ne dut pas cette commande à l*efiet produit par les tapisseries de la cathédrale (1) T. rr 3312, Prévost rt Jurés, 6 -Janvier 1460. (E) T. tt« 3228. — 272 — et de Saint-Remy, œuvre d'un compatriote sinon la sienne, peut-être? En outre, plusieurs détails des tapisseries accusent les procédés de nos artisans. Leurs caractères artistiques, leur aspect franchement franco-flamand, appartiennent à notre art et permet- tent de croire que comme pour les tapisseries de saint Symphorien les cartons sont dus à des artistes tournaisiens. Ces textes nombreux sur des banderolles, en latin et en français, nous en avons constaté l'emploi fréquent dans les tapisseries authentiquement connues. Les mots et les assemblages de lettres garnissant les galons dans les vêtements des personnages et qu'on rencontre dans l'histoire de la vierge, en grande abondance, nous en avons relevé le caractère tout local et bien tournaisien. La bordure des tapisseries composée de fleurs de lys et de Dauphins alternant entr'eux, rappelle encore un des motifs décoratifs les plus fréquemment employés à Tournai à la fin du XVe siècle. Concluons donc que tous les caractères des tapis- series de Notre-Dame de Reims dénotent une fabri- cation tournaisienne et que les rapports qui existaient entre cette ville et Tournai au moyen-âge permettent d'affirmer qu'elles ont dû être faites dans cette ville. 130 — 1531. La vie de saint Remy en dix pièces conservées dans la basilique de Saint-Remy à Reims, données à l'abbaye de ce nom par l'aichevêque de Reims, Robert de Lenoncourt en 1531. Chacun des dix tentures comprend un sujet prin- cipal et deux ou trois sujets secondaires qui se grou- pent autour du premier. Celui-ci est presque toujours encadré par un superbe portique de style renaissance. LA VIE DE SAINT REMY (10" pièce). pÛStknt uîû 'i artrr pmfi roranflrr * JEomrrf i\n rjrjia/i fatri i?rmy Vfilaulli J iru a la àrftrr f laulirrala irnfitrf \ E ptlw ; oyrutx aptrs quvl rul torroyWfo Tapisserie conservée à l'église Saint-Remy, à Reims. - 2?r> _ Les légendes inscrites on caractères gothiques noirs sur dos rollets a fond rouge ou jaune, sont en français. Les noms des personnages sont fréquemment inscrits, sous leurs pas, en caractères romains. Ces tapisseries, dont l'état de conservation est remar- quable et dont l'éclat est encore surprenant, malgré leur âge, présentant les mémos caractères artistiques et archéologiques que celles de Yhisloire de la sainte Vierge, conservées à la cathédrale : composition des cartons, fabrication, coloris, costumes, accessoires; mais elles leur sont supérieures sous plusieurs rap- ports; la composition a plus d'ampleur et plus de feu; elle a perdu les dernières raideurs qu'on rencontre encore dans les cartons de l'histoire de la Vierge. Cer- tains sujets offrent une grâce et une majesté vraiment remarquables. Le dessin est dû à une main déjà savante; les accessoires sont tout à la fois plus abon- dants et mieux traités. Enfin par leur caractère historique, en même temps que religieux, elles otlrenl le plus vif intérêt (1). Comme pour les tapisseries de X histoire de la Vierge Mario on ne connaît ni Tasiteur des cartons ni l'atelier d'où elles sont sorties ; mais elles présentent les mêmes caractères artistiques et industriels que celles-ci, nous nous croyons donc fondé pour les motifs que nous avons donnés au numéro précédent «à les revendiquer, comme elles, pour la fabrication toumaisienne. Les dix sujets principaux des tentures sont : L La naissance de saint Remy (au centre) et acces- soirement trois scènes du miracle de saint Montain. (1) Voir : G. Lrhlan. Monographie de l'abbaye et de l'église de Saint Remy de Reims, in-S. 1SJV7. Jubinal, les anciennes tapisseries historiées; et les autres ouvrages cités nu numéro précédent. — 276 — 2. Saint Remy est nommé évêque. 3. Les miracles de saint Remy; l'incendie de Reims; saint Remy à table; la jeune fille possédée; le tonneau de vin. 4. Conversion de Clovis; la bataille de Tolbiac; saint Remy instruisant le roi ; le baptême de Clovis. 5. Miracles de saint Remy : le tonneau de vin donné à Clovis; le meunier et son moulin; saint Génébaud envoyé en prison, saint Remy l'en fait sortir. 6. Le testateur ressuscité : le testament; le procès; le recours à saint Remy; la résurrection du testateur. 7. L'incendie des récoltes (3 épisodes) et le Concile contre les Ariens (2 scènes). 8. Vieillesse et mort de saint Remy. Il chante mati- nes avec saint Pierre et saint Paul (2 scènes ;) il est malade; il donne la communion à son clergé; sa mort. 9. Funérailles de saint Remy (2 scènes;) l'inhuma- tion dans une église; la peste de Reims, guérie à l'intercession de saint Remy. 10. La translation du corps de saint Remy; le sol- dat puni; saint Remy châtie l'archevêque de Mayence; et enfin la donation des tapisseries. En bas à droite, se trouve représenté le donateur portant de riches vêtements sacerdotaux, agenouillé sur un prie Dieu devant la vierge Marie qu'accompa- gnent saint Remy et saint Jean. Près de lui se trouve le texte qui suit : L'an mil cinq cents trente et ung adjoustez Le révérend Robert de Lenoncourt Pour décorer ce lieu de tous coustez Me fict parfaire encor le bruyt en court. Honorant Dieu et sa céleste court En laquelle est le benoist sainct Remy — 877 — Il rue donna pour le cas faire court Ccste demonstre de son saint amy (ij loi. — La sainte Famille servie par les anges, panneau do 'Z mètres 40 centimètres fie côté, qui paraît avoir autrefois servi à décorer le ciel d'un dais de procession. La tapisserie se compose d'un panneau central, représentant la sainte famille au pied d'un arbre chargé de fruits. La sainte Vierge, assise, compose un bou- quet des llcurs qu'elle prend dans une corbeille posée à ses pieds; saint Joseph, debout près d'elle, reçoit les fruits que lui avance un ange placé dans l'arbre; il les offre à L'Enfant Jésus. Plusieurs anges cueillent les Heurs dont la prairie est émaillée. Des animaux de tout genre et des oiseaux, animent le paysage. A gauche un berger garde ses moutons; dans le fond coule une rivière. Dix-huit petits sujets formant autant de tableaux distincts, et mesurant trente-sept centimètres de hau- teur, sur une largeur moyenne de trente à trente-cinq centimètres, l'entourenl et lui servent d'encadrement. Au centre, en haut, le crucifiement ; immédiatement en dessous, dans la bordure du bas, Adam et Eve sous l'arbre du paradis terrestre — figurant la rédemption et la faute: -- dans le haut, l'annonciation et la Visi- tation, qui caractérisent la nature humaine de l'Enfant Jésus; dans le bas, l'adoration des mages et l'adora- tions des bergers, qui proclament sa nature divine. Aux quatre angles, les quatre évangélistes, saint Jean, saint Luc, saint Marc et saint Mathieu. Enfin d'un côté : le sacrifice d'Abraham — sainte (1) L'obligeance de M. .1. Guiffrey nous permet de donner la repro- duction d'une de ces tentures qui figure dans son Histoire de la tapisserie. — 278 — Agnès — Suzanne au bain — sainte Marie-Madeleine. De l'autre, saint François d'Assises — le roi David, agenouillé devant le Christ en croix — sainte Catherine — l'échelle de Jacob. Ces huit derniers tableaux forment un singulier mélange, qu'il paraît bien difficile d'expliquer. La tapisserie, laine et soie, d'un grain assez fin pré- sente les caractères artistiques que nous avons recon- nus aux tapisseries de Tournai. Elle ne porte aucune marque. Le dessin est bon, les attitudes élégantes, le coloris d'une grande richesse de tons, très harmonieux et encore très vif. On la conserve à l'église Saint-Brice à Tournai, mais les archives de cette église sont muettes sur son origine. 132. — Rabateau de tapisserie, long de 3 mètres 70 centimètres et haut de 48 centimètres. Il contient six sujets que séparent seulement des arbres au riche feuillage, chargés de fruits. Au premier plan, une prairie émaillée de Heurs, animée par des animaux de tous genres, moutons, singes, chiens, lézards, écu- reuils, grenouilles, couleuvres, papillons, oiseaux divers. Le premier tableau représente Adam et Eve dans le paradis terrestre; Eve reçoit du serpent la pomme qu'elle offre à Adam. Le père du genre humain est assis auprès d'un poirier dans les branches duquel se tient un paon, juste au-dessus de sa tête. Un superbe lion couché au pied de l'arbre de la science du bien et du mal, semble le garder. — Le fond du tableau se compose d'arbres au feuillage varié; des animaux de toutes sortes peuplent le paradis terrestre. ' Deuxième tableau : Loth et ses filles, fuyant de So- — ->79 — dorne; derrière eux, la femme de Loth se retourne pour contempler l'incendie ; dans le fond du tableau, la ville en feu. Troisième tableau : les disciples d'Emmaùs; ils sont assis à table, avec le Sauveur; celui-ci adossé à un chêne étend les mains sur un pain qui est placé en face de lui; un serviteur apporte un plat; derrière eux, l'hôtellerie; dans le fond, un cours d'eau animé par des barquettes. Quatrième tableau : Moïse sauvé des eaux. La fille de Pharaon, accompagnée de trois suivantes, prend le berceau de Moïse, flottant sur une rivière, entouré de cygnes; dans lo fond, un château fort. Cinquième tableau : Joseph descendu dans un puits, par ses frères. Sixième tableau : lïmessè de Balaam. Le prophète, monté sur l'ânesse, lève son bâton pour la frapper; celle-ci tourne la téte et semble lui parler; derrière le prophète, marchent deux disciples. Au premier plan et en face de lui, un ange tire le glaive du fourreau, et semble vouloir barrer la route. Cette tapisserie qui présente les mêmes caractères artistiques que la précédente, semble un peu moins ancienne que celle-ci. Elle a sans doute servi autrefois à orner la cuve de la chaire de vérité et appartient aussi à l'église Saint-Brice a Tournai. [38 _ 1513. M' Jeha* Qodebriet tapissier, achète des tapisseries à Gilles Pasquier, tapisseur (1). 134 — 1534. M Jehan Godebric vend à M. de Bellain une tapisserie (2). (1) T. 3319. Actes des Prévost et Jurés, 28 octobre 1533. (2) T. 1Ô34. Compte d'exécution testamentaire de Jehan Godebne. — 280 — 135 — 1534. Vente de six pièces de tapisserie par Pierre Poissonner... (î). 136 — 1535. Histoire de saint Symphorien, six pièces, commandées à Jean du Moulin par le chanoine du Roussy de Reims et destinées à l'église Saint- Symphorien. Elles étaient faites de fils de laine, de soie et d'or, et coûtèrent cinquante solz l'aune (2). L'une de ces tentures existait encore à Reims au commencement de ce siècle. On ne sait ce qu'elle est devenue depuis lors (3). 137 — 1537. Tentures composées de fillet de sayette aux armes de l'Empereur, de Flandre et de Tournai, destinées à garnir le prétoire des Prévost et Jurés, achetées à Jehan de Rossarl, au prix de 40 sous l'aune (4). 138 — 1537. Tapisserie vendue à Y église Saint-Piat par Jehan Drosselte (5). 139 — 1537. Tapisserie vendue à ïéglise Saint-Pial par Jehan Martin (e). 140 — 1539. Tapisserie rouge semée des armes de l'empereur et de chastelets de Tournai achetée à Jehan de Rocolte pour la chapelle des Prévost et Jurés. Me- surant 104 aunes; elle fut payée 164 livres (7). (1) T. 3319, du 6 juin 1534. (2) Voir pour les conditions du marché, pièces justificatives n°31 bis (3) Loriquet. Les tapisseries de Notre-Dame. (4) T. Comptes généraux 1547-38. (5) T. Comptes de l'église Saint-Piat. (6) T. Comptes de l'église Saint-Piat. (7) T. Comptes généraux 1538-89. 111 — 1539. Histoire du triomphe de Jules César ou histoire de Julius César, par Arnould Poissonn '< r. C<;itc histoire, reprise quatre fois dans l'inventaire drr^sé a la mortuaire de notre grand tapissier com- prenait 7 ou 8 pièces mesurant tantôt 326 aunes, tantôt 289, 292 ou 426 aunes. L'une d'elles fut vendue au seigneur de Halluin, à Comines l'autre à un seigneur anglais dont le compte ne donne pas le nom î , 1 [2 — 1 r>: V. > . Histoire d Holopherne (ou Judith et Holophernei par Arnould Poissonnier. Elle est reprise trois foi 8 dans son inventaire. La première comprenait 7 pièces mesurant 347 aunes; la seconde également 7 pièces et 417 aunes, elle fut vendue en Angleterre; la troisième 6 pièces et 240 aunes seulement, vendue à Jean Ballin<<| marchand de tapisseries «à Anvers (2). 143 — ir>39. Histoire de la Caverne (ou de la Caravane, le mot mal écrit étant d'une lecture incer- taine), par Arnould Poissonnier. 9 pièces, mesurant 480 aunes, vendues à Jean iJallinctj, d'Anvers. 144 — 1529. Histoire de Carrabarra dite des ■Egyptiens reprise plusieurs fois dans l'inventaire d'Arnou/'/ Poissonwe. . d'abord en 1 7 pièces mesurant 4 15 aun.'s, puis <>n 1 1 pi<- «'! •">< >~> aunes, deux pièces, 60 aunes, et un^ pi."'.-,.. I/im.- dc< séries fut vendue en Angleterre, et une pièce détaché à Pasquier Carpentier. 145 — 1539. Histoire d Hercule par Arnould Pois- [[) Pour cotte tapisserie et les suivantes, voir aux pièces justificatives, n° 32 et 33 les deux comptes d'exécution testamentaire d'Arnouid Poissonnier. (2) Ibidem. LES TAPISSER. 19 — 282 — sonnier. Une série de 4 pièces mesurant 120 aunes; une pièce détachée, de 25 aunes vendue à Adrien Lefebvre tapissier; une autre vendue à Jean Ballincq, d'Anvers. 146 — 1539. Une chambre de tapisserie de l'Histoire de Calcou, composée de 9 pièces mesurant 265 aunes, vendue par Arnould Poissonnier au seigneur de Hal- luin, à Comines. 147 — 1539. Tapisserie des martyrs, et une table d'autel représentant le même sujet mesurant 6 aunes et demi, vendue par Arnould Poissonnier à Jean Ballincq d'Anvers. 148 — 1539. Des tables d'autel, des rabateauœ, des spaliers et des prentes sont encore repris à l'inventaire du même tapissier. 149 — 1539. De nombreuses pièces de verdures armoyez ou pièces as armes, reprises audit inventaire et vendues à divers. (Jacques Poissonnier, tapissier, en achète onze.) 150 — 1539. Quatre pièces de prentes armoyez de deux hommes sauvaiges, par Arnould Poissonnier mesurant 48 aunes et demi et vendues à la veuve de la Joire demeurant à Châlons. 150bis — 1539. « Je donne à ma niepce femme à sire Simon Bernard mon ymaige de nostre Dame qui tient son enffant dans ses bras, de tapisserie, avecq les châssis de bois pour y mectre quand on veult. » (Tes- tament de Claude Dimence dit le Lombard.) — 283 — 151 — 1540. Tapisseries sans indication du sujet rendues par Jehan de Casscl à deux marchands de Paris (1). 152 — 1540. Jehan de Cassel vend 268 aunes de tapisserie à monseigneur de Croix... (2). 152* — L540. Trois coussins de tapisserie ayant l'ymage d'Hercules. (Testam. Clémence de Wendeville.) 152l r — 1511 . « Je donne à ladicte paroisse nostre Dame deux coussins d'azur semés de fleurs de lys d'or. ■ (Testament Jehan de Berlot.) 153 — 1542. L'histoire du Saint-Sacrement par Lucq Carlier (3). 151 — 1542. I /histoire de Grise par le même. 155 — 1542. Verdure par le même. 15.7" _ 1511.... - A laquelle église S. Nicaise je donne une pièce de tapisserie où est ung ymaige de le Magdeleine pour ieellc estre tendue en ladite église. » (Testament Anne Aucquier.) 156 — 1511. Verdures de Tournai. 157 — 1514. Chambre de tapisserie, verdures. 158 — 1511. Tapisserie à personnages. (1) T. 3334. Journal des Prévost et Jurés, 8 février 1540. (2) Ibid. 9 avril 1540. (3) T. Compte d'exécution testamentaire de Lucq Carlier 1542. — 284 — Ces trois derniers numéros, repris en l'inventaire de D. Beltran de la Cueva, duc d'Albuquerque (1). 159 — 1545. 400 aunes de feuillage de Tournai repris dans un inventaire de marchandises exportées des Pays-Bas en 1545(2). 160 — 1545. Une pièce de grosse tapisserie (3). 161 — .... Histoire d'Abraham. Les anges annon- çant à Abraham la naissance dlsaac. Au premier plan trois anges portant le bourdon et la gourde des pèlerins. Dans le fond les mômes person- nages parlent à un vieillard qui les écoute à genoux devant la porte d'une maison où se trouve une femme. Bordure fond bleu avec des fruits et des fleurs en grandes gerbes. Dans la bordure extérieure, la marque de fabrique, une tour blanche de 9 cen- timètres de hauteur. Cette tapisserie, toute laine, qui me- sure trois mètres quinze sur trois mètres quarante centimètres, se trouve actuelle- ment au musée de Tournai, à qui elle a été donnée par M. Henri Braquenié. Elle a figuré aux expositions de 1880 et 1888 à Bruxelles. 162 — 1554. L'histoire d'Esaii et de Jacob et l'his- toire de Joseph œuvre de Jehan Martin le jeune, ache- tée par l'évêque de Tournai, Charles de Croy, qui la donna à sa cathédrale en 1554 (4). Elle comprenait sept (1) Pièces justificatives n°34. (2) Archives du Royaume. Chambre des comptes. (3) T. Compte d'exécution testamentaire Pol de le Motte 1545. (4) Elle a été longtemps considérée comme fabriquée à Audenarde, HISTOIRE D'ABRAHAM Le? anges annonçant à Abraham la naissance d'Isaac ( Tapisserie conservée au musée de Tournai ) - 2*r, _ pièces. Il en reste «aujourd'hui deux pièces intactes et de nombreux débris des autres panneaux, le tout con- servé à la cathédrale. Le dessin en est riche et élégant, conforme aux tra- ditions de la bonne époque. Elles sont toute laine, d'un grain gros et plucln- x asseï inégal, et ne portent pas de marque. Des d.-ux pi<*ee> i:r la [.roi ni 'Te représente Joseph rendu par Si s frères e( la robe de Joseph présen- tée à Jacob son père. Dans le haut de la tapisserie, des sujets acersn voit Joseph entrant dans la maison de son père, puis la mort de Jacob et enfin ses funérailles. Sur le côté de la tenture, un riche pilastre décoratif porte dans un médaillon les armes et la devise de l'évêque, Charles de Croy, avec la date 1554. Cette seconde pièce, haute de 3 mètres 18 comme la précédente, ne mesure que 4 mètres 55 de large, il manque un morceau du côté opposé au pilastre. Les armoiries qui se trouvent sur cette pièce y ont été ajoutées après coup; elles figuraient d'abord sur une des autres tentures aujourd'hui en lambeaux. Parmi les m. «illeurs fragments nous citerons encore celui qui représente .ïacol. apportant un chevreau à sur des cartons de Pierre de Oortonne. Mais M. Pinchart a retrouvé dans le fonds de l'évèché de Tournai conservé aux archives du Royaume a Bruxelles, les comptes des années 1559-60 et 1560-61 où se trouvent mentionnées ces tapisseries, ce qui a permis de les restituer à leur véritable auteur — 286 — Rebecca et celle-ci préparant le repas d'Isaac. Les détails de cette tenture, et spécialement la cuisine où l'on voit une énorme cheminée avec sa crémalière, offrent de l'intérêt. Il ne mesure qu'un mètre 74 de largeur. Un autre panneau, plus grand que celui-ci, bien qu'incomplet comme lui, montre un groupe nom- breux et a pour fond une forêt. Sa largeur est de 2 m. 10. 153 — 1554. Histoire des Machabées, tapisserie possédée par Michel de Cambry, bourgeois de Tournai, mort en 1554. 154 — 1559. Jean de Costre, tapisseur, loue des tapisseries à l'église Saint-Brice pour la procession du Saint-Sacrement. (Eglise Saint-Brice, compte de 1559-60.) 155 — 1566. Jean Martin, tapissier, loue de même des tapisseries cà la ville (î). 156 — 1564. Huit pièces de tapisserie de bocages et bestes sauvaiges — neuf pièces de verdures à oiseaulx sauvaiges — sept pièces de tapisserie de brancaiges — et sept pièces de tapis velus le tout garnissant l'hôtel de M. de Montigny, gouverneur du château de Tournai en 1564 (2). 157. — La descente de croix, panneau de tapisserie ayant servi de dorsale ou de devant d'autel. Le Christ, (1) Comptes généraux commençant le 1er octobre 1566. (2) Archives du Royaume. Audience. Inventaire de meubles aux per- sonnes bannies. qu'on descend de la croix, est supporté par plusieurs personnages, à sa droite et à sa gauche se trouvent les deux larrons; au premier plan Marie et les saintes femmes. La bordure est ornée de fleurs et de fruits. Au cen- tre de la bordure d'en bas et de celle d'en haut, une fontaine; aux quatre angles les évangélistes. Un dessin géométrique encadre cette première bordure. La tapisserie est laine et soie. Elle ne porte aucune marque. M. de Linas le décrit comme suit dans la revue de Y Art chrrhrn lSSC,, p. 159. « Un dorsale en tapisserie de Tournai, laine, soie * et or, représente la descente de croix ; il date de la * fin du XVIe siècle, provient de l'ancienne cathédrale - d'Arras et figure aujourd'hui dans la remarquable » collection d'un amateur de cette ville, M. Auguste » Gillet. » Nous ne savons où M. de Linas a trouvé l'indication d'origine tournaisienne de ce panneau. Hatons-nous d'ajouter toutefois que rien n'y contredit. 11 ne peut en tous cas ôtre attribue a l'industrie d'Arras, puis- qu'il est établi aujourd'hui qu'on n'a plus fabriqué dans cette ville après le siège de 1477. 15S — 1 505. Tapis de sayette acheté à Arnould Hennocq, hautelicheur, pour être offert à M. de Bruxelles, conseiller d'Etat. Il mesurait 11 aunes V4(1)- 159. — ... Gilbert Doignies, évêque de Tournai, (1505-1574) donne des tapisseries à sa cathédrale. — On manque de détails sur ce qu'étaient ces tapisse- il) T. Comptes généraux, lrr octobre 1565. — 288 — ries (1) mais au compte de 1568 on trouve un paiement fait à Jehan des Ruyelles dit Rabages hautelisseur « pour avoir raecoustré xxvm pièces de tapisseries apparte- nant à Monseigneur. » 160 — 1568. La veuve de Jean Martin loue des tapisseries à l'église Saint-Brice (2). 161 — 1568. Tapisserie à fond rouge avec semis d'écussons aux armes d'Espagne et de Tournai fournie par 'Pierre Droset dit Martin, tapissier, pour couvrir les sièges des mayeurs, échevins et conseillers de Saint- Brice et du Bruille ; au prix de 54 sous flandre Faune (3). Dans le compte de 1572, le même tapissier, appelé alors Pierre de Rossette, livre pour le même usage onze aunes de drap de tapis.... 161bis — 1569. Plusieurs rabateaux de tapisserie et 194 aunes de tapisserie à 12 sous 6 deniers l'aune, fabriquées par Jean deleHaise dit de Costre, tapissier (4). 162 — 1583. Jacques de Cassel vend 15 aunes de tapisserie pour couvrir les bancs des mayeurs et échevins (5). 162bis — 1584. Un coussin de tapisserie avec une licorne. (Testament de Pierre Bourdeaudhuy.) 163 — 1585. Pierre du Moulin, tapissier, fournit une tapisserie à l'église Saint-Piat (e). (1) Voisin. Les tapisseries de la cathédrale de Tournai. (2) Comptes de l'église Saint-Brice. (3) Voir P. J. n° 36. (4) Son compte d'exécution testamentaire. (5 T. Comptes généraux 1582-83. (6) T. Compte de l'église Saint-Piat. — 289 — 164 — 1592. Pierre du Moulin vend à la ville six aunes et un demi quartier de tapisserie aux armes de la ville, po.ur couvrir le banc des greffiers (î). 164bis. Tapisseries du XVIe siècle omises dans la liste ci-dessus. a — 1507. « Je donne à l'église du béguinage une demie douzaine de coussins ouvrez de pellican pour servir en la cappelle N.-D. » (Testament Marguerite Fournier béguine.) b — 1510. « Je donne le bancquier de pellican à l'église S. Brice. » (Testament Marie le Fèvre.) c — 1512. « Je donne à Brixe Pietris trois coussins de verdure esquelz y avoit une pietris (perdrix) au milieu. « (Testament Colart Pietris, fondeur.) d — 1516. » Trois coussins de tapisserie signez de pellicans et le bancquier à ce servant. » (Testament Jeanne Fourquiau.) e — 1520. » Je donne à la femme Jehan de Genappe détailleur de drap une pièche de tapisserie verde ayant une bergerie. - (Testament Marie le Coustre.) f — 1525. » Une demi douzaine de coussins escripts de une devise 0 mater Dei. » (Testament Jehan Fornier.) 165 — ... Tapis de table, fond noir avec semis de fleurs, de fruits et même de légumes aux couleurs variées. Au centre, médaillon ovale représentant Orphée charmant les animaux. (1) Archives générales du Royaume, registre 40008 f° 72 — 290 — Large bordure à fleurs et fruits, renfermant quatre médaillons avec les sujets suivants : Elie dans le désert — les disciples d'Emmaùs — Jésus et la Samaritaine — le bon Samaritain. Le tapis mesure 2 m. 40 de longueur sur 1 m. 60 de largeur; la largeur de la bordure et de 34 centimètres. Le médaillon central mesure 55 sur 40 centimètres, ceux de la bordure 26 sur 24. Le tapis est toute laine, d'un grain fin. Le fond est noir ou bleu foncé et le ton dominant du décor est le vert à rehauts jaunes. Dans les fleurs et les fruits, le ton dominant est le rouge à rehauts jaunes, un peu de bleu éclairé en blanc. Pas de marque de fabrique. Ce tapis se trouve au musée royal d'antiquités de Bruxelles. Le catalogue (Q. 4) le décrit comme suit : « Grand et beau tapis de pied (ce n'est pas un tapis de pied mais bien un tapis de table, ses dimensions et la disposition des médaillons de la bordure qui ne se pré- sentent normalement que quand les bords du tapis sont rabattus, le démontrent) à fond noir, orné de guirlandes » de fruits et de fleurs encadrant cinq médaillons ; celui 9> du milieu représente Orphée attirant les animaux sau- » vages aux sons d'un violoncelle et les quatre autres » dans la bordure retracent des scènes bibliques. Fabri- — que de Tournai, XVIe siècle. » 166 — . ... Petit panneau de tapisserie dans le goût du précédent, fond noir avec semis de fleurs et rinceaux d'un grand caractère. Dans un médaillon ovale, une corbeille de fruits, et plus bas, une autre corbeille fleu- rie, au milieu de rinceaux. Le point de cette pièce est très fin. (Eglise Notre-Dame, à Tournai.) 167 — 1601. Tapisserie... par Jacques de Casselle. — 201 — 108 — 1603. Tenture de lit de camp fournie à la ville par Jncqm s f)r.s< ohr>çf/ pour être offerte au con- seiller Cambry (1). 109 — 1005. Grande tapisserie... par Jacques de Cassette. 170 — 1605. Rabateauœ de cheminée par le même (2). 171 — 1000. - \Ja< < Pour encoires grande quantité do tapisseries rouges avecq des » Tournay et armoiries de leurs altesses et celles de ladicte ville avec des lions rampans pour tendre et parer les baneqs du conclave de •> messieurs les Prévost et Jurés ixc xix lb. vii s. vi d. (Archives géné- rales du Royaume. Registre n 40,024, f. 135 et 146.) (1) Voir aussi T. Consaux 17juin 1614. (2) Archives générales du Royaume, registre 40025 f° 187. — 893 — Claude Tatté, en 1633 et par Jacques Dernicourt en l«83(i). 179. — ... Tapis de table d ouvrage de haultelisse «à fond vert acheté à Antoine Calme pour la chambre du conseil des mayeurs et échevins(2). 180 — 1615. « (Tapis sandrés... tapis à la guise et ri fachon de tapisserie - inventé par Simon Bedoret, hautelisseur) (3). 1S1 — 1615. Houx tapis de table, de diverses cou- leurs, achetés à Jacques Descobecq pour 264 livres (4). 182 — 1616, Tapisseries (8 pièces) léguées à l'église Saint Tiat par noble dam»' Ami» --Marie de Lannoy, veuve de messire Jean de Henin Liétart. (Son compte d'exécution testamentaire 1627.) 183 — 1641. I /Assomption et le couronnement de la S. Vierge, tapisserie conservée au musée de Tournai. A gauche on voit la tombe vide, «jnentourent plu- sieurs personnes dans l'attitude de l'admiration; au premier plan, une femme cueille des lleurs; dans le haut la sainte Vierge s élevant au ciel, soutenue par les anges. A droite et séparée du premier sujet par une colonnetie, se trouve la s.-ene du couronnement : la Vierge agenouillée sur les nuages entre les trois per- sonnes de la sainte Trinité. La bordure est ornée de (1) T. Compte d'ouvrages \rr avril 1022 f 41 et 1633 f° 37. — Comptes généraux 1683-84. (2) Archives générales 3(J ( à Tholel de viUe de Fumes ) — 897 — 188 — 1036. Cinq pièces de tapisserie de l'histoire d'Abraham mentionnée* dans l'inventaire après décès, fait en la maison mortuaire du chanoine Charles d'Oyemberghe, le 7 mai 1036 (î). 189 — 1030. Cinq pièces de tapisserie de feuillage. (Inventaire du chanoine Qhidain de Nédonchel, lôsep- tembre 1636) (2). 190. — Tapis de table, à grands ramages, en laine, bleu foncé et jaune, avec bordure semblable au fond, dont elle est séparée par une étroite bande en damier; pareille bande encadre aussi la bordure. Ce tapis, comme ceux du numéro 1S7 et comme le suivant, est tissé (3). 101 — 1686. Tapis de table, par Pierre Dath, à grands ramages comme le précédent, mais d'un dessin dilVerent. Il porte comme bordure, sur les longs côtés la moitié du dessin du fond, et sur les petits côtés une précieuse inscription plusieurs fois répétée en manière d'ornement, qui fait connaître tout à la fois l'auteur du tapis et la date de sa confection. Il nous apprend en outre que c'est un chef-d'œuvre, ou œuvre de maîtrise. On y voit en effet cette légende : chef d œuvre faict par Pierre Dath fils de Jacques anno 1636 et une sorte d'écusson de fantaisie dans lequel se trouve un cœur traversé par deux tleches et surmonté d'une sorte de 4 qu'on trouve souvent dans les marques et signatures (1) D'après un manuscrit fa la collection E. Desmazières contenant des inventaires «le procès-verbaux de vente de meubles de chanoines. (2) Ibidem. (3) Collection de M. Ch. V.isseur à Tournai. LES TAPISSER. 20 — 298 — d'anciens artistes. Le cœur porte en outre les initiales P. D. A. Ce tapis en laine de deux tons, le jaune et le bleu, est tissé comme les numéros 187 et 190 qui précèdent. Nous en donnons le dessin à la planche ci-contre (î). 192 — 1642. Tapis de table aux armes de madame de Mellos, femme du gouverneur du Château ; qu'il lui fut offert par le magistrat de Tournai (2). 193 — 1652. Pierre Tatté répare les tapisseries ornant la nœuve salle de la halle des Consaux (3). 194 — 1655. « Un tapis velu de Tournai, de fond vert Une table couverte d'un tapis velu de Tournai, le fond bleu. » (Voir plus loin numéro 210) (4). 195 — 1674. Tapisserie... par François Panne- maker? 196 — 1675. « Ung couvert de table d'estoffe de » Tournay verde travaillée avec des oiseaulx et fleurs » de jaulne couleur.... Une vieille table avec ung cou- » vert d'estoffe de Tournay avec des fleurs verdes et » noires.... Ung grand tapis de table d'estoffe de » Tournai avec des fleurs rouge et blan » (5). 197 — 1675. Tapisserie, faite par Jean Œdins, offerte au gouverneur de Tournai, M. de Saint-Sandoux [&), (1) Appartenant à M. A. Blondel, à Tournai. (2) T. Consaux 20 mai 1642. (3) Archives du Royaume, registre 40-66. (4) E. Mathieu. L'ameublement de la veuve d'un bailli d'Enghien en 1654. (5) Inventaire des meubles de l'hôtel de Bergheyck à Bruxelles en 1675. (6) T. Consaux 19 février 1675. l»CHEroO*n*001IH3«»CHEr©0*©©13H3« I DOEVVRE llll 3«VV30a I DOEVVRE i 3WVV30a | FAICT PAR 1 1 XA1 TOI Al I FAICT- PAR *ATTDI Aï I PILRE-DATH 5 1 HTAd J^JîqiPIIREDATH-HTAa 1A21<1 I FILS DE llll 3Q-2JI3 I FILS-DE m 3Q 2JIÎ | IACTVES IMI Z3VPDA!) IAC«3VES H 23VPOAI I AN NO llll bSbrOHHANNÛfe V >cèf OHH/ — 299 — |gg — 1677. Tapisseries ornées de fleurs de lis four- nies par Jean (Jidins et sa veuve, à raison de 7 florins l'aune, pour couvrir les bancs des mayeurset échevins(i). 19(.) — 1679. Tapisserie par Philippe Behagle? '200— 1081. Jean hwjuesne, maître hautelisseur, invente « une espèce de tapisserie. . . dans laquelle entre n diversité de figures... » large de cinq aunes (2). 201 — 1686. André Duqucsne le jeune, marchand, maître hautelisseur, fabrique des carpettes... (3) mou- cades et point d'Hongrie... 202 — 1088. Tapisserie par Etienne Œdins. 203 — 1693. Joannes Baert, qualifié entrepreneur de la manufacture de tapisseries à la façon d'Audenarde, donne on gage a la ville deux tapisseries de sa fabri- cation. Elles étaient en soie et laine (4). 20 1 - \(V.)\ Quatre pièces de tapisserie à usage de fauteuils achetées à Joannes Baert par la ville pour rire otlerlos à la maréchale de I .milliers (5). Elles furent payées cent quatre-vingt florins. 205 — 1697. Etienne Œdins dans une requête de 16Ô7, déclare avoir fourni des tapisseries au marquis de Yignacourt ; à l'abbé de Clermont ; à M. de Pont- (I) T. Consaux «lu 7 avril 1677 et comptes généraux 1G77-78 (° 63. (2, T. Consaui 3 octobre 1084. (3) Ibid. 5 mars et 9 avril 1686. i l T. Coosaux «lu 29 avril 1692, 13 janvier, 26 mai 1693, 29 octo- bre 1607, 26 mai, 20 octobre 1699. (5) Archives du Royaume registre 40108 t° 36 et T. comptes géné- raux 1693-94 f" 41. * — 300 — martin, lieutenant du Roi à Douai; à l'église Saint- Jean et à l'avocat Pagart à Saint-Omer (1). 206 — 1699. Jean Baert fournit une tapisserie à Romanus de Faulx(?) marchand à Lille (2). 207 — 1707. Tapisserie.... vendue au décès du procureur Simon (3). 208 — 1710. Jean Baert donne en gage deux peti- tes pièces de tapisserie, une Madeleine et deux garni- tures de fauteuil de tapisserie... (4). 209 — 1712. Le même déclare avoir en magasin cinq pièces de tapisserie valant 1200 florins... (5). 210. — ... Tapis de table, aux armes des états du tournaisis, à fond velouté, bleu foncé. Au centre, dans un cartouche couleur bois se trouvent les armes du tournaisis, la tour d'argent accompagnée de gerbes sur fond rouge. Ce cartouche est suspendu par un nœud de ruban. Dans le haut, deux grandes guirlandes de feuil- lage de ton jaunâtre avec grandes fleurs en bleu clair, rouge et blanc; dans le bas un ornement rocaille avec deux grandes branches de feuillage jaunâtre. Une bor- dure également jaune qui figure un cadre à moulures et guirlandes de fleurs, entoure le tapis. Il est composé de quatre bandes cousues, la bor- dure également cousue. L'étoffe est velue et non bou- (1) T. .Consaux 23"avril 1697. (2) T. Comptes généraux 1699-1700 P 23 et Consaux 4 mai 1700 (3) T. Consaux 12 juillet 1707. (4) ;ibidY12 août 1710. (5) Ibid. 22 novembre 1712. — 301 — cléc. Ses dimensions sont de 3 mètres 21 centimètres de haut sur une largeur de 2 mètres 16 centimètres. Ce tapis, qui provient de l'ancien palais des états du tournaisis, se trouve aujourd'hui dans le cabinet du président, au palais de justice de Tournai. Quant aux lapis de pied fabriqués à la manufacture royale de tapis de Tournai, sous la firme Piat Lefebvre et Us, il serai! impossible d'énumérer même les principaux et ils sont encore nombreux de nos jours. Ils se reconnaissent facilement à leur style empire. Nous en avons signale quelques-uns plus haut. On peut y ajouter le tapis qui orne le grand salon à l'évéché de Tournai. — Un tapis représentant le roi Guillaume de Hollande, à cheval, conservé au palais du prince Henri à La Haye. CHAPITRE V. Noms de Tapissiers et de Hautelisseurs tournaisiens et notices sur les principaux d'entr'eux. Jakemes Philippron] Je)) an Campions, de Bruges, de Crois, XIIIe SIECLE. li-tapissières (i) 1296. 1295. ki fait les casures. 1295,1301. XIV" SIÈCLE. Aubris Jehan Jehan Gossart Jacques li-tapissières. 1320. B Ballehans, T. (2). 1334. Barberis(barbris), ■ 1349,1351(3) Bastien, ouvrier d'haulte- 1398. liche. Brisnois, T. 1352. (1) La lettre T désigne un tapissier, la lettre H un hautelisseur. Les dates de la dernière colonne sont celles des actes où sont cités les artisans auzqueli elles se rapportent. Lorsqu'il y a deux dates elles indiquent la première et la dernière mention qui en est faite. (2) V. Page 9. (3) Reçu bourgeois de Tournai en 1349. — 303 — C .Jehan Capars (d'Arras,) ouvrier de haulte liche(i). 1353. Jehan Canions, ouvrier de soie. 1358. Jehan Colemer, T. 1379. D Jehan Hamydo, faiseur de velus. 1389. Jehan do Berlaincras, T. 1350. Jehan de Bertaimares, - 1363. Jehan de Bertaincrois, - 1350. Jelians de Bourgielle, - 1336. Jehan de Brie, - 1354. MM do Huo, - 1350, 1353. Jehan de Busi, . 1381, 1396. Vincent de Caraberons - 1 352.- Jehan deChin, - 1356. Mltt de Gherrnijjnyes, - 1396. Jacquemart de Maire, - 1375. Jak de Malines, . 1336, 1353. JacquoH de MeeHnnae, - 1349. Jehan de Kains (Derais,) . 1348, 1363. Jehan do Saint-Ulicr, ouvrier de brou- dare. 1377, 1380. MU d'K^plcchin Mis, Jehan d'Esple- r-lnn. marcheteur. 1334. Jehan de Thioulain, ouvrier de haulte- liche. 1395, 1397. Jean do Verbecque, T. 1352. Jehan «le \Wrlo^\ - 1352. M" Robiort de hontoit, ouvrier de brou- dure. 1357. Simon du but, T. 1338. Jehan du bus, - 1349. Jehan du buseq, - 1396. Wille du castel, tisserantde velus. 1386. Jehan du piot. T. 1396. (1) Capars ne nous est connu que par une circonstance tout à fait étrangère au métier. Voici le texte des archives de Tournai où il se trouve mentionné : « Jehan Capars d'Arras, ouvriers de haulteliche, à iii ans comme 1ères et eut l'oreille coppée pour larenchin qu'il avoit fait, darain jour du mois de février 1352. — 304 — E Hanequin Ernoul, tisserantde velus. 1 QQft F Hanequin Frasniel, 1393. Jehan Fournet, 1 . 1 1 . G Gillon li-tapissières. 1303. Jacquemart Gnalet, tisserant de velus. 1 oo- Dienn, H. 1450 (2). Btienaa Carpentier, marcheteur. 1493. T. 1499. Jehan ouvrier de haulte- liche. 1402. Kobert Carpentier, T. 1486, 1498. Jehan Cambi'-n. H. 1419. (1) Voir pap'- 00. (2i 1 450. Compte d'éxecution testamentaire de Maigne de Cassiel veuve Dierin Carpentier dit du bos et Colin Carpentier dit du bos son fils. On y trouve mentionnés des fils de lin. «le Ht jette, laines, fustane, ostade, satin, brocassin, soies, bourgette, estamine, bougeron. damas. Quatre hauteliche en tires de plusieurs coulleurs. xiiii lb. •• I»oux copp«>ns de haulteliche a v s. l'aune... « Ung coppon «le haulteliche de deux soycs contenant iii aunes à vii sous l'aune. - iii aunes et demie d'autre haulteliche à v s. l'aune. III lb. de s.mc il,» marceteur non fine de plusieurs coulleurs. ■ (A Anvers) une pièce de haulteliche. ÏXtU s. - Une aultre pièce de haulteliche verde. lxu s- - Une pièce de haulteliche double. 1XXV1 s- • Une pièce «le haulteliche «le soie. - wii \* nirs. — 308 — Colart Chamart dit le merchier, 1481 (1). Jehan Charpentier, ouvrier de tapis- serie. 1423 (2). Quentin Chailet, broqueteur. 1425. Jehan Claix, H. 1491. Andrieu Clémens, 1427. Jehan Colle, easurier. 1470. Josse Copeure, H. 1459. Eliot Cotterel, marcheteur. 1461. Jacquemart Courchielles, H. 1497. Pierart Cousin, T. 1475. Jehan Coustelier, faiseur de tissus a 1476. piet. Colart Crauwin, H. 1472. D Robert Dary, Tapissier. 1438, 1458. Robert Dary est cité comme arbitre entre tapissiers, en 1439. Quelques années plus tard il livre des patrons de tapisseries à l'évêque de Tournai, Jean Chevrot. Enfin en 1449, il produit son œuvre capitale, qu'il fit en collaboration avec Jean de l'Ortie pour le duc Philippe-le-Bon ; c'est la célèbre Histoire de Gédéon destinée cà décorer la salle des séances de l'ordre de la Toison d'or. (Voir page 233). Il est encore cité, pour la dernière fois dans un acte de 1458. On ne connaît pas la date de son décès. Gabriel David, marcheteur. 1454. Jehan David, 1453. Hacquinet David, H. 1442. C de Bandoul, T. 1484. Haquinet de Baudimont fils H. 1423. de Jehan, Jehan de Baudimont fils H. 1421. de Jehan, Jennin de Bailleul, T. 1476. (1) Voir pièces justificatives n. 15. (2) Voir page 164. — 309 — Gilbert de Beugnes, broqueteur. 1458. M'-aulx de B6110, marcheteur. 1477. Jacquemart de Berlaimout, T. UGG. Haquinet n r t H. 14o8. Fierrart de Bielval, M 1442. Miquieil de Blanes (Bleha- riosj dit du bos. II 1475, 1483. Haquinet de Bléhari"S, H. 1 inl 1491 . Grard de Blecquers, T. 1496. .leliari de Boetre, bourgeteur. 1472. Grard de Boudegalle, T. 1497. Guilbert de Bruges, bourgeteur. 14G4. Jehan de Bruges, marcheteur. 1 a An I 409. W illaume de Bruges, bourget" ur. 1 A " O 14o8. Jehan de Canlers, H. 1 4 -L > . flétan de Chaalons, brodeur. 1421, 1437. Andrieu de Cuingnien dit du hem, T 1480. Chrestienne de Dignoel, ouvrière de brou- dure. I4U3. Jehan DefTrcnnes, T. 1 4 /y. ( il 11 art Deflrcnnes, 1 A A A 14 44. Jehan Ofl (ihistelle, inarclu't'Mir. 1 i Kl MAI Jehan de Grammont lils Jelian. H. 1455, 1482. (irard deHansditremes, T. 1491 . Jaoqtielotte do Hault bos. marcheteur. 1462. Daniel d" Heynstalle dit de Saintron, T. 1486. Qttlefl de Hornes, marcheteur. 1468, 1490. Jehan de la B.issce, II. 1467. Pierre de la cour, •» 1424. J as part de la Hors, ouvrier de haulte- liche. 1412. Haquinet de Landas, marcheteur. 1497. Pol de Lannoit. Hautelisseur. 1427(1). (1) Voir papes 22 et 97. Les détails qui suivent, extraits du compte de son exécution testamentaire, dressé en 1427, ne manquent pas d'intérêt. « De Hayne du bois que il devoit audis defluncts pour drap de haul- telisse xxxii lb. xiis s. - De Mahieu du roullou pour et à cause de deux pièces de haultelisse quo il avoit eu ausdis deft'uncts. vi lb. xviii d. ■ De Hayne du bois pour une pièce de haultelisse pour lesdis tuteurs — 310 — Jehan de Lannoit, H. sarrazinois. 1411,1420. Jehan de lannoit, T. 1498. H. 1488. Jacques de l'Arcq, Tapissier, 1497 (l). Ce tapissier est le premier qui fournit pour les salles de séances de nos diverses magistratures communales les tapisseries à fond rouge semées des armes de Tournai et de celles du Souverain, dont le type adopté dès la fin du XVe siècle se perpétua à travers les XVIe et XVIP siècles. (Voir pages 246, 280, 292, 299. Il vendait ses produits à Lyon, Gand, etc. (P. J. n° 23bis.) Pierre do la tour, H. 1439. Jehan de lattre, bourgeteur. 1472-74. Guevart de la ronderie, marcheteur. 1464. Jehan de leauwo, brodeur. 1449. Jehan de lo barre, T. 1481. Gilles de le barre, H. et monnoyer. 1491. Jehan de le barr<\ H. 1487, 1490. Jehan de le barre, ouvrier de H. 1416. Jehan de le borgne, marcheteur. 1462. Jehan de le burghe, T. 1472. Lotart de le cazerie. 1410. Giilart de le cathoire, » 1469, 1472. Jehan de le fontaine, H. 1482. Jehan de le fosse. tisserant de velus. 1408-11. Jehan de le fosse, marcheteur. 1472. Robert de le fosse, T. et hostelent. 1498. firent faire de certaine estoffe que ils trouvèrent en la maison desd. deffuncts comme par l'inventaire sur ce faict peut apparoir la somme de lxvi s. ii d. Au varlet du métier de hautelisse pour son sallaire et desserte d'avoir semoncé les maistres dudit mestier pour estre a l'enterrement de ladite feue. iiii s. viii d. » A Jehan de five appareilleur de draps que lesd. feus lui debvoient pour appareillage de drap de haultelisso. xiiii s. vi d. « A Grart des mares hautelisseur pour avoir fait les pièces de haulte- lisse dont en la ré^epte de ces présents comptes est faite mencion. » xxxi s. vi d. (1) Voir pages 245 et 246. — 311 — Jacques do le motte dit marchand tapis- descamaing, sier. 1491. Jaquemart de le place. H. 1423. Colart de le porte, » 14.77. Jehan de le râpai lie, 1402. Baqainet de la ruedit Hlan- Guillaume dain, marcheteur. 1451. de la tombe, marclieteur. 1465. Pierre «de la tour. IL 1425. Arnould de le vinjrne. marcheteur. 1432. Melohior de le wede, H. 1465; Mikeles Delfrane, marcheteur. 1454. Jehan de l Ortie. Marchand ou- vrier de tapis- serie. 1449. Jehan de l'ortie, EL 1440. On ne connaît pas d'autre œuvre de de l'Ortie, que Y Histoire de (ir,ir,,n, qu'il entreprit avec Robert Dary pour le dur Philippc-le-Bon, mais semblable travail sufiit pour le rendre célèbre. (Voir page 233.) Jehan de Ifaffiet, marcheteur. 1407. Haquinct d<- lùuibraj , H. 1496. NIooIm d<- M'irta^ne. T. 1483, 1493. Grard «le Paris, 1495. Blother de Ponrcwart, 1491. (iill-s de Raisse, 1473. Haquinct de Kaisso lils Quentin, 147:, Bernard in de Reniel, H. 1408. Noël d6 Kiehon, T. 1419. Gilles de Reulz, 1494. Pior de Kosne, marcheteur. 1468. Gérard de Rume, T. 1458. Jehan des Ablens, T. 1449 (l). Jehan de Sailly, brodeur. 1490. Druct de Saint -A mand. H. 1444. Pierre Desoamaing, T. 1481. Piernrt n «oamaing, marclieteur. 1465. Gilles Descamaing. Tapissier. 1 4SI Jehan 1475. (1) Cité comme arbitre entre Pasquier Grenier et Pierre Peliche. Michel Desescroyelles, H. 1481 (1). Jehan Despretz, . « 1460. Willaume Desreumaulx. Tapissier. 1468, 1483. Desreumaulx, Willaume, (ou Guillaume) tapissier, demeurant en la paroisse de Saint-Nicolas du Bruille à Tournai, est cité pour la première fois dans un acte de 1468, mais on ne trouve mention de tapisseries sor- tant de ses ateliers qu'à partir de 1480. A cette date il fournit une chambre de tapisserie pour Mgr du Lude, gouverneur du Dauphiné, (page 244 et pièces justifi- catives n° 14); l'année suivante à la foire d'Anvers, il vend à Gilles Descamaing, une chambre de tapis- serie de Y histoire de Tcbbes? (pièces justificatives n° 16); en 1481 encore, il vend deux panneaux à la ville; en 1482 il s'engage à confectionner pour Pierre Rogier, tapissier comme lui, deux tapisseries de l'histoire de Joseph. (Pièces justificatives n° 17.) Desreumaulx, écoulait ses produits à Lille. On le trouve qualifié tapissier ou marcheteur, et à cette pro- fession il joignait celle de crassier. Il mourut au cours de 1483. Mahienet d'Estaimbourg, T. 1451. Guévart des tilleurs, 1427. Perche val d'estrayellcs, marcheteur. 1463. Piérart de tumesnil, T. 1413. Danelet de Vos, H. 1415. Nicolas de Willem, T. 1491. Nicolas de Wil'.eri, T. 1491. Colart de Willers, H. 1479. Thurnas Diébout, brodeur. 1407. Martinet Donis dit dou Bos. ouvrier de brou- dure. 1403. Jehan dou prêt (voir du pré), T. 1420. Piérart C.u Bar, 1481, 1498. (1) Voir pièces justificatives, 15. — 313 — Colai t du Bos, H. 1488. Jncquemon du bos, H. 1426. Piérart du bOF, ■ 1454. Jehrm du brœcq. T. 1489, I4w. Fui le du brœcq, ouvrier de haute- tel i>-e. 1409. OiUart du burcq, rnarcheteur. 1448. JHn D Du bus, 1 . 1 406. 1 40U(l ) Jaquemart du Castel, rnarcheteur. 1431. Jaqu<-mart du (dou) Casteles, ouvrier de haute- lisse. 1406. Jaquemart du Castelcr, H. 1 498. Jehan du Casteles, II . 1 iOI 1481 . Jehan du Ctstflcr, DU Ntoolaft bourgeteur. 1 1 Jo. Willcmc du (ou dou) Cas- ticl. ouvrier de velus. 1408 (-2). Picrart du P!ratD60| rnarcheteur. 1 4< >.j-UO. Camus Dug.'ird in, - 1 4uo. Colart du havron. s. 1 ,4 — Q I 4 / o. Colin du havnm. m J 40 1 . du havron, H. (et pilleman . 1 A Xft 1 J tïO 14ûo, Moo. Oadarl du havron, bourgeteur. 1 4 < 0. • H. Lot art du maisnil, T. 1422. Olivot du mortier, II. 14o8. Martin du moulin, rnarcheteur. 149/ (3). taglebert du moulin Ml de feu Gillart, » 1409-71. Jehan du prêt (voir dou prêt), T. 1400,1422(4) Johan du quesnoit, H, 1427. Jclian du tilloclz dit Gos- sau, » 1490. (1) Il figure pour une vente «le tapisserie, au compte dexécution testamentaire de Jehcnne Esquicqueline. (2) Voir page 161 . (3j Voir le même nom au XVIe siècle. (4) On possède le compte d'exécution de son testament, dressé en 144-J. — Voir page 97. LES TAPISSER. El — 31 4 — E Jehan Eliart, H. 1471. Piere Estampie, brodeur. 1442. Piètre Estampie (Staru- ouvrier de brou- pie), [dure. 1409, 1414 F Gillart Farghet, H. 1455. Jehan 1480. n Fauteuil fils de feu Jehan, T. 1490. Bossent Félix T. 1412. Jehan Fillœl, H. 1408. Maliieu Froument, inarcheteur. 1469. Haquinct Frayet, rnarcheteur. 1465. G • Jehan G asqui^rnolle, H. 14ol . wnitiquin Ghapeman, inarcheteur. 1442. Jehan Gherbot (ou Guer- bot), ** 1481, 1504. Jaquemart Gibrant, •» 1456. ^ 1 1 lû/"f n ni unie^uni, bourgeteur. 14oo. Jehan Godefroid, H. 1420. Godin, 1479. Ernoulct Gosseau, ouvrier de brou- d ure. 1416. Jehan Gossiau, H. 1483. Gossuin, 1488-94. Pasquier Grenier, Tapissier et mar- cheteur. Pasquier Grenier dit dans certains actes filsd'Imbert et dans d'autres fils de Lottart fut le chef dune famille de tapissiers renommés. On le trouve cité pour la première fois dans deux actes de 1449 où il est qualifié rnarcheteur; dans le premier il soumet à un arbitrage un différend avec un rnarcheteur de Puy en Auvergne, nommé Pierre — 315 — Peliche et par le second acte ce dernier se reconnaît son débiteur. (Voir pièces justificatives nos 10 10bit et 10,w. Un troisième acte de la même année le montre en contestai ion avec le même marchand et avec Jean Vernier, marchand, demeurant à Lyon, toujours au sujet de ventes de tapisseries qu'il leur avait faites à la foire de Bruges. C'est en 1569 qu'on trouve la désignation de la pre- mière œuvre importante sortie do ses ateliers, V histoire d Alexandre qu'il vendit à I'hilippe-le-Bon, (page 236). L'année suivante (1460) il traite une affaire à Reims avec un marchand nommé fierardin Glaude et avec un courtier d'Anvers. Em 1461, il vend encore à Philippe-le-Bon six grands tapis de muraille pour- église sur lesquels est représentée la Passion de Notre- Seigneur et une grande chambre de tapisserie décorée à* paysans et de bûcherons. C'étaient des ouvrages de haute valeur en lils de laine et de soie, d'or et d'argent, (pièces justificatives n° 11 ; il fournit au môme prince en 1462 six tapis de muraille représen- tant l'histoire fTAssucrus et d'Ksther% et la tenture du chevalier au Cygne; puis en 1166 deux chambres de tapisserie, représentant la première des orangers et la seconde des bûcherons, (pages 239, 240, 242, 243). C'est «à lui que les magistrats du franc de Bruges achètent en 1 172 la tapisserie de la destruction de 7>wqu'ils offrirent à Charles-le-Téméraire,(page 243) il en fut payé en 1474. Pasquier Grenier était un homme considérable. On le voit en 1479 en relations avec Olivier le Daim le favori du roi de France, et offrant de négocier une allaire entre lui et le magistrat de Tournai. (Consaux r — 316 — du 20 juillet 1479.) Il est envoyé en 1481 en dépu- tation vers le Roi pour l'entretenir des affaires de la ville. (Ibidem 29 octobre 1481.) Plus tard, la veuve de M. du Lude emploie le cré- dit dont il jouissait auprès de nos magistrats, pour obtenir d'eux la tapisserie promise à son mari et que la ville ne se hâtait pas de fournir. (Consaux du 23 juil- let 1482, et page 244.) A son industrie principale, Pasquier Grenier ne dédaignait pas de joindre le com- merce des vins. (Ibidem 30 décembre 1483.) Il faisait partie de la noble confrérie des Damoiseaux et habitait la paroisse Saint-Quentin. Pasquier Grenier mourut en 1493. Son testament fut empris le 24 juillet de cette année. On n'y trouve pas d'autre mention intéressante pour les tapisseries que celle relative aux cartons de tapisseries qu'il pos- sédait : « Je donne auxdits Jehan, Imbert, Colinet » et Anthonin (mes enfants) tous mes patrons pour ti entr'culx diviser également. » Antoine Grenier et Jean Grenier, ses fils suivirent les traditions paternelles et continuèrent avec éclat l'industrie des tapisseries. On ne connaît cependant que peu d'œuvres qui leur soient attribuées. Antoine vendit en 1497 au cardinal d'Amboise des tapisseries pour le palais épiscopal de Rouen et en 1508, au même, des tapisseries pour le château de Gaillon. Jean Grenier fut le fournisseur de l'archiduc Phi- lippe-le-Beau. On lui doit les tapisseries à la manière de Portugal et de tlndc, (page 248) ïhistoire de ban- quet, des vignerons, des bûcherons et des tapis de Tur- quie, emportés par l'archiduc à son départ pour l'Espagne, (page 249). En 1510, il vend à M. de Saint- Gobert une tapisserie portant l'image de saint Chris- tophe, (page 250). Précédemment, le 26 juillet 1498, il avait livré pour la chapelle de la halle deux chappes de drap d'or, à riches orfrois, ainsi qu'il résulte d'un acte passé devant les Prévost et Jurés : Le 20e jour de juillet l'an 1498.... « comparut sire ■ Pierre Remy prestre chappelain de la chapelle de - la halle du conseil d'icellc ville lequel reconnut ■ devoir.... à Jehan Grenier bourgeois d'icelle ville la n somme de xl lbz de gros a cause de l'achapt par led. - sire Pierre fait audit (i renier de deux cappes de drap ■ d'or à tout orfrois faitz et composez à or et argent ■ en tapisserie dont de la délivrance desquels il se - tient content... Jean (irenier occupa une haute situation politique à Tournai, ou il fut grand Prévost. Il mourut dans les premiers jours de février 1519 (1520 n. Bt.). Le 1 1 juillet 1519 il avait testé dans les termes suivants : - Je eslis ma sépulture pour mon - poure corps estre inhumé et enterré en la chappelle - des sept MCremeni en l'église Saint-Quentin, en - meetant une lame ou tombe sur mon corps. Item je - veulx et ordonne que soient deux chappes de velours - rouge, semblables a celle que mon feu père fist faire - pour l'église Saint-Quentin, c'est assavoir à orfroys - de velours bleu semé de ileurs de lys d'or, lesquelles ■ deux chappes je donne et vœil estre délivrés à ladite - église pour l'usage du service divin et des obits de - mondit feu père. * Jean Grenier, dans l'acte de dépôt de son testament est qualifié fils de Pasquier, marchand et bourgeois de Tournai. On attribue encore à l'un ou l'autre de ces deux tapissiers, Antoine ou Jean Grenier, la superbe tenture du musée de Dijon représentant le siège de cette ville — 318 — fl„ 1 Kl Q en îoio. Nous en avons parlé plus haut page 259, Antoine Grenier, T. 1497, 1508. Jehan marcheteur. 1464. n T 1 /iQ*3 1 X 1 O 14îM, loi Vf. Imbert n n 1493. Nicolas *» n 1493. Jaquemart ' I 1 Ulcill 1 l, 1410 1414. Jehan / Mil n Y"» uruarL, H. 1 À QO Renaut Grue, j . (ie i ournai eia- ou a r ci i ai e . 1 A(\A ( \ \ 1 404 \})- H Jehan Hacart, ouvrier de brou- 1480. dure. Piètre Haltre, marcheteur. 1491. Tassart Hanocque, H. 1438-58. Pietro Haroult, casurior. 1451 . Jehan Hazart, ouvrier de brou- 1404, 1418. dure. Haze, ouvrier de tissus 14G4. de soie. Haze, marcheteur. 1462. Roland Hiele, n 1459. Jehan Hoste"s, H. 1494. «Jean Hosemant, T. de Tournai éta- 1430 (2). bli à Avignon. Johan llughelin, ouvrier de haute- 1409, 1428. lisse. Colart Ilydere, broqueteur. 1449 (3). J Jehan Jennart, H. 1490. Lotart ou (Co- Jolit fils de Wa- lart) tier, 1422-24. Jehan Jornet, H. 1481 (1) Voir page 21 . (2) Voir pages 21 et 231. (3) Voir page 121. — 310 — Copin Jehan La ru os, lo bacre dit vert cappel, le barre. rl 11 1427. 1496. ouvrier de haulte- licheà la broque. Tapissier 1423. 1475. Jehan Jehan le bacre, Jehan le Bacre, tapissent, vend une chambre de Utpit86ri6 à messire Philippe de Comines, seigneur d'Argenton, en 1475. (Voir chapitre IV n° 68.) Jehan le barre. IL 1457, 1495. Hrir.- le bacquere, H do Tournai < ta- bliàMiddelbourg en Flandre. 1465. Mersrt le blancq, ouvrier de haute- lisse. 1415-20. Jehan le rarlier. T. 1446. • le clcrcq. H. 1497. Watclet lo Crich, 1420. Haquinrt li -l^nt. p 1413. Jacquemart le douch. 1424. Liévm le feuro 1473. Jaoqaemarl « marcheteur. 1488. r.heranlin lofebvrefilsdcJac- qnemart . T. 1477. Jehan le fort. T. 1412. Colin le josne, marcheteur. 1452. QlUard le leu, T. 1445. Jehan le loir. 1483. Jaquemart le maistre, - 1422. Col art le noble, H. 1438-47. Jehan le noir, T. 1478, 1491. marcheteur. 1498. IVtroquin le pettre. 1452. Jehan le rasteneur, EL 1459. T. 1476, 1484. Haquinet marcheteur. 1447. Guerardin — 1446. Mahieu le rys, T. 1498. — 320 — Kaquinet le Scellier, Tapissier. 1481,1483. Philippe le scellier, marchand de ta- pisserie. 1460. Plusieurs tapissiers tournaisiens portèrent le nom de le Scellier. Philippe le Scellier, marchand de tapis- series est cité dans un acte du 8 janvier 1460 à propos de soie qu'il vend à Nicaise Gaudin, marchand de florée, (page 25). Il était mort avant 1483 époque où un tapissier d'Audenarde qui avait travaillé pour lui, règle son compte avec ses héritiers. (T. 3324. Journal des Pré- vost et jurés, 15 juin 1483.) En 1481, on trouve relatées des ventes de tapisse- ries, et entrautres une sarge décorée de Y histoire de Nabuchodonosor, fabriquées chez Ilaquinet le Scellier, (page 244). Deux ans plus tard, en 1483 Ilaquinet le Scellier, sans doute fils du précédent, vend une cham- bre de tapisserie et une tapisserie verdure, en soie, représentant des jeux d'enfants, (page 30). Jaquette l'cschoquiere, ouvrière de brou- dure. 1417. Jehan le sauvaige dit de calonne, T. 1447. Etienne Lobry, T. 1486. Hanncquin l'oncle, H. 1415 25. Rogier longuespée, marcheteur. 1459. Jehan Lurette, T. 1499. M Jaquemart Maisselin, H. 1424. Jehan Marchant, ouvrier de haulte- liche. 1411(i). (1) « Jehan mr. reliant ouvrier de haulteliche xl sous comprins ens • une petites lois à le justice pour avoir fait une haulteliche trop courte » en transgressant l'ordonnance sur ce faite, le 7e jour de mars 1411. * (T. n° 139 registre de la loi). — 321 — Jehan Marescois dit le rastenetir, EL 1454. Jaquemart Maresquois, H. 1423. Jehan Mille, T. deTournai, éta- bli à Ferrare. 1464. Jaquemart Moriel, marcheteur. 1472. H aq ni net 1445. Haquiru 1 M niton marcheteur. 1482. Jcfa an Montnrier, II. 1401, 1474. RttaUM Ma«sart, H. et canonier. 1483'. N Colart Noël, marcheteur. 1459, 1464. 0 Pierart Olivier, T. 1483-89. Jcli an Ongles marcheteur. 1446 (i). .M 11.111 Ostnn dit do ea- lonne. T. 1451. P Ifahien Paielle, marcheteur. 1442. Jehan Païen, H. 1420, 1452, Arnoul Pbiaulei [toIi poison niep, marcheteur. 1 4 J 1 . Jaquomon platiel, H. Colait Pochai . 1446, 1461 Arnould Poissonnier. Tapissier. 1491. Arnoul I 'oissonnier, l'un des industriels t ournaisien les plus célèbres, et qualifié indifféremment tapissier ou marcheteur dans les actes anciens. Il fut le chef d'une nombreuse famille de tapissiers que nous trou- vons plus particulièrement au XV Ie siècle. Poissonnier est cité pour la première fois dans un un acte sans intérêt de 1491. Mais c'est en 1510 seu- lement qu'on rencontre de grandes ventes faites par ce tapissier. Son premier client d'importance est l'em- (1) Accepte un apprenti en 1446. (Voir page 121.) 3gg pereur Maximilien I, qui lui achète le triomphe de Jules César, une histoire de gens et testes sauvages à la manière de Calcul, une chambre de toutes choses plaisantes de chasse volerie et autrement, (page 255). De 1513 à 1516, il livre une tapisserie pour le roi d'Angleterre (page 259); le voyage de Caluce en cinq pièces pour M. de Wytfel; X histoire de Judith et d'Ho- lopherne, au comte de Suffolk; une autre tapisserie semblable à M. de Monjoie, (pages 258, 263). Des ventes qu'il lit aux particuliers, de ses expédi- tions à l'étranger ou dans les entrepôts d'Anvers et de Bruges, il n'est pas resté trace et cependant elles durent être nombreuses et importantes, étant donnée la réputation dont jouissaient ses ateliers et les com- mandes illustres qu elle lui valut. Seul le compte d'exécution testamentaire de Pois- sonnier nous renseignera quelque peu à cet égard, mais dressé dix-sept ans après la mort de notre grand tapissier, il sera encore bien incomplet à cet égard ; Nous y relevons des ventes faites à Châlons et à Comines, d'autres en Angleterre et enfin des envois nombreux de pièces à l'entrepôt d'Anvers; et, disons-le en passant, c'est cette habitude d'envoyer aux entrepôts de Bruges et d'Anvers les tapisseries fabriquées dans les diverses villes du pays, qui leur fit donner ce nom général de tapisseries de Flandre sous lequel elles sont ordinairement désignées en pays étranger. Poissonnier employait un certain nombre d'ouvriers dans ses ateliers. Ils ne pouvaient pas être bien nom- breux en vertu des règlements; il faisait en outre travailler pour son compte différents tapissiers. Il mourut en 1522, laissant une fabrique en pleine prospérité dont la liquidation, nous l'avons dit plus haut, dura de longues années. — 323 — On trouve signalées dans ses inventaires les tapis- series suivantes : une chambre de Calcou en neuf pièces; deux histoires de Jules César en sept et huit pièces, deux histoires de Holopherne et de Judith en six et sept pièces, l'histoire de Carabara ou des Egyp- tiens, plusieurs fois répétée, l'histoire de la caverne ou de la caravane, l'histoire des martres, des verdures et des pièces de tapisserie de tous genres, (pages 175, 185 et 282.) Bien que les Poissonnier appartiennent plutôt au XVI" siècle qu'au XVe, nous donnerons ici tout ce que nous avons recueilli à leur sujet, pour ne plus avoir à y revenir. On rencontre encore dans nos actes d'archives : Jehan Poissonnier le viel (1508) mort avant 1534. Hernies Poissonnier, tapissier (1500 et 1519.) Jeun Poissonnier, tapissier. Citédans quatre actes d'échevinape(de 1504 à 1515), il vend une tapisserie en 1537 (voir page 39), et mourut vers 1539. Pierre Poissonnier, tapissier, habitant la paroisse de la Madeleine. En 1525, il achète a .ïean le Vostre, aussi tapissier, quatre pièces qui sont encore sur les métiers, (page 45). On le trouve mentionné dans des actes de l'échevinage de 1527 et de 1534, ou il est qualifié fils illégitime de Jean Poissonnier. 11 testa en 15 H. Méàuœ Poissonnier, tapissier (1528). Et enfin Jacques Poissonnier le jeune, tapissier, paroissien de Notre-Dame, décédé en 1540. Jehan Polvot, ouvrier de haulte- liche. 1406. . Franehois Porte. T. Jaquemart Prévost. faiseur de tissus au piet. 1496. — 324 — Miquiel Prinche, H. 1472. Christophe Prouvost, marcheteur. 1483. R Amand Renaut (regnault) brodeur. 1494-97. Guerard Reniôres, marcheteur. 1490. Miquiel Richon, iiidi ciieicur. 1473,1481( Noël Richou, T. 1424. Pierart Rogier, 1 1 1 cl 1 v UULCU1 . 1418. n mnrehf»tpnt' oi tn- Grard LMOOvUl ■ 1482, 1494, Rosseau, H. 1496. Gillart Rousseau, H. 1492. Jehan Roussie] fils de feu Jehan, marcheteur 1463. s Pierart Scalquart,' H. 1430. Jehan Schcrman dit Ao UUVrlOl (JU llilULC bos, lisse et T. 1414. Claix Sompus, m.ireheteur iii.it il' \. 'il • 1446. Jehan Sept sols, } 1 TTW 1 lit"» IJl UU.UU 1 • 1455, 1467. Piorart Saquelahart, 111.11 V 1 1 l l_, i il . 1428. Jehan Serleman, H. 1424. Jehan Siret, hour^eteur 1473, 1488. IL 1475. Gillart Spoult, 1483. T Jehan Tayraan, h. 1419. Mannequin Tel lins, ouvrier de brou- dure. 1414. Thomas Tellins, ouvrier de brou- dure. un. Mace Thiébaut, ouvrier de brou- dure. 1415. Jehan Trouet le fils, Foulon et H. 1493. Lotart Truault, T. 1434 (2). (1) Figure comme arbitre dans un acte de 1449. Vend une tapisserie en 1481. (2) « Item je donne à Margot Truaude me fille.... tout men catel de » marchandise de tapisserie entièrement et tous les ostieux ad ce ser- - vans... » (Testament de Lotart Truault, 1434.) — 325 — V Picrart Vandeghenche, T. 1408. Jehan Van < Iris, bourgeteur. Jehan Van velme, marcheteur. 1445. Liai \ 1455. Jf-han Verveare, T. 1462. Jehan Vinchant, H. 1485, Jehan Vinchent, bourgeteur. 1480. Jehan Viv-quin, II. 1487. Tassa rt 1486. bourgeteur. 1407. Jehan Vrandin, brouleur. 1421. W Pol Wlftello, Wastelin, 1488, 1508. 1406. XVI' SIÈCLE (i). B Colart Bloyart. Tapissier. 1401, 1505, Colart ou Nicolas Bloyart, tapissier, cité on M91, mort avant 1505, est connu par la vente qu'il fit en 1501 à Philippe-le-Beau, duc de Bourgogne, de quatre grandes pièces de tapisserie laine et soie représentant Vhi&loire de ! . Olivier Bouchet (ou Bous- Tapissier et tapis- set), sier a le broque. loUo, 1D4U (1 ) Guerard Boutegalle, T 10U,c, i o~o . Evrard 1 Z,OA IOo4. Grard lo4^. Jehan 1 r.OQ 1 KA A Mathieu Brans, 1 "^A fi 9 1 OOi±-\J~ . Adrien Brasseur, 1 XO A l0^4. Valentin rsrocnari, ouviier ut) lapia- sene. 104,c. Adrien Brœcq, T Mathias Brou, » 1541. Martin Broutin, brodeur. 1517. Pierre Bouzin, marcheteur. 1513. Pasquier Burbure (voir de marchand tapis- Burbure). sier. lo37. c Josse U«i 1)11 IcdU , r. Frédericq Cailleberghe, broqueteur en ta- piooCÎI JC . 1542. Arnould Campenaire, T 1554. » ma , . ■ , , ] . • . I finie. Mal CIliUlU lapiô- sîer. 1 r>f>4 Jehan Campenaire, 1 ^fil Haquinet Carlier, rtls Jaque- mart, 1 ^04 1 . Jehan Carlier, 1 . loU7-JJ. Jehan Carlier dit de le vacque, 1526. Lucq Carlier. T. et marchand de tapisserie. Lucq Carlier, tapissier et marchand de tapisseries, cité dans un acte de 1525, ne nous est cependant connu que par le compte de tutelle de ses enfants dressé en 1542. On constate à cette époque, dans ses ateliers, la (1) On conserve son testament, daté 1534. Bouchet y est dit broque- teur et paroissien de la Madeleine. présence de deux tapisseries de Yhistoù e du Saint- Stocremenl et une autre de Y histoire de Grise (?) des verdures, etc., (page 177.) Kti'Tin" Patqaier Anthoone Pierre r-han .Jehan Kass».' Iflcbiel Jehan Haqmnet Jehan CarpcntiT, Carpréaa, Carton, Carroir, CcRaire, Chcsaip , Clischou, Cochefer. ronvcrt. T. inarclieteur T. D 1503. 1503-16. 1563. 1570. 1516. 1510. 1530. 1539. 1539. 1517. 1539. 1552. David, T. Colart de Burbure. Tapissier. Burbure OU de Burbure. Plusieurs tapissiers tour- naisiens portèrent ce nom. Le plus ancien en date est Colart ou Nicolas qui mourut avant 1519. On ne pos- sède d'autres renseignements sur lui que la vente faite à la ville de Tournai de huit pièces de tapisserie repré- sentant l'histoire du Banquet t destinées à. être offertes au maréchal de Cliastillon. Cette tapisserie que de Burbure laissa inachevée fut continuée après son décès, dans ses ateliers, par les soins de sa veuve Jeanne le I Vancq et de son gendre Nicolas Martel, (page 265) (î). On rencontre plus tard un autre tapissier du même nom, Pasquier de Burbure, cité dans des actes de 1637 et 1540. (1) Nioolat de Barbare ail encore cité dans un acte de Téchevinage de 1509. D'autre part on voit dans un cartulaire de rentes le décès de Colart de Burbure, âgé de 52 ans en 1521 . Il doit y avoir ici erreur de prénom ou de date. Enfin on possède aux archives de Tournai le test* nient d'un autre Colart de Barbare, daté de 1529. — 328 — Pasquier de Burbure, T. 1537 1540 Jehan de Bieclers, 1533 Gérard (grard) de Cassel ou Cas- selle. T. 1554, 1562. Haquinet de Cassel, yt 1512. Jehan de Cassel, n 1531, 1540. Jacques de Cassel, n 1562, 1598. Jacques de Cassel, fils de Jacques, » 1582, 1616. Jehan de Cassel, fils de Jacques, 1583. De Cassel (Casselle). Plusieurs tapissiers de ce nom, appartenant à deux familles différentes, ont vécu à Tournai au XVIe siècle. Le plus ancien en date est Haquinct ou Jean, qui est mentionné dans un acte passé devant les Prévost et Jurés en 1512, puis en 1531, 1535 et 1540. A cette date il vend à M. de Croix 268 aunes de tapisserie à raison de 18 gros l'aune, (page 48). En 1598, Jacques de Casselle, venant d'Audenarde, s'établit à Tournai. Nous avons rapporté plus haut ce qu'on sait à son sujet, (pages 58 à 61). Est-ce lui ou son fils, portant le môme prénom que lui, qui garnit la plupart des salles d'audience de nos magis- trats communaux de tentures à fond rouge semées decussons aux armes de Tournai et du souverain, (pages 290 et 291) et entreprit divers autres ouvrages pour le compte de la ville. Jacques de Cassel mourut en 1016. Philippt de Cassel, son frère, lui succéda en qualité de tapissier de la ville. Enfin Jean de Cassel, fils de Jacques, est signalé en 1583. Pasquier de Couvivance, T. 1516. Jehan de Fresne, » 1537. Josse de Gand, T. marchand ta- pissier. 1504, 1529. - 329 — Jehan .Je Genestre, T. 1516. K tien ne de Grirnaupont, H 1503, 1505. Cri^tollle de Haulteville, n 1515. Nicaise de Hault bois, retorde ur de sayette et T. 1538. Henri •J'- laise (voir de le T. 1504. haiz'), Jehan de landas, marcheteur. 1522. Colart de lannoy, T. 1518. Jehan de lannoit, T. et broqueteur. 1502, 1516. Jehan de laoultre, T. 1522. Roland de lattre, m 1522. Noël de la brasserie, m 1515, 1540. Jehan de la crois, - 1513. Jehan de la croix, tapissier à le bro- 1520. que. Robert de le fosse. T. 1508-9. ■ marcheteur. 1501. Henry de le baye, T. 1503. Jehan de le h.'iize 'lit de 1568(1). costre, • Hayne de le haise. T. 1502. Jehan m m 1504,1516(- Jehan ■ marcheteur. 1511. Jehan de le lis, T. 1526, 1564. Mlqoiel de le marquette, m 1525, 1550. Al os de le rue, marchant de ta- pisserie. Jcnnm de lestable. ouvrier de tapis- 1542. serie. Guillaume le let, T. 1501. Laurent de le nincourt, - 1520. Martin de ma y, 1533. Willequin Demeullemestre. 1567. Jehan de Rasse, 1507. • 1-' Kocotte. 1538 (a). Andrie/ de rSKR. 22 — 330 — Jehan Je roget, tapissier ménes- trel et joueur de haulxvends. 1540. Simon de roncq, T. 1534. Andrieux de ronge, - 1502. Jehan Drossart, - 1537. Jehan de Rosset dit niar- tin ou Drosset, 1538. Jehan de rosset le josne, - 1579. De Rosset ou Drosset dit Martin, est un nom porté par plusieurs tapissiers de la seconde moitié du XVIe siècle. On rencontre d'abord, dès 1537 Jean de Rosset dit Martin qui vend à la ville des tapisseries d'ameuble- ment à fond rouge dans le genre de celles que fabriqua en grande abondance Jacques de Cassel et dont le pre- mier type avait été fourni par Jacques de l'Arcq en 1498. Il fabriqua et fournit à diverses églises ou particuliers d'autres tapisseries dont on ne possède malheureusement pas la description. Après lui nous trouvons Jean de Rosset le jeune, peut-être son fils, cité en 1561 et 1579; puis Pierre Drosset dit Martin qui fournit à la ville des tapisseries à fond rouge en 15G9 et 1570, (page 58). Melchior Drosset et Gaspard Dros- set sont mentionnés dans les comptes de l'église Saint- Piat en 1579 et 1582 pour des ventes de tapisseries. — Nos archives mentionnent des Drossart et de Rossart, contemporains des de Rosset. Ne seraient-ce pas les mêmes individus dont le nom a été mal ortho- graphié par un scribe peu soigneux. Simon de Roufîe, T. 1555. Jehan de Sinetditmaris- sa), » 1535. Jacques de Vaulx, T. marchand ta- pissier. 1543, 1558. Jehan Devenins, Tapissier. 1513, 1516. Jean Devenins nous ramène à la belle période de — 331 — la fabrication toumainenne. on ne connaît malheureu- sement que defl œuvres de la fin de sa vie, car signalé pour la première fois en 1513 à propos d'une tapisserie en douze pièces représentant les douze mois de Vannée, achetée par la ville et offerte à l'aumônier d'Henri VIII, (page 259) il était mort en 1516. Il vend encore une verdure avec animaux «à madame de Poninch, une nou- velle série des douze mois, des verdures et des tables d'autel, des banquiers et des coussins à divers tapis- siers, au nombre desquels figurent ArnOold Poissonnier et un marchand de Paris ; il en achète aussi à d'autres maîtres. Ces détails nous sont connus par le compte de tutelle de sa fille, Marion Uevenins. rendu en 1516, (page ^<*»l el pièces justificatives n° 88). Meaulx de Viscre (de Vis quere . Tapissier 1606 Hcnnc* ). On possède le compte de son exécution testamentaire dressé en 1564. Etienne du Moulin (ou du Molin), ouvrier de tapis- serie, travaillait chez Lucq Carlier en 1542. Pierre 'lu Moulin, tapissier et marchand de tapis- series figure dans de nombreux actes d'échevinage, de 1539 à 1597, époque de sa mort, sans qu'ils indiquent la nature des marchés passés par lui. On le rencontre cependant en 1508 vendant à la ville des tapisseries à fond rouge pour une des salles de la halle. En 1585, il avait fourni une tapisserie à l'église Saint-Piat, (page 888). Pierre du Moulin, était administrateur de l'hôpital Saint-Nicolas. Jean du Moulin, marchand tapissier, est cité en 1590. Chaiie8 du mortier, T. 1508. Picrart du noz, tissutier de soye. 1503. Druot io 1 r-> A 9 — . >. w — .laeqtK ««s PlnoQoiOi T. 1518. Arnould Poissonnier, Tapissier et mar chand. 1510,1539(1) Hermei Poissonnier, T. 1500, 1519. Jacq nos Poissonnier le jos- ne, 1540. lahfto poissonnier, T. 1504, 1515. 1534, 1539. ■ 1528. |m n »>on ii îfT, n i s sins de verdure. Item je donne à monsieur le pro- » cureur Loys de le Rue un drap de Turquie faict - de nostre mestier. Item je donne audit Olivier mon » compère tous les patrons rf'Erculets, et aultres, sinon — 839 — - un£ do Motsr, qui est do pappier, que je donne à » mon frère Jacques Sarrasin... - Los autres tapissiers du morne nom sont Jacques Sarrasm, frère du précédent (1514 ; Haquinct Sarra- sin, cite dans une délibération des Consaux de 1509; Jean 8arratin qu'on trouve dans plusieurs actes d'éche- vinage de 1520 A 1566; enfin Pierre Sarrasin men- tionné également dans une décision des Consaux en I50S. .1«'|ian Sauvage, T. 1508. Sciret (voir Siret», Gerommc Seigneur, T. 1535. .lolinn Spzaip- vmii i saire), 1*41 A 9ÙÊÊ6 B ; mon, T loi / . Bart li''|oiui\ u w o , i ornilp"' Spelli^r ou Spill, 1 1 o.; 1 , 1 SKXS, .i^h.i ii Srjnerp. loon. •Ichn n Clnrl i H MPlI III , 1 Oo 1 . stoiiinj. marcheteur. T hortrand Taillup, T. 1531. Qaintio Tiédi i/o. H. 1544. JaoqaM Tison. T. 151S. V Van Ai becken, marchand tapis* sier. 1598. Josse Vandeveaaedltde gand, T. 1513, 1531. Josso Van holli'br'iMicij. T 1504. Pierre Van harpe; 1513. Van vol me, 1537. David Van Wemorbec- qne, T. 1537. Octavion Van Willeghem, 1530, 1537. roi Voiselin. T. et brocheteur. 1505, 150S. — 340 — W Haquinet Walleret, T. 1513. Daniel Wanebert, » 1542. Jehan Warnier, marcheteur. 1508. Y Piètre Ysebecque, T. 1528, 1542. Guillaume Ysoret, - 1525, 1540. Jehan Philippe XVIIe SIECLE. B Baert. Behacle, directeur de la manufacture de tapis. 1694 (l). marchand tapis- sier. 1679, 84 (2). Jacques Calme, fila de feu Antoine, tapisseur. Antoine Calme, Eugène Copiât, brodeur. 1607. 1613(3). 1685. Jacques Philippe Jean Jacques François Jacques de Casselle, de Castel, de Mouchy, Dernicourt, Desmayers, du Casteles le josne, tapissier. tapisseur. bourachier. T. tapissier (garnis- seur). marchand tapis- seur. 1598,1607(4! 1613, 16. 1621 (5). 1683. 1675. 1610. (1) Voir page 67 et suivantes. (2) Voir page 66. (3) Voir page 328. (4) Bourachier, d'après //écart, (dictionnaire Roucby Français) est un ouvrier qui tait des tapis de hautelisse, de? bourracans (ou bara- rans) et autres étoffes de laine mêlée de fil. (5) Voir page 7 1 . — 341 laoqoei Ciille. T. Branler, fllf de fea marchand tau- F,erre. sier. 1037. 1690(1). Gabriel Lotii.-* Jean Etienne Ladam. Œdins brodeur. casurier et bro- Œ 1018(2). marchand tapig- &ier 1669(3;. Mtffthind tapis- sier. 1687. Fra n roi s '""inemaker, 1 | Voir ptf« 3| i M Vo,r P'u« Ioin.|>igo34tf. W VoirP*ge64 et »im»ote* ma'rvhan.i tapis- 1(170(4). APPENDICE. NOTES SUR LES BRODEURS ET SUR LES DRAPS PEINTS. I. Brodeurs. Nous n'avons d'autre but, dans les pages qui sui- vent que de signaler certains brodeurs et quelques- unes de leurs œuvres, rencontrés dans les archives communales au cours de nos recherches sur les tapis- siers tournaisiens, et de mettre ces matériaux à la disposition de ceux qui traitent de l'art si intéressant de la broderie. Beaucoup d'œuvres de broderie figurent dans les inventaires des églises, les vêtements sacerdotaux étant ceux auxquels on a appliqué de tous temps la plus riche ornementation. Telles étaient les chappes, chasubles et dalmatiques ornées de figures de saints données en 1266 par l'évê- que Jean Buchiau à sa cathédrale, ainsi que celles qui — 343 — lui furent léguées a Ja même époque par Henri Braen, et qui portaient dans leurs orfrois les armoiries du donateur, de la Flandre et de Gand ; tels encore les vêtements sacrés donnés par 1 evêque André Ghiny, en même temps que les tapisseries dont nous avons parlé plus haut : - Unam cappam veterem cum ymaginibus et frixio operis anglicani ; item unam planetam de diaspero albo novam cum frixio ad yrnagines, etc. - Teifl enfin les devants d'autel donnés par Jean des Prés en 1349. Ces quelques mentions, extraites du martyrologe du réfectoire de la cathédrale de Tournai, montrent l'abondance de documents que fourniraient les archives rcligieusesde cette ville sur l'industrie qui nous occupe. Les brodeurs faisaient partie de la bannière des couslio icrs, avec les < aswiersf ou faiseurs d'ornements d'église. Il n'est pas nécessaire d'insister sur l'anti- quité de leurs travaux. On les rencontre à toutes les époques. Nos premières notes cependant, ne datent que du XIV' siècle; on trouve alors cités : Dame Ode de le Crois, ki fait les casures (chasu- bles) i;j05. Mc Robiert du Hautoit. Pierre Gomer. M* Jehan Ilazart. Laurent le Keux. M' Jehan Louskediel dit le Flameng. Tous qualifiés ouvriers de broudure. Quant à leurs travaux, nous n'avons rencontré que les deux mentions ci-après : « A mestre Jehan le Flameng, ouvrier de broudure » pour le fachon de celuy palle parmy xvi escuchons » ouvrés de broudure, des armes et enseignes dudit — 344 — » deffunct... xlv s. » (Compte d'exécution testamentaire de Jehan Mouton 1387.) « De Laurent le Keux ouvrier de broudure, pour » plusieurs rolleaux et nuées de broudure, v. s. » (Compte d'exécution testamentaire de Marguerite le Caudrelière 1399.) Ces nuées de broudure sont sans doute ce travail d'une haute difficulté appelé broderie en or nué que décrit avec talent l'auteur du Rêve dans ce roman d'un charme profond écrit à la gloire du métier de broderie et qui mieux qu'un ouvrage spécial nous en fait connaître en même temps que le mécanisme, toute la poésie (î). Faut-il voir encore un travail de broderie dans celui-ci : « Une chainture estoffée d'oeuvre de mâche- » nerie, vi escus. » (Compte d'exécution testamentaire de Bauduin Hseck 1354); et dans cet autre : « Une longhe chainture à tissu de brisetieste. » (Testament Jehenne Leclercq 1403.) Au XVe siècle, les noms des brodeurs donnés par nos archives sont plus abondants. On rencontre d'abord trois de ces artisans appelés Bara ou Barat, avec les prénoms de Pierart (1436), Tassart (1437) et Philipart ou Philippe (1451). Jean de Chalons, brodeur, cité en 1421, 1423 et 1437. - A Jehan de Chaalons ouvrier de broudure pour » avoir fait et armoyet deux escuchons des armes » desdits deffuncts qui sont mis et assis à ladite casure (1) Voir en particulier, pour l'or rcwé, les pages 133 et 138. Voir aussi les chapitres 3 et 6. (Le Rêve, par Emile Zola, 1888.) - 345 — * xi i. il deniers. - Compte d'exécution testamentaire de Çaterine de Waudripont 1427.) Chrestienne de I)ignoel ouvrière de broudure figure au livre de la loy en 1403. Thumas Diebout, brodeur, ou Mas de Bout, comme le porte un acte de 1410, ou encore Thumas, sans plus, (en 1411) ou enfin Mace Thiebout. ouvrier de broudure, mentionné en 1415 et 1416. Pierre Estampic, ouvrier de broudure est payé 22 sous (i deniers pour avoir brodé deux houppelandes vermeilles. (Compte d'exéeution testamentaire Bourgois bo 1409.) On le rencontre encore dans des actes d'échevinapre de I \2\ et 1 1 [2. Krnoulet Gosseau, ouvrier de broudure (1416). Jehan Haccart, ouvrier de broudure (1410). Jehan Hasard, ouvrier de broudure, comme les pré- cédent, est cité en 1404, 1411 et 1 ils. Thierry de le Wielle, ouvrier de broudure, fit son testament m M 1<*>. < >n \ trouve repris les legs suivants relatifs a des broderies : - Item je donne .. une table - d'autel ouvrée de broudure le meilleure; item je - donne encore à l'église Saint- Auberf(?) à Audenarde, - une table d'autel le meilleure, ouvrée de broudure. * Il eut pour exécuteur testamentaire Thomas Diébout. Jaquette lTNrhoquière, ouvrière de broudure, 1417. Jehan Septsols, brodeur, cité en 1455, 1 B9et 1407. Pierre Haroult, casurier, 1451. Qannequin Tellins, ouvrier de broudure (1414). A. Pinchart, dans une notice intitulée quelques artistes et quelques a rtisa ns de Tournai, donne aussi plusieurs noms de brodeurs. LK* TAPl«,ShK. *3 — 346 — Philippe Barat, Jean de Chaalons, Jean Septsols dont nous avons déjà parlé. Armand Regnault 1467 et 1482. Jacques Regnault, fils de feu Amand (1506). Nous reviendrons plus loin sur ces deux artisans. Gilbert de Bruges 1561. Jean de Sailly 1490. Puis il ajoute : « A propos de brodeurs, nous signalerons les noms d'Armand Regnault et Gilbert de Bruges, qui sont tous deux désignés comme brodeurs de Tournai dans un compte de l'écurie de Louis XI roi de France du 1er octobre 1463 au 30 septembre 1464 (f* 106 v°), pour avoir travaillé de leur métier à des housses de chevaux; et celui d'Isabelle Boutellière, broderesse de Tournai, qui figure dans le compte de l'argentier de ce prince de la même époque (f3 79 v°) en ces termes : « Ysabel Boutelière pour une chemisecte de veloux - cramoisi doublée de damas bleue, brodée et estoffée - de fil d'or de Fleurance, qu'elle a faicte et livrée au - mois de février mil cccc soixante et trois pour les - heures du Roy, viii 11 v solz tournois. » Ces comptes existent aux archives nationales à Paris sous les lettres kk 65 et kk. 60. On rencontre, dans le compte d'exécution testamen- taire de Nicolas Dimenche dit le lombart, la mention suivante : - A un ouvrier de broudure pour avoir fait six escuchons de broudure armoyez des armes dudit deffunct pour attacher sur une casure et sur deux tourniquiaulx de vermeil veillours que ledit deffunct avoit donné à ladite église de Froyasne, xlix sols, v deniers (1463). » Nous ne donnons pas ici les textes, et ils sont nom- brcux, ou figurent des vêtements et accessoires de mobilier brodés, ou ouvres de broudure, tels que par exemple : une bourse de vremeil reluyel OUvret de broudure ( 1 o t5i, un vollequin ouvret de broudure (1408), etc. Une pièce assez curieuse, qui date de la fin du XVe siècle, et que nous avons mentionnée plus haut (chapitre V, page 248) est un petit panneau de tapis- serie représentant XEcce homo, sur laquelle on a ajouté un ornement brodé au fl] d'or, qui décore le vêtement du Sauveur autour de l'ouverture du cou et des manches. , Nous avons rencontré peu de documents sur les brodeurs du XVI" siècle. Amand Regnaald, brodeur, cité en 1467 et \4S2 mourut eu 1502, Son fils Jacquemain Regnaald, bro- deur comme lui. fiirure dans un aetc de loOO. On a vu plus haut que le premier travailla pour le roi Louis XI. Jacques Renauld, broudeur et grossier, sans doute de la même famille, sinon le même homme que le pré- cédent, est mentionné dans des actes de 1510, 1 r>22 , 1530, et meurt eu l.~> 1 2. Robert Kouvier dit Macquart, brodeur, Ion1.). Jacques Taffin, broudeur, 1562. Nœi Ladam% casurier (chasublier) et brodeur, siprnalé pour la première fois en 1578, fut le chef d'une famille d'habiles brodeurs et peintres du XVIIe siècle. Son lils, Louis Ladam,et son petit fils, Gabriel Ladam, exercèrent la même profession. Louis Ladam% qualifié francq maistre du stil de brodeur et casurier, est cité dans un acte des Consaux du 31 juillet 1603. Le S du même mois, - tant pour — 348 — r> luy que pour les autres francqs maistres et apprentis » du stil des brodeurs, en nombre de douze, » il s'était opposé à l'admission dans le métier d'un brodeur étranger Michel Van Roosbrceck dont nous parlerons plus loin. En 1618, les magistrats commandèrent à Gabriel Ladam, une châsse en bois, de forme carrée surmontée d'un toit à deux versants, recouverte de velours rouge et ornée de broderies en or. Elle était terminée en 1619 et reçut les reliques des martyrs de Gorcum déposées au couvent des cordeliers. La description de cette châsse, répond très exacte- ment aux deux châsses également recouvertes de velours rouge à broderies d'or, conservées au musée communal de Tournai, et qui furent exécutées pour l'église du noviciat des Jésuites en 1612. On les attri- bue, avec toute vraisemblance à Louis Ladam, père de Gabriel. Un autre brodeur du nom de Noël Ladam est men- tionné avec Louis Ladam en 1603, puis dans des actes de 1018 et 1020, à l'occasion de travaux pour des ornements d'église. (Voir en outre : les Ladaiyi, artistes tournaisiens, par M. A. de la Grange, au Bulletin de la Société histo- rique et littéraire de Tournai, t. 23, p. 385.) Eugène Coplus, brodeur, 1685. Jacques Fouquet, sculpteur, recevait une pension de la ville à raison des dessins qu'il fournissait pour les hautelisseurs, et divers artisans, pour les tapisseries de basses-lisses dites tapisseries d'Audenarde, la bro- derie, point à l'aiguille et les dentelles (1693). En 1603, un brodeur, natif de Lierre, Michel — 349 - Van Roosbrœck, appelé à Tournai pour travailler à l'abbaye Saint-Martin, ou il séjourna pendant deux ou trois ans, résolut de se fixer en cette ville et solli- cita son admission dans le métier des brodeurs. (Con- saux 3 juin 1603.) Il fut admis, malgré l'opposition des maîtres bro- deurs, après avoir justifié de son savoir, par l'exhibition » d'aulrune excellente pièce - qu'il avait exécutée. (Voir pièces justificatives n° 40.) Quelques années plus tard, Isaac Dourv, natif de Nancy en Lorraine, également brodeur, demanda l'au- torisation dese fixer à Tournai. ( ommc Van Roosbrœck il fut vivement combattu par les couturiers et les bro- deurs. (Consaux du 21 janvier 1014.) Mais il ne se décourage pas et insistant auprès des Consaux, il fait valoir qu'il a été re}/. - arrimâm es failles el pas- mies par les trois Oonsauls, le mardi vu? jour daoust fan mil ccc. iiiim pour le pourfil de le oose publique sur les draps velus que on fera dore en avani en Tournai/, n Premiers quo lidit relut soient fait en ros d'une aune et demy quartier «lo larpe et mont plus largo et ourdit on xvi. portées et en wnii fili ceeoune portée, cascun til des dittes portées retors st de oilet loyal el marchant tel que U drappier et cauceteur de Tournay acoatent pour leur drapperie taire. Et ne puist en mains - 356 — ourdir de la ditte some sur amende de cent sols à l'ouvrier qui louveront. Et celi qui faire le feroit perdre son mestier I. an, et sur le drap estre coppet de l'un cor à l'autre parmy le moyenne. Item tant que a Tourdure que on coppe vm. portées doubles doudit compte qui valent xvi. omples (1) et nient mains et ou cas qu'il aroit plus drut fons que on ourdisist plus a quantité. Et ossi s'il y avoit plus de xx. portées que on puist faire oultre ces xx. portées le coppison (?) de omple fil. Item que li trame dont on fera ces draps soit de boins agnelins ou de boine tranne de laniers. Et quant est a le muyson (mesure) des verghes touchans la ditte draperie on le fâche de boine muison, et que on ne puist ouvrer de plus basse verghe que celle que ordenée y sera mais on oevre de plus haute se on vuet. Item y ara certains rewars ad ce congnissans fais et ordené par les eschevins et aussi certain seel dont li velut seront seellé tout escrut pour ce que quant il sont taint on ne puet mie avoir si plaine congnissance de le fraude que on y fait quant il sont escrut. Et aront ces rewars une verghe et li ville en ara une pareille et s'il avenoit que aucuns ouvriers coppast en empirast aucun drap d'autrui s'il ne poient ensamble estre dacort dou damaigeque li rewarten ordenaissent et aront liditeswart pour eescune pièce de velut v. deniers tournoi. Et parmy tant seront tenu daler au tour des ostels une fois le sepmaine ou plus se il le sourpeuvent | ! Item que sascuns ouvriers mâche (mette) sen ensengne a cescun drap qu'il fera, et pareillement y miche une ensengne li mais- tre a qui li draps sera parquoy on ait congnissance de ceulz qui feront bon ouvraigeou autre Et ossi que nul foulon, ne puissent nul de ces draps louler, ne tainteniers ne tainteniere ne les puist taindre jusquez ilz aront le seel escrut sur c sols. (1) Omple, signifie uni, d'après le Dictionnaire Godefroy. Uni ou plutôt unique, simple, car nous voyons dans les ordonnances qui sui- vent, ce mot opposé à double. Un inventaire dressé en 1450 chez un hautelisseur, mentionne plu- sieurs fils de ce genre, — douze livres de fil omple à iiii s. la livre, — xviii lb. de gros fil omple, — xii lb. de fil sauwin omple, — fil omple noir, — etc. (Compte d'exécution testamentaire do Maigrie de Cassiel veuve de Dierin Cnrp^nrier dit du bos.) — 357 - Ken que li velut qui feront bit de coton soient t'ait a mi. pas ta m. «le lin et i. «le coton, et celi de coton double x. en lice X portées de coton doubles qui valent xx omples et une aune de let (largeur) au ros. Et que on ny puist lanchier estouppes ne autre cause fors que boin fil «le lin sur 1 amende de cent solz, en le veue don reward. Ht y soient mises verghes telles que il appertaora -elon l'ouvrage. Item que il ne soit homs quelx que il soit qui sentremettre de laor marchandise au mestier des velus, qui puist tistre, ne faire s<- drapp'-rie de son eato| < nulz no puist taire d'un fil oraple de laine du poil deseure en mains de xxmiii portées sur c. solz. Hem que se aucun»! ouvrier* se mofTaisoit par son ouvraghe et par ver-lie. mal assirou par aultre voye quelconques en le veuwe des rewar», qu<> ce fm«t su r une paire «le lois grosses ou petites sclonc le mettait, et se le méfiait estoit trop grant que ledit drap velut tuist coppt'-s en le vfiie .!<•> dis n-wars. Item que il ne soit nulz qui puist taire nul aprentich que li aprentis ne serein» un an et que il n'ait que un aprentich au cop atin que clnlz soit plus diUfMl dudit aprentich apivndre seu mestier sur c. sols. Item que nul/ H6 puist faire nulz coppons sans prendre grâce as rewars et rapporter en leur veue pour les fraudes qui s'en poroient BQSUlr sur c. s Item que il ne soit nulz marchans ouvriers ne aultres ataquece (attache) eo^engnes de plonc sur les dis draps excepté le seel ou signet de le ville sur C. BOla. (I) Mesure pour la laine et les draps. (Godefroy.) — 358 — Item que nulz ne puist faire velus de lin qui ne soit tous purains de lin sans estouppes ne autre mellure, et qui ne soit en xxviii. portées et demie du fons desoubz, et de une aune de let ou ros et en xiiii. portées du poil deseure double en liche et fais de verghes de tel gauge comme celles de coton sur c. sols. Item que il ne soit nulz qui face velus de lin et de laine ensemble qui ne soient d'une ausne en ros a un. pas xxxvi. por- tées et demie de lin. Et xn. dou poil deseure double en liche sur c. sols. Item fu ordene par les m. Consaulz le mardi second jour d'aoust l'an mil ccc. mi" et dix que nuls ouvriers de draps velus, ne sargieres faisans sarges ou nulz marchans des dis draps velus et sargerie ne fâche ou fâche faire fardiaus des dis draps velus et sargerie pour faire mener hors de le ville que les eswars ordonés par les éschievins sour les dis velus et sargeriez ny soient appelles, ou les deux deaux sur c. 9. (T. Registre N° 423lBB, lu 07 et suivants. — Fonds des Arts et Métiers.) C, — 3. — l'.iUl . 26 mars. - Ordonnances faites et passées par les Consaux de ledillc ville pour le prouffit de le cose publique sur le fait des mestier et marchan- dises de le tapisserie haulteliehe et draps velus fais en Tournai le mardi vxvï jour de mars mil ccc, iiiixx et œvii et publiés le vendredi ensuivant (i). - 1. Premiers qu'il ne soit nuls revendeur ne revenderesse qui dores en avant, puist vendre ne venge viese sargerie avec nouvelle, et ou cas où ils volroient vendre nouvelle sargerie, si (1) La plupart des annotations de cette ordonnance sont celles qu'a données Mgr Vois n dans le Bulletin de la Société historique et littéraire de Tournai, au tome 10. Nous les avons complétées ou modifiées quand besoin était. — 359 — le voiscnt Tendre ou grand marchié «Je Toarnay, en le place à ce ordonnée. ■J. Item qu'il ne soit nul ouvrier à le marche no (je hauteliche (1), qui dores en avant, oeTFBCiie ne facho ouvrer fors de loiaus estoffes, cest assavoir de traynie (2) et d'estain (3) nostret (4) en le veue des «-'swars ad ce commis et ordonné! et que aucuns ne puist mettre en oevre es dis ouvrages faire et estofler filles, estontures («), lanuises (:), gratuises (8j, ne floscon (9), poil de vaque no aultre laulso ostofle, sur r. sous et les lois de le jus- tichc ft l'ouvrage estre acquis au sage du ban de la hraprrii- de Douai du XIVe siècle, où il est parlé des étoffes brunettes de laine nostret, par opposition aux brunettes de laine englesques. H écart, dans son dictionnaire, Kouchi-Français, donne aussi le mot nostret, qu'il traduit par - de notre pays, indigène. ■ L'article de l'onlorinancc aurait donc pour but de faire employer pour la trame, comme pour la chaîne de la tapisserie, de la laine et du chanvre du pa\>. Nostret signifie encore, par extension, agréable, de [n qualité. (5) Esioars, rewars, inspecteurs. (G) Et tentures, toison, laine de qualité inférieure ou mal apprêtée. (7) Latinise, déchet de laine. (8) Gratuises, bourre, mauvaise laine. (9) FioooH, voir plus haut, page 166. — 360 — où il ait serneure (1) quil ne soit fait de deux estains nostres, en le veuwe des dis eswars sur ledite paine. 4. Item que lesdis ouvrages de hauteliche et de broque qui seront bien fais et de tels estoffes que dit est, seront scellé de tel scel dont on scelle les couvretoirs et que li rewars aient pour cascune pièche scellée cinq deniers, s'il y a une douzaine de toies île coussins et en deseure et autrement nen aront riens. 5. Item qu'il ne soit nul ouvriers des mestiers dessusdis qui, dores en avant, puist ouvrer ne faire ouvrer diceux mestiers les nuys Notre-Dame, des aposteles et des samedis depuis le resson (2) sonné; ne aussi ne puissent ouvrer de nuyt à le candeille pour hoster les fraudes qui y puent queir (tomber) et pour donner révé- rence aux sains et aux saintes sur xx sous et les lois de le justice. 6. Item que nuls et nulle dudit mcstier de sargerie ne puist, dores en avant, avoir que deux apprentis en se maison, li quels soient tenus de siervir trois ans et nient (rien) moins ainsi que anchiennement a esté accoustumé. Et aussi que ès ouvrages dudit mestier, aucuns ne puist mettre poil de vaque, ne mesler avec autre estoffe sur c. sous et les draps ars (3) ou confisqués, lequel que mieux plaira as juges. 7. Item que il ne soit aucuns qui puist vendre ne faire vendre au marquiet ne ailleurs, ne mener hors de le ville aucuns cou- vertoirs, sarges, toies (4) ou autres ouvrages se ils ne sont scellés du scel ad ce ordonné sur c. sous et les lois de le justice. 8. Item que les eswars commis audit mestier de sargerie seront tenus de mesurer le largheiche et le longlieiclie d'icelle sargerie, tantost qu'elle est queue (5) de lostille pour oster toutes les fraudes qui y poent estre et aussi que aucuns dudit mestier ne ploiechent(G) aucun ouvrage tant que les dis rewars Taie*nt veu et scellé sur c. sous et les lois de le justice. (1) Remure. Ce mot n'a été trouvé nulle part. (2) Voir page 14. (3) Brûlés. (4) Toies, taies, tissus en forme de sacs. (5) Est queue, est tombée, est enlevée du métier. ^6) Ploiechent, plient. 'j. Item et pour ce que, à la fois, plusieurs des dis ouvrages de sarger ie et de liautelicbe sont trop clers et trop wis (1) par faulte destofle, ordené est que en eascun ouvrage les dis ouvriers, selon les pièches, seront tenus de y mettre estofle telle qu'il appar- tenra, et en le veue des eswares ad ce commis sur leditte paine, se faulte y avoit. 10. Item que les dis ouvriers et ouvrières qui sentremettront des dis mestiers seront tenus de faire boin et loial ouvrage bien fait et bien ouvré en le veue des dis eswars, et se faulte y avoit, le maistre qui le dit ouvrage feroit et feroit faire, seroit pour mal ouvrer condempné à un ban de cent sous et ès lois de le justice. 11. Item que il ne soit nuls ne nuls marehans, marchande ouvriers ne autro de le ditte ville, que, dores en avant, puist accater ne faire acater, ne avoir en se maison ne ailleurs, en leditte ville, quelconques draps velus qui aient esté fait hors diccllc ville que premiers et avant toute oevre, les rewars à ce commis no \< < aient veux et advisés, asavoir se ils seront vail- lable pour vendre en le dite ville et cité, et ou cas que trouvées seront vaillablcs que les dis rewars y mettent un scel de chire [%) qui n'ait point lo marque do la ville, mais tout différent d'icelle et non si-mblabb- à l'enseigne des draps velus faits en Tournai; et se vaillables ne soient trouvés, les draps seront copez de loncq en loncq, comme on fait en le ditte ville de Tournai et condempné 88 lois de le justice. 12. Item que tous draps velus que on fera à Tournai à trois ans8uelles 3) soient faits sour fond de lin retors et à vingt portées, (1) Wis, icif, vide, débarrassé. Ici lâche, peu serré, peu étoffé. (2) Chire, cire. (3) Anssuelks, ensouple ou ensuble. Insabulus, insublum, insubulare, involvere, envelopper. Les ensouples sont des cylindres sur lesquels se roule la chaîne d'une étoffe qu'on tisse et 1 étoffe elle-même quand elle est faite. Dans le patois du canton de Celles, les ensouples s'appellent encore (Vîsti'uclles. On trouve dans le dictionnaire Roucbi-Français de Hécart: «Ansruels, ensouples, terme de manufacture. Ce sont les rouleaux, l'un le devant du métier et sur lequel se roule la toile à mesure qu'on la tisse; le LES TAPISSER. 24 — 362 — et que en cascune portée ait vingt quatre lieux (1) et que les deux anssuelles que on coppe de deseure aient cascune dix portées de double fil qui valent vingt omples (2) et soit tout fait de boin fillet loyal et marchant tel qui ,li drapier accatent et que le lan- chure (3) soit faite de boin fillet de lin sans aultre meslure sur cent sous et les lois de le justice, et le drap à être coupé de long en long. 13. Item que les velus que on fait en vingt quatre portées soient faites de laine sour lin et à quatre follays (4) dont les trois soient de lin et le quart soit de laine le quelle on coppe tenant douze portées de fil double qui valent vingt quatre omples et ainsi est-il de coustume de le faire. Et ce soit fait de telle estoffe que dit est sur telle paine que dessus est dit. « Du mardi xxvie jour dudit mois de march 1111™ et vu. » Veu le rapport et ordonnanche aujourd'hui rapportées aux » consaulx par plusieurs du conseil, et par espécial par les esche- n vins de Tournay sur le fait des draps velus, ordonné est que » les rewars ad ce commis aront un certain seel dont ils seeleront second au bout, sur lequel est le fil. » Pour faire le velours, il faut au moins trois ensouples. La fabrication des velours était réservée aux hautelissiers. (1) Fieux, fils. On dit en patois fie pour fil. (2) Omples. Simples. Voir plus haut. (3) Lanchure, trame. Le mot de lanchure est encore usité dans le patois. (4) Follays. Ce mot, que nous n'avons trouvé dans aucun diction- naire, nous paraît avoir la signification de poil, employé par les fabricants de velours. Il y a du velours à quatre, à trois, à deux poils. Selon la quantité de fils qu'on met aux deux chaînes, on change le nombre des chaînettes de fils rouges, jaunes ou autres qui se mettent aux lisières. On y met pour la plus belle espèce de velours, quatre chaînettes de chaque côté, et l'on dit velours à quatre poils. Trois chaînettes marquent la seconde sorte et la font nommer velours à trois poils. Après le velours à deux poils, il y a le velours à poil et demi. C'est un diminutif qui a deux chaînettes dans une lisière et une seule dans l'autre. Il s'ensuivrait, fi notre explication est bonne, que le dernier article de notre règlement, où il est question des velus à quatre follays, con- cernerait les velours de première qualité. — 363 — » les draps velus e autres déclarez en ladite ordonnanche, dont * 1! n'aront riens, s'il n'y a une dousaine de coussins et en deseure. » Et au surplus selon ladite ordonnance. » (T. N" 170 de l'Inventaire des Registres, (° 137 K°. — Registre aux Résolutions desConsaux.) />. — •/. — 1101 . Ordonné cl accordé fu par les Consavl.r de le cille et cité de Tournai/ le xixf jour du mois de juillel l'an mil quatre cens cl siept pour le prouffit commun et VutUUé de If cose publique de le dillc ville sur le fait des draps velus que on y fait en adioustani aux autres ordenanches piechù sur ce faites Ce qui scusieut. 1 . Bt premiers qu'il ne soit aucuns ne nulz qui en la ditte ville puist dores en avant faire ne faire faire draps velus de fille de laine (TEspaigM qui D6 eontiengne un. portées en l'ausne ourdit à mil fllfl, oraples, et xwi. portées ou fons desoubz sur c. s. d'amende à l'ouvriet qui louvroit, et celui qui faire le feroit perdre sen mestier un an. El sur le drap estre coppé de l'un comme a l'autre parmi 1" moillon et unes grosses lois pour le justice qui seront eomprinse ou dit ban de c. sols. g. Item que il ne Boit nulz ne nulle, qui en ycelle ville puist faire ne faire faire draps velus de fillet de rains qu'il ne soit de xin i . portées en lausne ourdit a xn. lils omplcs et en xxviii. por- tées ou fons desoubz, et que les lisières diceux soient continuel- ment faites en manière deuc, et qui plus largues les voira faire se ourdisse de plus de portées, sur pareil ban et amende. 3. Item que nulz ne nulle ne puist ès dis draps velus mesler filles de laine d'Espnigne avoecq aultres filles quelconques ne filles de rains pareillement mais soient fait tout d'un meisme fille sur le maistre qui le feroit faire banni a c. sols, et l'ouvrier qui louveroit unes grosses lois, et se le maistre mesmes louveroit — 304 — il seroit encheus es dittes deux amendes et pareillement seront comprins ou dit ban de c. sols unes grosses lois. 4. Item que nulz ne nulle ne puist mettre ne faire mettre ne emploi filles destoupes es dis draps, mais y mettent et emploient bon fillet de cavene ou de lin sur a perdre le maistre et l'ouvrier cescun leur mestier un an et estre condempné cescun en un ban de c. sols esquelles amendes le justiche aroit une grosses lois en ce sonne (déclaré?). 5. Item que nulz ne puist faire ne faire faire les dis draps velus plus cours que de Xim. ausnes et nient plus longs que de xvi. ausnes sur xl. sols et les lois de le justice qui seroient com- prinses ou dit ban. 6. Item que nulz ne nulle ne puist faire ne faire faire les dis draps velus, nient plus bas que de verghes en xvi. portées en le manière accoustumée, mais les pora on faire de plus haulte qui voira pour amender louvrage sur x. lb. au maistre qui le feroit ou feroit faire et unes grosses lois au varlet qui louveroit. 7. Item et se aucuns voloit les dis draps de velus faire de plus drut compte que dessus est dit et déclaré ou premier et second articles de ces présentes ordenances faire le pora sans amende. 8. Item, que il ne soit taintenier ne tainteniere de noir qui se puist en la ditte ville entremeller de faire les dis draps velus dautrui ensemble mais se tiengne par lespasse d'une demye année continuelment ou a la ditte tainture faire ou a soy entremeller de faire faire les dis draps velus lequel que mieux lui plaira sur x. lb. et leur mestier pierdre un an compris ou dit ban de x. lb. unes grosses lois, pourveu que les dis tainteniers se tenoient a faire la ditte marchandise de draps velus ilz poroient sans amende taindre se boin leur sembloit en leur maison les draps velus que ils aroient fais ou fait faire sans taindre ou pooir taindre draps velus d'autrui. 9. Item et que toutes les choses dessus dites et chascune dicelles soient bien entretenues et [faites en le veue des Eswars ad ce commis et congnoissans et les dis draps velus soient scellez en le manière accoustumée et introduite. — 365 — 10. Item que il ne soit nulz ne nulle qui puist vendre ne accater en la ditte ville draps velus, ne yceulx mettre en oevre que pre- mièrement il ne soient passez au seel et seellez sur c. sols et les loys de le justice. 11. Item, que chascuns dudit mestier soit tenus de obbeir aux Kswars dudit mestier et de leur moustrer leur dis draps ostilles et estofles toutefois que requis en seront sur c. sols et les loys de le justice. 12. Item que il soit aucun ne nulz dudit mestier qui puist faire nul apprentich quechilz apprentich ne sierche un an en appren- dantson dit mestier. Bt li aucuns rnaistres dudit mestier ne puist avoir qo6 BO apprentich au cop ouvrant de sen cathel et que varies dudit mestier ne puist faire aucun apprentich se il nou- vroit de son catel sur c. sols et les lois de le justice comprins ou dit ban. (T. Registre N° 4231 BB, F 64 et 65. — Fonds des Arts et Métiers. I E. — 5. — / 108. 7 août. Ordonnancez faittes pas- sées et accordas par les Consauto de le ville et cité de Tourna)/ sur le fait du mestier ouvrages et marchandize des draps nommés haulteliche en ledifte ride pour le pour (fit commun et UUMté de le chose publique dicelle ville le mardi vif jour daoust lan mil cccc. et viij, ce qui soisuif. 1. Premiers est ordonné pour le ditte marchandise augmenter de avoir aux dis draps esward qui ad ce se cognoisse, et un seel dont les dis eswars spolieront les haultes liches qui vaillables et souftissans seront a porter ledit seel tel que il plaira aux dis Con- saulx ordonner, liquel esward pour leur paine d'aler autour et par les maisons dos ouvriers, et la les dis draps seront fais les visiter et rewarder et pour leur salaire de sceller les dis draps aront pour chacun, n. deniers tournois; — 366 — 2. Item que nulz ne puist en leditte ville faire ne faire faire nulz draps de haulteliche fors de boin fillet de lin et de boin fillet de laine tel et aussi soufRssant que de laine de laniers, et que icellui fillet soit passés au pois et au rewart sur un ban de cent solx unes groses loys prendre dedens ; 3. Item que les maistrez et ouvriers dudit mestier ne puissent faire taindre les kaynnes des dis draps qui seront de fillet de lin en noir de caudiere fors en wedde vert ou vermeil sur xx, sols unes petites lois comprinses ou dit ban. 4. Item que chacun drap de haulteliche ait de long tout fait et ouvret xxxviu, aulnes ou environ a lausne de Tournay qui se rapportent a lausne de flandres xxxvj, aulnes et delet in. quar- tiez et demi ou rost a lausne de Tournay soit et sera fais de xe fieulx sur lausne et de plus que faire le voira et nient de mains sur xl. sols unes petite loys comprise oudit ban. 5. Item, soit aussi chacune des dittes haultes liches ouvré de quarure sans faulses cordes, ne faulx las et sans villaines fourci- cures(?) en le veuwe des dis rewars et que li simple deux endrois ne soient point loyet de cache sur unes lois telles que il plaira aux juges ordonner et jugier selon le cas sur celui qui fera le drap ou les dittes desfaultes ou aucunes dicelles seront trouvées. Et avec ce seroit le valet par qui coulpes les dittes desfaultes venront et a chacune fois en autel amende par devers les mar- chans a qui li drapseroient pour recompensation de leur damage. 6. Item que tous maistres et varies qui ouveront ou feront ouvrer lesdittes haultes liches en le ditte ville seront tenut de mettre leur ensengne a chacun drap et davoir chacun ensengne différente li une a lautre lesquelles seront mises si et par tel manière que li dit rewart en poront avoir le veue et cognois- sance adfin que nulle fraulde ny puist estre commise et que on cognoisse louvrage de chacun sur xx. sols. 7. Item que on ne puist doresenavant ouvrer dudit mestier en leditte ville devant le wigneron du jour sonné ne aussi entre le pourcession et lcntrée du quaresme, ouvrer depuis le dernier! Wigneron et depuis le dit quaresme et pourcession, depuis le premier wigneron sur xx. sols. — 367 — 8. Itora, que nulz ne puist ouvrer dicellui mestier les sabraedis les nuis Notre Darne, ne les nuis de vigille depuis noesne sonnée à l'église Notre Dame, et aussi ne puist ouvrer nulz jours de fiestes commandées par l'église a warder sur autel ban. 9. Item que nulz ne puist eslever ledit mestier de faire lesddittes haultes liches ne dicellui ouvrer sil ne la aprins le terme de deux ans continueulx et quil paie au prouffît des rewars et maistres dudit mestier. xx. sols. 10. Item que les maistres dudit mestier ne puissent chacun avoir que un aprentich au cop, sur c. sols. 1 1. Item et que chacun aprentich soit tenus de payer pour se entrée v. solz au prouffît des dis rewars et maitres et aussi de servir et aprendre ledit mestier deux ans continueulx avant que il le puist élever. 12. Item que nulz no puist faire ouvrer aprentich sur ouvrage dautrui, se il ne le fait a ses perilz et aventures et apaine de rendre le damage que y seroit en le veue des dis rewars. 13. Item que nulz bourgois, manans ne subgés de le ditte ville de Tournay no puist ouvrer ne faire ouvrer les dittes haultes lichen hors de la banlieu et juridiction d'icelle ville. 14. Item que nulz ouvriers, ne marcans de le ditte ville ne puist avoir en se maison ne ailleurs en icelle ville et juridiction nulles haultes liches faictes ne ouvrées hors de Tournay, se ycellea nont esté rewardées et seellées par les dis rewars et que icelles soient vaillabes pour avoir ledit (seel) sur c. sols. 75. Item ont lesdis Consaulx fait ledit jour ordon- nances sur F ouvrage des Draps appelés de Bourges qui servent et sont faites oudit mestier. 16. Premiers est ordonné davoir seel cà sceller les dittez bourges et lesward des dittez haulte liches qui ad ce se cognoisse, liquel aront pour leur paine et salaire d'aler autour visiter et seeller lesdittes bourges de chacune i. denier. — 368 — 17. Item qu'il ne soit ouvrier ne aultres personne quel conques qui face ne face faire un drap de bourges fors de boin lin sans estoupes et sans fillet de keuvene sur. xx. sols. 18. Item seront faites les dittes bourges de boin estain tel et aussi vaillable que de laine de laniers passet au poix et au rewart et non dautre sur leditte paine. 19. Item seront aussi icelles bourges de trois quartiers et demi au ros chacune, et nient mains sur. x. sols. 20. Item que les bourges à x. marches seront faites en xxv. portées ourdit à fieulx le portée rapportant à xl. fieulx le portée et nient mains sur xx. sols, celui ou ceulx qui feront le contraire. 21. Item que celles a viij. marches soient faites en xxvj. por- tées, ourdies a xx fieulx le portée et apportant a xl. lieux comme dessus et plus drues qui faire les voira et nient mains sur leditte amende. 22. Item ayent aussi les dittes bourges en longheur toutes faites xxvij. aulsnes et demie et nient mains. 23. »Item que on ne puist ouvrer dudit mestier devant le vigneron du jour sonné ne depuis le derrain wigneron du viespre sur xx. sols. 24. Item que les dittes bourges soient faites et bien ouvrées en quarure en le veue des dis rewars sur unes petites lois damende. 25. Item seront tenus les dis maistres marchans et ouvriers desdis mestiers de hanlteliche et de bourges de moustrer as dis eswars toutefois que de par eulx en seront requis et quilz yront en leurs maisons tous leurs harnas estoffes et ouvraiges apaine destre celui ou ceulx qui refusant en seroient à c. sols damende et mis es prisons de le ville. 26. Item, que il ne soit personne aucune qui des dis mestiers puist ouvrer ne faire ouvrer fors sur rue et en lieu publique sur. xx sols. (T. Registre aux publications n° 397 B P 89). — 369 — F. — 0. — 1410. 6 mai. Ordonnance des Consaux sur les draps de haulteliche allemarche et tapisserie. Ordonné fa par Le* Consaalx de la ville et cité de Tournay, le mardy vj" jour do mois de May lan mil iiijc et dix pour le bien commun et le prou fil t du mestier et marchandise des draps de haulteliche allemarche et tapisserie. Que il ne soit personne aucune qui depuis maintenant <*n avant œvre, ne fâche ou puist ouvrer dicelui mestier de (Met Despaigne soit en estain ou traime w riens en y mettre ou faire mettre sur x. lb. dont celi qui le rapporteroit et metroit en voir aroit le quart dudit ban a son prouffit. iT. n° 307 B r* 105, registre aux publications.) (i - 7. (4i0. 9 Décembre, Ordonnance des Consau.r sur la tapisserie sarrasinoise appelée a le marche. Ordonné et accorde lu par les consaux de la ville et cité de Tournay, le mardi ixe jour de Décembre l'an mil quatre cens et dix sur le fait del ouvrage et ouvriers de tapisserie sarasinoise appellée a le marche pour le bien et prouftit commun ce qui sensuit. Que il ne soit ouvriers ne ouvrière de tapisserie sarasinoise que on dist a le marche ne aultre personne quelconquez qui dorosenavant puist mectre ne employer es ouvrages de leur dit mestier soient tapis ou aultrez pieches deuvre comment que on les puist ou doyo appelez autre estain que estain nostré, ne autre traîne que t rai ne nostré le meure aussi bonne que traine de lanier sur I . lb. Item que en toutez piechei deuvre dudit mestier dont li tan Daigne 1 Beroit destain DOStret on ne puist mettre ne employer en figures ne au 1 très choses fors que estain nostret sur la ditte amende. — 370 — Item pareillement es draps et pieche deuvre dudit mestier dont li kainne seroit destain nostre et h campaigne de trayne nostrce on ne puist au sourplus mettre ne employer que trayne nostre que dit est dessus et non mettre sur un pareille ban de x. lb. (T. Registre aux Publications n° 397 B F 116.) H. — 8. — 1411. 5 janvier. Ordonnance des Con- saux sur les haultes liches. Ordonné Ai par les Consaulx de la ville et cité de Tournay le mardi vc jour de jenvier l'an mil. iiijc et onze sur le fait du mes- tier et ouvrages de haultez liches en adioustant as ordonnanches qui par avant y ont esté faitez pour le bien et pourffit commun ce qui sensieut. Premiers est ordonné que s'il est aucuns bourgois ou manans de leditte ville qui vueille faire ouvrer dudit mestier de haulte- liche de fil d'or ou de soye faire le pora mais que ce soit de son catel et que icellcs haulteliches soient faites et ouvrées par ouvriersde le apprcsure de le ditte ville ou autrez de dehors et a ce congnissans qui aient apris ledit mestiers deux ans con- tinuels on le veue des eswars dudit mestier en par payant a iceulx ce que les dittez ordonnances contiennent et a paine de c. sols quiconques feroit le contraire. Item que iceilez haultelichez soient sy et tellement faitez et de telle étoffe longueur et largheur que lesdittez ordonnances con- tiennent et que l'ouvrage que iceulx marchans feront faire a leur maison soient bons et souflisants passans leswart a ce commis et tel quil puissent avoir le scel ordonné audit mestier sur le ditte paine quiconques feroit le contraire. Item et se aucuns vuet eslever ledit mestier et faire ouvrer en sa maison par le manière dessus ditte faire le puet, mais touteffois celi ou ceulx qui autrement le feroit ne poront faire ne avoir en leur maison aucun apprentich si non que ce soit leur enffant et que icellui enflant soit rccheu en le veue desdis eswars sur le ÉHlé peine. (T. Registre aux Publications, n° 397 B f> 105.) /. — — 1415. Contrat d apprentissage. Item est vray que environ le jour du Sacrement mil iiiic et quinze lesdis tuteurs marchandèrent à Jorge Meurisse et a sa femme île aprendre N-d. .M h.miui a faire tis 210 V°. — Registre aux publications). — 9**, — / 7/7. Arbitrage entre Jean de Ghis- telles et Jean te Rasteneur, rnarcheteurs. Du Sabmedy xviiie jour de novembre l'an 1447. P&rdevant sire Pieres Cottriel prevost, Jehan de Ghistelles — 374 — marcheteur d'une part, et Haquinet le Rasteneur aussi marche- teur d'aultre (part) de toutes le question qui estoit entre eulx a cause de l'œuvre et fachon d'un tapich que ledit de Ghistelles avoit promis faire audit Haquinet dont il estoit en faute et tout ce dont a cette occasion il poroit faire action ou demande l'un a l'autre pour intérêt et domage et aultrement en quelque manière que ce fust lesdites parties s'en sont submises et rapportées, ledit Jehan en Pasquier Grenier et Jehans de Biaumont, et ledit Raste- neur en Gillot de le Catoire et Jehan des Ablens pour ce pris et esleus comme arbitres pour les apointier et accorder a ladite cause, en promettant den tenir le dit etordonanche desdits arbi- tres et de comparoir à toutes journées, sur les dépens de la journée et a déterminer endedans le Noël prochain venant et sur x solz t. de peine et pouvoir prendre un cinquiesme arbitre à leur voulenté pour eulx concorder si bon leur semble et ont fait toutes promesses, etc Et des maintenant ledit Ghistelles sera tenu rendre audit Rasteneur l'œuvre dudit tapich encomenchié tout ainsi qu'il est à présent avec les laine et l'ensœlle de derrière sans les aucu- nement empirier ne ameurir. (Journal des Prévost et Juréz n° 3310.) 3/. — 10. — 1448. — 13 octobre. Contrat entre Philippe-le-Bon, Robert Dary et Jean de V Ortie, pour la confection des tapisseries de /'histoire de Gédéon. Philippe.... à nos amis et feaulx conseillers les commissaires par nous ordonnez sur le fait de nos linanches salut et dilection. Comme naguères nous avons fait marchander par nostre ami et féal chevalier conseiller et chambellan messire Philippe seigneur de Ternaut et de la Motte et nostre bien amé varlet de chambre et garde de nostre tapisserie Jehan Aubry à Robert Dary et Jehan de l'Ortie marchans ouvriers de tapisserye, demourans en la ville de Tournay, de faire parfaire et nous délivrer bien et loyalement et sans fraude aucune, dedans le terme de quatre ans comenchant à le feste de la my aoust derrenièrement passée, et tinissans le jouf de la my aoust qui sera l'an mil cccc lij, en nos pays et signouries, où nostre plaisir sera, d'entre 4a rivière de Some et l'iaue de la mer, viii pieches de grans tapis de haulte- — 375 — lice, dont les ii doivent contenir chacun xxii aulnes de long et viii aulnes de largo, et le* vi aultre.s chascun xvi aulnes de long et seront de la larghour dessus dicte; lesquelz tappis contendront ensemble la quantité de xj' xx aulnes qui montent au pris de vi i i escus d'or, de xlviii gros de nostre roonnoye de flandres l'escu, chascune aulne quarée à la mesure de nostre pais de Flandres à la somme de viij'" viiir lx escuz; lesquelz marchans seront tenus de faire faire par Bauduin de Bailleul, ou par autre milleur pointre qu'ils pourront trouver tous les patrons des his- toires et devises que nous leur avons sur ce pourparlé et fait deviser m avec ce wmt tenu- et «loivent faire parfaire et délivrer lad. tapisserie au pris que dessus, selon lesdiz patrons assavoir : Que ce qui se monstrera estre Jaune BSdil patrons devra estre de (il d'or lin tz que I -dit Pasquier demandait audit Vernier a l'occasion de marchandise de tapisserie, esquelz ledit Vernier disoit non estre en riens tenus pour tant qu'il maintenoit que ledit Pasquier lui avoit promis à Bruges que a lui ne a se denrée riens n'en demanderoit - | ainsi lorTroit approuver. Lesdites par- ties pour rlghear de procès eschiever esquiver) ont pris et esleu îj hommes, etl assavoir Jehan le Clercq, pris par ledit Vernier et Jehan Tiebegot pris par ledit Pasquier, lesquelz ij ainsi esleus oront sur ledite promesse Casin Perin et Franchois Favre es deppositions desqin-us l«-sdne> i.i parties *e sont reportées de ladite promesse, E( n iceux deux tesmoiog depposeat présent lesdis « siens alui tenant dudit Vernier, icellui Vernier sera tenu pour quitte et desehargié desdis intérestz et s'il ne depposoient au proaffltdfl lunne de lautre et que de ledite promesse ilz ne fussent BOttVeaablea OU aultrement lors lesdis ij esleus poroient lesdites (] parties appointier desdis intérestz avec de despens de ceste poreieute jusque a le somme de viij libz. de gros et en desoubz et non passer, dont pour furnir leur jugier et ordenance jusques à ladite somme de viij libz. de gros ledit Vernier a fait LES TAPISSER. ?5 — ;î7S — caucion de Jehan Vorsenarq, marchant de draps demeurant en Tournay et pour desdis interestz ordonner par lesdis ij esleus à leur discrecion jusques a ladite somme et en desoubz ont lesdites parties donné pooir ausdis ij esleus a en appointier ordre de droit gardée ou non garder dedens le jour Saint Remy prochai- nement venant et ont promis entretenir ce qu'il endoivent sur c. tournois de paine par tel condition que se ils navoient aucune chose ordonné dedens ledit jour les parties retourneroit en cause devant nous Prevostz et Jurez pour les parties poursieure leur droit jusques a ladite somme, ladite caucion tenant tousiours estât et ont faict au surplus toutes promesses appartenant en submissions. Merquedi xviije de Mars lan m. cccc. xlix. (T. Prévost et Jurés, vol. n° 3310.) 0. — 11. — 1101. 22 avril. Ac/tat par Philippe- le-Bon, de tapisseries à Pasquier Grenier. Philippe duc de Bourgogne, de Brabant, etc., etc., maistre Jehan Schareel ne secrétaire et garde de notre épargne, nous voulons et mandons que des deniers de nostre dite espargne vous paiez bailliez et délivrez à Pasquier Grenier marchand de tapisseries demeurant à Tournai la somme de quatre mille escus d'or de xlviii gros, a lui par nous due pour les tappis ci apprèl déclarés que nous avons prins et acheté de lui, pre- mièrement six grans tappifl de muraille pour église richement faicts et ouvrées de lil de laine de soye d'or et d'argent esquels six tappis est contenue et historiée la passion de notre Seigneur selon les saintes évangiles et est ladite passion escripte par dessus les personnages de lettres d'or sur rollets de noir en latin, et sont les mos des saintes évangiles et contiennent les dessus dis tappis cinq cens aulnes a launée quarrée ou environ; item une chambre de tapisserie ouvrée de fil de laine et de soie con- tenant neuf pièces six quarreaulx et ung banequier assavoir une couverture de grand lit, ung chiel, ung dossier, une couverture de couchette et ung dossier pour ladite couchette et quatre pièces de murailles toute emplye de bosquaille et de verdure et portant es dites pièces sont plusieurs grans personnaiges corne gens paysans et hocherons lesquels font manière de ouvrer et labourer ou dit bois par diverses façons, et contenant en dessus dites neuf pièces banquier et carreaulx trois cent cinquante aulnes, etc., etc. Donné en nostre ville de Bruges le xxii jour d'avril l'an de grâce mil cccc soixante et ung après Pasques, pour monseigneur Pierre Melei. (Lille. Archives de la chambre des comptes, carton : joyaux et meubles.) P. — 111". — J40G. W octobre. Philtppe-le-Bon achète des tapisseries à Pasquier Grenier. A Pasquier Grenier, tapissier demeurant a Tournai, la somme de xl gros monnaie «le flandre la livre a lui deue par mon- seigneur pour et & cause de deux chambre* de tapisserie Vune figurée dPorangicr s contenant assavoir la couverture du lit six aulnes et ung tiers de large et vil aulnes et j tiers de long. Item le chiel v aulnes de large et \i aulnes de long item iiii pièces A* gouttière! ensemble wu aulnes de long et lii quartiers «le large item le dossier vi aulnes de l»«ng et iiii aulnes et j quart de hault item la couverture de la couchette iii aulnes de large et Iiii aulnes de long; item Iiii tappis de murailles les deux chacun de ▼iiii aulnea de long, le tiers de vili aulnes et i quartier de long, et le quart de vil aulnes de long, et sont lesdits iiii tappis chacun de v aulnes et , quart ;eut apparoir par ses lettres sigm-es comme dessus. Don- nées en ladite ville de Bruxelles le xixc d'octobre mil iiiic lxvi. » — 380 — (Registre n° 25191 f*» xviii v° de la chambre des comptes aux archives du royaume à Bruxelles. Q. — 12. — 1412. 4 août. Ordonnance des Consaux sur les hautelisseurs. .... Faisons, passons et accordons lesdis statuts et onlonnan- ches chi en suivant déclarées pour doresnavant estre gardées et estre tenus par cheux dudit mestier en la manière qu'il s'ensuit : Premièrement qu'il ne soit mestre dudit mestier qui depuis maintenant 60 avant sur estre bani à dix livres et sen mestier estre suspendu puis prendre avoir ni recevoir pour ouvrer dudit mestier comme apprentis femmes quelles qu'elle soit mariée ou non excepté les fi 1 les à marier dos francs inaistres dudit mestier et leurs femmes. Lesquelles touttefois se elles se mariaient à aultre home que dudit mestier seront totalement privées de la franchise et exercice d'iceluy mestier, saulf et pars! que Angnies Descamps femme à Jehan au touppet laquelle par avant ceste ordonnance et en temps non dellendu a encomenchié l'appresure dudit mestier le poura parachever et parfaire et joira de la fran- chise d'iceluy en observant les ordonnanches sur ce faictes pour- veu touttefois que après sa dicte appresure elle ne polra dudit mestier atTranchir sondit mari, ne avoir tout son temps que ung seuls apprentis et tout sans préjudice de ladite ordonnance, icelle au sourplus demorant en sa force et vigueur. 2. Item que doresnavant cheulx qui vouldront apprendre ledit mestier seront tenus furnir en l'apprendant le terme de quatre années et ne pourra ung maistre dudit mestier adfranchir que ung apprentis les dis quatre ans durant et se l'apprentich avant lesdis quatre ans accomplis s'absentoit en délaissant sen mestier l'espace de six sepmaines il perderait son appresure et pourait sondit mestre après lesdis six sepmaines recepvoir ung aultre et nouvel apprentich se bon luy semblait. 3. Item que nul mestre dudit mestier ne puisse mettre sur - 881 — I outille quelqu'apprentis pour ouvrer que premier il ne lait dit et nonchié au doyen dudit roestier el payé les dix sols que doit l'apprcntis pour son entrée et faisant escripre es papiers dudit roestier le nom dudit apprentis et le jour de sa venue, sur ung ban de quarante solz à la ville et cinq solz en pourfit dudit mestier. 4. Item que ne soit nulz qui à tel apprenti* balle à ouvrer sus dis solz d'amende au proufllt dudit mestier. 5. Item que l'ordonnance pfècha niete et contenue en la chartre dudit roestier de non pooir ouvrir ne faire ledit mestier ne puis- sent au contraire donner grâce ou congié et dès à présent leur en est la pulssancbe et faculté ostêe, sur ladite peine. fi. Item et adfln de éviter le? fraudes qui se poroyent comettre ps ouvrais dudit mestier par les composer de nuyt et devant heure deue, ordonné est qui ne soit ouvrier ne apprentis dudit mestier qui puist ouvrir d'icrdluy mestier avant l'heure delà cloque du matin ne depuis de la cloque de vespre sonnée, sur encourir l'on vrier qui f««nut le contraire pour chacune fois vingt un denier tourn. d'amende dont le tierch appartiendrait à celui qui le surprenderait et trouverait en défiant et les autres deux pars au promut dudit mestier < t que les draps d'or et de soye et autres ouvrages que feront lesd. liaultcliceux soient fais de cou- leur bien et MUfflsamment sous peine do non porter sel ceulx qui seront trouvés trop difTerens en couleur el les. lis draps et ouvra- ges estre c«i|)|h s et pugni* a la di>eivtiuii d«*sdis eswars. 7. Item que nul ouvrier dudit mestier ne puist doresnavant ouvrer ne tenir ouvrier ou avoir hostille au dehors de la nouvelle et darniore fermeté de lad. ville sur le povoiret banlieue d'icelle anchois puis que ouvrer vouldront tiente (qu'ils tiennent; ouvroirs ou facte (fassent) lourd, mestier pardel.in^ ieolle ville atîin d'évi- ter les fraudes ot que les eswars et aulnes ollïciers d'icelluy mestier puissent avoir plus claire eognoissance de leurd. ouvra- ges et en faire doue Visitation sur ung ban de cent solz qui ferait le contraire. 8. Item que ceux qui voiront eslever ledit mestier seront tenus doresnavant payer pour la Visitation et passement de leur quief de maître quinze soli tournois, entre les mestres et ouvriers ordonnés a faire lad. Visitation estans en nombre de nœf personnes. Et si seront tenus de payer pour le droit de leur mestrise soixante solz tournois, dont la moitié sera au proftit de la ban- nière et collège dudit mestier pour soutenir les charges d'icelluy et l'autre moitié appartendra pour les mestres et ouvriers dudit mestier, boire et récréer ensemble. 9. Item que les enfTans de maistres dudit mestier pourveu qu'ilz soient légitimes ne seront tenus acquérir? temps d'appresure anchois en payante par eux demy droit de mestrise et faisant leur quief d'œuvre soutlisant et passable poront eslever mestier et ouverer partout comme s'ilz avoient continué led. appresure led. terme de quattre ans. 10. Item que nul 06 puist ouvrer ni exercer ledit mestier en Tournay pour tant qu'il soit actaint et convaincu d'aulcun villain cas, parcspccial de larchin ou qui ait tenu ou l'endroit partie con- traire au Roy notre Souverain segneur, se de tout ce il n'avait pardon et absolution du Roy Q pâtre sire et fust restitué en se bonne famé et renommée. 11. item que personne aulcune ne puist ouvrer dudit mestier devant aultruy ne eslever icelluy mestier en ladite ville s'il n'est de Pappresore d'icelle et ait payé les drois et fait les devoirs a ce appartenant oq qu'il ait appris led. mestier en franche ville privilégié en laquelle ait statuts et ordonnances dudit mestier et que cellui qui serait d'appresure du dehors ait payé cent solz tournois au profflt dudit mestier. 12. Item que les mestrea et ouvriers dudit mestier ne puissent faire ne composer quelque dras velus en mendre longheur que de vingt aunes blancq cescun corne il est usé par ci devant sur ban de vingt suiz à la ville et cinq solz audit mestier, qui feroit je contraire et le drap qui seroit en mendre longheur non estre scellé mais coppés et pugny par les ordonnances desdis eswars. 13. Item et pour ce qu'il a esté usé et accoustumé de tout temps audit mestier de faire et composer lesdits draps velus de trois sortes, la première de trente deux parties, la seconde de trente six, la tierche de quarante, sans ce que les ouvriers y ait mis ne assis par devant quelques ensagnes. Parquoy souvent est advenu que les marchans et acheteurs ont pris et heu une sorte — 383 — pour un'- autre t<; pai-'- lix s. vallent xxxiv s. vi ii d. (T. 1481. Compte de tutelle Olivet et Colart Chamart dit le Iferchier. | r. — tn — 1481* t avril. Vomirai entre Desreu- nttulx et De$ca»namg au nyei ttune chambre de tapis-, teriê dite rfefliistoire de Tebbes. Le inj. jour d'avril Tan nul iu.'r îiij" ft DDg avant Pa«ques, pardevant lire Simon île Clormes prevost, etc., compara Wil- leauni" Detremaax, tapissi r, dem Mfant en laparoiceS. Nicolay au Hruille en Tournay. l'.t iveotrnut d<« sa bonne volonté que acauso d'une chambre de tapisserie à soye de listoire de Tebhes que ii la teste d'Anvers séant à le penthecouste darrain passé il avoit vendu ei promis à Cilles pescamain marchant, ledit Willeaume es toit tenu et redevable audit Gilles de reste de laditte chambre on une gOUtlere de tapisserie de laditte ystoire contenant vi auln. s de Ion? et trois quartiers de large avec une pièce de tapisserie de laditte ystoire contenant vingt aulnes, desquelle gootiereel pièce de tapisserie ledit Willeaume à promis livrer audit Cilles ou au porteur et ce aux jours qui sensivent. C'est assavoir laditte goutiere en dedens le xxviij0 jour de ce présent mois d'avril après Parques prochain venant et laditte pièce de xx aulnes SB dftdeni le \v jour de juillet prochain après ensivnnt sur \ 9oU tournois de peine a ce obliga corps et bien et y ré tapes, renunchant, etc. (Archives de Tournai. — Registre journal des Prévost et Jurés commentant le 51 |ufn 1480, n" 3324. — 388 — W. — 17. — 1482. 6 novembre. Contrat entre Des- reumaulx et Rogier, au sujet d'une chambre de tapis- serie de /'histoire de Joseph. Le 6e jour du mois de novembre (1482) comparurent... Willème Desreneaux, marcheteur demorant en la paroisse S. Nicolas au bruille d'une part, et Pier Rogier, aussi marcheteur, demourant en lad. paroisse d'aultre part et recogneut meismement ledit Desreneaux avoir vendu bien et loyaument audit Rogier qui le cognut avoir acheté de lui, deux tappis de l'histoire de Joseph estant de présent en la maison dudit Des Reneaux sur les hos- tilles encomenchiez pour le pris et somme de trois solz de gros chacune aulne d'autant que lesdis deux tappis contenront, que ledit accatour a promis payer audit vendeur ou au porteur quand ledit vendeur lui livrera lesd. tappis. Pourveu que ledit vendeur sera tenu de faire parfaire lesdis tappis par Jehan de le.... et Haquinct Mouton marcheteurs qui les ont encomenchiés et non par aultres, sans ce qu'il leur puisse faire faire aucun aujre ouvrage jusquos a ce que iceux tappis seront parfaits et accomplis. (Le 27 novembre Desremaulx reconnaît avoir reçu un acompte.) Le 16ft jour de juing l'an 1483,... comparut Pierre Rogiers, lequel confessa avoir reçu de la veuve de feu Willeme Desre- meaulx en son vivant obligée es obligacions ci-dessus escriptes la somme de vii 1. iiii s. de gros s'en tint content et accorda icelle obligacions estre trachiés. (T. Journal des Prévost et Jurés, n° 3324.) X. — 1486.26 novembre. Lettres faites à la requeste des maistres et ouvriers de haidteliche. A tous ceulx qui ces présentes lettres voiront ou oiront.... scavoir faisons que nous bien advertis cornent aucuns nos manans — 389 — maistres et ouvriers de baulteliche et de bourgettes ayant aprins led. mestier en ceste dicte cité et joyssant en icelle des francbises d'yccllui mestiers se sont cfforchiés et eflbrchent eulx transporter audehors de ceste dicte cité pour y faire composer ledit mestier d'estofles frauduleuses du tout a leur postei?) etavantaige contre les règles et ordonnances de ceste dite cité et au grand préjudice d*icellai mestier. Voulions à nostre povoir obvyer à touttes frauM'-s et pourvoir a IVntreteMflMnt dud. mestier et mar- chandise etossi garder lad. ville de dépoppulation et indempnité, avons par nv-ure délibéracion r-n ensivant les anchiennes ordon- nances sur ce faictes et sur les remonstrances et complaintes de ceulx dud. mestier, ordonné et deffendu, ordonnons et deffendons qu'il ne soit maMi-p ni ouvrier dudit mestier à présent demeu- rant en cosio dicte vilh- qui voi<-- audehors d'icelle ville ouvrer, faire ne composer aucuns ouvraiges dudit mestier à paine d'estre banni et à deux fois xlib. et privez à toujours du droit de l'appre- suro r-t franchie d'io-Mm mestier en reste dicte ville et que pareillement ceulx qui desja et puis nagaires sen sont aies au dehors et font iesd. ouvraiges retournent faire et continuer leurdite franchise et mestier en ceste dicte cité endedans Pasques prochain venons, sur pareil ban et privation que dessus. .... Donné le raardy xxviiie jour de novembre l'an mil iiiic iiii" ot six ot publié aux bretesqucs le v6 jour du mois do décem- bre ensuivant . (T. n° 4232, r» 1. Fonds des arts et métiers.) jr _ i4S8. 21 octobre. Ordonnance pour les mais- tres et numers ar Inclûtes parties, ce que dit est seront baillez et délivrez nu<)it Gilles les deux trippes dont estoit. question, et moyennant ce, seront et demourront icelles parties quittes l'un de l'autre en toutes choses qu'ils porroientou saroient demander l'un l'autre, jusque- au jour d'huy de laquelle sentence lesdittes partie* aquu>scrent et le eubrent pour oggréable disant par Gilles, que en tant qu'il touchoit le paiement dudit reste de vij a viij I. de gros 1! se ten il a ce qu'il en fust satisfait et payé en deden* ledit rinrquie^me prochainement venant en la manière dessus déclaré et de ces consentemens furent lesdittes parties et chacune d'icelles condempnez paHedit Prévost a l'entretenement d'icelle sentence selon sa forme et teneur, etc. (T. KegUtre journal des Prévost et Jurés, n° 3323 de Tin- ventan -•. BB. — 18**. — 1401. 10 janvier. Règlement édicté par les doyens et sous-doyem des métiers touchant les haultelicheure. Comme les doyen et soubdoyen cswars et tous les suppôts du corps et OOlliegS dei liaulteliclieurs et bourgeteurs de ladite ville se fuissent puis nagaires trais pardevers nous et nous ont dit et reiiionstiv.. l'ourqii.iy rst»'it mces>;tc desdits articles muer et changer à cause que iceulx articles contenoient que lesdits sup- plians qui faisoient et composoient plusieurs ouvrages dudit mestier appelés draps ro\ - s, «rllets quievirons et autres ouvrages depiMidans d idit inestier de liault«diche et bourgetrie estoient tenus de les faire par ladites ordonnances de certaing nombre de llls et retors en la kayne, feust lin ou saiette de certaine lon- ghesse le tout selon le contenu de>d. ordonnances... , lesquels ouvriers étrangers ont mis sus et font aucunes sortes d'ouvrages appelez ouvrages meuvre œilletz quievirons et chambgans a l'apetit et volonté des. lits marelians, lesquels ouvrages iceulx ouvriers estranjzers les font et composent sur kaynes «le (ils de Un single sans estre retors et se jectent de mol fillct sans ce qu'ils soient B8 trains de y mettre compte ni nombre de filz esdites kaynes d'ieeulx ouvrages ni les jeeter de soye retorse comme font ioeux Bttpplians.... — 392 - Sur ce lesdis haultelicheurs et bourgeteurs se sont de reschief trais pardevers nous... Assavoir que lesd. haute) isseurs et bourgeteurs avec les ouvra- ges qui se font sur kaine de lin retors jecté de sayette et dont leurs ordonnances font mencion poront dudit jour en avant faire composer et ouvrer lad. sorte d'ouvrage que Ton appelle ouvrage meuvre sur fil de lin single et jecter de mol fillet corne on fait es villes voisines pourveu que le 1. ouvraige soit de telle longhesse et larghesse que lesd. ouvrages de fil retors... Avecq ce et pour éviter à toutes frauldes lesdis ouvrages fais de fil retors auront deux seaulx et ceux fais de single fil n'y auera que ung seel. Item pareillement poront de ce jour en avant faire composer une aultre sorte qui s'appelle œllés et quievirons sur fil de lin single et jecter de mol fillet avec une aultre sorte que on appelle cbambgeant.... Item depuis maintenant en avant le doyen de lad. bannière qui sera prins et esleuz esdits haultelicheurs et bourgeteurs aura en l'advencliement de sa robe aux despens dud. mestier chacun au quatre livrai tournois et se le soubs doien n'est prins et esleuz aura pareillement a l'advenchement desad. robe sur ledit mestier soixante solz tournois. Et s'il advenoit qu'il n'y eut prins ne esleuz esdits hautelisseurs et bourgeteurs que le soubs doyen de lad. bannière il aueroit pour l'avancliement de sadite robe quatre livres tournois à cause de la peine et sollicitude qu'il aueroit seul dudit mestier. Item que lesditfl hautelisseurs et bourgeteurs qui voldront faire lesditfl ouvrages de coulombette dentelé et camelot de dou- ble kayne retorse soit layne ou sayette se fera en compte de 375 filz et non moins et déplus qui voldra et seront lesdis ouvra- ges composés de fil de retors et scellez de deux sceaulx dudit mestier, et ceulx qui les feront de single fil de lin les feront de 400 fils en kayne et non moins et de plus quy voldra, et seront iceux ouvraiges fais de fil single scellés d'un seul scel dudit mestier. ... Item qu'il ne soit maistre ouvrier aprentis ne aultres per- sonnes quelconques dudit mestier quy de ce jour en avant — 393 — pataMQt ouvrer no faire ouvrer le jour de la transfiguration nostre Seigneur patron dudit mestier sur peine de trois sols six deniers tournois qui feroit le contraire. (T. n° -12:3^ f. — Ordonnance des doyens et sous-doyens du 10 janvier 1490.) CC* — Î9. — 1-iU't. 11 jtn'Krt. Ordonnance des doyens et sous-doyens des metK'rs durant >ur une peine de lad. amende dix solz tournois qui feroit le contraire. Item quo personne quelconque de ce jour en avant ne sera rtQUc a la franchis.- et mestliM dudit mestier s'il n'a apprins icelluy mestier en ladite ville ou en autre franque ville frumée comme l'article de- anehlennes ordonnances contiennent est assavoir qu'ils seront tenus d'avoir apprins ledit mestier soit de iii ou iiii ans comme on l'apprend esdites franques villes et de ce faire apparoir bien et deuement et à leurs despens. Item ceux qui de ce jour en avant venront de dehors et vou- dront eslever ledit mestier en lad. ville et estre franc maistre LK3 TAPISSKR. 26 — 394 — pourveue qu'ilz aient apprins en franque ville frumée comme dit est dessus au lieu de xl solz tournois qu'ilz ont payé'par ci devant pour leurd. franchise et maistrise, payer lxx solz tournois, lesquels seront tenus de payer lad. somme comptant.... Item que de ce jour en avant il ne soit maistre dudit mestier qui puist ouvrer ou faire ouvrer ses ouvriers en sa^maison de fines estoffes et de flocon, ensamble, qui est ouvrages frauduleux sur peine de C solz d'amende à la ville et dix '.solz tournois au prouffit dudit mestier pour chacune fois que on fera le contraire et que on se tient à l'un ou à l'autre. (Le règlement commine encore une amende de 10 solz contre ceux qui n'assistent pas aux réunions du collège.) (Donné le onzième jour de juillet l'an quatre cent quatre-vingt- seize.) T. Doyens et sous-doyens des arts et métiers, vol. 4232. DD. — 20. — 1408. 28 juillet. Contrat entre un pein- tre Pierre Ferct et un marchand d Audenarde pour des cartons de l'histoire d'Hercule. Marchié et obligation. Le 28e jour de juillet (m. iiiic) iiii" xviii pardevant sire Gilles Hulland prevost comparut Pierre Ferret, pointre lequel recongnut avoir marchandé et fait marchié à Joas Lenitins? demorant à Audenaerde pour lequel il est tenu et a pro- mis faire à icellui Joas deux tappis et assavoir patrons sur pap- pier chacun xl aunes iiii p. de hault et x p. de loncq en chacun desquels il y aura deux capiteles et tout de l'histoire de Hercules et iceulx livrer tout fais est à savoir le premier tapis endedans dhuy en iii sepmaines proch. et le second endedans aultres iii sepmaines après et ensuivant. Et mesmement se lesdits deux pattrons n'estoient fais bien et souflisament comme il (convien?) de faire, en les lui rendant et laissant sera tenu de rendre et restituer audit Joas xv lbz flandre sur lad. œuvre avec xxiiii gros qui ont esté beuz. et ad ce s'est obligé, (etc). (T. Journal des Prévost et Jurés, vol. 3326). — 395 — EE, — 21. — 1499. 24 juillet. Ordonnance des doyeni H tOUS-doyen* de la chambre des arts et -métiers, pour les hautelisseurs. Nous deuement (informés?) des innumerables fraudes et habus qui journellement se commectent sur le fait mestier et marchandise de haulteliche par aucuns et divers marchands de cestc cité fréquentant les restes d'Anvers, Berghes et aultres, et lesquelz s'ingéroient eulx pourveoir de pièches dudit mestier faites et composées au dehors de ceste dicte ville qui est legee fraudieuse et avantageuse marchandise lesquelles ils mesloient et fouroient avec celle de cestc dicte ville un grand esclande d'icelle Ordonnons et statuons les points et articles qui s'ensuyvent : Premiers.... Item que les drappeles tissus esdites pieches où se met renseigne des maistres soient tout ung de lin escrut murluez d' .1 arques do l'Areq. De luy pour quatre patrons de tapisseur, xvii s. ii d. (Jng meetier de tapisserie, lxx s. ii d. De.. . pour un? mestier et une: treilliz de tapisserie, lxxi s. ii d. Plusieurs patrons de pappier servant aux tapisseries, xxi s. ii d- — 398 — Ung mestier ds tapisserie et une table y servant, xlv s. ii d. De .... marchant de Lyon pour l'achat par luy fait auxdis curateurs de deux cent cinquante deux aulnes de tapisserie demourée audit feu qui dès son vivant estait encommenchiée et depuis son trespas parachevée, laquelle vente a monté en argent à la somme de vingt et une livres de gros, et en quatre pièches de satin de soie de lucques.... c xlviii lb. iii s. viii d. De M. le vicomte de Gand qui devait audit feu de reste de plus grant somme à. cause de tappisserie qu'il avoit achetée.... 1 lb. ix s. iiii d. De sire Nicolas de Farvaques pour et en l'acquit d'ang appelé Leuridan marchant de Lion qui devait audit feu Jacques à cause de marchandise de tappisserie.... Uc xxxviii lb. xviii s. 77. — 24, — 15/3. il décembre. Contrat passé avec Clément Sat^rasin pour la confection dune chambre de tapisserie de /'histoire d'Hercule, destinée à M. de Ponnich. Le samedy xviie jour de décembre l'an mil vc et treize mes- sieurs les quatre chiefs de la loy de ceste ville et cité de Tournay rechargiés par messieurs les quatre consaulx de lad. ville pour fournir et accomplir la promesse faicte à hault et noble M. de Ponnichs lieutenant général du roi nostre sire en ceste dite ville et son bailly en Tournay et tournésis de lui faire présent de par icelle ville d'une chambre de tapisserie, marchandèrent à Clément Sarasin tappissier de faire et composer une chambre de tapisserie ystoriée de la vie de Hercules qui contenra trois cens soixante aulnes ou environ et six aulnes de hault pour le pris et somme de soixante douze gros l'aulne et a esté devisé que lad. tapisserie sera faicte de moyenne sayette de bonne layne et de bonne soye de Venise gaune verde et bleue. Item que tous les principaulx ymaiges soyent estoffésde soye et — 390 — so c'est une robe cle drap d'or que elle soit a gaune soye et servie de bonne.... comme il le requiert et de beau dore plain douvraigc. Item se un iraaige eft de velours bleu ou vert qu'il soit estoffé de soie bleue ou Ter de selon qu'il le faudra sortir pour le eslever contre les autres. Item que si un imaige est do damai bleu ou verd fault qu'il soit à soye, s'il est de camelot ou drapperie, le fault estoffer de belle graine verde? toutes belles couleurs corne il le faulra sortir. Item a chacniM defl pièces bordure tout au tour qui sera d'un moyen asur semé de gamine fœillage qui sera a gaunne soie et beau rouge doré pour le bien eslever. Item toutes les dorures et foeillagea de autour des piliers et carpittrcs et les tabernacles soient estofles à gaune soie et les pav<-in. ns des salles de }»•]]<•< coaleon bien ajolyées et le tout bien fait au dit de gens a ce congnoissans et loyaulment. Tout lequel marchié par la manière dicte ledit Clément Sarasin a promis • u la mam -le sir.' .Irhan le Seellier Prévost faire four- nir <-t accomplir ai y betongolaf et faire besongnier à toute dili- 10006 pour le avoir totalenr nt parfait et achevé le plus tôt que faire se poura et a ce s'est iceluy Clément obligé corps et en biens sur lequel marehe messieurs les chiefs on fait délivrer audit Clément la somme de vingt gros. Et le darain jour d'octobre l'an mil vc et quatorze pardevant sire .b han de Thouroult piw,.st eomparut Kstienne de Gri- maupont tapisse r ieqael pour et comme ledit Clément est trespassé, a promifl parfaire et achever ladite chambre de tapis- serie le plus tôt que faire se pourra selon les devises dessus déclarées de non emprendre autre ouvraigea tant qu'elle soit achevée sans autel le peine et obligation comme dessus. (T. Journal îles Prévost et .lurés, vol. n° 3318). — 400 — JJ. — 25. — 1513 (et 1516.) Achat à Arnoidd Poissonnier, d'une chambre de tapisserie, représentant /'histoire de Judith, destinée au comte de Suffblk. Comme au mois de septembre l'an 1513.... le roi nostre sire estant lors en ceste dite ville.... avec Mgr le grand mareschal de son armée à présent conte de Suffort qui avoit grande autorité devers le roi n. d. Seigneur lesquels au nom d'icelle ville lui présentèrent une chambre de tapisserie que on avoit délibéré de faire faire de quelqu'histoire ou autre chose telle qu'il plairait aud. seigneur. Et ad ce propos avoient lesd. consaux faict demander à icellui seigneur ses armes qui leur avoient esté délivrez adfin que lad. ville et 1rs manans et babitans d'icelle il euist toujours en recommandation, laquollc promesse tant pour ce que on n'avoit peu ne secu trouver aulcune tapisserie laicte à vendre, comme par la grande pestilence qui depuis avoit esté en ceste dite ville et y continué l'espace d'un an et plus, n'avoit esté furnie. Or estoit ainsy que ledit Sre comte de Suffort avoit puis certain temps encha escript ausd. consaulx lad. promesse lui avait esté faite. Néantmoins depuis icelle n'avoit heu aulcunes nouvelles desd. consaulx combien qu'il estoit assez adverty que rien ne s'en fai- sait, advis estoit la chose mise en nonchaloir et réputée comme revocquée et mise à néant Pourquoi lesd. consaux désirant accomplir ce que par leurs prédécesseurs a esté promis et pour les causes dessus déclarées ont ordonné lad. chambre de tapisserie estre faite et composée pour le présenter à mondit seigneur le comte de Suffort qui pré- sentement at espousé la sœur du roy nostre dit sire. En ensuivant lad. ordonnance a esté marchandé par lesd. Consaux ou leurs députez à Arnoul Poissonnier de faire et composer une chambre de tappisserie de l'histoire de Judith, pour le pris et somme de v s. vi d. de gr. chacune aulne, laquelle chambre de tapisserie ont esté par ledit Arnoul faicte et accomplie et icelle livrée selon la devise sur ce faicte en six pièces qui ont esté visitées par aulcuns desd. consaulx gens ad ce expers et cognoissans qui ausd. con- saulx ont fait rapport lesd. vi pièces estre bien faictes selon lad. devise et avoir trouvé qu'elles contenoient toutes six ensemble iiic xxvii aulnes et demi qui audit pris de v s. v. d. l'aulne — 401 — inix" lb i I. m d. «le gros vaillable à la monnoie de ces présens comptes vi* xxx I. viii s. iy d. (T. Comptes généraux. Compte commençant le 1er octobre 1516. A' A'. — 25. — tÔi3. 13 décembre. Des tapisseries et aucuns présenté qui ont esté fais de par la ville à plu- sieurs seigneurs et 'Un,, es. Kst assavoir à madame de Savoyc une tapisserie de la cité des Dames contenant iiii" Ixiii aulnes et iii quars d'aulne à vii s. de gr. l'aulne achetée à sire Jehan Grenier et a luy xv aulnes do satin cramoisy à xv 8. de gr. l'aulne pour le chiel du Roy a son entrée. Item une autre tapisserie figurée des douze mois contenant iiic aulnes achetée à Jean Devenin x I. p. le gros l'aulne pré- sentée à nions, l'aulmosnierî du Roy nostre sire. Item une autre tapisserie contenant 1. aulnes figurée du voyage do Caluco achetée à Arnoul Poissonnier pour xlii gros l'aulne présentée à M" Robert de WietfH du grand conseil du roy.... Item vi gobelés d'argent présentés à ung conseiller du roy, paie à M" Miehiel Ah-ganibre x vii 1. de gr. Item pour satisfaire à la promesse faite à nions. Ponich d'une tapisserie de l'histoire de Hercules qui coustera bien vc t. de gr. Item une autre tapisserie promise à mons. le mareschal qui pourra rouster. .. (La prix est resté en blanc.) Item au secrétaire du roy pour ses salaires.... On est d'assons que lesdites parties soient payées et furnies. (T. Consaux, vol. 178. — 402 — LL. — 27. — 1513. 22 décembre. La tapisserie pro- mise à M. de Ponich livrée par Clément Sarrasin. Le jeudi xxiie jour de décembre l'an 1513. .... Pareillement a esté remonstré que mesd. srs les chiefs en suite de la délibération desd. Consaulx ont marchandé de faire une chambre de tapisserie pour la présenter à mons. Ponichs lieutenant et gouverneur gênerai du roy notre sire en ceste ville. Savoir se on fera lad. tappisserie et où on prendera les deniers pour la payer vu qu'il faut avoir pour commenchier vingt livres de gros comptant. .... On est d'assens de la faire faire, et que les vingt livres de gros qui ont esté promises bailler comptant sur ledit ouvrage en soit fait billet adreschant aux comis du nouvel impôt d'un gros a hôtel de tous grains moulus. (Consaulx vol. 178, 7 mars 1513 v. st.) De Clément Sarrasin tapissier qui demande xx lb. de g. pour besoigner à la tapisserie qu'il fait par l'ordonnance îles Consaulx pour présenter à M. de Ponincq. Les chiefz sont rechargiez de lui faire délivrer deniers et de faire visiter l'ouvraige. (Ibid.) MM. — 28, — 15 16. Extraits du Compte de tutelle de Marion Dcvenins fille de Jehan en son vivant tapis- seur demeurant en la rue Kaquedane et de Magrite Pissonnier. Une oustille et œuvre 1 s. Une oustille et une pièche d'œuvre 1 s. 16 piêches de tapisserie contenant 200 aunes à 16 sous l'aune. Du maistre d'ostel de mgr de Ponich pour ung banequier de verdure à jœs contenant seize aunes à xxx gros l'aune. Du même pour ung banequier de menues verdures à bestes — 403 — à luy vendus pour madame de Ponich contenant douze aunes à xxiiii gros l'aune. Da Jacque Piquet pour deux douzaines de coussins même ver- dures à bestes au prix de xxv gros flandre l'aune. iww-orge I.ourdiau auquel a < st.' vendus dix pièches de tapis- serie des douze mois de l'an, contenant deux cent cinquante MUUM1 au prix de xxxvi gros l'aune monte quatre cens cinquante livres flandres qui vallent ii Ixiiii lbz. xiii s. De Pierre van guachem pour.... six coussins de brocquettes. A ung marchant demourant à Paris pour une pièche de tapis- serie mémo v.'idur. < nnt*-iiant vingt aunes... à vingt six gros l'aune... xv 11-. fi s. x d. A Frans de Reniere a qui a esté vendre une table d'otel pour le prix et somme de six livres flandres qui vallent Ixx s. vii d. Pudit Arnoul piss nier j.onr une table d'aultel à luy vendue par I outil tuteurs pour le prix de quinze livres flandre qui vallent viii lb. xvi s. v d. (Arnould et Jehan Pisaonnier achètent encore de la soie.) P'ung marchant demeurant à Paris pour'deux pieches de tapis- serie grande verdure... x\ iiij lb. ij s. ijj d. Pudit marchant demourant à Paris pour une table d'autel... xxw s. iii d. A ung compagnon tapisseur, lequel au commandement de Jehan Pissonnier tut. ur a tondu plusieurs pièches de tapisserie alln de les mieulx vendre et d'en taire le plus grand prounit... a esté payé huit gros tlandre qui vallent iiii s. vii d. A Nicolas Didier, greffier... pour avoir une lettre de certifica- tion comment Jehan Pissonnier était tuteur de l'enfant demeuré de feu Jehan Devenins, afin de pooir lever les tapisseries estant en Anvers pour icclles vendre pour le prouflit dudit enffant.... A Kranchois Peremire pour le leuwaige de la pente de tapis- serie en ladite ville d'Anvers... Ux s. vii d. — 404 — A ung compaignon lequel a apointie l'œuvre estant en la mai- son dudit deffunct pour icelle mieux vendre aux marchans luy a esté paiétxiii s. 1 d. A Jehan Sezaire tapisseur demourant au Tournay pour une pièche de tapisserie contenant trente aunes par lui vendue à Jehan Devenins xxiv liv. ix s. A Handrien Rloiart pour faire plusieurs testes et ouvraiges de tapisseries demourées à achever après le trespas dudit Jehan Devenins et icelles fait achever... afin de les mieulx vendre... lxiiii s. viii d. A ung jeune homme tapisseur lequel... a tondu et accoustré les ouvraiges do tapisseries et icelles mises à point prestes à les vendre... x s. vii d. (Archives de Tournai. Fonds des comptes d'exécution testa- mentaire.) NN. — 20. — 1510. Chambre de tajrisserie de Hiis- toire du banquet, exécutée dans l'atelier de Colart de Burbure et offerte au maréchal de Chastillon. A demiselle Jehenne le Francq veuve de feu Colart de Burbure à. laquelle avoit esté marchandé par les chiefs desdits Consaulx rechargiés d'iceux de faire faire et composer une chambre de tapisserie de l'ystoire de bancquet bonne et léalle marchandise semblable à celle qui avoit esté tendue à l'ostel de sire Jehan Grenier lorsque mons. le marissal de Chastillon estoit en ceste dite ville, laquelle chambre devoit contenir huit pièces de tapis- serie pour icelle présenter à mond. Sr le marissal depuis lequel marché ladite veufve a délivré cinq pièces de lad. tapis- serie lesquelles (pièces) ont esté envoyées à mond. seigneur le marissal, contenant deux c lxxvi aulnes qui au pris de ix sous de gros l'aulne montant c. xxiiii 1. iiii s. vaillables viiii 1. xix lbz. viil s. (T. Comptes généraux commençant le 1er octobre 1519.) - 405 — .... I.t le x jour d'avril l'ara rail vc et xx lad. veuve livre les trois autre* pièces parfaisant ladite chambre de tapisserie, lesquelles trois pièces contenant iic xxii aulnes de tapisserie . (Ibid. Pr octobre- 1020., De la veuve Colart Burbure laquelle et ses ouvriers font et et composent la tappisserie promise à hault et puissant seigneur mons. de Chastillon mareschal de France, de l'histoire du banc- quetdont elle a livré cinq pièces de tappis contenant iic lxxvi aul- nes qui montent au pris de neuf sols de gros chacune aulne.... (T. Consaux G septembre 1519.) A Jehan Frappet pour aucunes mises et despens par lui sous- tenus et payés à faire fard- 1-r et enpacquier cinq pièces de tappisseries et icelks envoyer à hault et noble mond. sr de Chastillon marissal de France à luy promises quand il fust en ceste dicte ville à la réduction d'icclle en la main du roy notre sir- ; premiers pour ung grand sacq à mettre lesd. cinq pièces de tapies. •!;(•< at payé \wi gr. il. Item pour l'achat de xxv basennes pour envelopper lad. tapisserie, payé lxxv gros. Item pour huit aulm-s '!«■ eannevah h aussi servant à ce que dit est. payé xxxii gr. Item pour cinq livres de cordes qui ont servy à loy.-r In* î. farb-aulx xii p r-t demy et pour le fachon de trois balles esqaelles ont esté mises lesd. tapisserie at esté payé xx gr. suit .•n^cmbl." mu 11. . \ p. .-t demi flandre qui vallcnt iiii b. xvi g. vi d. (T. Compte général, rom mentant le l "r avril 1 T> 1 s avant Pâques.) - Le xii" jour de mai 1510, mess, les chiefs de la loy de la ville et eité d<- Tournai marchandèrent a demiselle Jehenne le Francq, vesve de feu Colart Hurbur, de faire et composer par ladicte vesve se< ouvriers et serviteurs une chambre de tapisserie de l'histoire de Banequct en huit pièces de tapis bonne et léalle marchandise et les faire taire et composer telle et semblable que estoit la chambre de tappisserie du Bancquet, que, au mois de février l'an 1518 daram pîild (1519 n. st.) fut tendue en une salle de l'hostel sire .Jehan ( i r< n i » r en ceste ville, où lors hault noble et puissant seigneur, monseigneur de Chastillon, maréchal de France, estoit logié en ceste ville, pour la présenter audit sei- gneur maréchal, et ce pour le pris et somme de 9 solz de gros chacune aulne de ladite tapisserie que messeigneurs les chiefs, en nom de ladicte ville, ont promis faire payer à ladicte vesve ou à son ayant cause. — 406 — Et le 3e jour d'aoust ensuivant audit an, Nicolas Martel, tapis- sier, beau fils de ladicte vesve livra à mesdis seigneurs les chiefs le nombre de cinq pièces de tapisserie montant ensemble 276 aunes. Et le mardi 10e jour n'avril iiie feste de Pasques l'an 1520 ladite vesve et Nicolas Marteau son beau fils livrèrent à messeigneurs les chiefs trois pièces de ladite tapisrerie parfaisant la chambre d'icelle tapisserie, la première pièce contenant 78 aunes, la seconde 76 aunes et la troisième pièce aussi 78 aunes dudit pris, sont 99 livres 18 solz de gros. (Voir encore Consaux 6 sept. 1519, 8 mai 1520. Comptes géné- raux du 1er avril 1518 au 30 septembre 1519 et du 1er octobre 1520 au 31 mai suivant). OO. — 30. — 1525. 19 novembre. Vente de tapis- serie entre Jehan le Vostre et Pierre Poissonnier, tapissier. Pardevant sire Nicolas Deflarvacques prevost comparurent Jehan le Vostre et Pierre Poissonnier, tous deux tappissiers demorans en Tournay et connurent de leurs bonnes voulontés sans contrainte mesmement ledit Jehan le Vostre avoir vendu audit Pierre Poissonnier qui cogneuli avoir audit le Vostre qua- tre pièces de tappisseries qui a présent sont sur les hostilles pour le pris de trente gros fi. chacune aulne de ladite tappisserie. Et pour parfaire lesdites quatre pièces de tappisserie, ledit Pierre Poissonnier est tenu et a promis livrer audit le Vostre les estoflfes dont pour le fachon d'icelles quattre piôches de tappis- serie ledit le Vostre aura que ledit Poissonnier lui est tenu et a promis de payer dix-huit gros fiandre de chacune aulne d'icelles tappisseries et quand lesdites quatre pièces de tapisserie seront faites et achevées ledit Jehan le Vostre est tenu et a promis les livrer audit Pierre Poissonnier sur encourir en cas de deffaults en dix escus marchans de peine envers iceluy Poissonnier. Et à tout ce que dit est dessus lesdit comparans chacun en .... soy ont promis entretenir furnir et accomplir sur encourir - 407 — M cinq solz tournoi* de peina obligeant quant a ce corps biens et béritalgat. (T. Journal dos Prévost et Jurés, vol. 3319). PP. — 3/. — /•"//. - Renouvellement d 'aucuns articles îles ordonnances des tapissiers et broqueleurs. » I)u sarnody xx" jour d'aoust lan mil cinq cens trente et ung. On vous fait assavoir que raesseigncurs Prévost et Jurez ont ordonné renouveler certains poinetz et articles contenus es ordonnances des tappissiers et brocqueteurs de ceste dicte ville dont la teneur i'ensuit : Premiers 0O6 ceulx qui de ce jour on avant voldront apprendre le mestier de marcheteur seront tenus aprendre ledit mestier soubs et avecq ung francq maistre d'icelluy le terme et espace do t rois ans continuel/ < t payant pour le droit d'appresure cinq 8olztournoi8 à leur entrée et autres cinq sous à leur yssue que le maisti. iem tenu faire voir audit mestier. Et ne pourra avoir ung maistp- plus de doux apprentilz ensemble sur dix solz tour- nois d'amende au prolllt dudit mestier et l'apprentilz qui serait oultro lf-dit nombre t. nu pour nul lequel sera par le maistre restitué du temps qu'il auroit perdu. Et sera tenu lo maistre nonchier son apprentilz endedans les premiers quinze* jours sur dix solz tournois d'amende. Item que coulx qui voldront eslever ledit mestier après avoir fait ladito appresuro payeront pour leur droit de maistrise trente solz tournois saulf les Ûi de maistres et de lad. appresure nez durant que son père aura esté maistre, ne payer que dix solz tournois. Item que maistre dudit mestier ne puist prendre ne donner à ouvrer a vaiiot ou apprentilz daultre maistre dudit mestier que son premier aultre maistre ne soit contenté dudit varlet sur dix — 408 — solz tournois au proffît dnd. mestier tant le maistre que le varlet ou apprentilz et pour chacune fois. Item que doresnavant les maistres marcheteurs soient tenus donner à ouvrer as ouvriers de cested. ville et les fournir d'ou- vraige avant qu'ils puissent donner à ouvrer aux étrangiers, moyennant qu'ils veullent ouvrer pour prix raisonnable sur dix solz tourn, d'amende au proffît dudit mestier pour chacune fois. Et seront tenus lesdis ouvriers de dehors de francq appresure après les premiers quinze jours qu'il aura ouvré payer ung lot de vin de deux solz six deniers tournois et les aultres de non francq appresure deux lots de cinq solz tournois. Item que nul maistre dud. mestier ne puist doresnavant don- ner à ouvrer de ses estoflfes et catel hors de sa maison pour ses ouvrages dudit mestier fais a francq maistre dicelluy mestier sur dix solz tournois d'amende au proffît dudit mestier et pour chacune fois. Item que nul de dehors ne puist estre receu a la franchise dudit mestier s'il n'est d'appresure de ville fiance et que de ce il en faiche apparoir suffisamment. Et seront tenus iceulx payer audit mestier pour le droit de franchise d'icelluy quarante solz tournois comme on faisait par cidevant. Item que nul maistre dudit mestier ne puist ouvrer ne faire ouvrer ses ouvrier en se maison de fines estoflfes et fllocon ensam- ble, qui est ouvrage frauduleux, mais les ouvriers de flocon porront en leurs ouvrages de flocon faire et composer de fines ostofïes ce qui monstre estre chacune et non autre chose sur dix solz t. d'amende au proffît dudit mestier pour chacune pieche d'ouvrage qui serait le contraire et cent solz tournois au proffît de la ville dont le rapportant aura le quart à son proffît. Et iceulx ouvriers soient tenus soy tenir à faire l'un ou l'autre, et que iceulx qui se tenront à faire ledit flocon ne puissent ouvrer de meure estoflfe que dudit flocon sy comme poil de vacque de kievre avecq leyne d'espaignie et semble frauduleux sur les amendes dessus dites. Item que tous les maistre et chief d'hostel dudit mestier seront tenus comparoir à toutes semonces qui par les varlets dudit - 109 — mestier leur seront faites au commandement des doyens dudit me8tier saulf léal en sur quatorze deniers tournois d'amende pour chacune fois qu'on seroit défaillant moitié audit mestier et l'autre ÛÔÊ jurez et eswars d'iceulx. (Arch. de T. Registre aux publications. Invent. n° 342). QQ. — 'Mh,t. — /ô.V.O. 10 décembre. Contrat pour la confection des tapisseries de /'histoire de Saint- Svm])liorion, à Remis, par Jean du Moulin. MM du ItoUn taptlriCT demeurant à Tournay estant de pré- sent à Reims convient et marchande avec Mre Simon de Roussy, chanoine de Reim^ »-t de Saint-Nmphorien de faire une pièce de tapisser i<- «le bonne layn<\ de m 1 fille M du meilleur, qui con- tiendra quatre aulnes trois quart de largeur, et trois aulnes et derny d<- liaulteur à l'aulne de lU-ims. en laquelle pièce se com- meoœrA la vie de monseigneur Saint-Symphorien et y seront figurée tant et tels personnages que la dicte pièce en pourra porter selon le patron qui luy a esté baillé par ledit de Roussy et que ledit du Molin pourra deviser aux poinctres qui feront les patrons audit le-u d" Tournay d'iclle pièce, et seront les viaires, mains, pieds et toutes charnures desditz personnaiges de fil de line sayette; et les habillemens les aucuns de drap d'or et les autres de soye et de moins en icelle pièce trois habillemens de drap d'or ai icelle pièce rendue faicte et parfaicte ainsy dessus bien et deùment à dit d'ouvriers en ce cognoissans et délivrée en cette ville de Reims aux despens dudit de Molin dedans le dimanche «le Mis.'nordia Dominl prochain venant, et ce moyen- nant la somme de cinquante solz tournois pour chacune aulne que contiendra ladite pièoe. Sur quoy ledit de Roussy a payé comptant audit du Molin la somme de huit escus d'or soleil à quarante cinq sols tournois pièce et le surplus luy sera payé à la délivrance de ladite pièce de tapisserie. Et en laquelle pièce sera mis au haut d'icelle en quatre lignes et escripture le contenu d'icello pièce qui sera baillé audit du Molin, et les noms d'aucuns personnages qui luy seront aussy baillé par escript. (Minutes de Nicolas De Huz. Voir Loriquet, les tapisseries de Notre-Dame de Reims 1876, p. 193. LM T A IMSSKR. 27 — 410 — 22 avril 1536. Jehan du Molin tapissier demeurant à Tournay marchande audit Simon de Roussy... cinq pièces de tapisserie de bonne layne, de mol fil et du meilleur, esquelles sera figurée la vie monseigneur Saint Symphorien, selon et ainsy que par ledit du Molin a esté commencée en une pièce ja par luy faicte et livrée audit de Roussy et ainsi que contenu est en une feuille de papier contenant lesdites pièces et les longueurs et largeurs.... paraphée des parties; et esquelles pièces ledit de Molin sera tenu ligurer les personnages y requis et nécessaires et les habitz telz et aussy bons que ceux figurez en ladite pièce ja par luy livrée, et aussy en chacune d'icelles pièces y figurer trois personnages, en habitz de drap d'or et les autres personnages fourmez et élevez de soye telz que en ladite première pièce le tout bien et souflfisamment à dietz d'ouvriers et gens à ce cognoissans dedans le dimanche de my-caresme prochain venant aux despens dudit de Molin en ceste ville de Reims moyennant cinquante solz tournois pour chacune aulne... Sur quoy il a receu comptant vingt cinq escuz d'or soleil à quarante cinq solz pièce, et le sur- plus le jour de la délivrance desdites cinq pièces de tapisserie. (Ibidem). RR. — 32. — 1539. Compte $ exécution testamen- taire d Arnoutd Poissonnier, tapissier. (En tête du compte se trouve l'inventaire que nous avons donné à la page 47, et qui relate les tapisseries trouvées à Tournai, lors du décès de Poissonnier. Il continue comme suit : ) Aultres pieches lesquelles estoient engaigiées en la ville d'Anvers sur Cornille Van bonberghiers lesquelles ont esté rachettées par Pierre Dobermon. Et premier Une pièche contenant xvi aunes dhimaiges de sayettes. Une aultre pieche de sayette contenant xii aulnes. Item a esté rapporté depuis l'inventaire par aucuns ouvriers — H 1 — «i'-iix pi-ches de verdure as arrnes contenant lesdites deux pieclies xii aunes et demie. Item une aultre pieche venant de Lille d'un nommé Jehan Mourcoult de verdure aux armes contenant....* (l'inventaire parait inachevé. Il n'est pas clôturé.) (Puis commence le compte d'exécution testamentaire pro- prement dit.) Cbe sont Ir»s comptas que font et rendent pardevant vous hon- nourables et gaiges seigneurs messeigneurs les Eschevins de la ville et cité de Tournay sire Jehan Cambry et Jehan Poissonnier, ou nom et comme exécuteurs de feu Emoul Poissonniers en son vivant tapissier de touttes les recheptes que lesdis exécuteurs ont faictes et recheues des biens et héritages demourez dudit d'-iIuiK-t tant a i -auge des biens demourez dudit defîunct comme de la tapisgerie et deg rentes acquises après son trespas avecq louaige de maison et aultres menues parties par eulx rechuptes. Kt aussy des mises frais payes et despens par lesdis exécuteurs frais payez et soubgtenug de et gur les recheptes devant dictes tant acause de (enterrement terrines funérailles etobseques dudit dn d' apprentissage, Mossienrs Lefl Prévost et Jurés se sont accordés avecq Philippes Bouchait) baolteliohear on fachon que led. Philippes sera tenu de nourir et gouverner Pierchon Graulion josne fils de treize à - 422 — quatorze ans l'espace de trois aus continuelz et de lui apprendre le stil et mestier de haulteliche bien et souffisamment pour povoir passer son chef d'œuvre moyennant la somme de neuf livres de gros sera payée aud. Philippes des deniers de la ville assavoir deux livres de gros comptant, aultres deux livres de gros ende- dans demy an, trente livres flandres au boult de la seconde année et le dernier paiement portant aussy trente livres flandres au boult des trois ans a payer de demy an en demy an a condition que led. Groulion aura six pattars a chacune pièce qu'il compo- sera les seconde et troisième année. En marge : le pénultième jour d'april xvc lxvii Allart Matan, haultelisseur demorant en la rue de Wez comparant devant mess. Prévost et Jurés a cmprins de gouverner et alimenter Pierchon Graulion et de lui parapprendre le stil de haultelicheur durant le parfaict de ses années en recepvant tels prins et emo- lumens que debvoit recepvoir Philippes Bouchain dessus men- tionné sauf que mess, ont descharge led. accord de payer audit Groulion a chacune pièce, délaissant lad. recompense à la discré- tion dudit Allard. (Prévost et Jurés. T. vol. 3321, P 82). UU. — 36 et 37. — Î568 et 1500. — Vente de tapisseries avec setnis aux armes de ta ville, par Pierre Drosset. A Pierre Droset, dit Martin tapissier pour vingt huit aulnes de tapisserie rouge par ledit Pierre Martin composez contenant par places les armoyeries du Koy des Espaignes Nostre Souverain et naturel Seigneur avecq plusieurs signes de Tournay y semez, ayant lesd. tapis esté mis aux sièges des mayeur eschevins con- seillers et greffier de S. Brixe et du bruylle en leur halle payé lxxv L, xii s. (T. Comptes généraux commençant le 1er oct. 1568). A Pierre des Rosette tapissier pour avoir faict composé et livré quatre aulnes de tapis semé de plusieurs figures de Tournay pour — 423 — la réparation «les sièges des prevost et conseillers de ladite ville au pris île cinquante quatre solz flandre par aulne x 1. xvi s. (Ibid. le 1er oct. 1569.) A Pierre Drosset tapissier pour avoir fait composé et livré neuf aulnes et ung quart de tappis mis et employé au premier bancq de mess, prévost et jurés xxiiii lbz. xix s. vi d. (Ibidem). A Pierre <\>- Uossetto tapisseur pouravoir fait ung tappis d'aulne et demye do long ou environ lequel auroit esté mis et assis sur certain coffret donnant à asseoir les procureurs de lad. ville ou porcq de la halle, payé iiii lbz. (Ibidem le Tr oct. 1572». VV. —39 cl 40. — JGO.'i. Michel Van Roosbrœck, brodeur, natif «le Lirrre, sélalilit à Tournai. De la requête de Michel Van Roosbrœck fils de Pierre natif de Lierre broudeur de son util ayant besoigné en l'abbaye S. Martin deux à trois ans requérant pour les causes reprinses par lad. requête de le vouloir admectre à la franchise dudit stil de bro- deur en ceste ville. On est d'assens d'encharger mess, les prevost et jurés de mander par devant eulx les doyens des couturiers pour les induire de consentir audit requis. (Consaux 3 juin 1603.) De la re,j. LOJI Ladatn tant pour luy que pour les autres franeqz maistres et apprentis du stil des brodeurs en nombre de Douze, remonstrant que puis nagaircs il auroit servy de ses causes d'opposition a la requête présentée par Michel Van Uoosbrouck prétendant esta admis à la franchise du stil de la broderie en reste ville. — (Renvoyé aux Prevost et Jurés.) (Ibid. 8 juillet 1603). Du rapport... sur la requeste Michiel Van Roosbrughe fils de — 424 — Pierre natif de la ville de Lierre remonstrant que ayant appris son mestier de brodeur dans lad. ville..., il estoit venu demourer en ceste ville chez monsr le prélat de S. Martin duquel il avoit servy de broudeur et faict ung nombre de pièches d'importance en telle dextérité et perfection.... Il désirait continuer et exercer sond. mestier en ceste ville d'autant plus qu'il n'y avoit qu'un seul qui l'exerçoit mais comme led. stil consistait en franchise soubs la branche des cousturiers. .... Loys Ladam francq maistre dud. stil de brodeur et casurier se seroit opposé à l'interinement de lad. requête.... Autres contre- dits par Loys Ladam et Noël Ladam, tant pour eux qu'autres mes broudeurs.... après avoir eu vision comme dict est d'aulcune excellente pieche composée par led. suppliant.... sont d'advis de recepvoir et admectre icelluy Michiel Van Koosbrugghe à la franchise dudit stil de broudrye et casurier.... On se tient au rapport. — (Consaux 15 juillet 1603.) WW. —41.— 1628 et Î629. Règlement pour l 'élec- tion des doyens et officiers du métier des Jiautelisseurs. Consaux du 24 avril 1629. Le conseiller de Carabry a faict rapport du besongné faict et conceu touchant les haultelisscurs et de l'advis sur ce donné par monsigneur le Conte nostre gouverneur lequel ayant esté leu on sest tenu au raport et escript duquel le teneur sensuit. Les prevostz, jurez, mayeurs et éschevins de la ville et cité de Tournay faisant les consaulx d'icelle ville a l'intervention et advis de monseigneur le conte de Renty chevalier de l'ordre de Toison d'or Gouverneur et grand Bailly de Tournay et Tournesiz, suivant l'acte d'autorisacion a eulx accordée par sa majesté le 20 d'octobre 1628 ont faict édicté et statué le nouveau règlement sur le faict de l'élection des principaulx officiers du stil des haul- telisseurs selon et en la forme que manière que sensuit. Premier que au lieux que ceulx de l'office dudit stil des haulte- lisseurs, quy sont deux doyens, deux jurez quatre commis et dix commis et dix esgards de l'année finante, par le règle- ment estably le 25 de may 1621.... d'auctorisation de leurs — 425 — Altezes serernissirnes Albert et Isabel lors noz seigneurs et prin- ces souverains, estoient appelez et mandez en la halle de la ville, pour illecq présent le grand Prévost de la ville avecq le greffier civil, et grand procureur d'icelle eslire et dénommer trente élec- teur, quy feroient l'élection des deux doyens et deux jurez dudict stilz, tofdtl seigneurs eon^aux le lendemain du renouvellement de la loy d'icelle ville, choisiront oulx mesmes, six hommes dudict stil dos plus qualifiez et plus zeleux du bien d'icelluy stil qu'ilz congnoistront quy au mêsme temps estant seront mandez en ladicte halle séparez a leur venue en trois divers lieux, et illecq choisiront pardcvant lesilis grand prevost greffier et procureur do la ville, chascun cincq hommes aussy du stil et des plus ydoines capables et affectionnez au bien du styl quy seront le nombre do trente électeurs. LesquHz trente hommes aussy seront mandez au mêsme instant en laditte halle et comparans. assiz par ordre sans avoir tamps de (tarifer ensamble donneront leur voix et suffrages que recœuilWa ledit greffier présont lesdits grand prevost et grand procureur pour le chois desdis doyens et jurez dudit stil, après avoir faie» t. us sermons es mains desdis commis, de choisir les plus capables et y.lome <-\ plus geni de bien qu'ilz congnoistront et des plus zelez et affectionnez au bien dudict stil. A condition neantmoins et bien entendu, que, lesdis six pre- miers dénommez par les ronsaulx pour faire l'élection desdis trente hommes ne pouront non plus que les trente pour la mêsme année estre esleué et choisy pour doyen ou juré comme ainsy 1 os. 1 i s six linrnm^ < t trente hommes choisiz a une des années pour ladicte élection ne poudront l'année sivante estre choisiz non plus du nombre des six des trente. Et sytot que les doiens et jurez seront choisiz et créez ils dcbvront choisir aultres quarante hommes, selon la vielle usance praticqué et observée. Lesquelz de mêsme suitte et sans interval de tamps ny povoir sonsulter ou compléter par ensamble, debvront commectre et eslire les huict commis. Bt icenlx huict commis à l'instant et sans aulcun interval de tamps comme dessus, debvront avecq les doyens et jurez par- devant les. lis prévôts greffier et procureur de la ville, choisir les 10 etwardl dû Itll, des plus gens de bien et consciencieux qu'ilz congnoistront et des plus affectionnez au bien dudit stil après avoir aussy tout préalablement laict serment de ne procéder a ladiete élection par affection ni faveur, mais pour le bien et advanchement du stil. les tapisser — 426 — Bien entendu que tous iceulx commis soient petits ou grands commis ésdictez charges et quy doibvent d'ordinaire prester serment pour l'exercices d'icelles, pardevant messieurs les ésche- vins de la ville, ne pouront en nulles desdictes charges y con- tinuer plus de deux [mot illisible. (Archives de Tournai. — Consaux du mardi 24 avril 1629. Registre n° 205.) XX. — 42. — 1696. Rapport sur tétai du métier des hautelisseurs . Les Doyens et office des hautelisseurs... déclarent ce qu'il suit : L Les maistros dudit stil sont composez du nombre de 50. 2. Le nombre des apprentifs sont le nombre de 20 à commencer depuis trois ans en ça. 3. Deux doyens, deux jurés, deux commis et dix esgards. 4. Lfi stil reçoit trente six livres, les recrans sept livres et les doyens office et esgards vingt sept livres dix sols pour ceux de Touinay, et pour les estrangers pour le droit du stil 72 livres, pour les récrans 7 livres et pour les doyens jurés et esgards 20 livres 10 solz. 5. La réception des fils de maistrcs paient au stil, six livres et dix pattars aux récrans suivant le rapchat et par l'ouverture dudit stil qui se fait de 7 en 7 ans. 6. Les apprentifs paient au stil chacun six livres. 7. Il ne se fait aucuns frais ordinaires que ceux ci-dessus portez. Les revenus de ce qui appartient audit stil est pour deschar- ger et payer les cours de six mille florins dont ledit mestier est chargé. (Registre des assemblées des hautelisseurs. Inventaire 4272 f 51.) TAULE DES MATIERES. A v a H ! -MOPOS. CHAPITRE [. APBRÇU HISTORIQTE. Les premiers tapissiers connus au XIII0 siècle, 9. Organisation de la corporation, 9. Hautelisseurs et tapissiers, 11. Jean Capars, ouvrier de haultcliche, 1 1 . Ordonnances de 1377, 1380 et 1307, 12. Tapisseries du XV" s.rcle, 10. Ordonnances de 1407, 1408, 1410, 18. Tapissiers ton rnaisiens à l'étranger, 21 . T.ipisseriet du XVe siècle, 22. Achats par les Ducs de Bour- gogne. 23, par les particuliers et par les églises. 25. Tapis- series de la deuxième moitié du XVe siècle, 20. Ordonnances de 1472, 1476, etc , 32. Période brillante de la fabrication (XVe et XVIe siècle), 34. La domination anglaise et les événementl politiques du premier quart du XVIe siècle, 40. Tapisseries du XVIe siècle. 40 et 45. Les hautelisseurs sépa- rés des tapissiers, 43 et 51 . Hautelisseurs, 51. Tapissiers, 56. Vandebeck, Cassel et Descobecq, 58. Les tapissiers au XVI r biècle. Pannemaker, OBdiDft, Behagle, Baert, 63. Hau- telisseurs, 69 et 73. Etoffes de Tournai, tentures de lit et tapis de table, 70. Tapisseries, 76. Tapissiers-garnisseurs, 78. Manufacture royale de tapis de Tournai, (Piat Lefebvre et flls). — 428 — CHAPITRE II. ORGANISATION ET REGLEMENTATION DES DEUX METIERS DES TAPISSIERS ET DES HAUTEMSSEURS. 91 § 1. ORGANISATION DES DEUX MÉTIERS EN BANNIÈRES ET CONFLITS ENTRE LES DIFFÉRENTES BRANCHES QUI LES COMPOSENT. 93 Tapissiers au XIIIe' siècle, organisés en métier; ouvrages fabri- qués par eux, 93. Organisation des bannières, 94 Liste des bannières en 1364. Tapissiers et kiutilleurs; les hautelisseurs n'y figurent pas, 96. Ouvriers de haulteliche, tapissiers sarra- sinois, 96. En 1423 les bautelisseurs forment une bannière, 97. Dès 1446 ventes importantes et clients fameux, 98. Les tapis- siers se séparent des bautelisseurs, 98. Les tapissiers et les teinturiers forment une bannière, 99. Les hautelisseurs avec les sargeurs, couvertoireurs et sayetteurs en forment une autre, 100. Emigration de bautelisseurs au XVIe siècle, 100. Les bautelisseurs de Tournai en lutte avec ceux de Rou- baix, etc., 101 et 103. Au milieu du XVI" siècle, décadence du métier des tapissiers et prospérité de celui des hautelis- seurs, 102. En 1546 les tapissiers en bannière avec les fille- tiers, 103. Election des officiers du métier des bautelisseurs (les trente hommes), 104. Décadence des corporations, 107. Au XVIIe siècle les tapissiers en bannière avec les tein- turiers, 108. § 2. RÉGLEMENTATION DU TRAVAIL. I. — Noms divers portés par les ouvriers tapissiers et hautelisseurs; 108 Tapissiers, 109. Tapissiers sarrasinois, 109. Hautelisseurs, 110. — 420 — Ouvriers de tissus a piet, 110. Tissutiers de soie, 111. Ouvriers de velus, 111. Sargeurs, 111. Kiutilleurs et couver- toireurs, 111. Marcheteurs, 111. Broqueteurs 113. Bourge- teurs 1 13. Les tapissiers séparés des hautelisseurs à la fin du XV* siècle 114. II. — Tapissiers. 115 Marchands, 115. Femmes reçues dans le métier, 116. Maîtres ouvrier», 116. Nombre d'ouvriers que peut employer un maître, 1 17. Ouvriers et marchandises venant de l'étranger, 118. Apprentissage, 119. Chef-d'œuvre, 122. Visite des esgards et scellage des étoffes, 125. Epoques, jours et heures de travail, 127. Ordonnant- do ( liarlr-s * niint sur les tapisseries. 13o III. — Hautelisseurs. 134 Généralités et diverses sortes d'ouvrages (A) 134. « Temps d'ouvrer - 139. Apprentis, 137. Chef-d'œuvre, 139. Le scel et les esgards (B) 141 . Les marchands (Dj 142. Les ouvertures du stil (G) 143. Recnn des hautelisseurs (H ) 144. Archives du métier, 144. § 3. MARQUE DE FABRIQUE. MARQUES DES MAITRES, DU METIER, DE LA VILLE. 148 CHAPITRE III. FABRICATION DES TAPISSERIKS ET DES HAUTELISSES. § 1. TAPISSIERS. 156 Etoffes fabriquées par les tapissiers au XIIIe et au XIVe siècle, — 430 — 156. Carpitres, 156. Tapisseries, 157. Sarges, 158. Draps velus, 160. Draps de vacque, 161. Hautelisses, 162. Marche- teiies, tapisseries sarrasinoises, 163. Bourgettes, bourge- teries, 164. Tapissiers et hautelisseurs, 165. Etoffes de flocon, 166. Broqueteries, 168. Extraits d'inventaires, 169. Grandes tapisseries, 172. Pièces célèbres, 173. § 2. LES HAUTELISSEURS ET LEURS DIFFÉRENTES BRANCHES. 178 Les hautelisseurs séparés des tapissiers, 170. Cordoncelles, 182. Croisettes, 182. Quevirons œillets, changeans, dentelets, camelots. 183. Meuvre, 183. Colombettes, bourgettes, caffats de bois, 183. Trippes et velus, 183. Bouillons, 184. Teinture, 185. Florée, 185. Damas, 186. Meselanes, 186. Caffats de bois, 187. Œillets, quevirons, 187. Bonnet, grain de bled, 187. Draps royez, 188. Draps d'or, 180. Harquebusettes, 188. Gris de Tournai, 189. Etoffes de Tournai, 189. Tapis de table, 189. Tapis sandré, 191. Sayetteurs, 192. Baracans, 193. Moucades, pluches, point de Hongrie, 194. Carpettes, 194. § 3. CARACTERES DISTINCTIFS DES TAPISSERIES DE TOURNAI ET DIVERSES SORTES DE TAPISSERIES FABRIQUÉES EN CETTE VILLE. 196 Difficulté de distinguer les produits des divers ateliers, 196. Les cartons, 198. Couleurs, 199, 207. Inscriptions et noms, 199. Carnations et vêtements, 200. Tapisseries dites flamandes, 201 . Textes et lettres sur les vêtements, 201. Tapisseries à person- nages, 203. Tentures d'ameublement, 204 et 208. Verdures, 204. Tapisseries de hautes et de basses-lisses, 205. Tapisseries sarrasinoises, 205. Grain de la tapisserie, moyenne et fine sayette, 206. Matières employées, 207. - 431 — CARTONS KT PATRONS DE TAPISSERIE. 209 | | NTE8 DE TAPISSERIES A L ETRANGER. ÉTABLISSEMENT DE TAPISSIERS HT I>K HAUTEL1SSEURS TOIRNAISIKNS A LETRANGER. 212 Souverains qu, se sont fournis de tapisseries à Tournai 212 V,„tes J Puv. 213;* Lyon, 213 et 214 ; a Reims, 213 et 2l4:AAnv,rs ,t A Bru,.- . 2 1 3: a LUI»-, a Rouen, a Blois. 214; à Pari» 214 et 215 ; à Nuys, 214. En Autriche, 214; en Anjrlct.-rrn. 214; en Kspagne. 215. Tournai»*., établis à Avignon, à Ferrare, à Audenarde. a M,ddel»M,ur,.aPan.a A,r.,.-ns. 2 1 7 ; à Vend reuil à Br«Cia. 218; en Allemagne, en Angleterre, en Hollande, etc., 21/. CHAPITRE IV. TànmmKa* oowFKmoHuto a tournai. 219 , ton vive «âitU 222 — XVe siècle, 226. — TvÏÏÏ^-^A. - XV.nesi.de, 300. CHAPITRE V. HOU M TAPHWW KT M .urTEUSSEURS TOCRNMSIENS R NOTICES BOB ..ES PRINCIPAUX D ENTREUX. 302 XII T siècle, 302. De l'Ortie, 311. DesreumauW, 312. grenier, ai*, 319. Le Scellier, 320. Poissonnier, 321. — 432 — XVIe siècle, 325. Bloyart, 325. Carlier, 326. De Burbure, 327. De Cassel, 328. Drosset, 330. De Viscre 331 . Du Moulin, 332. Lefebvre, 334. Martin, 335. Sarrasin, 335. XVIIe siècle, 340. APPENDICE. NOTES SUR LES BRODEURS ET SUR LES DRAPS PEINTS. [. — Brodeurs. 342 II. — Draps peints, toiles peintes. 350 PIÈCES JUSTIFICATIVES. 355 TABLE ALPHABÉTIQUE (i). A Abraham (Histoire d'), tapisserie, 78, 154, 284, 297. Achats à lY-tran^r. — Voir étranger. Adoration des bergers, tapisserie, 247. Albuqucrqun (Duc d\ 215, 283. Alemarch... allemaivh.\ M, M. 109 111, 163, 369. — Voir aussi marcheteurs. Alexandre (Histoire d'), tapisserie, 24, 236. Alkmar, 151, AmhniM' (Cardinal «!'), VIT, 250. Aniondi-s, 129. et passim. Amiens. 18, 217. Amsterdam, 69. Anpl.>t'.'. Dnry Robert, T., 23, 24, 25, 209. 232, 233, 308. Datli Pierre, H., 207. do Haillon |, peintre, 233. de Baudricourt, 244, 385 de Beaumetiel Henri, peintre, 23, 232. de Bellain, 279. «le Burbuiv Nioola*. T., 12, 2'V». 327. loi. Décadence de l'industrie, 49, 50, 75, 101, 106. do Calvo, 76. de Cambry. 49, 61. do Cassel, Casselle. — Voir Cassel. de Chastillon, 43, 265, 404. do Cleves Philippe, 31 . île Comines Philippe, 244. de Costre Jean, T., 286, 288. «le fronondaele, <>2. Défaut de travailler. — Voir chômage. de Pontenoy (La oomtoMo), 71. de Grimaupont Etienne, T., 259. de Qhlftellei Jean, T., 373. Dehaisne (Mgr . écrivain, 11, 13. De la motte, 43, 266. de Lannoit Jean, T., 169. de Lannoit Paul, II., 22, 97. — 438 — de Lannoy, 62. de l'Arcq Jacques, T., 38, 211, 245, 250 , 308 , 397. de Leauwe Antoine, 70, 190, 292. de Le Crois Jean, T., 169. De le Haize, dit de Costre, T., 288. de le Haze, T., 32. de le Pasture Roger, peintre, 201, 209. Delescolle Guillaume, H., 80. Nicolas, H., 82. de le Wedde, Melchior, T., 22. Delmarle, T., 77. de l'Ortie Jean, T., 24, 28, 233, 309. de Monrevel, 76. de Montigny, 286. de Nédonchel, 297. Dentelets, étoffe, 183. de Ponich, 41, 258, 398, 402. de Proisy, 44, 265. Dernicourt Jacques, T., 76. de Robiano, 61, 291. de Rocotte, 47, 280. de Rosne Gillart, T., 25. de Rossart Jean, T., 2S0. de Rosset. — Voir Drosset. de Rossert, T., 46. de Rubempré (Comte de Vertain), 63, 293. de Saint-Sandoux, 298. de Savoie (Marguerite), 42. Descamaing Gilles, T. 30, 31, 387, 390. d'Escamaing Michel, T., 217 Descente de croix, tapisserie, 286. Descobecq Jacques, H., 61, 70. 190,291,293. Des Loges, 43, 264. Desnoyer François, T., 78. de Solre, 71 . Despret, 87. Desreumaulx Guillaume, T., 29, 30, 244f245, 312, 387, 384, . 388. Desruyelles Jean dit Rabages, H., 57. Destruction de Troie (La), tapisserie, 29, 248. de Suffolk, 42, 400. DeveninsJean, T., 259, 263, 264. 402. de Viesrain Renaud, 371. de Viscre Meaulx (et Hermès), T., 39, 40, 250, 331. 397. — 439 — de Vos, T., 39 de WytfeM, 42, 258. Différence r-nîr^- U-= tapissiers et les hautelisseurs, 11,91,96, 101, 1 14, 166. — Voir séparation. Dignitaires du métier, 104, 484. Dijon (L<- sirg«- ilci, tapissai -je, 250. Documents — Voir archives. Doigmes Gilbert, évoque de Tournai, 57, 287. Douai , 44 Douze mois de l'année (Les), 42, 203. Doyens et sous-doyen* — Voir dignitaires, officiers, élections. Dragons (Tapisserie à), 220, Draps de Tournai, 213, 225. Draps peints, 350. Droit d'entrée dans le métier, 116, 120, 122, Drosset, Drossette, de Kosset, 46, 47, 58, 280, 288, 330, 422. du CastHer .lean, T., 30. Ducs do Rourgogno. — Voir Bourgogne. du Fn-sne Nicolas T., 21* du Gastin Jacques, T. (de Bruxelles), 63. Dugué de Bagnols, 295. du HantlioK évéqii" <1<- Tournai. :><\ 21'». du Ludo, 20, 245, 3*4. do Moulin Jean, T., 174, 211, 280, 409. du Moulin Pierre, T., 58, 288, 289, 409. du Parek, 223. Du pr.-t lêftll, T.. 83, 97. Du prêt Arnould. T., SU, B64 Doqaatoe, 11.. 72, 73, 191,299. Du<|uesri«' LéOA, avocat, 73. 135 du Kou^sy, 2H0. du Sautoy, 107. Erre homo, tapisserie, 46, 235, 246. ftoola (Knlant allant à P), tapisserie, 232. BoaiBOM, — Voir armoiries. Kdit. — Voir ordonnances. Bgllsee. — Voir au nom du patron. Kgyptiens (Tapisseries desi, 47, 281. — 440 — Election des doyen et dignitaires, 73, 104, 424. Emigration, 21, 75, 100. — Voir étranger. Encouragements à l'industrie, 68, 75, 80, 81, 106. Enghien, 64, 72. Enfants allant à l'école, tapisserie, 232. Enseignes. — Voir marque et scel. Esgards, eswars, 14, 15, 19, 33, 51, 53, 125, 126, 136, 151, 153. Espagne, 35, 215. Esther (Histoire (T), tapisserie, 24, 240. Eswars. — Voir esgards. Etoffes diverses fabriquées par les hautelisseurs, 179, 181, 102. Etoffe de Tournai, 70. Etoiles (tapisserie à), 229. Etranger, 17, 20, 21. 23, 24, 28, 35, 38, 65, 66, 07, 75, 84, 87, 98, 100, 118, 136, 142, 212. — Voir vente. Evéques de Tournai, 10, 26, 36, 49, 249, 396. F Fabrication, 156, 173, 178. Fabrication française, 220. Fauteuils en tapisserie, 299, 300. Favrot, H., 80. Femmes et tilles, apprentis et ouvriers, 116, 120, 138. Ferrare, 21, 217. Feret, peintre, 210, 394, 416. Fêtes du métier, 33, 51, 52, 129, 137, 146, 146. - Voir patron, chômage, etc. Feuillage. — Voir verdures. Figurés (Ouvrages) ou à personnages, 103 et passim. Fillastre Guillaume, évêque de Tournai, 26. Filletiers (Bannière des), 100, 103. Fils de maîtres, 33, 120, 125, 138. — Voir apprentis. Flamandes (Tapisseries dites), 201. Flandre (Tapisseries aux armes de), 223, 224. Fleuret. — Voir Florée. Flocon, 34, 163, 166, 168. Florée, 185. Forains. — Voir étranger. Foucquet, dessinateur, 74. — 441 - Fouré J. H., 74, 194. Frais de ph*»f-< l'œuvre, 123. Pranee, 220. Funôrailk's d'un tapissier, 97. Furnes, 72, 191, 295. Fustet, étoffe, 180. G Gaillon (Château de), 35. 214, 250. Garni. 214. Gargatte, 226. Gandin Nicaise, T., 25. Gédéon (Histoire de), T., 24, 173, 233, 374. Gelée, 33, 128, 137. — Voir hf TOT < t chômage. Geneviève (Sainte), patronne des tapissiers, 338. Ghiny André, évoque do Tournai, 10, 94, 157. 223. Godebrie Jean, T., 279. Graine, couleur et étoffe, 182. Grain d«- bled, étolT.-, 1H7. drain des ta piss<-i i • -s de Tournai, -Jim). (fouler l'asquier, T. 24. 25, 88, 34 , 2 0 , 213, 235, 236, 239, 240, 242, 243, 314, 376, 378, 379. Grenier Jean, T., 35, 36, 41, 42. 248, 249, 250, 252, 258, 265. Grenier Antoie. T., 35, 247. Gris de Tournai, 189. Grise (Histoire de), tapisserie, 49, 283. Grograin, étoffe, 187. Grue Renaud, T., 227. Guesnon A., écrivain, 54. H Halles, hôtel de ville et édillces publics, 47, 58, 60, 64, 76, 245, 280, 288, 422. Hautelisses. hanlteliches, 11 à 16, 19, 20, 22, 23, 27, 91, 94, 96, 09, 162, 179, 205, 358, 369, 370, 380, 388. LES TAPISSER. 29 — 442 — Hautelisseurs, 11, 15,21, 28, 34, 37, 43, 44, 51, 52,54,55,73,91, 94, 98, 100 à 103, 106 à 108, 110, 114, 134, 144, 159, 161, 178, 192, 380, 384, 398, 391, 395, 426. Harquebusette, étoffe, 188. Hennocq Arnould, H., 59, 287. Henri VIII, roi d'Angleterre, 41, 42, 212, 259. Hercule (La vie d'), tapisserie, 41, 48, 173, 258, 281,283,394,398. Heures auxquelles on peut travailler, 14, 19, 127, 137. — Voir chômage. Histoire des métiers, 9. Historiées (Tapisseries), 233 et passim. Hiver, 128. — Voir chômage. Hollande, 218. Holopherne (Histoire d'), 47. — Voir Judith. Hommes (les trente), 105. Hommes sauvages (Tapisserie à), 282. Hongrie (Point d'), 73, 82, 194. Hosemant Jean, T., 21, 217, 231 Hurault Jean, 43, 266. I Importance de la fabrication à Tournai, 172 et passim. Indie (Tapisserie à la manière d'), 248. Inventaire et répertoire de 1604, 135. J Jacob (Histoire de), tapisserie, 49, 154, 284. Jamart Guillaume dit Baron, T., 77. Jacque, 225, 226 . Jésus (Tapisserie avec un), 245. — Voir Ecce homo. Joseph (Histoire de), tapisserie, 30, 49, 245, 284, 380. Josson Guillaume, T., 79. Jours où on ne peut travailler, 14, 19, 127 — Voir chômage. Judith ot Holopherne (Histoire de), tapisserie, 42, 257, 264, 281, 400. Jules César (Histoire de), tapisserie, 41, 47, 256, 281. — 443 — K Kevirons, étoffe. — Voir quevirons. Kiutill. iirs , 243, 319. le Kacquere Brixo, T., 21. Lefebm Adrien T., 43. 286, 334. Lefobvre Jean, T., 57. Lefebvre Piat, 80, 82, 83, 87. If <;ay Drur.n. T., 30. I .«;oj.n r is (Tapisserh- à). 229. le Rasteneur, T., 245, 373. |« Boelller, T., 86, 89, 30, 159, 244, 245. 320. Lettm (Assemblage de), 199, 201. le Voftre, T., 16, 266, 406. Lhorbier Pierre, H., 75. Licorne (Tapisserie à la), 288. Lille, 31, 44, 52, 69, 136,214. 218. Lions | Tapisserie à), 222, 223, 229. Lisses. — Voir hautes et basses-lisses. Lit de eamp, 291. Local des assemblées, 55. Lobée Jean, T., 77 Londres, 218. LoaTftln, 31 . Lov -les bnutelisseurs, 104. Lyon. 24, 38, 39, 213, 219. 235, 250, 377. — 444 — M Machabées (Histoire des), tapisserie, 49, 286. Madeleine (La), tapisserie, 283, 300. Maison du scel, 102, 129. Maison des pauvres hautelisseurs. 144. Maîtres et ouvriers, 116. Maîtrise, 34, 53. Manufacture de tapisseries, 65. Manufacture royale de tapis de Tournai, 80. Marchands, 109, 115, 142. Marchandises étrangères, 119, 142. Marcheteur, marcheterie, 23, 27, 28, 34, 37, 97, 99, 111, 112, 163, 243, 372, 373. — Voir aussi alemarche. Mariage de la sainte Vierge, tapisserie, 266. Marie-Madeleine' (Eglise Sainte), 222. Marguerite de Savoie, 258. Marmion Simon, peintre, 23, 210. Marmousés (Tapisserie à), petits personnages, 229. Marques de fabrication, 13, 14, 15, 18, 37, 126, 148, 200, 284. Martel Jean, T., 265. Martin Jean, T., 47, 57, 280, 288, 336. Martin Jean, le jeune, T., 49. 284 , 336. Martin (Jean Roser dit), T., 57. Martin (Pierre Drosset dit), T., 58. Martirs (Tapisserie des), 48, 282. Maximilien I, empereur, 41, 212, 214. Messelanes, étoffe, 186. Métiers, 10, 20, 21, 91, 93, 95. — Voir corporation et bannières. Meuvre, étoffe, 181, 183. Middelbourg, 21, 217. Mille Jean, T., 217. Mois. — Voir Douze. Moïse (Histoire de), tapisserie, 263. Moucades, étoffes, 73, 77, 82, 194. Mourisques (Tapisseries ouvrées à), 206, 257, 293, 295. Musée de Tournai, 281, 293, 295. — 445 — N Nabuchodonosor (Histoire de), tapisserie, 29, 159, 204. Nancy (Tapisseries au musée de), 241, 249. Nappes, 216. Nicaise (Eglise Saint-), 168, 283. Nicolas (Eglise Saint-), 33, 260. Nombre. — Voir statistique. Nombre d'ouvriers travaillant pour un maître, 33, 116, 117, 118. Noms divers des ouvriers de tapisserie, 108. Noms inscrits sur les tapisseries, 199. Noms de tapissiers, de hautelisseurs et de brodeurs, 302. Norwich, 218. Notre-Dame (Eglise), 35, 39, 290. Notre-Dame (Histoire de), tapisserie, 267, 282. Notices sur des tapissiers, 302. Nuit (Défense de travailler ta), 33. — Voir chômage. Ntiys en Bourgogne, 39, 214, 250, 397. O Odolf Roland, H., 74, 194. Œdins Etienne, T., 65, 299. Œdins Jean, T., 64, 298, 299. ■ Œillets, étoffe, 183, 187. Œuvre de maitrise. — Voir chef-d'œuvre. Œuvre de Tournai, 12, 225. Officiers du métier, 104\ 137, 146, 424. Oiseaux (Tapisserie aux), 222, 230, 231, 248. Orner (Ville de Saint-), 27, 240. Omple. 356. Orangers (Tapisserie décorée d'), 243. Orchies, 44, 101. Organisation des métiers, 91. Orphée Tapis de table avec médaillon représentant), 289. Ouverture du métier, 125, 142. — 446 — Ouvriers, nombre 125. Conditions d'admission dans le métier, 116, 136. Ouvriers étrangers. — Voir étranger, 118, 142. Ouvroirs, 33, 117. — Voir ateliers. P Pannes, étoffe, 74, 194. Pannemaker François, T., de Bruxelles, 63 Papegais, (Tapisserie à), 223, 225, 329. Parge, 16, 17. Paris, 22, 31, 39, 48, 68, 214, 217. Pasquier Gilles, T., 17, 279. Passion de Notre-Seigneur, tapisserie, 22, 24, 27 222 2*1 239, 240. Patrons. — Voir cartons. Patron du métier, 21, 97, 338. Pauvres hautolisseurs, 144. Paysans et bûcherons (Tapisserie à), 240. Pélicans (Tapisserie à), 289. Peliche Pierre, T., au Puy, 235, 376. Pentes ou prontos, 48. Périodes de l'histoire defl tapisseries, 219. Période brillante de la fabrication. 172, 173. Piat (Eglise Saint ), 62, 157, 225, 229, 280, 288, 293. Piat Lelebvre et C,e, 80, 82, 83. Pièces justificatives, 13, 355. Pierre (la vie et la passion de Saint), 232. Pinchart, A., écrivain, 13, 20. Philippe-le-Beau, 35, 212, 215, 246, 248, 250. Philippe-le-Bon, 23, 24, 172, 212, 232, 233, 236, 239, 240, 242, 243. Poils de vacque, 14, 161 . Point d'Hongrie, tapisserie, 82, 194. Poissonnier Arnould, T., 41, 47, 175, 215. 257 à 259, 264, 281, 282, 321, 400, 410. 420. Poissonnier Jean. T., 39. Poissonnier Pierre, T.. 45, 266, 406. Poplicans (Tapisserie à), 206, 244. Portugal (Tapisserie a la manière de), 248. — 447 — Pothier Nicolas, 248. Pottequin Jeanne. — Voir Baubrée. Pourtraiture de Notre-Seigneur, tapisserie, 27, 235 — Voir Ecce homo. Présents offerts par la ville, 40. — Voir aux noms propres. l'rufvs soutenu* par les hautelis|m't -ité ilr-s ateliers de Tournai. 98. 102, 172. Proyart, écrivain, 54. Prunelle, étoffe, 81. Puy en Auvergne. 24, 213, 235, 376. Q Quarante hommes. — Voir Hommes et Trente hommes. gur'virmi>, f-toffe. 183, 187 R kabatrau on tapisserK 1H, 170. 200. Ilarrt/' des |ii. J 1. 41, 213. 214, 207, 272, 280, 409. Remy (La vie de Saint), tapisserie, 272. ftenaid, architecte et dessinateur, 87. Kfincrfs (i«'rard, T., 30. Instauration de tapisseries, 164, 176. Rewars. — Voir esgards. Robins Antoine, T., à Audenarde, 60. Rogier Pierre, marcheteur, 30, 245, 388. koubaix. 14, 101. 104. EU>Q6D, 35, BU, 247. — 448 — S Sacquelets, étoffe, 193. Saint-Sacrement (Histoire du), tapisserie, 49, 283. Saint-Onier, 27, 240, Sainte-Famille, tapisserie, 277. Salaires, 177. Samson (Histoire de), tapisserie, 77, 295. Sandre, tapis, 71, 75, 191. Sarges, sargeurs, serges, 12, 14 à 16, 21, 29, 34, 51, 97, 99, 100, 108, 111, 158, 159, 257. Sarrasin Clément, T., 36, 41, 169, 211, 249, 258, 260, 337, 396, 398, 402. Sarrasin Jacques, T. 211. Sarrasinois (Tapissiers). — Voir Sarrasinoise. Sarrasinoise (Tapisserie), 10,20,23, 94, 96. 109, 169, 205, 222 à 224, 232, 369. Sauvages (Tapisserie à hommes), 77, 226. Sauvage, T , 77. Savary Simon, 29. Sayette, sayetteurs, 44,52,54, 57,73, 100, 101, 103, 107, 108, 163, 158, 159, 182, 187. 188, 192, 200, 206. Scel, 14, 15, 18, 19, 4 1, 129, 141, 155, 192. — Voir marques. Scliumacker Overman et C,e, 88. Sellier François, H., 57, 107. Séparation des tapissiers avec les hautelisseurs, 43, 51, 98, 114, 161, 165, 169. — Voir Différence. Serges. — Voir sarges. Sergent, H., 107. Serment des hautelisseurs, 147. Séville, 216. Sezaire Jean, T., 264. Singes (Tapisserie à), 231 . Sortes (Diverses) de tapisseries, 203. Souffrance de Notre-Seigneur, (La), tapisserie, 222. Spaliers, 48, 176. Statistique, 15, 28, 37, 43, 44, 53, 74, 81, 82, 84, 88, 103, 107. Style franco-flamand des tapisseries de Tournai, 6, 254, 270. Subsides et subventions au métier, 55. Suffolk (Le comte de), 257. — 449 - Suzanne (Histoire de la chaste), 250. BymphorfM La vie de Saint), 174, 280, 409. T Table d'à ut H on tapisserie, 48, 264. TfcMe (Tapil de), 61, 70, 71, 72, 73, 189, 292, 293, 295, 297 29H. 300. Tapis » '». 70 i;,k. Tapis de pied, 82, 86. Tapi* \« lus. — Voir velus. Tapxs, , • -, 9 a 13, 10, 20, 22. 25, 27, 29 à 31. 34 à 43, 45 à 49 60, 7A à 61, 64, 65, 68, 69, 76, 77, Ôl, 93, 94, 96, 101, 169, 171 1 «.*»■,. 219, \>AO .)S2(» Do, ^Uo, ^.O.' . 1611 1 V)8 • » . ' . lt> 1 \i 1 t t. i 1 AVll olcLIt LOOU !(>()() L600 61 . I* M) 1 1601 59, 185. lui m 1602 140. 144, 208. 1603 61, 291, 42:>. L07D 1606 59, 60. lu/7 1607 61, 185, 291. i r* m o 16 /S 1609 60, /0, 190, 218, 291, i 0 o lu/ 9 292. Lool 1610 60, 292. i r» oo lb83 1611 292. lbM L6 1 2 136, 218. lOoO L613 pi, /0, 13b. lob / 1614 191. 1688 1615 71, 190, 191, 293. 1690 1616 61, 191, 218, 293. 1691 1618 72. 1693 72, 191. 73, 104, 139, L82. 104, 144, 216. 73, 135, 146, 165. 62, 105. 62, 107. 107, 108, 424. 105, 421. 63, 293. 216. 77. 1 1 1, 295. 216. 63, 108. 72, 78, 108,191,295, 297. 63, 185. 108. 72, 298. 63. 137. 53, 108, 298. 72. L89, 298. ISS. 106. 74, 1 16. 64, 71, 193. 64, 72, 78, 298. 64, 299. 66. 76, 299. 79. 76. 66, 72, 191, 297. 195, 299. 64, 137, 143. 65, 74, 194, 299. 76. 137. 67, 74, 189, 299. ,r,îM *'»r'- "2, 70. 153 1006 120. 1097 299. 1009 67, 139. XVIII Siècle. 1700 67,97. 1701 187. 1703 75, 151. 1704 67. 1707 ON. 77. 1709 68. 1710 68. 1711 69. 1712 68. 1718 75. 1717 75. 17 IN ON, 09. 1720 75,115. L722 74,80. 1721 0,9. 1727 77. L782 77. 173.1 195. I7;;n 75. 1742 79. 1746 140. 175ii 75, NO. 1755 80. — 455 — 1756 81. 1757 77. 179. 1760 81. 1768 108. 1774 76, 81. I 1775 76,79. 1779 82. 1781 82. 1783 82. 1786 83. 1790 76. XIXe Siècle. 1801 83. 1806 84. 1808 84. 1809 85. 1810 85. 1811 87. 1812 85. 1815 88. 1825 88. 1828 88. 1844 89. 1851 90. 1855 90. 1857 90. 1869 89. I 1887 90. TAULE DES PLANCHES ET GRAVURES. Portrait de Piat Lefebvre 83 Marque à la tour 154 Histoire de saint Piat et de saint Eleuthère. (Tapisserie «l'A r ras) 227 Huti.nv J'.\l< x.'iri(lro 237 Histoire d'Ksther et d'Assuerus 240 La condamnation do banquet et de souper 249 Histoire de la rha^to Suzanne 253 Le siège de Dijon en 1513 261 La vi" .1" saint Keuiy 273 l.i-san^es annoncent à Ahraham la naissance dTsaac . . 284 Histoin- < tapissiers, ajouter : il résulte cependant du tes- tament «le Clément Sarrasin, décédé en 1514, que ce patron . tait sainte Geneviève. - Voir page 338. Page 103. ligne 18. — Au lieu de réservés, lire réservé. Pape 1 (t'.i. — Renverser les numéros indicateurs des notes, de façon que la lre devienne la 2e et vice- versa. l'âge 1 13. — Après la 17e ligne, ajouter : Clément Sarrasin, tapis- sier, connu par de nombreuses œuvres de haute valeur est qualifié dans son testament : Tapissier a le broque. Page 127. — Dernière ligne, ajouter : d'ailleurs l'ordonnance du 4 août 1472 prescrivait expressément de garder toutes les fêtes commandées par l'Eglise. Page 154, ligne 12. — Au lieu de l'histoire de Jacob, lire l'his- toire d'Abraham. — 460 — Page 195, en bas, ajouter : Nos archives communales renferment encore de nombreuses dispositions sur le métier et la fabrication des hautelisseurs. Nous ne les avons pas relatées parce qu'elles n'offrent qu'un intérêt fort médiocre. On les trouvera au fonds des Arts et métiers, ordonnances et sentences des doyens et sous-doyens, nos 4232 à 4253 de l'inven- taire, et spécialement aux nos 4232, souvent cité dans cet ouvrage, 4235, folios 236, 247, 249, 251, 254, 258. 383,385 — 4237 f*s 80. 124, 206, 211, 216, 258 — 4237 10, 20, 68, 74, 90, 164, 179, 236, 243, 345, 375, 424 - 4239 f* 27, 56, 59, 90, 120, 133 — 4240 fos 57, 223 — 4243 p 107 - 4244 95, 422 — 4246 f°« 126, 437, 497. Page 233, ligne 21. — Au lieu de Jean de Bailleul, lire Baudouin de Bailleul. Page 234, ligne 4. — Même correction. Page 244, ligne 14. — Au lieu de Jean Glissons, lire Glissous. Page 245, ligne 15. — Au Heu de le Siellier, lire le'Scellier. Page 240, ligne 17. — Au lieu de ces états, lire ses états. Page 248, avant le n° 83. — Ajouter : XVI" siècle. Page 253, ligne 11. —Au lieu de touraisienne, lire tournaisienne. Page 260,'n° 111. — Au lieu de marcheteur, lire broquoteur. Page 27(.>, n° 133. — Au lieu de 1543, lire 1534. Page 281, n" 144. — Au lieu de 1529, lire 1539. Page 290. avant le n° 160. — Ajouter : XVII- siècle. Page 293, n° 183. - Au lieu de 1041, lire 1031. Page 300, avant le n° 207. — Ajouter : XVIIIe siècle. Page 355, A. 1. — Au lieu de 10 mars lire 9 mars. « B. 2. — Au lieu de 8 août lire 7 août. Page 363, D. 4. — Au lieu de le xi?e jour lire xrxe jour. Page 407, PP. 31. — Au lieu de 1541 lire 1531. Tournai, typ.Ca8terma.D. - 428 OUVRAGES DU MÊME AUTEUR Recherches sur les Anciennes Porcelaines de Tournai, un volume in-8° de 365 pages et vingt ulancbtès§ 'J*. Potiers et Faïenciers Tournaisiens, in-S \ vingt planches dont quatorze en couleurs. -\ Poutrain, Historien de Tournai, brochure de 30 l'a-- > La Peste de 1668 a Tournai. 28 pages. Une Faïencerie Tournaisienne au XVIT siècle. D. J. Van Oost et les Peintres de Tournai, en 1720. Les Maisons de la Compagnie de Jésus à Tournai, in-8*, 100 pages et 4 planches. Tapisserie du XV siècle à 1 église Saint-Brice de Tournai. Les Tapisseries de la Cathédrale et de léglise Saint- Remy a Reims, in- 1", 2 planches'. £59 î -. Tapisseries conservées à Quedlinbourg, Halberstadt, etc., in-4°, 4 planches. Tapisseries d Arras, de 1402, conservées à la Cathédrale de Tournai, in-4", 14 planches.* Un Inventaire de 1527 ou le mobilier d'un bourgeois d^&njnL :\u XVi* biècie, in-8° de 80 pages. Cimetière Franc à Ramegnies-Chin près de Tournai. Cimetière Romain rue Childéric à Tournai, in -8°, 4 planches Quelques Sépultures Romaines, à Tournai. Deux objets en verre [romains ou francs) an musée de Tournai. Guide du Visiteur au Musée de Peinture et au Musée Archéologique de Tournai. GETTY CENTER LIBRARY 3 3125 00133 4180